lundi 24 janvier 2011

La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie (table des matières)

Auteur : Gaspard-Hubert LONSI KOKO
ISBN : 978-2-296-13725-7
Pages : 100
Prix : 11 euros
Éditeur : L’Harmattan - Collection Études Africaines
Parution : février 2011






Table des matières

Avant-propos
A - La République Démocratique du Congo
B - Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo
C - Un gouvernement a minima

I - La paix et la sécurité
1.1 - L’armée nationale congolaise
1.2 - La police et la gendarmerie nationales
1.3 - La sécurité publique
1.4 - La participation citoyenne
1.5 - L’intégrité territoriale et l’unité nationale
1.6 - L’ordre public

II - La relance économique, la politique monétaire et budgétaire
2.1 - Étude du marché   
2.2 - Les organismes de crédits
2.3 - Le compte bancaire
2.4 - La libre-circulation des biens et des capitaux, ainsi que la libre concurrence
2.5 - Une politique agricole nationale
2.6 - L’artisanat, l’élevage, la pêche et la sylviculture
2.7 - La politique budgétaire et monétaire
2.7.1 - Les transactions monétaires
2.7.2 - La maîtrise de l’inflation
2.7.3 - Le budget de l’État
2.7.4 - Les finances publiques
2.7.5 - Un Fonds de Développement du Congo
2.7.6 - Les ressources naturelles et minérales

III - Les apports extérieurs
3.1 - Les investisseurs étrangers
3.2 - La participation des Congolais de la diaspora
3.3 - Garantir les investissements
3.4 - La mondialisation et le libre-échange

IV - L’éducation et la formation
4.1 - L’éducation pour tous et la formation tout au long de la vie
4.2 - L’enseignement supérieur et universitaire
4.3 - La recherche et le développement

V - L’emploi, la santé, la protection sociale et les droits fondamentaux
5.1 - L’emploi
5.2 - La santé
5.3 - Les services sociaux
5.4 - Le confort matériel et moral, ainsi que le bien-être
5.4.1 - L’eau et l’électricité
5.4.2 - Le logement et l’immobilier
5.4.3 - L’urbanisme, l’urbanisation et la ville
5.4.4 - Les loisirs et la culture
5.4.5 - La Laïcité républicaine
5.5 - Les droits fondamentaux
5.5.1 - Les droits sociaux
5.5.2 - Les droits syndicaux
5.5.3 - L’affirmation de la liberté
5.5.4 - La démocratie sociale
5.5.5 - Les droits de la personne humaine
5.5.6 - La diaspora, l’émigration et l’immigration
5.5.7 - La détention judiciaire et la garde à vue

VI - Les voies et les moyens de communication
6.1 - Les infrastructures routières, fluviales et ferroviaires
6.2 - Le transport aérien
6.3 - La poste et les télécommunications
6.3.1 - Le courrier et les nouvelles technologies
6.3.2 - La banque postale

VII - La réforme de l’État
7.1 - L’administration
7.2 - La fonction publique
7.3 - La bonne gouvernance
7.4 - La décentralisation
7.5 - Les compétences des collectivités territoriales
7.5.1 - Les secteurs
7.5.2 - Les territoires
7.5.3 - Les districts
7.5.4 - Les provinces
7.5.5 - La loi KML
7.5.6 - Les commissaires du gouvernement
7.5.7 - Le nouveau paysage administratif
7.5.8 - La Constitution

VIII - La justice
8.1 - La responsabilité du corps judiciaire
8.2 - La responsabilité des justiciables
8.3 - Les perspectives
8.3.1 - Une justice indépendante, impartiale et intègre
8.3.2 - Un aggiornamento du système judiciaire
8.3.3 - La justice au regard du droit international
8.3.4 - La Cour Pénale Internationale

IX - La diplomatie
9.1 - La région des Grands Lacs
9.2 - L’Union Africaines et les communautés africaines
9.3 - La communauté internationale
9.3.1 - La prévention des crises
9.3.2 - Les défis de sécurité et de gouvernance
9.3.3 - La gestion des ressources naturelles
9.3.4 - Les institutions internationales

X - La sécurité globale
10.1 - L’indépendance dans l’interdépendance
10.2 - La conférence intergouvernementale sur la sécurité, la paix et la coopération régionales
10.3 - Les éléments constitutifs du pacte de stabilité des systèmes régionaux de sécurité et de défense
10.4 - Le conseil permanent du pacte de stabilité des systèmes régionaux de sécurité et de défense

En guise de conclusion

Remerciements

Table des matières


samedi 22 janvier 2011

RD Congo : Ni argent, ni tee-shirt, ni bière...

Je n'ai ni argent, ni tee-shirt, ni bière à donner aux Congolaises et aux Congolais, mais seulement un projet de société cohérent pour qu'ils retrouvent la dignité et le bonheur...
Pour plus d'informations, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=33224

mercredi 19 janvier 2011

Dans la peau des kabilistes

On disait que le président Joseph Kabila avait un boulevard devant lui, s'agissant de la prochaine élection présidentielle. Un boulevard tellement vide qu'il ne conduirait nulle part, sauf dans une impasse. Comment allons-nous nous y prendre, dès lors que la réalité sur le terrain n'est plus ce que les supposés spécialistes du paysage politique congolais avaient pronostiqué ? Un constat s'impose obligatoirement. L'opposition parlementaire est déjà domestiquée. Aucun risque majeur de ce côté-là. Quand même, tel le caméléon d'Amadou Hampaté Bâ, pensons à tout prix à assurer nos arrières. Le danger ne peut que venir du peuple. Agissons très vite pour mettre devant le fait accompli celui qui est censé être le souverain. Allions-nous donc, ne sait-on jamais, aux affidés de Laurent Nkunda et de Bosco Ntaganda. En effet, nous aurons besoin, le moment venu, de la branche armée du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP). Néanmoins, deux précautions valent mieux qu'une. Commençons par changer les règles du jeu à moins de dix mois de l'échéance. Allons-y pour la révision de la Constitution, notamment l'article 71, en vue de la modification de la loi électorale, l'objectif étant d'imposer l'élection présidentielle à un tour. Ces précautions sont-elles suffisantes ?

Non, pas du tout. De plus, l'opposition non parlementaire va vouloir combler le déficit de leurs collègues qui siègent dans les institutions de la République : en l'occurrence les Chambres haute et basse, ainsi que les Parlements provinciaux. Soyons tout à fait machiavéliques, muselons-la avant qu'elle n'impose véritablement sa marque. Faisons adopter un projet de loi dans le seul but d'empêcher les candidats de plus de 70 ans de se présenter à l'élection présidentielle. Ainsi limiterons-nous l'éventualité d'une menace de la part d'un quelconque vieux routier de la politique.

Mais, il y a toutefois les candidats de la diaspora. Ces derniers risquent de nous créer beaucoup d'ennuis avec leur logique démocratique qu'ils comptent imposer sur le plan national : notamment la rigueur dans la gestion de la chose publique. Comment allons-nous les empêcher de se présenter à l'élection présidentielle ? Nous leur avons déjà refusé – injustement, certes ! – le droit de vote, mais ils ont compris qu'il faille descendre dans l'arène pour changer le cours des choses. Il ne faut surtout pas qu'ils parviennent à leurs fins. Alors, imposons légalement une clause exigeant trois années de résidence continue en République Démocratique du Congo pour être éligible.

Si jamais toutes les conditions évoquées ci-dessus sont remplies, nous sommes certains d'avoir finalement un boulevard devant nous. Un boulevard qui conduira recta vers la présidence à vie. Bien entendu, certains esprits mal intentionnés ne manqueront pas de nous donner des leçons de morale, en prétextant par exemple l'instauration d'une nouvelle dictature dans notre pays. Balivernes ! Nous resterons droits dans nos bottes, en leur répondant sans détour que le fait pour le chien d'aboyer n'empêche nullement la caravane de passer.

Et si, en dépit de toutes ces manœuvres, le peuple se soulevait ? C'est bien beau de tout entreprendre pour éviter le syndrome ivoirien, mais l'exemple tunisien ne doit surtout pas nous laisser indifférents. Ce qui se passe en Tunisie risque de faire tâche d'huile sur l'échiquier politique en Afrique. Au cas où telle serait la situation, il ne nous resterait plus qu'à utiliser les Nord et Sud Kivu comme solution de repli. De toute façon, il nous faudra un espace géographique pour exister ; sans cet espace, bernique ! Alors, pensons d'ores et déjà à vider les bases militaires de l'Est du pays, entre autres celle de Kibomango. Nous devons y installer des contingents d'hommes mieux armés, de préférence ceux venus d'ailleurs, en vue d'une éventuelle balkanisation. Ainsi aurions-nous, de facto, habilement atteint notre mission initiale. Et nos commanditaires nous diront : « Bravo, les artistes ! Comme ils sont naïfs, ces Congolais ! ».

