mercredi 19 octobre 2016

L'ABACO rejette les conclusions du Dialogue national au profit des pourparlers véritablement républicains et inclusifs en RDC


Les assises du Dialogue national initié par le président de la République Démocratique du Congo ont abouti à la signature d'un accord prévoyant l'élection présidentielle au mieux en avril 2018, confiant la primature à la frange très minoritaire de l'opposition et mettant en place un comité de suivi national issu dudit dialogue. Au titre de cet accord, contrairement aux dispositifs constitutionnels, le président de la République en fin de mandat restera au pouvoir jusqu'à l'élection de son successeur.

Au-delà du fait que la plus grande majorité de l'opposition politique et de la société civile ne se sent pas concernée par les résolutions d'un forum auquel leurs membres n'ont pas participé, la Direction Europe de l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO) constate qu'elles violent les articles 70, 71, 73, 74 et 75 de la Constitution du 18 février 2006 relatifs aux mandats du président de la République, à l'organisation de l'élection présidentielle, à la vacance et à l'intérim de la présidence de la République.

L'ABACO constate également l'absence de garantie, s'agit de la non-candidature du président de la République sortant au prochain scrutin et de la non-préservation de la limitation du nombre de mandats. En effet, même si le texte voté fait appel au respect des articles de la Constitution, rien ne garantit que les kabilistes et leurs complices de l'opposition ne profiteront pas du vide sciemment voulu par les participants à ce Dialogue national dans l'optique de maintenir ad vitam eternam Joseph Kabila au pouvoir.

Au vu des arguments évoqués ci-dessus, la Direction Europe de l'ABACO rejette avec force et vigueur l'accord signé par la majorité présidentielle et une infime minorité de l'opposition, ainsi qu'une société civile peu représentative de la réalité militante, et demandera au Gouvernement qui sera en place de saisir la Cour constitutionnelle dès le 20 décembre 2016, conformément à l'article 76 de la Constitution, en vue de la déclaration de la vacance de la présidence de la République.

D'ores et déjà, l'ABACO en appelle aux populations congolaises afin d'éviter le coup d’État constitutionnel fomenté par le président de la République sortant et ses affidés. Ainsi le peuple congolais doit-il recourir aux voix légales, notamment à l'article 64 de la Constitution, pour rétablir l'ordre constitutionnel et exiger un Dialogue républicain et inclusif dans l’optique d'une transition politique pacifiée.

Fait à Paris, le 19 octobre 2016

Pour la Direction Europe de l'ABACO,
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président de l'Alliance de Base pour l'Action Commune

dimanche 2 octobre 2016

L’ABACO Europe contre la tentative d’officialisation d’un coup d’État constitutionnel en RDC

En République Démocratique du Congo, selon une estimation de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), l’enregistrement des électeurs s’achèverait le 31 juillet 2017. Date à partir de laquelle il faudrait compter 504 jours pour accomplir le processus devant conduire aux élections couplées : la présidentielle, les législatives nationales et les provinciales. Cela aurait pour conséquence le report de la tenue des élections à la fin de l’année suivante, soit en 2018. Un groupe de travail ferait des propositions de dates, sur la base de l’agenda proposé par la Céni, pour les futures élections, ainsi que pour l’accord politique qui déboucherait sur la formation d’un nouveau gouvernement. 

Force est de constater que l’estimation de la Céni n’est pas conforme aux délais constitutionnels. Pis encore, aucune allusion n’est faite sur la présidence du gouvernement en gestation. Quid de la limitation du mandat présidentiel et de son intérim par le président du Sénat en vue de l’organisation de l’élection présidentielle dans un délai minimum de 90 jours ou maximum de 120 jours ? Quid de la résolution 2277 des Nations Unies ? 

Au vu des arguments évoqués ci-dessus, la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) accuse avec force et vigueur les participants au Dialogue national politique, sous la Facilitation d’Edem Kodjo et le soutien de la Communauté internationale, de fouler cyniquement aux pieds la Constitution de la République Démocratique du Congo – bafouant ainsi l’honneur et la dignité des populations congolaises. 

Par conséquent, les résolutions du Dialogue national politique n’étant pas au-dessus des dispositifs constitutionnels, l’ABACO Europe interpelle le peuple congolais, qui plus est le souverain primaire, en vue du triomphe du patriotisme – l’objectif étant de faire échec au coup d’État constitutionnel en cours de préparation en République Démocratique du Congo. 

Fait à Paris, le 2 octobre 2016 

Pour la Direction Europe de l’ABACO, 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko, 
Premier Vice-Président de l’Alliance de Base pour l’Action Commune

mardi 20 septembre 2016

L'ABACO favorable à la décrispation du climat socio-politique et au respect des dispositifs constitutionnels en RDC

La Direction de l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO) transmet ses condoléances les plus attristées aux familles ayant perdu un être cher lors de la marche du 19 septembre 2016, qui s'est déroulée à l'appel des partis politiques de l'opposition, et s'insurge volontiers contre l'usage de la force à l'encontre des manifestants non armés.

Par conséquent, la Direction de l'ABACO condamne avec force et vigueur les violences meurtrières en cours en République Démocratique du Congo, celles-ci étant occasionnées par l'obstination du président de la République sortant à vouloir se maintenir au pouvoir en violation des dispositifs constitutionnels et par la partialité du Facilitateur nommé par l'Union Africaine et soutenue par la Communauté internationale.

