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mercredi 7 octobre 2015

RDC : un tout petit budget pour l’année électorale

Selon le calendrier électoral défini par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les élections présidentielle et législatives se tiendront le 27 novembre 2016 en République Démocratique du Congo. Outre les élections provinciales, municipales, urbaines et locales qui devraient avoir lieu le 25 octobre 2015, les sénateurs seront élus le 17 janvier 2016 alors que l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs aura lieu le 31 janvier 2016. Le montant global de 1,2 milliard USD voté à cet effet par le Parlement a été finalement rabattu à 900 millions USD. À ces différents scrutins, il faut envisager une éventuelle organisation du référendum. Cette consultations coûterait au moins 50 millions USD.

Manque d’ambition

D’après les révélations faites par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, lors du dépôt du projet de loi de finance au Parlement, le budget de l’État pour l’exercice 2016 se chiffre à un peu plus de 8 milliards USD. Cet arbitrage est incompréhensible dans la mesure où l’estimation du budget 2015 était de 9,09 milliards USD, soit 1 milliard USD de plus que l’exercice pour une année 2016 placée sous le signe des élections.
Aux dires du président de la CENI, l'abbé Apollinaire Malu Malu, un plan de décaissement a été convenu avec le gouvernement pour le financement des élections. Quant au Premier ministre, il a rappelé que le ministre du budget avait prévu une ligne budgétaire significative. Par conséquent, en soustrayant les 950 millions USD qui seront affectés aux différents scrutins, il ne restera au gouvernement que 7,05 milliards USD pour financer à la fois « la révolution de la modernité sur laquelle est fondée le programme du Chef de l’État », la politique sociale et sanitaire, le développement économique, la réforme de l’armée et de la police, la lutte contre le chômage, la pacification de la région du Kivu...

Farce électorale

Dans un article paru récemment, sans tenir compte de l’aspect électoral, l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) a estimé le budget 2016 à 13,2 milliards USD. En ajoutant à cette somme les 950 millions USD relatifs au financement du processus électoral, il faudra au moins 14,15 milliards US afin de mener, l’année prochaine, une politique honorable pour un pays aux très fortes potentielles naturelles et organiser sérieusement toutes les échéances électorales en perspective. À défaut d’un meilleur usage des ressources externes et d’une réelle volonté de récupérer une partie des 11 milliards USD des flux financiers illicites enregistrés annuellement par l’État congolais, 2016 risque d’être l’année d’une farce électorale. Seul un budget 2016 conséquent pourra éviter au pays l’asphyxie financière.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président de l’ABACO

dimanche 8 mars 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150307/00039 relatif à la croissance et au budget en RD Congo

Après s'être félicité des performances économiques réalisées sans l'aide du Fonds monétaire international (FMI), le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo Mapon, a annoncé le 3 mars dernier que l’économie de la République démocratique du Congo a enregistré une croissance de 9,5 % en 2014. Ainsi a-t-il indiqué, sans plus de précision, que le gouvernement tablait sur une croissance « à deux chiffres » pour 2015, tout en annonçant dans la foulée que « selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, si [le gouvernement maintenait] ce rythme de création de richesses, la RD Congo pourrait devenir un pays émergent en 13 ans ».

Rappelons que d'après les prévisions du FMI de décembre 2014, la République Démocratique du Congo devait enregistrer une croissance économique de 9 % l'année dernière et celle-ci devrait atteindre 9,1 % en 2015, alors que le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) préconisait 10 % en 2014 et 11,65 % en 2015. Par ailleurs, d'aucuns savent que le Premier ministre a proposé un budget de 9 milliards USD pour l’exercice 2015, alors que le RDPC a estimé qu'il devait s'élever à 12,5 milliards USD, soit une différence de 3,5 milliards USD.

Si l'on se base sur le bilan-évaluation des réalisations gouvernementales, lequel annonce un taux de croissance de 9,5 % enregistré par l'économie de la République Démocratique du Congo, on peut aisément conclure que le budget pour l'année 2004 du gouvernement Matata Ponyo est de 9,7 milliards USD – soit une différence de 0,3 milliards USD par rapport aux 10,2 milliards proposés par le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo pour l'exercice écoulé. Force est donc de constater que le RDPC préconisait déjà 10 % de croissance en 2014, soit plus de 0,5 % par rapport à la clôture budgétaire.

Au vu des informations en sa possession, le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo estime le taux réel de croissance pour 2014 à 10,9 milliards USD, soit 10,8 %, au lieu de 9,7 milliards USD, soit 9,5 %. Plus précisément, la clôture budgétaire montre clairement que, par rapport aux prévisions du RDPC, le taux de croissance de l'économie de la République Démocratique du Congo est inférieur à 1,3 %.

Pour ce qui est de l'exercice 2015, le Bureau du RDPC estime le budget à 13,2 milliards USD. A ce rythme, le taux de croissance évoluera de 12,8 % en 2015 à 19,40 % en 2019. Une pareille progression permettra à la République Démocratique du Congo de figurer parmi les pays émergents en moins de 10 ans, bien avant les prévisions du PNUD.