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

dimanche 16 janvier 2011

RD Congo : pétition contre l'élection présidentielle à un tour


Selon l'article 218 de la Constitution congolaise, l'initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment au Président de la République, au Gouvernement après délibération en Conseil des ministres, à chacune des Chambres du Parlement à l'initiative de la moitié de ses membres et à une fraction du peuple congolais, en l'occurrence 100 000 personnes, s'exprimant par une pétition adressée à l'une des deux Chambres.

Sachant que l'initiative de l'Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP) relative à modification de l'article 71 de la Constitution et de la loi électorale au profit du mode de scrutin à un tour privilégie les intérêts personnels, ceux du président de la République et de ses amis, au détriment de la majorité des Congolaises et des Congolais ;

Convaincus surtout que l'élection présidentielle à deux tours permet non seulement aux électeurs de se prononcer en faveur de leur candidat(e) préféré(e) une deuxième fois, ou même de changer d'avis quant à leur préférence entre le premier et le second tour, mais aussi aux partis politiques et à l'électorat de s'ajuster aux éventuels changements de l'environnement politique entre les deux tours de scrutin ;

À l'initiative du Collectif des Démocrates Congolais (CDC), Nous, Peuple congolais de l'intérieur et de la Diaspora favorables au maintien de l'élection présidentielle à deux tours en République Démocratique du Congo, demandons, conformément à l'article 218 de la Constitution congolaise, l'organisation d'un référendum sur la non-révision de l'article 71 de la Constitution.

Pour signer cette pétition, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://9112.lapetition.be

lundi 10 janvier 2011

NON À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE À UN SEUL TOUR !


Après concertation et au vu de l’actualité politique en cours en Démocratique du Congo, précisément suite aux dernières déclarations du ministre de l’Information et de la Presse, M. Lambert Mende, qui plus est porte-parole du gouvernement, portant sur le changement de mode de l’élection présidentielle, le Collectif des Démocrates Congolais (CDC) rappelle les dispositions juridiques et constitutionnelles relatives au mode de scrutin.

En effet, conformément à la Constitution de la République Démocratique du Congo, plus précisément en son article 211, seule « la Commission électorale nationale indépendante est chargée de l’organisation du processus électoral, notamment de l’enrôlement des électeurs, de la tenue du fichier électoral, des opérations de vote, de dépouillement et de tout référendum ». De la même façon, l’article 101 de la loi électorale n° 06/006 du 09 mars 2006 portant organisation des élections présidentielles, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales stipule que « le président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois » ; tout comme l’article 3 de la loi organique n° 10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la commission électorale nationale indépendante (CENI) précise que « la CENI est chargée de l’organisation du processus électorale et référendaire » et qu’« elle en assure la régularité ».

En conséquence, les arguments avancés dans le but de modifier le mode de scrutin de l’élection présidentielle n’étant pas du tout convaincants, le Collectif des Démocrates Congolais rejette fermement la proposition gouvernementale et exclut toute possibilité de révision de l’article 71 de la Constitution qui stipule : « Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour du scrutin, il est procédé dans un délai de quinze jours, à un second tour ». De ce fait, le CDC attire l’attention de toutes les personnes désireuses d’un changement et partisanes d’une réelle alternative politique en République Démocratique du Congo sur l’impérieuse nécessité de l’unité des forces de progrès, ainsi que de sa capacité à se choisir un leader en mesure à la fois de réconcilier l’opposition avec elle-même, d’innover dans la manière de faire de la politique et de prendre le pouvoir.

Ainsi le Collectif des Démocrates Congolais demande-t-il à l’opposition parlementaire et non parlementaire, en particulier, et au peuple congolais, en général, d’accompagner vaillamment les signes du temps qui annoncent la fin d’un régime impopulaire. Non seulement le condamne toute révision constitutionnelle en vue de la modification du mode de scrutin et n’accepte en aucun l’élection présidentielle à un seul tour, mais il demande surtout à tous les parlementaires et sénateurs de faire preuve de courage et de patriotisme en rejetant toute initiative susceptible de porter préjudice au principe démocratique. De plus, les intérêts du peuple congolais doivent prévaloir sur toute initiative personnelle, aussi présidentielle soit-elle. Que les parlementaires congolais imitent leurs homologues zambiens et nigérians qui, dans des cas similaires, ont su faire obstacle en 2000 et 2006 aux projets de modification constitutionnelle respectivement présentés par les anciens présidents Frederick Chiluba et Olusegun Obassandjo.

Le CDC incite surtout au réveil des esprits et préconise d’emblée des actions d’envergure aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale en vue de la victoire prochaine, quel que soit le mode de scrutin qui s’imposera. À cet effet, le Collectif propose une série de concertations, de tous les ténors de l’opposition et de ceux du régime acquis au changement et prônant l’alternative, pour définir les stratégies appropriées, l’harmonisation d’un programme électoral et le choix d’un nom ainsi que la mise en place d’une équipe performante en vue de la prise du pouvoir. Bien entendu, toutes les forces vives de la Nation, tant de l’intérieur que de la diaspora, sont conviées à ces concertations sans exclusion aucune.

Pour le Collectif des Démocrates Congolais (CDC),

Augustin Mukamba, Dr Bent Francis MboyoNdombo et Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Fait à Genève, le 9 janvier 2011

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Contacts :
- Augustin Mukamba : berpdc@hotmail.fr ;
- Dr Bent Francis Mboyo : nmsc2011@yahoo.com ;
- Gaspard-Hubert Lonsi Koko : lonsikoko75015@gmail.com

samedi 8 janvier 2011

La rémanence d’un coup d’État ?

Dans tout processus politique, le changement n’est envisageable que lorsque les institutions servent avant tout la chose publique. Est-ce pour cela que le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, s’apprête à faire réviser la Constitution, en l’occurrence l’article 71, en vue d’une modification du mode de scrutin de l’élection présidentielle ? Celui-ci passera, si jamais le parlement adopte la proposition gouvernementale, des deux tours à un seul. « Toute opinion meurt impuissante ou frénétique si elle n’est logée dans une assemblée qui la rend pouvoir, la munit d’une volonté, lui attache une langue et des bras », écrivait Chateaubriand. Mais encore faut-il que cela ne réveille pas les espérances endormies. S’agit-il, par rapport à cet événement, de la rémanence d’un coup d’État ? Dans l’affirmative, comment le peuple congolais et la communauté internationale doivent-ils réagir respectivement ?

Le manque de courage politique

En tout cas, les opinions aussi bien nationale, continentale qu’internationale ne cessent de s’interroger sur le processus en cours en République Démocratique du Congo. D’autant plus que, pas plus tard qu’hier, on avançait triomphalement l’idée selon laquelle Joseph Kabila avait un boulevard en face de lui. Effectivement, son souhait le plus cher consiste à gagner l’élection dès le premier tour. Seulement, compte tenu de la complexité de l’arithmétique électorale et des pesanteurs traditionnelles au Congo-Kinshasa, aucun candidat ne pourra en principe obtenir à lui seul, en cas d’élection transparente, plus de 30 % au premier tour. Seul le second tour peut donner, dans ce cas, une vraie légitimité au vainqueur. En conséquence, Joseph Kabila a pris l’option de contourner cette évidence. Mais en faisant le choix de traficoter la Constitution, à défaut d’être légitimé par le peuple, il prend le risque de quitter le pouvoir comme il y a accédé en 2001 : c’est-à-dire dans l’indifférence. Le courage politique aurait voulu qu’il ne contourne pas l’obstacle, mais qu’il s’appuie dessus.

La manœuvre constitutionnelle

François Mitterrand écrivait déjà en 1964 dans Le coup d’État permanent : « Pressée de toutes parts, la majorité parlementaire [gaulliste] qui gouvernait la France finit par offrir l’os traditionnel aux appétits de rénovation : la réforme de la Constitution. Mais en se gardant de toucher [...] aux seuls articles qui constituaient un véritable obstacle à la refonte nécessaire des structures [...] ». À force d’avoir peur de la démocratie, de se montrer injuste à l’égard du peuple, on finit par rendre inacceptable un régime politique. C’est ainsi que, au Congo-Kinshasa, le glas va très vite sonner pour la troisième République, laquelle n’est qu’une malencontreuse parenthèse de l’Histoire nationale. À propos de la tentative de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP), il est à noter qu’il s’agit de la troisième phase d’une opération qui consiste à rétablir, comme à l’époque de Joseph-Désiré Mobutu, une présidence à vie en République Démocratique du Congo. Les deux premières manœuvres ont déjà abouti : à savoir la domestication du parlement et la privation des prérogatives financières au Premier ministre. Or, un coup d’État réussi doit être protégé constitutionnellement. C’est cette cérémonie ultime qu’il faudra coûte que coûte faire avorter.