D'ores et déjà, la Direction de l'ABACO interpelle les dirigeants congolais, ainsi que le Facilitateur du Dialogue politique national, à contribuer vivement à la décrispation du climat socio-politique qui risque de faire imploser la République Démocratique du Congo avec, comme dégâts collatéraux, la déstabilisation de l'Afrique centrale et de la région des Grands Lacs.

La Direction de l'ABACO privilégie l'intérêt supérieur de la Nation congolaise, lequel ne pourra être consolidé que par la convocation de l'élection présidentielle dans le délai constitutionnel et la mise en place d'un dialogue inter-congolais réellement inclusif et républicain.

Fait à Paris, le 20 septembre 2016

Pour la direction de l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO),
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président

lundi 12 septembre 2016

L’autopsie du dialogue politique national en RDC

Au regard de l’incertitude politique en cours en République Démocratique du Congo, le Premier Vice-Président de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) a bien voulu donner son point de vue à l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale. À travers cet exercice, avec le talent et la franchise qu’on lui reconnaît, Gaspard-Hubert Lonsi Koko clarifie quelques zones d’ombre qui ont incité son parti politique à ne pas cautionner toute démarche allant contre les intérêts des populations congolaises.

Sur un bon nombre d’espaces sociaux, s’agissant du Dialogue national politique en cours en République Démocratique du Congo, vous avez déclaré ceci : « Un monologue politique inclusif sous la houlette d’une facilitation exclusive ». Pourriez-vous expliciter votre pensée ?
Le décret présidentiel portant convocation d’un dialogue politique national inclusif s’était appuyé notamment, entre autres dispositifs, sur les articles 69, 79 et 91 de la Constitution de notre pays, et aussi sur les dispositions de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba du 24 février 2013 pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC ainsi que sur la résolution n° 2098/2013 adoptée le 28 mars 2013 par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce décret spécifiait que le dialogue serait précédé d’un Comité préparatoire qui serait composé, comme le Dialogue proprement dit, des délégués de toutes les parties prenantes – à savoir la Société civile, la Majorité présidentielle et l’Opposition politique –, placés sous la Co-modération de deux représentants appartenant respectivement à la Majorité et à l’Opposition politique.

Quel est, alors, l’élément fondamental qui vous a poussé à parler d’un monologue inclusif à caractère exclusif ? Est-ce de la faute de la majorité kabiliste si une partie de l’opposition refuse de prendre part au dialogue ?
Au-delà de la figure du style, je suis un homme des lettres, l’oxymore entre inclusif et exclusif me sert à montrer les contradictions flagrantes ayant dès le départ vicié l’issue du dialogue proposé par le président de la République Démocratique du Congo.
Primo, le bon sens aurait voulu que la composition du Comité préparatoire se borne à des spécialistes internationaux et africains en matière de paix et de résolution des conflits. Cette neutralité aurait permis, dans l’absolu, la déclinaison d’un canevas non perverti en vue des travaux du Dialogue national politique proprement dit.
Secundo, l’Opposition politique a judicieusement posé quelques préalables relatifs à la libération des prisonniers politiques et au fait que le Comité préparatoire prenne en compte la résolution 2277 des Nations Unies du 29 mars 2016 et les dispositifs constitutionnels relatifs au mandat du président de la République. Malheureusement, la Majorité présidentielle ne fournit aucun effort pouvant aller dans le sens de la décrispation.
Tertio, certains partis politiques de l’opposition, officiellement reconnus par le ministère de l’Intérieur, qui ont manifesté leur volonté de participer aux travaux du Dialogue national politique souhaité par le président de la République, ont été ignorés au profit de quelques individus débauchés dans quelques structures dans le but de fragiliser pour mieux imposer un gouvernement de transition sous la direction du président de la République ne pouvant plus constitutionnellement rempilé. Quelle place fallait-il réservée aux chefs coutumiers ? Et la diaspora, dans tout cela ?
Tous les éléments évoqués ci-dessus montrent qu’il s’agit en réalité d’un monologue incluant les opposants à la solde du régime kabiliste et excluant ceux qui sont censés défendre, en cas de participation, les intérêts collectifs au détriment des intérêts privés.

Je vous cite : « Per-diem, corruption tacite. Aubaine pour les politiciens véreux et une société civile clientéliste. » Dialogue politique national en RDC ?
Je pars du principe que le patriotisme étatique, surtout dans un contexte où le gouvernement évoque la carence budgétaire s’agissant de son incapacité à donner à la Commission nationale indépendante et électorale (Céni) les moyens financiers en vue de l’organisation des scrutins dans le délai constitutionnel, devrait prendre le dessus sur l’esprit de lucre. Accepter le per-diem dans pareilles circonstances s’apparenterait à une quelconque connivence avec ceux qui souhaiterait faire un coup d’État constitutionnel pour se maintenir à jamais au pouvoir. Personne n’ignore que le maintien de Joseph Kabila à la présidence de la République permettra aux personnes élues dans les institutions étatiques de prolonger automatiquement leurs mandats, sans passer par les urnes. Combien d’opposants ont-ils dénoncé le glissement, sans pour autant quitter les institutions ayant glissé ? Voilà le point commun, donc le terrain d’entente, entre les opposants institutionnels et la majorité présidentielle. Cette communauté d’intérêts se fait aux dépens des populations congolaises, c’est-à-dire au profit de la privatisation de la chose publique.

Que reprochez-vous, au juste, à la communauté internationale ?
Pourquoi me posez-vous cette question ? Soyez plus précise, s’il vous plaît !