Le Bureau du RDPC insiste sur le fait que le budget minimal de la République Démocratique du Congo pour l’exercice 2015 doit en principe s’élever à 24,2 milliards USD. Mais, comme on estime à environ 11 milliards USD les flux financiers illicites enregistrés par l’Etat congolais, la prudence voudrait que ce budget s’élève dans un premier temps à au moins 13,2 milliards USD. La finalité consistera à dynamiser la croissance à plus de 65 milliards USD dans les 5 prochaines années, soit une augmentation annuelle des recettes d’au moins 11 milliards USD de 2015 à 2020, et à encourager un meilleur usage des ressources externes.

Fait à Paris, le 8 mars 2015

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

mercredi 29 octobre 2014

RD Congo : Gaspard-Hubert Lonsi Koko plaide pour une croissance économique au service de la cohésion sociale

Dans l’interview qu’il vient d’accorder à Œil d’Afrique, Gaspard-Hubert Lonsi Koko se montre pragmatique dans le choix budgétaire en vue de l’exercice 2015. A cet effet, il allie politiquement le dynamisme économique à la justice sociale.


Œil d’Afrique : Le Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo, a proposé un budget de 9 milliards USD pour l’exercice  2015, alors que vous proposez 12,5 milliards USD. Comment avez-vous fait pour trouver les 3,5 milliards USD ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Dans l’absolu, en prenant en compte les estimations selon lesquelles le Trésor public perd plus de 11,13 milliards USD par an, le budget de la République Démocratique du Congo pour l’exercice 2015 devrait s’élever à plus de 23,63 milliards USD. Mais il serait absurde d’acheter la chikwangue (le bâton de manioc) pour le poisson que l’on n’a pas encore pêché. Fort de ce constat, j’ai privilégié l’option qui consiste à récupérer progressivement, en cours de mandature, les sommes inutilement gaspillées ou alors détournées. Mon souhait le plus cher, c’est que le budget prévisionnel que je propose aux Congolaises et aux Congolaises puisse être révisé en hausse, dans les trois premiers mois de son application, à la suite d’une gestion rigoureuse et sérieuse de la chose publique.

Œil d’Afrique : Qu’est-ce qui prouve l’exactitude de vos chiffres, d’autant plus que le Premier ministre a l’avantage de disposer des chiffres non connus de l’opposant que vous êtes ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Un budget correspond en principe aux dépenses réelles et croit chaque année par rapport aux besoins du pays. L’information gouvernementale étant une source parmi tant d’autres, j’ai fait mes prévisions en fonction de tous les éléments – aussi bien internes qu’externes – en ma possession. En tout cas, les prévisions que j’avance tiennent compte non seulement des différentes hypothèses de croissance, mais aussi de nombreux gaspillages de l’argent du circuit officiel, de la corruption, du détournement des fonds publics… Tous ces facteurs ont conduit à ce que je puisse précautionneusement tabler le budget de la République Démocratique du Congo, dans un premier temps, à 12,5 milliards USD pour l’exercice 2015. Par rapport à la loi de règlement de l’exercice clos, je ne serai pas surpris que mes observations soient prises en compte soit dans la loi de finances initiale, soit dans la loi de finances rectificative.

Œil d’Afrique : Comment se fait-il que le Premier ministre mise sur 48 milliards USD de recettes sur les 5 ans tandis que votre pronostic est de plus de 65 milliards USD pour la même période ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : L’équation est simple. Elle est claire et limpide comme de l’eau de roche. Si le gouvernement en place à Kinshasa est en mesure de dilapider plus de 11,13 milliards USD en une année, on peut a contrario économiser la même somme à chaque exercice budgétaire pendant tout le quinquennat. Ce n’est qu’une question de volonté politique et du désintérêt personnel au profit de l’intérêt de l’Etat, de la capacité à maîtriser les circuits informels en rapport avec la fuite des capitaux. Je ne préconise nullement plus de 65 milliards USD des recettes pour le simple plaisir d’amuser la galerie. Cette préposition est le résultat d’un cheminement gestionnaire mûrement réfléchi.

Œil d’Afrique : Pourquoi, malgré votre pragmatisme, les 65 milliards USD que vous proposez dans 5 ans restent néanmoins inférieurs au budget de l’Angolais pour l’exercice 2014 ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Le budget de l’Angola n’a pas atteint cette année plus de 70 milliards USD par l’opération du Saint-Esprit. Cela est dû à un long processus basé sur une exploitation efficace et une commercialisation sérieuse des minerais. Le gouvernement angolais a su investir l’argent des produits exportés dans les infrastructures publiques. Mon ambition, c’est que la croissance économique contribue largement au bonheur du peuple congolais. Elle doit à tout prix améliorer les conditions matérielles et intellectuelles de nos compatriotes. La cohésion sociale, c’est la finalité de la vision que j’ai, à très court terme, de l’avenir des Congolaises et des Congolais.