Le non-respect des règles du jeu

Il est certain que la responsabilité des parlementaires congolais est grande car, s’ils acceptent de cautionner la farce que l’on veut leur faire jouer, ils endosseront les conséquences de l’opération qui consiste, en réalité, à constitutionnaliser un régime dictatorial. Quant au peuple congolais, il ne doit en aucun cas être reconnaissant des services rendus, par des alliés extérieurs, pour chasser le maréchal Mobutu du pouvoir. Il ne doit donc pas accepter l’inacceptable. Les alliances signées par des rebelles de l’époque ne doivent nullement valoir d’hypothèque sur la nation congolaise au point de fouler sous le pied sa Constitution, de violer systématiquement les droits fondamentaux de la personne humaine, de faire main basse sur ses ressources naturelles... Au contraire, le peuple congolais a plus que jamais besoin d’un autre spectacle que celui offert par un acteur qui n’hésite pas à fausser les règles du jeu en vue de se maintenir au pouvoir pour ne rien entreprendre de grand.

Un nouveau destin

Il est une évidence, le peuple finit toujours par préférer celui qui l’exalte au détriment de celui qui n’a cessé de le mentir. Si jamais Joseph Kabila parvient à se maintenir à tout prix au pouvoir, quitte à recourir aux méthodes peu orthodoxes, c’est à ses adversaires que l’Histoire ferait des reproches. Cette tentative de modification du mode du scrutin présidentiel est donc une chance inouïe pour l’opposition, en particulier, et le peuple congolais, en général. Ainsi ce dernier doit-il se saisir de l’opportunité qui vient de lui être offerte pour désavouer, avant même l’élection présidentielle, les velléités des partisans de Joseph Kabila. Il faut que l’éveil de conscience assure un nouveau destin à la Nation congolaise.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mardi 4 janvier 2011

COMMUNIQUE DE PRESSE n0 20110104/010 relatif au mode de scrutin en République Démocratique du Congo

Par la voie de son porte-parole, le gouvernement congolais propose de réduire à un seul tour le mode de scrutin présidentiel. En effet, selon Lambert Mende, « le scrutin à deux tours tel que [cela a été] expérimenté en 2006 n'est pas conforme aux intérêts du peuple congolais du point de vue économique, politique et sécuritaire » et « éviterait au pays de sombrer dans des guerres identitaires ». Il est donc question, pour le gouvernement de Joseph Kabila, de changer les règles à quelques mois de l'élection présidentielle. S'imposera donc la révision constitutionnelle, notamment l'article 71, afin de faire passer le scrutin présidentiel à un seul tour.

Force est de constater la peur qui anime la majorité présidentielle. L'éventualité d'une victoire avec le mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours étant de plus en plus exclue, l'Alliance pour la Majorité présidentielle (AMP) tente de modifier la Constitution au profit du mode de scrutin à un tour. Si jamais la pilule ne passe pas, les affidés du président de la République préconiseraient l'allongement de l'intervalle entre les deux tours à deux mois, et non plus deux semaines, dans l'intention de bloquer le processus électoral au second tour au cas où les données leur seraient défavorables.

La politique de fuite en avant n'ayant toujours rien résolu, au sein du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), nous exigeons avec force et vigueur le maintien du scrutin à deux tours. De plus, ce système permet non seulement aux électeurs de se prononcer en faveur de leur candidat(e) préféré(e) une deuxième fois, ou même de changer d'avis quant à leur préférence entre le premier et le second tour, mais aussi aux partis politiques et à l'électorat de s'ajuster aux éventuels changements de l'environnement politique entre les deux tours de scrutin.

La Direction du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo.

Fait à Paris, le 4 janvier 2011

samedi 1 janvier 2011

Adresse de Gaspard-Hubert Lonsi Koko au peuple congolais

Mes chers compatriotes,

Notre pays est à la croisée des chemins. Plus de 50 ans après sa reconnaissance internationale, le bilan est globalement négatif. En effet, notre pays n’a jamais été sérieusement dirigé depuis le 30 juin 1960. Cela est dû non seulement aux troubles internes imposés par des volontés extérieures, mais surtout au manque de rigueur de notre classe politique dans la gestion de la chose publique et à l’insouciance de nos populations pour ce qui est du processus démocratique.

De toute évidence, sur le plan économique, l’année 2010 a confirmé l’inacceptable. En effet, la République Démocratique du Congo, bien que naturellement très riche, a été cataloguée parmi les pays pauvres et très endettés (PPTE). Dans la même optique, le mauvais climat des affaires a mis notre pays en porte-à-faux avec la loi américaine connue sous le nom de « African Growth and Opportunity Act » (AGOA) ayant de ce fait privé le peuple congolais, sur le plan commercial, d’un partenariat import avec les États Unis d’Amérique.

Sur le plan social, l’année 2010 a particulièrement été mauvaise. Le fort taux de chômage a gravement porté préjudice à plus de la majorité des ménages, ayant ainsi hypothéqué l’avenir des millions de familles. En conséquence, nos compatriotes ont de plus en plus de mal à subvenir aux besoins vitaux de leurs familles.

À propos de la sécurité alimentaire, le pouvoir d’achat d’un grand nombre de Congolais ne leur permet plus du tout de manger plus d’une fois par jour. Ainsi connaît-il quotidiennement la « mort subite », comme cela se dit tristement à Kinshasa.

Pour ce qui est des infrastructures, le peu de travaux effectués concernant les routes a été soit réalisé sans respect des normes adéquates, soit est resté inachevé, soit n’est d’aucun intérêt direct par rapport au développement socio-économique local. Force est de constater que les 5 chantiers du président de la République n’ont en rien amélioré le quotidien de nos compatriotes pour ce qui est de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, de l’accès aux soins, de l’entretien des routes dans les cités, du désenclavement du pays...

Selon l’ambassadeur de France pour les droits de l’Homme, François Zimeray, les droits de l’Homme relèvent « du naufrage » dans notre pays. Un constat accablant que confirment les propos de la députée européenne Michèle Striffler. N’en déplaise au ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, nous avons besoin de personnes de bonne volonté qui veulent bien nous aider, en matière de lutte contre les violations des droits humains, « à sortir la tête hors de l’eau ». De plus, nos compatriotes de l’Est connaissent de moins en moins une vie paisible, tourmentés psychologiquement comme ils le sont à cause de l’insécurité, de la séparation avec les membres de leurs familles ballottés d’un camp de réfugiés à un autre à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières. Ils ne cessent d’être victimes d’assassinats et d’arrestations du fait de leurs convictions, subissent des violences sexuelles et des humiliations dégradantes ainsi qu’inhumaines. Et c’est dans ce contexte qu’est intervenue, à la fin de l’année 2010, l’alliance politique entre l’AMP de Joseph Kabila ainsi que le CNDP de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda.

Sur le plan de la paix, l’invitation du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya aux belligérants du conflit armé sévissant sans cesse dans l’Est de la République démocratique du Congo à un processus de réconciliation, lancée lors de son homélie, ne fait que confirmer la guerre qui est en cours dans cette partie du territoire national. Le rapport du Grisis group paru le 16 novembre dernier rappelle que la « paix au Congo est hypothétique », donc elle relève « du domaine du virtuel »...

Mes chers compatriotes,

Pensez-vous que les promesses du président de la République sont-elles crédibles, dès lors que les 5 chantiers pour lesquels il a été élu n’ont en rien modifié la vie quotidienne pour plus de la majorité de nos compatriotes ? Pensez-vous que nous devons reconduire au pouvoir quelqu’un qui noue des alliances politiques avec ceux qui ont versé le sang de nos frères et sœurs, violé sexuellement les membres de nos familles et agi contre les intérêts de notre peuple ? En 10 années de présidence de Joseph Kabila, qu’est-ce qui a réellement changé dans la vie du citoyen lambda ? De quel acquis social bénéficie-t-il ?