« L’article 64 [de la Constitution congolaise, ndlr] permet de s’affranchir de la communauté internationale, et de ses valets internes et régionaux. » Telle est l’une de vos déclarations récentes. Pensez-vous que la communauté internationale est la cause de tous les problèmes auxquels la RDC est confrontée ?
Je vous rappelle que l’insécurité en RDC dure depuis 1977, soit plus de 19 ans. Et se trouve sur le territoire congolais le plus gros contingent armé des Nations Unies. Au moins 22016 personnes, si j’ai bonne mémoire. Sans compter que le fonctionnement du Mécanisme national du suivi et de supervision de la mise en œuvre des enseignements souscrits aux termes de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, spécialement en son article 2, n’a donné aucun résultat probant.
Le triste constat, au regard de l’insécurité croissante à l’Est de la RDC, ne peut qu’inciter plus d’un observateur sérieux à s’interroger sur le véritable rôle des forces onusiennes dans le territoire congolais ou alors sur sa détermination à rétablir réellement la paix dans une partie de la région des Grands Lacs. L’attitude de la MONUSCO ne doit surtout pas exonérer Kinshasa de ses responsabilités régaliennes, ni encourager les pays limitrophes – notamment le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi – à soutenir la déstabilisation de l’Est de la RDC, voire à procéder à un paillage organisé des ressources congolaises au profit de leurs parrains extracontinentaux et à dépeupler par tous les moyens la région du Kivu en vue d’une expropriation sur le plan foncier.
Ce triste constat laisse donc supposer un complot international contre la RDC. Par conséquent, seules les populations congolaises peuvent mettre un terme à une volonté manifeste de faire main basse sur leurs richesses et d’hypothéquer leur avenir collectif. L’article 64 de la Constitution de 2006 leur permet ainsi de neutraliser les valets internes et régionaux des puissances extérieures mues par l’intention d’enrayer définitivement la RDC de la carte géographique terrestre.
Il est du devoir de l’acteur politique, de surcroît patriote, d’éveiller la conscience de ses compatriotes en vue d’un Congo économiquement viable et étatiquement démocratique. Je ne suis nullement contre la communauté internationale. Je ne fais que défendre les intérêts de mon peuple, et veiller à l’intégrité de la terre de nos aïeux que nous lèguerons aux futures générations. J’œuvre pour nos enfants et nos petits-enfants.

Vous avez pourtant laissé supposer que « la RDC est une affaire juteuse pour la Communauté internationale et ses valets, et un enfer pour les populations congolaises ».
Il suffit de vous référer au pillage des ressources naturelles de la RDC. N’avez-vous jamais vu des reportages ou lu des articles sur les minerais de sang ? N’êtes-vous pas au courant des violences sexuelles, ainsi que des crimes de guerre et des crimes contre l’Humanité dans la région du Kivu ? Comment se fait-il qu’un pays non producteur de coltan, comme le Rwanda, soit devenu le premier exportateur de ce minerai ? Ce pillage ne peut être possible que grâce à des complicités locales, nationales et régionales. Les populations congolaises doivent-elles être sans cesse les dindons de la farce ? Je dis catégoriquement NON. Le peuple congolais, de par les ressources naturelles dont regorge la RDC, a droit au paradis et non à l’enfer.

Pourquoi dites-vous que le Facilitateur Edem Kodjo est sur les traces du présidium des concertations nationales de 2013 ?
Je constate seulement que l’articulation du Comité préparatoire du Dialogue politique national a suivi le même processus qui avait prévalu dans la mise en place du présidium, avec le tandem Léon Kongo wa Dondon et Aubin Minaku, ayant piloté les précédentes concertations nationales. On sait que le gouvernement soi-disant de cohésion nationale, issue des assises de 2013, a accouché d’une souris. Malheureusement, on n’a pas besoin d’être savant pour comprendre que les mêmes erreurs aboutissent aux mêmes résultats.
Ce que l’on reproche à Edem Kodjo, c’est d’être plus partisan que Facilitateur. L’inclusivité pour lui, c’est de s’aligner sur la seule position favorable à la Majorité présidentielle. Le fait de lui accorder un quota d’une trentaine de personnes lui laisse d’ailleurs la liberté de coopter, à sa guise, les opposants exclus des partis politiques de l’opposition. Il s’agit, à travers une telle largesse, d’une manière peu orthodoxe susceptible de créer davantage la zizanie, en compliquant encore plus une situation déjà complexe. Il se pose, en tout cas, la question des critères ayant prévalu dans le choix de délégués. Un Facilitateur ne doit pas mettre de l’huile sur le feu. En agissant de la sorte, il ne fera qu’attiser le volcan dont la coulée de lave éclabousse l’ensemble de la région des Grands Lacs et de l’Afrique centrale. Aucun humaniste ne peut rester insensible à une telle éventualité.

