Selon plusieurs sources officielles, la participation de la diaspora au processus électoral en cours en République Démocratique du Congo pourrait être compromise. En effet, à cause « des contraintes techniques et de faisabilité », les Congolais de l’étranger risquent de ne pas participer aux éventuelles élections du 23 décembre 2018.
La direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) dénonce avec fermeté la tentative de violation des articles 11, 12, 13 et 66 de la Constitution du 18 février 2006 relatifs à la dignité et à l’égalité en droits, à l’égale protection des lois, à la non-discrimination des Congolais en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques, ainsi qu’au respect mutuel. Ainsi rappelle-t-elle que le droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger reste la condition sine qua non en vue de la légitimité des prochains scrutins présidentiel et législatifs.
En conséquent, l’ABACO Europe exige le recensement des Congolais de l’étranger, conformément au calendrier adopté par la CENI, et la création des circonscriptions électorales pour des députés et sénateurs de la diaspora.
Fait à Paris, le 23 mai 2018
Pour la direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO),
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président de l’ABACO
Cette plate-forme politique et idéologique, dénommée Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) et proposée à l’ensemble du peuple congolais, repose sur quatre principes fondamentaux : à savoir la Liberté, l’Égalité, la Sécurité et la Prospérité.
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mercredi 23 mai 2018
mercredi 19 octobre 2016
L'ABACO rejette les conclusions du Dialogue national au profit des pourparlers véritablement républicains et inclusifs en RDC
Les assises du Dialogue national initié par le président de la République Démocratique du Congo ont abouti à la signature d'un accord prévoyant l'élection présidentielle au mieux en avril 2018, confiant la primature à la frange très minoritaire de l'opposition et mettant en place un comité de suivi national issu dudit dialogue. Au titre de cet accord, contrairement aux dispositifs constitutionnels, le président de la République en fin de mandat restera au pouvoir jusqu'à l'élection de son successeur.
Au-delà du fait que la plus grande majorité de l'opposition politique et de la société civile ne se sent pas concernée par les résolutions d'un forum auquel leurs membres n'ont pas participé, la Direction Europe de l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO) constate qu'elles violent les articles 70, 71, 73, 74 et 75 de la Constitution du 18 février 2006 relatifs aux mandats du président de la République, à l'organisation de l'élection présidentielle, à la vacance et à l'intérim de la présidence de la République.
L'ABACO constate également l'absence de garantie, s'agit de la non-candidature du président de la République sortant au prochain scrutin et de la non-préservation de la limitation du nombre de mandats. En effet, même si le texte voté fait appel au respect des articles de la Constitution, rien ne garantit que les kabilistes et leurs complices de l'opposition ne profiteront pas du vide sciemment voulu par les participants à ce Dialogue national dans l'optique de maintenir ad vitam eternam Joseph Kabila au pouvoir.
Au vu des arguments évoqués ci-dessus, la Direction Europe de l'ABACO rejette avec force et vigueur l'accord signé par la majorité présidentielle et une infime minorité de l'opposition, ainsi qu'une société civile peu représentative de la réalité militante, et demandera au Gouvernement qui sera en place de saisir la Cour constitutionnelle dès le 20 décembre 2016, conformément à l'article 76 de la Constitution, en vue de la déclaration de la vacance de la présidence de la République.
D'ores et déjà, l'ABACO en appelle aux populations congolaises afin d'éviter le coup d’État constitutionnel fomenté par le président de la République sortant et ses affidés. Ainsi le peuple congolais doit-il recourir aux voix légales, notamment à l'article 64 de la Constitution, pour rétablir l'ordre constitutionnel et exiger un Dialogue républicain et inclusif dans l’optique d'une transition politique pacifiée.