Il serait franchement inadmissible de ma part de vous souhaiter une bonne et agréable année 2011 dans pareilles circonstances, sachant très bien que cette année nouvelle risque d’aggraver davantage votre condition sociale si rien n’est entrepris politiquement. Néanmoins, mon premier souci consiste à ce que vous retrouviez avant tout le bonheur. Et pour que vous retrouviez le bonheur auquel vous aspirez, il faut un véritable changement dans la manière de faire de la politique et de gérer la chose publique.

Dans l’espoir d’apporter un véritable changement dans la manière de gouverner notre pays, j’ai fait le choix de me battre à vos côtés, aussi bien dans les cités que dans les campagnes abandonnées à leur propre sort. Mon premier souhait, c’est que l’élection présidentielle de 2011 instaure donc dans notre pays une réelle alternative politique en vue de la Liberté, de l’Égalité, de la Sécurité et de la Prospérité. Pour cela, nous devons bâtir ensemble le Congo d’avenir en vue du triomphe de la paix, de la croissance économique et de l’évolution sociale.

Que vive la République Démocratique du Congo !

Que vive le peuple congolais !

Fait à Paris, le 1er janvier 2011

vendredi 24 décembre 2010

La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie

Cet ouvrage paraîtra en février 2011 chez L'Harmattan dans la collection Études africaines.


Dans cet ouvrage, il est question de la feuille de route pour une République Démocratique du Congo du troisième millénaire. Effectivement, en homme de foi et excellent visionnaire, Gaspard-Hubert Lonsi Koko trace avec conviction les sillons d’une politique audacieuse dont la finalité est – à court, moyen et long termes – la paix, la croissance économique et l’évolution sociale. Toutes les propositions de l’auteur s’articulent autour de quatre principes fondamentaux : la Liberté, l’Égalité, la Sécurité et la Prospérité.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko confirme donc qu’il a réellement une ambition nationale. Une ambition collective pour réinventer, 50 ans après la décolonisation, la manière de faire de la politique et de rendre possible une alternative crédible en République Démocratique du Congo. Ainsi propose-t-il à ses concitoyens un projet de société d’avant-garde fort, humaniste et fraternel, lequel pose les véritables fondements du Congo d’avenir.

L'auteur :

Ancien cadre du Parti Socialiste français et auteur de plusieurs ouvrages, Gaspard- Hubert Lonsi Koko a présidé le Club de réflexion Enjeux Socialistes et Républicains ainsi que le Club Afrique. Il est actuellement le Président d’Union du Congo et le porte- parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC).

ISBN : 978-2-296-13725-7

Prix : 11 euros.

Pour se procurer déjà cet ouvrage, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=33224

jeudi 23 décembre 2010

L’Île-de-France, un terreau propice à d’éventuels futurs terroristes « lingalaphones »


Il y a quelques semaines, par le biais d'un document très argumenté sur la nécessité d'un changement politique en République Démocratique du Congo, le porte-parole du Rassemblement pour Développement et la Paix au Congo (RDPC) attirait l'attention de la communauté internationale sur les risques à moyen et long terme d'une politique de désinvolture, s'agissant du règlement des conflits armés dans la région des grands lacs africains. Ainsi a-t-il rappelé que la déflagration de la gestion inexperte de la République Démocratique du Congo aura des effets collatéraux garantis sur l'ensemble du monde.
Toujours dans le souci de conscientiser cette communauté internationale, qui a tendance à réagir plutôt qu'à agir de manière anticipée, l'accent est mis cette fois-ci sur un phénomène qui semble marginal aujourd'hui, mais dont les conséquences, si l'on ne s'y intéresse pas plus tôt, se matérialiseraient très prochainement. De plus, pour les jeunes « lingalaphones » de France – dont le passé reste muet, le présent sourd et l'avenir aveugle –, la perspective de se réaliser à travers le terrorisme est très alléchante. En effet, la marginalisation de facto, dont cette jeunesse est victime, et la « conscience » – celle-ci n'étant, en réalité, qu'une impression accentuée et déformée par des prédicateurs connus –, ont de l'implication du Nord, surtout dans le maintien de la misère et dans l'organisation du désordre, au Sud. Elles constituent donc des motifs solides dont la finalité est un viatique : ce raccourci qui semble faire ses preuves, ne serait-ce que par les tourments qu'il inflige aux pays occidentaux.

La problématique des « lingalaphones » de France

Au moins trois raisons doivent inciter la communauté internationale, la France et l'Union européenne en premier, à se pencher sérieusement sur le cas de ces jeunes gens, c'est-à-dire sur la problématique relative aux « lingalaphones » de France. Primo, sur le plan typiquement français, le lingala est devenu la première langue africaine parlée en région parisienne (C'est déjà en Wallonie, surtout dans la région bruxelloise). Secundo, il est important d'avoir à l'esprit le fait que l’aire géographique du lingala couvre le Congo-Kinshasa, le Congo-Brazzaville, la République centrafricaine et l’Angola : à savoir plus des deux tiers du bassin du Congo. Tertio, d’après les statistiques, beaucoup de citoyens français de moins de 25 ans habitant l’Île-de-France sont nés des parents « lingalaphones », c’est-à-dire originaires dans la plus grande majorité des pays qui composent ledit bassin du Congo. Pourtant, l’implantation durable de cette immigration, dont la majorité provient de la République Démocratique du Congo, est très récente en France. Les sociologues la situent, globalement, au début des années 1980.

L’exclusion à la française

D’après plusieurs enquêtes, les conditions sociales de la plupart de jeunes Français et immigrés « lingalaphones » ne sont guère reluisantes. Pis encore, pour eux, l’horizon se bouche davantage. Effectivement, ils sont en proie aux innombrables problèmes sociaux et aux multiples tracasseries administratives dues aux instructions d’une classe politique soucieuse de couper l’herbe sous le pied de l’extrême droite – en l’occurrence le Front National. Tous ces éléments montrent que les perspectives d’instruction et d’emplois sont, d’une manière ou d’une autre, moins prometteuses pour ces jeunes gens. Très démoralisés, puisque sans aucun débouché intéressant, ils ne savent plus à quel saint se vouer. Ainsi deviennent-ils des proies faciles pour quelques imams pratiquant un islam peu orthodoxe. Ces derniers finissent par les convaincre de suivre un enseignement axé sur les pseudo-vertus du terrorisme. Et, après l’endoctrinement, le stage pratique se déroule, bien entendu, en Afghanistan ou au Pakistan. Aussitôt leur formation achevée, ils s’envolent vers l’Afrique subsaharienne afin de combattre la politique occidentale, surtout celle des États-Unis d’Amérique consistant à constituer un bouclier contre le terrorisme dans une zone géographique s’étendant du Proche-Orient au continent africain.

L’intérêt pour les richesses et la position géostratégique de l’Afrique

Il est évident que les richesses dont regorgent quelques pays africains n’intéressent pas que les seuls Occidentaux, mais aussi d’autres puissances confirmées et émergentes comme la Chine, la Russie, le Japon, l’Inde, Brésil... À ceux-là, il faut ajouter des groupes extrémistes tels que les Hezbollahs, Al-Qaïda, les Talibans... Ces derniers travaillent non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour des pays comme l’Iran, le Pakistan... qui les protègent plus ou moins. L’autre intérêt des puissances existantes, ou en phase de le devenir, pour l’Afrique, c’est indéniablement sa position géostratégique. En effet, l’avenir d’un bon nombre de continents, en premier lieu l’Europe, ou de pays à dimension continentale à l’instar de la Chine et de la Russie, dépendent du continent africain. Qui détiendra cette partie du monde, dans toute l’acception de l’expression, aura accès non seulement aux matières premières, mais surtout contrôlera à la fois les océans Atlantique et Indien, ainsi qu’une partie de la Mer Méditerranée. Il est des analystes, ne l'oublions pas, qui ne voient dans le soutien aux régimes en place – considérés comme des alliés locaux –, contre les groupes opposés aux intérêts occidentaux – tels que l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), les Shebabs, les commandos salafistes... – qu'un prétexte en vue de la mainmise sur les richesses de l’Afrique.