À vous écouter, on a l’impression que la RDC est en proie à « un bordel national ». Si tel est le cas, faudrait-il faire le ménage ? Dans l’affirmative, comment procéder pour rétablir l’ordre ?
Ce bordel national ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 2001, la RDC a toujours été déstabilisée par la crise politique et l’insécurité qui ont complètement fragilisé les institutions étatiques. Face à l’échec patent de la classe politique, présente dans les institutions de la République, quelle possibilité a-t-on pour rétablir l’ordre constitutionnel et l’autorité étatique ? Ainsi revient-t-il aux populations congolaises, et non à la communauté internationale et à ses valets, de l’intérieur comme de l’extérieur, de prendre en main leur destin. Les articles 23, 24, 25, 26, 27, 28, 39, 60, 63, 64, 215 et 220 de la Constitution de 2006 permettent plus ou moins au peuple congolais, en tant souverain primaire, de défendre l’intégrité territoriale, de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prendrait le pouvoir par la force ou l’exercerait en violation des dispositifs constitutionnels…

Propos recueillis par Charlotte Mondo

© Agoravox

mardi 6 septembre 2016

Le profond désaccord de l’ABACO à l’égard d’une corporation de défense des intérêts personnels en RDC

Consacrée à l’harmonisation des listes, les travaux à proprement parler du Dialogue politique national inclusif ont procédé le 5 septembre dernier à un quota additif de 25 participants par composante. Ainsi, outre l’adoption de la feuille de route moyennant quelques légers amendements, les délégués ont-ils ajusté toutes les listes. Par conséquent, l’opposition et la majorité présidentielle détiendront respectivement 93 participants, la Société civile 64. 5 places en plus sont réservées à l’opposition républicaine, de Léon Kongo wa Dondo, et 25 à 30 places accordées aux personnalités. Le nombre de délégués passe de facto de 200 à délégués prendront part à ces assises.

Force est donc de constater que cette soi-disant harmonisation des listes concerne seulement le PPRD du président de la République, l’AFDC de Modeste Bahati ainsi que quelques groupuscules, le PPRD ayant à lui seul au moins 25 membres.

Par conséquent, l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) dénonce avec force et vigueur le caractère davantage exclusif du Dialogue politique national dont la composition matérialise, à n’en plus douter, une corporation de défense des intérêts personnels et non pour l’intérêt collectif, ni d’ailleurs pour un État de droit en République Démocratique du Congo. Ainsi le parti abaquiste ne cautionnera-t-il nullement les travaux concoctés sous la facilitation d’Edem Kodjo, en toute exclusion de la majorité agissante et naturelle, par une frange minoritaire.

Fait à Paris, le 6 septembre 2016

Pour l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO),
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Premier Vice-Président

mercredi 31 août 2016

Dialogue national en RDC : Lettre de l’ABACO aux membres du comité de soutien

À l’attention de MM : 
- Smaïl CHERGUI, Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union Africaine, 
- Saïd DJINNIT, Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs, 
- Maman SAMBO SIDIKIOU, Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, 
- Koen VERVAEKEN, Directeur général pour l’Afrique de l’Union européenne, 
- Thomas PERRIELLO, Envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs.
 


Objet : Le caractère exclusif du Dialogue national politique en République Démocratique du Congo 

    Monsieur le Commissaire, 
    Monsieur l’Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs,
    Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RDC, 
    Monsieur le Directeur général pour l’Afrique de l’Union européenne, 
    Monsieur l’Envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, 

Le démarrage du Dialogue politique national et inclusif est fixé au jeudi 1er septembre 2016 à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. En effet, au terme de ces travaux, les délégués des composantes (Majorité présidentielle, Opposition, Société civile) et le Facilitateur, M. Edem Kodjo, ont signé la feuille de route qui prévoit un chronogramme de quinze jours du dialogue proprement dit. 

Pour s’assurer de la représentativité de toutes les principales composantes de la Nation congolaise, le Dialogue proprement dit sera composé des représentants des parties prenantes au dialogue comme suit : 68 pour la Majorité présidentielle, 68 pour l’Opposition politique, 39 pour la Société civile et un quota de 25 personnes laissé à la disposition du Facilitateur en vue d’une indispensable péréquation. 

Quels sont les critères ayant prévalu à la sélection des participants aux assises du Dialogue politique national et inclusif ? Le cahier des charges ? L’intérêt national ? Le clientélisme ? La promesse à la trahison ? La volonté de fragiliser l’opposition ? L’appartenance à la majorité présidentielle et le fait de siéger dans les institutions de la République ? 

Est-ce en excluant la plus grande majorité de partis politiques et de forces vives de la Nation congolaise que le dialogue à la mode Edem Kodjo facilitera « l’échange et les réflexions en toute liberté et sans contrainte, sur l’organisation d’élections crédibles, transparentes, apaisées et inclusives, dans le respect de la constitution » ? Est-ce avec une telle approche que l’on parviendra forcément à baliser « le chemin des élections apaisées en République  
Démocratique du Congo » ? 

Est-ce en excluant les composantes soucieuses de la vraie cohésion nationale et du dialogue républicain que l’on respectera la Constitution congolaise et mettra en œuvre la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations Unies ? Compte-t-on évaluer sérieusement le processus électoral (fichier électoral, séquence des élections, calendrier électoral et les mécanismes de sa mise en œuvre et de son suivi) ? 

Le Facilitateur a-t-il pour mission, dans l’absolu, de faciliter par le débauchage la fragilisation de l’opposition et le maintien du statu quo par le truchement d’un Gouvernement dont la seule vocation sera la redistribution des portefeuilles ministériels ? Faut-il exclure, par conséquent, de ce Dialogue politique national, n’ayant en fait rien d’inclusif, les partis politiques et les forces vives susceptibles d’aborder les sujets qui préoccupent tant les populations congolaises par rapport aux causes originelles de la déstabilisation de la partie orientale de la République Démocratique du Congo, ainsi qu’aux accords régionaux et internationaux dont quelques clauses menacent sérieusement la souveraineté nationale ? Faut-il exclure dudit Dialogue les structures très soucieuses de la sécurisation et la pacification du pays, ainsi que de la situation socio-économique et de la justices envers les Congolais de la diaspora ? 

