mardi 16 décembre 2014

Président, les Congolais ne sont pas de moutons !

Le président de la République Démocratique du Congo s’est adressé à la Nation, le 15 décembre dernier à Kinshasa, à travers les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. Son discours, lequel a consolidé davantage le scepticisme de l’opposition, s’est surtout focalisé sur les forces onusiennes, la position des pays occidentaux, la tenue des élections et le respect de la Constitution.

Les forces onusiennes

A l’occasion de son appel à la Nation congolaise, le président Joseph Kabila a manifesté son souhait relatif à la réduction de l’effectif des casques bleus car la République démocratique du Congo est « un pays où il n’y a plus de guerre classique, où la protection des civils relève désormais des opérations de police et des opérations militaires », et où « la situation militaire générale s’est améliorée au point de lui [au pays, ndlr] permettre de se porter au secours d’autres frères et sœurs en détresse ». Si la partie orientale du pays a réellement renoué avec la paix, le président de la République Démocratique du Congo aurait carrément demandé le départ de la Monusco. Si les civils n’y sont qu’en proie à une insécurité que les FARDC pourraient maîtriser à tout moment, il n’aurait pas reconnu le besoin d’un équipement spécialisé, dont disposent les forces onusiennes, par rapport à la situation sécuritaire à laquelle est confronté le pays. Le fait de se contenter d’un départ partiel des casques bleus laisse supposer que la menace de déstabilisation du territoire national n’est pas complètement éloignée.

Le maintien à tout prix ?

Pourquoi cette pressente exigence, s’agissant du nombre de casques bleus sur le territoire national, au moment où les forces négatives sont en train de se restructurer en Ouganda et dans d’autres pays limitrophes situés à l’Est ? La perspective d’une révision constitutionnelle étant de plus en plus improbable, faut-il trouver un autre subterfuge ? La dégradation de la situation dans la partie orientale pourrait-elle servir de prétexte à la prolongation du mandat présidentiel, donc de la non-tenue des élections, en s’appuyant sur la proclamation de l’état d’urgence, ou la déclaration de guerre, conformément aux articles 85 et 86 de la Constitution du 18 février 2006 ? Souhaite-t-on à tout prix se maintenir au pouvoir, en dépit du contexte populaire qui plus est défavorable aux présidences à vie ? [lire la suite]

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Œil d'Afrique