L’implication des « lingalaphones » de la diaspora sur le devenir du continent africain

Il est à noter que, en matière de terrorisme, l’Afrique est en train de se transformer en un nouveau champ de bataille contre les intérêts des Occidentaux, ces derniers étant de plus en plus attirés par ses richesses et par sa situation géographique. Mais pourquoi les « lingalaphones » de la diaspora sont-ils parties prenantes dans l’impitoyable adversité entre ces différents camps sur le sol africain ?
« L’arbre ne s’élève qu’en enfonçant ses racines dans la terre nourricière », dit un vieux proverbe bantou. Il est certain que la misère de la majorité des peuples africains a des effets négatifs sur leurs parents vivant hors du continent. Ces derniers ont l’impression que les Occidentaux maintiennent en place certains régimes douteux d’une part pour mieux exploiter les richesses des pays africains et, d’autre part, pour maintenir davantage lesdits États dans le sous-développement  – l'objectif étant de mieux les déstabiliser. En conséquence, ces « lingalaphones » de l'étranger, qui s’estiment exclus de la gestion de la chose publique en France (pour ceux qui sont citoyens français) et qui n’y voient aucun avenir, projettent de retourner dans les pays de leurs ancêtres dans le but d’y rétablir l’ordre. Dans leur esprit, le désordre règne dans ces pays à cause des anciennes puissances colonisatrices, en particulier, et, en général, des Occidentaux. Raison pour laquelle ils s’allient d’office à ceux qui combattent, au prix de leur vie, les intérêts occidentaux en Afrique. Les ennemis de nos ennemis ne sont-ils pas nos amis ? Dans la mesure où la lutte contre le terrorisme doit se faire à l’échelle internationale, la solution concernant les conditions sociales des Français et immigrés « lingalaphones » de l’Île-de-France n’est pas que franco-française. Elle est aussi bien américaine qu’européenne et congolaise.
Une solution globale en vue de la dignité des peuples africains

Les réponses à cette problématique des « lingalaphones » de la région parisienne sont aussi américaines, parce que la lutte contre le terrorisme que mènent les États-Unis en Afrique est considérée par certains caciques comme un paravent d’une politique néo-coloniale. D’aucuns soutiennent volontiers que, à tort ou à raison, la politique américaine dans le continent africain consiste à brandir la menace terroriste dans l’espoir de se rallier les dirigeants locaux et d’obtenir, moyennant finances et armements, de nombreux marchés. Il est très important de rappeler que l’intérêt croissant de Washington pour les richesses pétrolières des pays de l’ouest et du centre de l’Afrique est l’une des alternatives à ses approvisionnements du Proche-Orient.
Les solutions sont aussi européennes, dans la mesure où le partenariat entre l’Europe et le Maghreb préconise une loi de lutte contre le terrorisme en Afrique. Dans le même ordre d’idée, la Convention européenne pour la répression du terrorisme, conclue le 27 janvier 1977 à Strasbourg, ne consiste-t-elle pas à dissuader, par tous les moyens, les actes contre les intérêts des pays d’Europe à travers le monde ? De l’avis de la plupart de spécialistes des relations entre le Nord et le Sud, les Occidentaux ont plutôt intérêt à conditionner leur partenariat avec les régimes africains à la bonne gouvernance et non à continuer de protéger des potentats au détriment des peuples. En agissant de la sorte, non seulement ils maîtriseront l’immigration africaine, mais ils contribueront surtout à la dignité des populations africaines. Ils participeront, de facto, à l’émergence et à la consolidation des États de droit.
Ces réponses sont également congolaises car la République Démocratique du Congo doit s’intéresser davantage aux entrepreneurs congolais de l’étranger, sachant que sa diaspora représente une manne financière considérable et indispensable à son développement socio-économique. C’est parce que la solution est globale que le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) réintroduira, dans la législature 2010-2015, le ministère qui avait en charge les Congolais de la diaspora et renforcera ses attributions. Dans cette optique, le gouvernement du RDPC créera un Conseil Représentatif de la Diaspora Congolaise (CRDC), lequel sera composé de membres élus et dont le rôle sera avant tout économique et social. Ainsi le RDPC fera-t-il appel aux compétences des Congolais de l’étranger, parmi lesquels figurent les Congolo-Français, dans les différents secteurs étatiques et privés. Il est question non seulement des échanges humanistes avec les partenaires habituels de la République Démocratique du Congo en vue de l’expatriation des ressortissants congolais d’origine détenant les citoyennetés étrangères, mais aussi du retour concerté des immigrés congolais, qui le souhaitent, à la terre de leurs ancêtres.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

vendredi 17 décembre 2010

De la Côte d'Ivoire à la République Démocratique du Congo

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko (*)


1. Quel regard portez-vous sur la crise institutionnelle qui secoue actuellement la Côte d’Ivoire ?
Dès lors qu’il s’est posé la question de la validité juridique au regard du délai légal, le Conseil constitutionnel a automatiquement pris le relais. S’agissant des fraudes, cette institution a déclaré « avoir constaté des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble ». Fallait-il pour autant reconnaître Laurent Gbagbo comme le président nouvellement élu ? D’après l’article 64 du code électoral ivoirien, on aurait dû prononcer l’annulation du scrutin pour permettre au Conseil des ministres de fixer par décret, sur proposition de la Commission chargée des élections, la date de l’élection dans les 45 jours à compter de la décision du Conseil constitutionnel. Mon regard privilégie donc des voies et moyens en vue d’une sortie de crise.

2. Comment expliquez-vous ce soutien clairement affiché de l’Union africaine et de la communauté internationale à Alassane Ouattara ?

Le Conseil constitutionnel est l’organe habilité à investir le président de la République ivoirienne. Alassane Ouattara le sait très bien, car il a prêté serment, par écrit, auprès de cette institution. Seulement, celle-ci a déjà reconnu le candidat Gbagbo comme magistrat suprême. Rappelons que la décision du Conseil constitutionnel est sans appel. Les arguments avancés par les différents antagonistes laissent supposer l’existence d’un vide juridique. Dans l’affirmative, la décision du Conseil constitutionnel devra faire d’office jurisprudence. Gbagbo est-il l’homme à abattre ? Il faut savoir que les Nations unies ont toujours recherché un « règlement pacifique », conformément au chapitre VI de la Charte qui les régit. C’était le cas notamment en République démocratique du Congo, s’agissant des affrontements entre les rebelles de Laurent Nkunda et l’armée nationale congolaise. Mais les Nations unies peuvent aussi passer outre le principe de non-intervention dans les affaires intérieures d’un État, conformément aux articles 39 et 42 du chapitre II de sa Charte, en ayant recours, comme le préconise l’article 41 du chapitre VII, à des mesures non militaires (embargo, sanctions économiques) pour faire pression sur les partisans de Laurent Gbagbo. En tout cas, il se pose, sur le fond, le problème de la souveraineté d’un État. La communauté internationale ne peut pas agir n’importe comment par crainte d’empiéter sur les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire. Si elle intervient militairement, elle risque de matérialiser pour très longtemps la balkanisation de ce pays. 

3. Laurent Gbabgo a-t-il été piégé en ayant accepté d’organiser cette élection ?
Sachant très bien qu’il n’était pas soutenu par la communauté internationale, Laurent Gbagbo n’aurait pas dû organiser l’élection sans que l’État soit présent dans l’ensemble du territoire. Cela n’a pas permis à ses partisans de mieux surveiller le déroulement du vote au Nord. Mais s’il ne l’avait pas fait, on l’aurait accusé de vouloir confisquer le pouvoir. À mon avis, il a eu raison de recourir aux urnes. Son plus grand tort, c’était d’avoir cru qu’il allait bénéficier au second tour de l’électorat de Konan Bédié au détriment d’Alassane Ouattara.

4. Y a-t-il lieu de s’inquiéter sur l’avenir de la Côte d’Ivoire ?
Je parlerai plutôt du devenir du continent africain, lequel est en train de se jouer en ce moment, on ne s’en rend peut-être pas compte, en Côte d’Ivoire. Faut-il croire que tout a été entrepris par des puissances extra-continentales pour confirmer la séparation entre le Nord et le Sud ? Si cela se concrétise, le Soudan, le Nigeria, le Cameroun, la République démocratique du Congo et l’Angola subiront le même sort.

5. Pensez-vous que ce qui est en train de se dérouler en Côte d’Ivoire peut se reproduire en République démocratique du Congo qui entend organiser l’élection présidentielle en 2011, scrutin auquel vous serez candidat ?
Notre pays aurait pu vivre cette situation en 2006, si Jean-Pierre Bemba n’avait pas reconnu la victoire du président Kabila. Aucun pays africain n’étant à l’abri de ce qui se passe en Côte d’Ivoire, nous devons à tout prix lever les causes d’une éventuelle contestation avant l’organisation du scrutin. Nous devons donc mettre en place des dispositifs appropriés dans l’espoir d’un meilleur accompagnement du processus électoral, à commencer par l’exigence de la présence d’assesseurs de chaque candidat et d’observateurs de la communauté internationale dans tous les bureaux de vote. Il est aussi impératif qu’un Haut Représentant des Nations unies pour les élections soit nommé en vue d’un droit de regard, en conformité avec les dispositions légales, dans le processus électoral. Celui-ci doit permettre le déploiement des éléments de la Monusco (Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo) dans les zones contrôlées par les éléments du CNDP, échappant de ce fait aux FARDC. Si nous procédons de la sorte, notre pays échappera au « syndrome ivoirien ».