Au lieu de s’adonner à une réelle recherche des voies et moyens en vue de la résolution de la crise politique en cours, le comité préparatoire du Dialogue politique national et soi-disant inclusif est en train de reproduire les mêmes erreurs, que celles ayant été commises par le présidium des concertations nationales de 2013, relatives au clientélisme et à la complicité qui avaient abouti à la composition d’un Gouvernement – soi-disant de cohésion nationale – qui s’est avéré incapable de donner à la CENI les moyens d’organiser les élections dans le délai constitutionnel. 

De toute évidence, force est de reconnaître que la méthode Kodjo n’est pas du tout conforme au respect de la Constitution congolaise, ainsi qu’aux textes et instruments nationaux et internationaux. Elle n’est pas non plus susceptible d’encourager les conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, pour la défense de la Nation de plus en plus fragilisée et toujours en proie à l’insécurité, ainsi qu’à une crise politique permanente. 

L’ABACO interpelle les organisations qui soutiennent la facilitation de M. Edem Kodjo (ONU, UA, OIF et les deux institutions sous-régionales, en l’occurrence la Communauté de l’Afrique australe et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs) sur les conséquences de l’exclusion aux travaux des assises du Dialogue politique national d’un bon nombre de partis politiques et de forces vives de la Nation congolaise. 

Pourtant favorable à un Dialogue national (cf. copie du cahier des charges introduits auprès des services du Facilitateur désigne par l’Union Africaine et d’autres correspondances), mais inclusif et républicain, l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) ne reconnaîtra pas les conclusions des assises auxquelles ses représentants ne participeront pas. Par conséquent, l’ABACO et ses alliés mobiliseront les structures favorables à un État de droit pour que les vrais démocrates s’opposent « avec force et vigueur » aux conclusions des travaux qui mettront entre parenthèses les clauses constitutionnelles relatives à l’organisation de l’élection présidentielle, à l’installation effective du nouveau Président élu et, à défaut, à l’intérim de la fonction présidentielle. L’ABACO ne cautionnera pas non plus les conclusions qui feront abstraction de la dignité et de l’égalité en droits, de l’égale protection des lois, de la non-discrimination des Congolais en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques, ainsi que du respect mutuel. 

Espérant pouvoir compter sur votre souhait de permettre au peuple congolais d’accéder enfin au bonheur et à la paix auxquels il a droit, je vous prie d’agréer, MM. le Commissaire, l’Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs, le Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RDC, le Directeur général pour l’Afrique de l’Union Européenne, l’Envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, l’expression de ma considération la plus respectueuse. 

Gaspard-Hubert Lonsi Koko 
Premier Vice-Président de l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO) 

Paris, le 29 août 2016 

Pièces jointes : 
- Copie du Cahier des charges de l’ABACO ; 
- Copie de la lettre du 5 mai2016 adressée à M. Edem Kodjo par le Secrétaire Général de l’ABACO, par M. Joseph MBELE MASUMBUKU ; 
- Copie de la lettre du 27 juillet 2016 adressée à M. Edem Kodjo par le Secrétaire Général de l’ABACO, par M. Joseph MBELE MASUMBUKU ; 
- Copie de la lettre du 27 juillet 2016 adressée à M. Edem Kodjo par le Président de l’ABACO, par M. Sylvère LUIZI BALU.

dimanche 21 août 2016

La position de l’ABACO sur la convocation au Comité préparatoire du Dialogue national en RDC

La Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) a pris acte de la convocation du Facilitateur de l’Union Africaine, M. Edem Kodjo, conviant tous les acteurs qui avaient été mandatés par les structures parties prenantes aux travaux du Comité préparatoire à prendre part le 23 août 2016 au début des travaux.

Très sensible aux arguments ayant poussé des structures de l’opposition à refuser de participer audit Comité, appelant ainsi à une journée « Ville morte » le 23 août 2016, l’ABACO exige un dialogue national inclusif, citoyen et démocratique.

Dans cette optique, l’ABACO estime que le Comité préparatoire aux travaux du dialogue national n’aurait dû en aucun être composé de personnes qui sont à la fois juges et parties mais de spécialistes internationaux - Union Africaine, Union Européenne, Nations-Unies… - spécialisés en matière de conflit, l’objectif étant de présenter en toute impartialité le canevas qui permettrait aux acteurs politiques et aux forces vives de la Nation congolaise de débattre avec sérénité.

Fait à Madrid, le 20 août 2016

Pour la Direction Europe,
Gaspard-Hubert Lonsi Koko,
Premier Vice-Président de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO)

mardi 12 juillet 2016

L’exhortation de l’ABACO Europe en vue d’une saisine par l’opposition de la Cour constitutionnelle de la RDC

Selon l’arrêt de la Cour constitutionnelle récemment publié au journal officiel de la République Démocratique du Congo, il s’est avéré que les juges n’ont repris aucun élément relatif à la non-organisation de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels – ce cas de figure n’étant nullement prévu par la Constitution congolaise, sauf en cas de vacance du pouvoir. Ainsi l’arrêt publié dans le journal officiel se contente-t-il de rappeler le contenu de l’alinéa 2 de l’article 72 de la Constitution, lequel ne nécessite pas d’interprétation. Par conséquent, la Cour a ajouté à ce dispositif le principe de la continuité l’État : « Le président de la République arrivé en fin mandat [peut] demeurer en fonction, en vertu du principe de la continuité de l’État, jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu. »