Propos recueillis par Roger Musandji

mardi 21 octobre 2014

RD Congo : plus de 65 milliards USD de croissance économique en 2020

Le 15 octobre 2014, l’assemblée nationale a estimé recevable le projet de budget du gouvernement pour l’exercice 2015 – estimé à environ 9 milliards USD – présenté deux jours plutôt. Envoyé pour amendement à la Commission économique et financière de la chambre basse du Parlement, ce texte devra être transmis au Sénat avant d’être soumis à la signature du Président de la République pour promulgation. Le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, a souligné à cette occasion l’engagement du gouvernement dans la réduction du train de vie des institutions politiques, l’objectif étant d’opérer une meilleure redistribution et d’intensifier les efforts en vue d’une plus grande mobilisation des recettes qui proviendraient à 79 % des ressources internes et à 21 % des ressources externes.

Le déficit et le faible niveau budgétaire

Compte tenu de la faiblesse des recettes prévues dans le projet de loi de finances relatif à l’exercice 2015, de l’inefficacité des réformes fiscales et du laxisme dans l’application des lois budgétaires, auxquels il faudra ajouter l’absence de contrôle, l’impunité ainsi que la modeste contribution des secteurs minier et des hydrocarbures, le Premier ministre a promis d’engager des réformes idoines, en matière de sécurité et de développement économique afin d’atteindre les 48 milliards USD de recettes sur les cinq ans de la mandature. A cet effet, il a souligné à juste titre que « les questions sur la fraude et l’évasion fiscale, notamment dans la phase d’exportation, la lutte contre l’impunité et l’exercice efficace du contrôle exigent que les institutions ad hoc soient renforcées effectivement dans leurs missions ».
Selon Augustin Matata Ponyo, les recettes internes connaissent ainsi un taux d’accroissement de 7,4 % par rapport aux assignations de l’exercice passé et sont constituées des recettes de douanes et assises, des impôts, des recettes non fiscales ainsi que des recettes des pétroliers producteurs. Or, d’aucuns n’ignorent que les recettes mobilisées et réellement canalisées dans les caisses de l’Etat congolais ne reflètent guère le potentiel fiscal ou la vraie capacité contributive du pays. Ceci constitue, à n’en pas douter, un manque à gagner et prive l’Etat d’une partie de ressources pouvant satisfaire les besoins vitaux des populations.

Un budget à la hauteur des enjeux

C’est en mettant définitivement un terme à la fuite des recettes publiques que l’on pourra harmoniser le potentiel en ressources et les performances économique. En effet, le développement économique de la République Démocratique du Congo nécessite que le gouvernement s’implique sérieusement dans la maîtrise de l’endettement et des capitaux internes. Il est donc indispensable de privilégier la rigueur dans la gestion de la chose publique. C’est la condition sine qua non en vue d’un budget à la hauteur des enjeux en cours et à l’image d’immenses richesses dont regorge le sol congolais.
En principe, au vu de divers facteurs évoqués supra, le budget minimal de la République Démocratique du Congo pour l’exercice 2015 doit s’élever à 23 milliards USD. Mais comme on estime à environ 11 milliards USD les flux financiers illicites enregistrés par l’Etat congolais, soit 2 milliards de plus que la proposition gouvernementale, la prudence voudrait que ce budget s’élève dans un premier temps à au moins 12 milliards USD. La finalité consistera à dynamiser la croissance économique à plus de 65 milliards USD à la fin du quinquennat, soit une augmentation annuelle des recettes d’au moins 11 milliards USD de 2015 à 2020, et à encourager un meilleur usage des ressources externes.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mardi 30 septembre 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20140930/00019 relatif au budget 2015 de la RD Congo

Après avoir rappelé que le budget de l’État congolais n’était que de 300 millions de dollars américains, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a insisté sur le que fait « le pays dispose désormais d'un budget qui avoisine les 9 milliards de dollars américains. « C’est des progrès qui sont réalisés. Nous devons en tenir compte », a commenté devant la presse Augustin Matata Ponyo après avoir déposé au bureau de l'Assemblée nationale, le 29 septembre dernier, le projet de budget de l’État pour l'exercice 2015. Toutefois, le Premier ministre a reconnu le caractère modeste de ce budget au regard des potentialités de la République Démocratique du Congo.

Le Bureau du Rassemblement pour Développement et la Paix au Congo (RDPC) partage l'inquiétude du Premier ministre quant à l'absence d'ambition qui caractérise ce budget. Bien que celui-ci ayant progressé de 1 milliard USD par rapport au budget précédent, il est néanmoins de 1,2 milliard USD inférieur à celui qu'avait déjà proposé le RDPC l'année dernière (cf. l'article intitulé Le budget gouvernemental, un sérieux handicap à la stabilité et à la sécurisation de la RD Congo).

Tenant à tout prix à mettre un terme à la crise politique et à l'insécurité auxquelles la République Démocratique du Congo est confrontée, le RDPC se soucie davantage de la crédibilité du processus électoral en cours et de la réussite du mécanisme de suivi des accords d'Addis-Abeba. Par conséquent, plus ambitieux que le gouvernement Matata Ponyo, il propose un bilan global de 12,5 milliards USD pour l'exercice 2015.

Fait à Paris, le 30 septembre 2014

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo,

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Le Porte-parole