PROPOS RECUEILLIS PAR ROBERT KONGO, CORRESPONDANT EN FRANCE

(*) Président d’Union du Congo

© Le potentiel

mardi 14 décembre 2010

Joseph Kabila et le syndrome ivoirien

En République Démocratique du Congo, l’Alliance entre la Majorité Présidentielle (AMP) et le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) justifie l’inquiétude de ceux qui craignaient à juste titre, les conséquences des événements en cours en Côte d’Ivoire à travers le continent africain. Effectivement, malgré tout ce que le Groupe d’experts des Nations Unies a écrit, le président Joseph Kabila a pris l’option de s’allier avec les hommes de Laurent Nkunda et de Bosco Ntaganda, promesse ayant été faite à certains d’entre eux d’intégrer le commandement des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). La signature de l’adhésion à l’AMP par le pasteur Jean-Marie Runiga, chargé des relations extérieures de l’ancienne rébellion du Nord-Kivu de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, ne peut en principe laisser indifférents tous ceux qui ne cessent de dénoncer les crimes de guerre, les crimes contre l’Humanité et les violations des droits fondamentaux de la personne humaine commises par les éléments du CNDP.

La pression électorale

Il y a encore quelques mois, certains spécialistes, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, pronostiquaient « la victoire sans coup férir » du président sortant aux prochains enjeux électoraux. Or, face à la pression électorale qu’exercent habilement certains candidats à la magistrature suprême issus de l’opposition, le vent commence à tourner. La preuve en est que le président sortant vient de renoncer au calendrier électoral adopté par la Commission Électorale Indépendante (CEI), laquelle n’a pourtant fait qu’obéir aux injonctions de l’AMP, et souhaite l’installation de la Commission Nationale Électorale Indépendante (CENI) dans un meilleur délai. Quant à l’ambition du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de se présenter seul aux élections, elle est de moins en moins à l’ordre du jour. L’alliance officielle de la majorité présidentielle avec les acolytes de Laurent Nkunda et de Bosco Ntaganda, sachant pertinemment que ces derniers sont dans la ligne de mire de la cour pénale internationale, laisse donc  apparaître les faiblesses du supposé vainqueur. Comment réagir face à pareille incertitude ?

Péril en la demeure ?

Rappelons que le Kivu, qui avait massivement élu le président Joseph Kabila en 2006, ne lui est plus du tout favorable. En effet, le départ du camp majoritaire de l’ancien président de la chambre basse Vital Kamerhe, qui était très apprécié dans cette région, et l’insécurité grandissante dans l’Est de la République Démocratique du Congo écartent davantage l’hypothèse de la réélection tant souhaitée. Y aurait-il péril en la demeure ?
En tout cas, les joueurs d’échecs savent ce qu’est une fourchette. Il s’agit d’un coup tactique qui consiste à attaquer deux pièces adverses, ou plus à la fois, pour obtenir un avantage matériel – la prise d’une pièce de l’adversaire étant imparable. À travers l’adhésion du CNDP à l’AMP, le président congolais, en proie au « syndrome ivoirien », tient d’une part à s’assurer à tout prix de la mainmise sur tous les bureaux de vote situés dans les territoires actuellement non accessibles aux FARDC mais contrôlés par le CNDP. D’autre part, par ce choix, il espère compter sur les affidés de ce parti militaro-politique en cas de contestation des résultats du scrutin.

Un meilleur accompagnement du processus électoral

Il faudrait absolument éviter que ne se reproduise en République Démocratique du Congo ce qui est en train de se dérouler en Côte d’Ivoire. Ainsi revient-il aux acteurs politiques congolais et à la communauté internationale de mettre en place des dispositifs idoines en vue d’un meilleur accompagnement du processus électoral, à commencer par l’exigence de la présence d’assesseurs de chaque candidat et d’observateurs de la communauté internationale à l’élection présidentielle dans tous les bureaux de vote. Ensuite, compte tenu de la majorité détenue par l’AMP à la CENI et de la composition du Conseil constitutionnel (ou de l’institution qui en fait office) au sein de laquelle ne se retrouvent que des partisans du président Kabila, il est impératif qu’un Haut Représentant des Nations Unies pour les élections soit nommé en vue d’un droit de regard, en conformité avec les dispositions légales, dans le processus électoral en République Démocratique du Congo. Enfin, le processus électoral en cours doit permettre le déploiement des éléments de la Mission des Nations Unies au Congo (monusco) dans les territoires qui sont sous le contrôle des éléments du CNDP, échappant de ce fait au contrôle des FARDC.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

lundi 13 décembre 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20101213/009 relatif à l'adhésion du CNDP dans l'alliance des kabilistes

La majorité présidentielle en République démocratique du Congo, l'AMP, s'est enrichie d'une nouvelle recrue. En effet, malgré tout ce qu'a écrit le Groupe d'experts des Nations Unies, le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) s'est officiellement allié au président Joseph Kabila, l'adhésion à l'AMP ayant été signée par le pasteur Jean-Marie Runiga, chargé des relations extérieures de l'ancienne rébellion du Nord-Kivu de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda. En contrepartie, un bon nombre d'éléments du CNDP seront promis dans la direction des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

À travers cette adhésion, ayant surtout à l'esprit les événements en cours en Côte d'Ivoire, le président Kabila vient d'une part de s'assurer de la mainmise sur tous les bureaux de vote situés dans les territoires actuellement non accessibles aux FARDC mais contrôlés par le CNDP. D'autre part, il espère compter sur les affidés de ce parti militaro-politique en cas de contestation des résultats des élections.

En conséquence, le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) exige la présence des assesseurs de chaque candidat et des observateurs de la communauté internationale à l'élection présidentielle dans tous les bureaux de vote. Dans la même optique, l'AMP étant majoritaire dans la CENI et que le Conseil constitutionnel (ou de l'institution qui en fait office) étant composé des affidés du président Kabila, il est impératif qu'un Haut Représentant des Nations Unies pour les élections soit nommé en vue d'un droit de regard, en conformité avec les dispositions légales, dans le processus électoral en République Démocratique du Congo. Enfin, il est nécessaire de déployer, au moment du scrutin, les éléments de la monusco dans les territoires qui sont sous le contrôle des éléments du CNDP.

La Direction du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo

Fait à Paris, le 13 décembre 2010

samedi 11 décembre 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 20101211/009 relatif à la laïcité républicaine en République Démocratique du Congo

M. Gaspard-Hubert Lonsi Koko a été l’un des invités du dîner républicain qui a été organisé par la fédération de la Gauche Moderne du Val-de-Marne, le vendredi 10 décembre au restaurant La Diva à Maisons-Alfrot. En présence des cadres de ce parti politique français et ceux du Parti Radical Valoisien – comme Michel Suchod, Gilles  Casanova, Marc d’Héré, Eric Malmaison, Jean-Luc Caddedu... – et des conseillers municipaux – tels que Jacques Poirson, Christine Moirenc... –, Gaspard-Hubert Lonsi Koko a rappelé que la laïcité, que d’aucuns qualifient d’« exception française », n’a jamais préconisé la disparition du principe spirituel. Au contraire, elle reconnaît à celui-ci une pratique individuelle, donc relevant de la sphère privée. Après avoir évoqué le foisonnement des églises en République Démocratique du Congo et leurs implications, directes ou indirectes, dans la gestion de la chose publique, M. Lonsi Koko a insisté sur la nécessité pour un État de reconnaître toutes les religions sans pourtant en adopter une – la laïcité devant surtout être l’un des fondements du pacte républicain.

Dans la mesure où la croyance en un Dieu unique fait partie de la culture négro-africaine et de la civilisation bantoue, M. Lonsis Koko a expliqué que le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) réglementerait, pendant la mandature 2011-2016, la liberté religieuse dans le sens de la protection de la foi et de l’affirmation spirituelle, du respect des croyances et des opinions. Partant du principe que la République Démocratique du Congo est un État laïque, le gouvernement dirigé par le RDPC mettra sur pied un Conseil Suprême des Affaires Religieuses (CSAR) pour harmoniser les relations entre les différentes confessions et faire régulièrement des propositions au gouvernement en matière spirituelle, l’objectif étant de consolider la laïcité républicaine.