Constant le silence de l’arrêt de la Cour sur la problématique de la non-tenue du scrutin, au motif que la requête des députés de la majorité n’a pas spécifiquement repris les articles de la Constitution relatifs à l’organisation de l’élection présidentielle, la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) demande instamment aux parlementaires de l’opposition de saisir cette institution en vue de l’interprétation et des conséquences des dispositifs suivants de la loi fondamentale : les articles 69 alinéa 3 relatif au respect des traités internationaux, 73 concernant les moyens alloués à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), 215 à propos de la supériorité des traités internationaux sur les lois congolaises et 220 sur la durée des mandats du président de la République. Il est donc question de la cohérence et de la crédibilité de l’opposition institutionnelle au regard de ses diverses prises de position et, surtout, de sa sincérité par rapport à l’avenir du peuple congolais et au devenir de la République Démocratique du Congo.

Fait à Paris, le 11 juillet 2016

Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO)
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président de l’ABACO

jeudi 30 juin 2016

Les 10 propositions pour la République Démocratique du Congo

Dans l’absolu, l’ABACO axe ses dix propositions sur des valeurs relatives au triptyque – Dieu, les Ancêtres et le Peu­ple – susceptible d’asseoir une politique humaniste en vue de la Liberté, de l’Égalité, de la Sécurité et de la Paix.

La Liberté, parce que l’ABACO souhaite la plénitude de la vie dont doit jouir le citoyen congolais. C’est la souveraineté dont doit bénéficier le peuple pour choisir ses représentants ou ses dirigeants. C’est l’indépendance de la Nation dans la détermination de son avenir politique.

L’Égalité, parce que l’ABACO milite davantage pour que les Congolais vivent dans une société qui doit donner à ses enfants les chances similaires, les opportunités identiques pour bâtir la collectivité et défendre la Nation. Cette dignité doit être apportée par les pouvoirs publics dans la vie quotidienne de chaque citoyen, pour que ce dernier soit épanoui.

La Sécurité, parce que l’ABACO tient à la protection des droits de l’individu et de la collectivité, à l’harmonisation des droits individuels et des libertés publiques en vue de garantir la paix, à la concorde et à l’unité politique de la Nation. La justice doit en principe protéger les plus faibles contre le pouvoir de l’État et de l’administration publique.

La Prospérité, parce que l’ABACO compte sur la meil­leure gestion des ressources abondantes de la collectivité publique, celles-ci devant être mises à la disposition des citoyens pour assurer le succès et le rayonnement, la puis­sance matérielle et la souveraineté politique, le confort social et l’épanouissement économique des populations.
Formats : PDF et EPUB (numériques)

Pour plus d'informations, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://atelieregregore.fr/Les-10-propositions-pour-la-Republique-Democratique-du-Congo

jeudi 23 juin 2016

L’ABACO Europe contre un coup d’État constitutionnel en RDC

Face aux refus des opposants d’aller au dialogue souhaité par le président de la Républiques Démocratique du Congo, le Secrétaire général du parti au pouvoir Henri Mova Sakanyi a brandi la menace d’un référendum. Ainsi a-t-il récemment soulevé l’idée de consulter directement le peuple congolais en vue de réviser la Constitution et de permettre à Joseph Kabila de se présenter pour un troisième mandat.
 
Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO), au même titre que tous les scrutins renvoyés aux calendes grecques et ceux que l’on compte repousser sine die, l’organisation d’un référendum ne peut faire l’économie d’un fichier électoral fiable.
 
Par conséquent, outre le fait de mettre en garde contre toute violation de l’article 73 de la loi fondamentale relative à la convocation de l’élection présidentielle, la Direction Europe de l’ABACO dénonce la volonté manifeste de la majorité présidentielle d’amplifier la crise politique afin de prolonger le mandat de Joseph Kabila à travers la présidence d’un gouvernement de transition, contournant ainsi l’article 220 relatif à la durée des mandats du président de la République, ou alors de mettre carrément le peuple congolais devant le fait accompli en lui imposant un coup d’État constitutionnel.
 
Dieu, les Ancêtres et le Peuple ! Que la volonté de cette alliance tridimensionnelle s’accomplisse enfin en République Démocratique du Congo !
 
Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO)
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président de l’ABACO

mercredi 15 juin 2016

L’ABACO Europe contre la fracture numérique en RDC


En République Démocratique du Congo, pendant que la population a du mal à supporter une dépense supplémentaire ayant quadruplé, opérateurs de télécommunications et gouvernement se renvoient la responsabilité de la hausse soudaine des prix des abonnements à Internet.

Tout en contestant cette augmentation non fondée et en s’associant aux opérations « Nuit debout Kinshasa contre des prix de connexion internet », la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) estime que seul le recours aux nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC) permettra de lutter en toute efficacité contre l’analphabétisme et la fracture numérique.

Par conséquent, l’ABACO privilégie les NTIC comme backbone – à savoir un réseau informatique faisant partie des réseaux longue distance de plus haut débit d’Internet – en vue de l’éducation pour tous. Ainsi le développement de la fibre optique à travers le territoire national facilitera-t-il le partage des connaissances.