La Direction du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo

Fait à Paris, le 11 décembre 2011

mercredi 8 décembre 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20101208/008 relatif à l’état de grâces ou de disgrâces en République Démocratique du Congo

Lors de son allocution sur l’état de la Nation faite ce mercredi 8 décembre, devant les deux chambres réunies en congrès au Palais du peuple, le président Joseph Kabila s’est réjoui que 2010 a été « une année de grâces pour la République Démocratique du Congo ». Pour justifier « cet état de grâces », le président de la République a surtout évoqué l’atteinte du point d’achèvement à l’initiative PPTE avec comme conséquence l’effacement de plus de 80 % de la dette extérieure, la victoire pour la deuxième année consécutive du Tout Puissant Mazembe en Ligue des champions de la Confédération Africaine de Football (CAF).

Après avoir décrété 2010 l’année du social, le peuple congolais s’attendait à ce que le président de la République fasse objectivement le bilan social des 11 mois écoulés. Le président de la République a ainsi omis d’évoquer les disgrâces qui ont terni l’image de notre pays, s’agissant de l’année 2010. En effet, au court de l’année qui est en tain de s’achever, la République Démocratique du Congo a renoncé à organiser la Coupe d’Afrique des nations 2015 ou l’édition 2017. Pis encore, un pays très riche comme le nôtre ne peut se réjouir de figurer parmi les Pays Pauvres et Très Endettés (PPTE). Sur le plan des droits fondamentaux de la personne humaine, les tergiversations sur les affaires Chebeya, Tungulu et consorts constituent au tant de zones d’ombre dont on ne peut pas se glorifier.

Par ailleurs, qu’est-ce qui a réellement changé, sur le plan social, dans le quotidien du Congolais moyen ? Son pouvoir d’achat a-t-il augmenté ? La situation, en matière d’emploi, s’est-elle améliorée ? La gratuité de l’école a-t-elle été suivie de mesures appropriées afin d’éviter les dégâts collatéraux à l’encontre des parents et d’épargner moult tracasseries aux enseignants ? Les salaires de ces derniers se sont-ils améliorés ? Nombreuses sont donc des questions dont les réponses sont négatives.

En conséquence, pour que les Congolaises et les Congolais retrouvent le bonheur auquel ils ont droit, le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) s’engage à promouvoir, lors de la mandature 2011-2016, une politique audacieuse qui sera axée sur la Liberté, l’Égalité, la Sécurité et la Prospérité, les objectifs étant la croissance économique, l’évolution sociale, l’innovation politique et la paix.

La Direction du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

Fait à Marseille, le 8 novembre 2010

lundi 6 décembre 2010

Côte d’Ivoire, le pays où se joue l’avenir de l’Afrique

Surtout ne nous trompons pas, l’avenir du continent africain se joue, en ce moment, en Côte d’Ivoire. Sans vouloir prendre partie pour l’un au détriment de l’autre, l’épreuve des forces entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ne doit laisser aucun Africain indifférent. Mine de rien, derrière cette lutte acharnée entre deux fortes personnalités se cachent plusieurs enjeux. Sur fond de lutte entre les musulmans et les chrétiens dans la prise du pouvoir, d’investissements chinois et de balkanisation de la Côte d’Ivoire, c’est le nouveau découpage territorial de l’Afrique qui est au menu des grandes puissances de ce monde.

L’opposition entre les chrétiens et les musulmans

On ne peut qu’être surpris du silence de l’ancien président Henri Konan Bédié qui est à l’un des promoteurs du concept d’ivoirité ayant fait injustement d’Alassane Ouattara « le paria » de la classe politique ivoirienne. Ironie du sort, Bédié a été obligé, au second tour de l’élection présidentielle, de soutenir Ouattara qui avait été l’allié de circonstances de Laurent Gbagbo en 2000. Certes, d’aucuns pourraient s’abriter derrière la mauvaise utilisation d’un concept qui, conçu par Nangoranh Porquet dans les années 1970, devait en principe permettre la synthèse de différentes cultures ivoiriennes. En fait, à travers « l’affirmation de l’épanouissement de l’homme ivoirien dans ce qui fait sa spécificité », l’objectif de l’ancien président avait consisté à contenir les ambitions présidentielles de son rival nordiste de l’époque, l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara. Ce dernier avait été écarté, à deux reprises (en 1995 et en 2000), de la course à la magistrature suprême pour « nationalité douteuse ».

En tout cas, l’utilisation politique de l’ivoirité par Henri Konan Bédié au lendemain du décès de Félix Houphouët Boigny, a abouti au résultat contraire. En effet, au lieu d’unir les Ivoiriens, l’ivoirité a été utilisée pour exclure les gens du Nord majoritairement musulmans. Ainsi a-t-elle fini par générer le putsch des insurgés nordistes en 2002 au point de balkaniser la Côte d’Ivoire.

Les investissements chinois

Il est évident que les puissances occidentales voient d’un mauvais œil le fait que la Chine aille à l’assaut du continent africain. Or, sachant l’intérêt de l’Empire du milieu pour les ressources naturelles de l’Afrique, une stratégie s’est mise en place pour contrer son implantation. Contrairement à ce que l’on peut penser, le choix d’un asiatique, en l’occurrence Youn-Jin Choi, comme représentant des Nations Unies en Côte d’Ivoire n’est pas du tout anodin. En ayant certifié la victoire de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, tous ceux qui voient en Laurent Gbagbo l’adversaire du néo-colonialisme vont désormais associer les asiatiques aux manigances qui consistent à vouloir hypothéquer l’avenir du continent africain. Cela risque donc de porter préjudice aux investissements chinois dans cette partie de la planète.

Ayant fleuré le piège, la Chine s’est jointe à la Russie en apportant leur soutien à Laurent Gbagbo. Ainsi ces deux pays, qui siègent au Conseil de sécurité, ont-ils manifesté leur désaccord avec la majorité de la communauté internationale qui ont volé au secours d’Alassane Ouattara.

La balkanisation de la Côte d’Ivoire

Le choix de Thabo Mbeki, comme médiateur, montre bien l’hypocrisie de l’Union Africaine. Il est vrai que Thabo Mbeki avait réussi à obtenir, à Pretoria en avril 2005, un accord ayant proclamé la « fin des hostilités ». Mais le texte était resté lettre morte, car les rebelles du Nord ont accusé le médiateur de l’époque d’être un « partisan acharné » de Laurent Gbagbo. Comment l’ancien président sud-africain peut-il, aujourd’hui, trouver une issue à la situation en cours en Côte d’Ivoire dès lors que les éléments constitutifs de la crise ivoirienne sont toujours d’actualité ?

Quant aux forces onusiennes, comment peuvent-elles justifier en Côte d’Ivoire le principe qui a poussé la monuc, conformément au chapitre VI de la charte des Nations Unies, à privilégier le « règlement pacifique » s’agissant des affrontements meurtriers entre les rebelles de Laurent Nkunda et l’armée nationale congolaise dans l’Est de la République Démocratique du Congo ? On peut également s’interroger sur les raisons qui ont poussé les forces onusiennes à ne pas intervenir avant l’entrée en jeu du Conseil constitutionnel. Cela aura au moins permis à la Commission Électorale Indépendante de proclamer les résultats dans le délai légal. S’est-il agi de l’objectif recherché dans l’espoir de maintenir la coupure de la Côte d’Ivoire en deux ? Mises devant le fait accompli, il ne leur reste plus que deux choix. Soit elles passent outre le principe de non-intervention dans les affaires intérieures d’un État, conformément aux articles 39 et 42 du chapitre II de la Charte des Nations Unies. Soit elles recourent, comme le préconise l’article 41 du chapitre VII de ladite charte, à des mesures non militaires (embargo, sanctions économiques) pour faire pression sur les partisans de Laurent Gbagbo.

Or, dès lors que le Conseil constitutionnel a confirmé la victoire du président Gbagbo, une éventuelle intervention militaire des Nations Unies équivaudra à un putsch. En conséquence, les forces onusiennes se retrouveront dans la situation de l’arroseur arrosé, après soutenu qu’Alassane Ouattara était victime d’un putsch de la part du président sortant. Si jamais les Nations Unies interviennent militairement en Côte d’Ivoire et que l’armée ivoirienne parvient à défendre la partie Sud du pays, il y aura des fortes probabilités que la ligne de démarcation entre le Nord et le Sud soit maintenue. Ainsi la matérialisation de la balkanisation du pays deviendra-t-elle officielle. Ouattara deviendra, de facto, le président de la Côte d’Ivoire du Nord et Gbagbo celui de la Côte d’Ivoire du Sud.