L’ABACO propose la création et le renforcement des centres de formation pour les cadres de l’administration nationale, provinciale et locale. Dans cette optique, il est indispensable de mettre en place des centres d’apprentissage, de formation professionnelle et technique. L’ABACO bâtira donc un pays au sein duquel la formation initiale garantira un niveau éducatif élevé et une autonomie personnelle que confortera l’ambition du plein-emploi et de la croissance.

Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO),
Gaspard-Hubert Lonsi Koko,
Premier Vice-Président de l’ABACO

lundi 13 juin 2016

Les interrogations de l’ABACO Europe sur l’éventualité d’un référendum en RDC

Le samedi 4 juin 2016, dans un discours en soutien au président de la République Démocratique du Congo, le Secrétaire général du parti au pouvoir Henri Mova Sakanyi a évoqué l’idée d’organiser un référendum pour réviser la Constitution et permettre au président en fin de mandat de se présenter pour une troisième fois alors que la Constitution l’interdit.

Rappelons que dans un courrier daté du 22 septembre 2015, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon aurait demandé au ministre de l’Intérieur d'apprêter de concert avec les ministres, et autres structures concernées, les observations du Gouvernement à propos de la proposition de la loi initiée par les députés nationaux Lucain Kasongo Mwadiavita et Ilunga Monga, portant organisation du référendum.

La Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) s’interroge sérieusement sur la question sur laquelle les électeurs congolais pourraient être consultés. Ce référendum concernerait-il l’adoption d’une loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la Nation et aux services publics qui y concourent ? Ladite consultation porterait-elle sur l’adoption d’un projet tendant à autoriser la ratification d’un traité, ou alors sur la forme républicaine du Gouvernement ?

D’ores et déjà, au vu de la crise politique au sein de l'Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP), de la polémique autour du calendrier électoral et du recensement des populations, ainsi que de la partisane interprétation de la Cour constitutionnelle sur l’éventualité du maintien du président sortant à défaut de l’organisation de l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel, la Direction Europe de l’ABACO s'opposerait avec force et vigueur à toute procédure détournée dans le but de consacrer la légitimité du président de la République en fin de mandat et de sa majorité.

Fait à Paris, le 12 juin 2016

Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO),
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président

vendredi 10 juin 2016

Les inquiétudes de l’ABACO Europe sur le devenir du peuple congolais et le risque de balkanisation de la RDC

L’acte d’engagement rendu par quelques opposants qui s’étaient réunis en conclave aux environs de Bruxelles rejette le dialogue convoqué par le président de la République Démocratique du Congo, ainsi que l’idée du référendum sur un possible changement de Constitution, et souligne leur participation à un dialogue sur la base de la résolution 2277 du Conseil de sécurité de l’ONU sous la facilitation d’Edem Kodjo renforcée par un panel de représentants de la communauté internationale.

Constatant que les participants à ce conclave n’ont en aucun cas fait mention d’une éventuelle transition en cas de vacance de la présidence de la République, ni d’une candidature commune de l’opposition à la prochaine élection présidentielle, la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) attire l’attention de l’ensemble des partis politiques de l’opposition et de la société civile à avoir à l’esprit la probabilité d’une crise politique sans précédent si jamais le délai constitutionnel n’est pas respecté.

En conséquence, la Direction Europe de l’ABACO rappelle avec force et vigueur la nécessité pour toute la classe politique congolaise de se pencher sérieusement, sans aucune exclusion et dans un élan patriotique, sur des voies et moyens susceptibles d’éviter une crise politique pouvant hypothéquer l’avenir du peuple congolais et balkaniser la République Démocratique du Congo.

Fait à Paris, le 10 juin 2016

Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO),
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mardi 7 juin 2016

Le refus de l’ABACO Europe à la participation des pays de la CIRGL à la facilitation du dialogue inclusif en RDC

La Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action commune (ABACO) se réjouit de la position de la communauté internationale – contenue dans un nouveau communiqué conjoint de l’Union africaine, des Nations unies, de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la Francophonie – relatif à appel au dialogue inclusif en République Démocratique du Congo.

La Direction Europe de l’ABACO avait d’ailleurs préconisé le 18 avril dernier, dans un texte intitulé Les propositions de l’ABACO pour la facilitation d’Edem Kodjo en RDC, « la neutralité et la dépolitisation du comité préparatoire que compte mettre en place M. Edem Kodjo, lequel ne devrait être composé que d’experts des commissions africaines et onusiennes en matière de gestion et de résolution des conflits – l’objet étant d’aboutir, lors des assises du dialogue proprement dit, à une représentativité équitable des forces vives de la nation congolaise ». « C’est la condition sine qua non d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, d’un élan patriotique collectif et de la défense de la nation très affaiblie », avait précisé la Direction Europe de l’ABACO.

Néanmoins, si la Direction Europe de l’ABACO ne trouve aucun inconvénient à ce que M. Edem Kodjo soit assisté par un groupe de soutien composé de membres de l’UE, l’UA, l’ONU et l’OIF, mais auxquels s’ajouteront des représentants des organisations sous-régionales, la SADC, elle conteste la participation des pays de la CIRGL – le Rwanda et l’Ouganda, de par leur mauvaise volonté, refusant systématiquement de se conformer aux résolutions de l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba.

Fait à Paris, le 7 juin 2016

Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO),
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

samedi 4 juin 2016

RDC : L'ABACO favorable à une dynamique nouvelle sur une base idéologique

Par la voix de son Premier Vice-Président, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO) évoque une dynamique nouvelle de l'opposition et une autre manière de faire de la politique en République Démocratique du Congo. 

L'Abaco participera-t-elle à la « Nouvelle union sacrée de l'opposition à Bruxelles » ?
Au sein de l'Abaco, nous avons toujours été outrés par la multitude d'unions de l'opposition qui n'ont jamais abouti à quelque chose de positif : Dynamique de l'opposition, G7, G14, la Majorité présidentielle populaire... On y trouve même des plateformes dans des plateformes. A ce rythme, c'est plutôt une fédération ou une confédération de l'opposition qu'il faudra mettre en place.

On dirait que vous ne prenez pas les opposants congolais au sérieux...
Force est malheureusement de constater que les uns et les autres créent des structures dans l'espoir d'en tirer un profit personnel. Comme ils ont tous la même ambition, la tentative d'union génère souvent la désunion de l'opposition. Combien des Tshisekedistes sont-ils devenus, tout à coup Katumbistes ? Sans oublier qu'ils étaient, hier encore , des fervents partisans de Vital Kamerhe ou du docteur Denis Mukwege. On ne serait pas surpris qu'ils soutiennent Laurent Nkundabatware, si jamais ce dernier revenait militairement sur le sol congolais. Le tourisme politique n'est pas le propre de l'Abaco.
Il ne s'agit pas pour nous de critiquer systématiquement l'opposition au point de la fragiliser. C'est plutôt une question de crédibilité. Nous avons toujours préconisé une opposition constructive, donc intelligente.

Comment expliquez-vous ces incohérences que vous dénoncez avec ferveur ?
En fait, toute initiative d'union ou d'adhésion à une structure échoue dès lors que l'on met la charrue avant les bœufs. L'Abaco ne nouera aucun partenariat sur la base d'une communion avec un individu. Nous refusons la dictature, ou le culte de la personnalité, de la part de l'opposition ou de la majorité présidentielle. On ne peut pas prendre toute l'opposition en otage, sous prétexte que l'on est le seul à pouvoir l'incarner. S'attribuer d'office une telle légitimité s'apparenterait à de l'archaïsme. Nous n'avons pas cette conception de la pratique politique. Les mentalités doivent évoluer. La politique, c'est la chose publique et non l'intérêt personnel.
Il est temps que le peuple congolais soutienne un parti politique, ou un groupement de partis politiques, en fonction d'un programme et non de l'appartenance à un groupe ethnique, ni de l'association d'intérêts personnels, ni d'ailleurs d'une ancienneté militante n'ayant réellement permis aucune alternative politique. L'embrigadement, c'est le propre de ceux qui n'ont pas de projet politique.

Peut-on comprendre que l'Abaco est contre l'union de l'opposition ?
En 1977, un conglomérat dénommé AFDL avait vu le jour mais sans aucun projet politique. Le point commun des opposants au régime mobutiste soutenus par le Rwanda et l'Ouganda, c'était seulement la prise du pouvoir. Résultat ? Des millions de compatriotes tués, la crise politique et institutionnelle, la déstabilisation du pays... Le peuple congolais doit tirer les leçons du passé. Par conséquent, l'Abaco n'a nullement l'intention de se retrouver dans une configuration s'apparentant au mariage de la carpe et du lapin, tout simplement pour occuper le fauteuil du président de la République sortant et squatter les institutions de la République. Comment peut-on s'associer à ceux qui, à un moment donné, ont versé le sang de nos compatriotes, encouragé le pillage de nos ressources et permis l'occupation du pays par nos voisins ? Comment peut-on continuer de croire à des gens qui, depuis des lustres, ont rendu illisible le paysage politique ? Bruxelles après l'île de Gorée ?
Pour répondre à votre question, nous sommes favorables à une dynamique nouvelle de l'opposition mais sur une base idéologique. L'Abaco tient beaucoup à l'intégrité du territoire nationale, qu'il s'agisse de l'île de Mateba ou de la région du Kivu. Nous restons fidèles à notre devise : Dieu, les Ancêtres et le Peuple. Ainsi sommes-nous partisans de la Liberté, de l'Egalité, de la Prospérité et de la Paix.

Qu'allez-vous faire, alors ?
A l'Abaco, nous sommes partisans de la confrontation de différents programmes en vue d'une probable alliance politique. L'affinité idéologique reste, pour nous, la seule approche en vue d'une coalition gouvernementale. L'Abaco publiera très prochainement son avant projet de société. Celui-ci sera proposé à nos compatriotes pour des éventuels amendements en vue du projet final qui définira, le moment venu, notre vision pour le Congo du troisième millénaire.
Nous ne solliciterons pas le soutien à notre initiative politique par la distribution des pagnes et de la bière, ni par le terrorisme politique, ni par la corruption des acteurs de la société civile et des journalistes. Un projet cohérent pour le Congo, c'est la seule base qui conditionnera notre démarche. Nous tenons à une alternative en vue de l'instauration de l'État de droit, de la sécurisation et de la pacification du pays, de la croissance économique, de la cohésion sociale et nationale... Nous sommes prêts à discuter avec tous ceux qui partagent une telle approche.

Et le dialogue, dans tout cela ?
La position de l'ABACO sur le dialogue n'a jamais varié. Compte tenu de la menace plus que jamais précise de la balkanisation du pays, un dialogue inclusif s'impose non pas pour violer les articles 70-2, 75, 76 et 220 de la Constitution, mais pour trouver des voix et moyens en vue d'une transition apaisée.

Propos recueillis par Roger Musandji

© Œil d'Afrique