L’avenir du continent africain

La légitimité doit-elle forcément primer sur la légalité ? Certes, seul Laurent Gbagbo détient, aujourd’hui, la clef du dénouement de ce dilemme. Mais, au-delà du problème interne à la Côte d’Ivoire, il est important de rappeler que l’imbroglio ivoirien peut servir de précédent à la balkanisation du Soudan, du Nigeria, de la République Démocratique du Congo, de l’Angola et du Cameroun. Les Africains ont donc intérêt à ce qu’une solution salutaire soit trouvée en Côte d’Ivoire, s’ils veulent sauvegarder l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation conformément à la charte de l’Organisation de l’Unité Africaine de 1964. Il ne faut surtout pas que les Ivoiriens, chrétiens comme musulmans, s’enferment dans le schéma extra-continental que l’on veut leur imposer. De plus, il est question, non seulement de l’unification de la Côte d’Ivoire, mais probablement de l’avenir de toute l’Afrique.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mardi 30 novembre 2010

Un Fonds de Développement du Congo

Selon un communiqué de presse repris par plusieurs organismes, le 17 novembre dernier, la République Démocratique du Congo a obtenu gain de cause dans les négociations ayant été engagées à Paris avec ses créanciers traditionnels. En effet, les représentants des pays créanciers du Club de Paris et le Brésil ont convenu avec les représentants du Congo-Kinshasa, dont la délégation était conduite par le ministre des Finances Matata Ponyo, d’un allégement de la dette à la suite de l’atteinte par ce pays du Point d’achèvement de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Ainsi les créanciers publics membres du Club de Paris, pour contribuer à restaurer la soutenabilité de la dette de la République Démocratique du Congo, se sont-ils engagés à réaliser une annulation totale de 7,350 milliards Usd.

Le climat des affaires

Depuis le temps que l’on annule les dettes des pays en voie de développement, force est de constater que leurs bénéficiaires n’ont jamais pensé sérieusement à mettre en place les mécanismes appropriés en vue de leur développement. Pis encore, ils se sont endettés davantage auprès d’autres créanciers comme la Chine. D’ailleurs, très préoccupés par le climat des affaires en République Démocratique du Congo, les représentants des pays créanciers du Club de Paris ont recommandé au gouvernement congolais « de procéder à de nouvelles réformes pour améliorer encore la gouvernance, la primauté du droit et la lutte contre la corruption en vue d’un développement durable ».

Malgré leur inquiétude, le Club de Paris et le Brésil ont cru en la volonté des arguments avancés par la délégation congolaise à propos de la détermination du Congo-Kinshasa à « mettre en œuvre une stratégie globale de réduction de la pauvreté et un programme économique ambitieux favorisant une croissance économique durable ». Nombreuses sont les bonnes intentions prises par le gouvernement congolais qui n’ont abouti à rien de concret. Le président Joseph Kabila n’avait-il pas décrété 2010 l’année du social ? Cette décision a-t-elle débouché sur des initiatives gouvernementales au profit des populations congolaises les plus démunies à une quarantaine de jours de la fin de l’année ? Ne dit-on pas que, dans certaines circonstances, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ?

La création d’un Fonds de Développement du Congo

Il me semble que les modalités d’application d’une telle mesure auraient dû être conditionnées, comme l’avaient déjà suggéré quelques rapports du sénat belge, à la mise en œuvre effective des mécanismes de lutte contre la corruption et à l’utilisation des fonds dégagés pour la réalisation des objectifs bien définis en République Démocratique du Congo, tel que celui de développement du millénaire. De plus, les représentants des créanciers du Club de Paris auraient mieux fait de veiller à ce que la remise de la dette ne génère pas les conditions d’une nouvelle dette très lourde. Il aurait donc fallu mettre en place une structure, une sorte de Fonds de Développement du Congo (FDC), habilitée nos seulement à recevoir l’équivalent de la dette allégée ou annulée, mais aussi à mener des enquêtes tant au niveau congolais qu’au niveau international afin de vérifier la faisabilité des projets initiés par le gouvernement congolais avant de financer leur réalisation.

Pour éviter que la République Démocratique du Congo ne soit sans cesse victime du piège fatal qui consiste à annuler une part de la dette du débiteur dans l’espoir de mieux le ferrer, je préconise donc la création de ce Fonds de Développement du Congo (FDC). Celui-ci devra être ouvert à des investisseurs publics, ou privés, dont les parts seront détenues sous forme d’actions qui seront cotées en bourses. Outre les sommes relatives à l’allégement ou à l’annulation de la dette, il sera alimenté par des capitaux qui émaneront directement des partenaires nationaux, ou étrangers, désireux de participer au développement économique de notre pays.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

dimanche 28 novembre 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20101128/007 relatif à la peine de mort en République Démocratique du Congo

Selon un communiqué de presse publié à Kinshasa, l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo, qui s’était réunie en séance plénière le jeudi 25 novembre sous la présidence de M. Evariste Boshab, a rejeté une proposition de la loi sur l’abolition de la peine de mort.

Force est de constater que, depuis plusieurs années, personne n’a été exécuté en République Démocratique du Congo à l’issue d’une décision judiciaire. A contrario, des gens ont été tués, à cause de leurs convictions, sans avoir été condamnés à mort par un tribunal. En conséquence, le RDPC estime nécessaire la tenue d’un débat sur le choix entre le maintien de la peine mort et l’abolition de la peine mort au profit de l’inscription de la condamnation à perpétuité des criminels dans les textes pénaux.

Le RDPC rappelle surtout que les droits humains fondamentaux ainsi que les libertés publiques et démocratiques énoncés par la Constitution congolaise et les traités internationaux dûment signés par la République Démocratique du Congo doivent être respectés par le gouvernement congolais. De plus, la dignité de la personne humaine doit être sauvegardée.

Après le temps des guerres, il est nécessaire de bâtir la paix des cœurs. Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo proposera donc, dès le début de la mandature 2011-2016, la tenue d’un référendum en ces termes : « Faut-il inscrire la condamnation à perpétuité des criminels dans les textes pénaux, en contrepartie de l’abolition de la peine de mort ? »

La Direction du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

Fait à Genève, le 28 novembre 2010

samedi 27 novembre 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20101127/006 relatif à la visite de Gaspard-Hubert Lonsi Koko à M. André Flahaut

M. Gaspard-Hubert Lonsi Koko, qui a affirmé son intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle en République Démocratique du Congo, s'est entretenu le vendredi 26 novembre avec M. André Flahaut, président de la chambre belge des représentants.

L'entretien, qui s'est déroulé au siège du Parti Socialiste à Bruxelles, s'est articulé autour de la situation politique en République Démocratique du Congo, de l'avenir de la région des Grands Lacs et  des relations entre l'Europe et l'Afrique. MM. Lonsi Koko et Flahaut, qui ont aussi évoqué certains points du projet du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo, ont bien entendu abordé quelques pistes en vue d'un nouveau partenariat entre leurs deux pays.

La Direction du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

Fait à Paris, le 27 novembre 2010

samedi 20 novembre 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20101119/005 relatif à l’année du social décrétée par le président Joseph Kabila

À l’occasion des festivités ayant marqué le cinquantenaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, le 30 juin 2010, le chef de l’État congolais, Joseph Kabila, avait déclaré que 2010 était l’année du social. Ainsi avait-il personnellement instruit le gouvernement de tout mettre en œuvre pour atteindre cet objectif. Que constate-t-on à moins de 50 jours de la fin de l’année 2010 ?

Si, à presque une année de l’élection présidentielle, le chef de l’État ne parvient ni à honorer ses promesses, ni à réaliser les projets pour lesquels il avait été élu en 2006, faudra-t-il lui faire de nouveau confiance quant aux enjeux en cours ? Force est de constater que la traversée du désert continue, que l’espoir n’est pas de nouveau au rendez-vous 50 ans après l’accession de notre pays à la reconnaissance nationale. Effectivement, la présidence de Joseph Kabila n’a pas permis au peuple congolais de retrouver le bonheur.

Pour sortir de l’impasse dans lequel se trouve en ce moment la République Démocratique du Congo, je rappelle aux Congolaises et aux Congolais la nécessité de sanctionner l’actuelle majorité en accordant leur suffrage, lors des élections de 2011, à une nouvelle équipe compétente. Il est donc impérieux non seulement de dépasser le statu quo ayant animé la législature finissante, mais surtout d’impulser une politique audacieuse pouvant permettre à notre peuple d’aspirer enfin à la Liberté, l’Égalité, la Sécurité et la Prospérité.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

Fait à Paris, le 19 novembre 2010