Fait à Paris, le 19 octobre 2016
Pour la Direction Europe de l'ABACO,
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président de l'Alliance de Base pour l'Action Commune
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mardi 20 septembre 2016
L'ABACO favorable à la décrispation du climat socio-politique et au respect des dispositifs constitutionnels en RDC
La
Direction de l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO)
transmet ses condoléances les plus attristées aux familles ayant
perdu un être cher lors de la marche du 19 septembre 2016, qui s'est
déroulée à l'appel des partis politiques de l'opposition, et
s'insurge volontiers contre l'usage de la force à l'encontre des
manifestants non armés.
Par
conséquent, la Direction de l'ABACO condamne avec force et vigueur
les violences meurtrières en cours en République Démocratique du
Congo, celles-ci étant occasionnées par l'obstination du président
de la République sortant à vouloir se maintenir au pouvoir en
violation des dispositifs constitutionnels et par la partialité du
Facilitateur nommé par l'Union Africaine et soutenue par la
Communauté internationale.
D'ores
et déjà, la Direction de l'ABACO interpelle les dirigeants
congolais, ainsi que le Facilitateur du Dialogue politique national,
à contribuer vivement à la décrispation du climat socio-politique
qui risque de faire imploser la République Démocratique du Congo
avec, comme dégâts collatéraux, la déstabilisation de l'Afrique
centrale et de la région des Grands Lacs.
La
Direction de l'ABACO privilégie l'intérêt supérieur de la Nation
congolaise, lequel ne pourra être consolidé que par la convocation
de l'élection présidentielle dans le délai constitutionnel et la
mise en place d'un dialogue inter-congolais réellement inclusif et
républicain.
Fait
à Paris, le 20 septembre 2016
Pour
la direction de l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO),
Gaspard-Hubert
Lonsi Koko
Premier
Vice-Président
lundi 12 septembre 2016
L’autopsie du dialogue politique national en RDC
Au regard
de l’incertitude politique en cours en République Démocratique du
Congo, le Premier Vice-Président de l’Alliance de Base pour
l’Action Commune (ABACO) a bien voulu donner son point de vue à
l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale. À
travers cet exercice, avec le talent et la franchise qu’on lui
reconnaît, Gaspard-Hubert Lonsi Koko clarifie quelques zones d’ombre
qui ont incité son parti politique à ne pas cautionner toute
démarche allant contre les intérêts des populations congolaises.
Sur un bon
nombre d’espaces sociaux, s’agissant du Dialogue national
politique en cours en République Démocratique du Congo, vous avez
déclaré ceci : « Un
monologue politique inclusif sous la houlette d’une facilitation
exclusive ».
Pourriez-vous expliciter votre pensée ?
Le décret
présidentiel portant convocation d’un dialogue politique national
inclusif s’était appuyé notamment, entre autres dispositifs, sur
les articles 69, 79 et 91 de la Constitution de notre pays, et aussi
sur les dispositions de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba du 24
février 2013 pour la paix, la sécurité et la coopération pour la
RDC ainsi que sur la résolution n° 2098/2013 adoptée le 28 mars
2013 par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce décret
spécifiait que le dialogue serait précédé d’un Comité
préparatoire qui serait composé, comme le Dialogue proprement dit,
des délégués de toutes les parties prenantes – à savoir la
Société civile, la Majorité présidentielle et l’Opposition
politique –, placés sous la Co-modération de deux représentants
appartenant respectivement à la Majorité et à l’Opposition
politique.
Quel est,
alors, l’élément fondamental qui vous a poussé à parler d’un
monologue inclusif à caractère exclusif ? Est-ce de la faute
de la majorité kabiliste si une partie de l’opposition refuse de
prendre part au dialogue ?
Au-delà de
la figure du style, je suis un homme des lettres, l’oxymore entre
inclusif et exclusif me sert à montrer les contradictions flagrantes
ayant dès le départ vicié l’issue du dialogue proposé par le
président de la République Démocratique du Congo.
Primo,
le bon sens aurait voulu que la composition du Comité préparatoire
se borne à des spécialistes internationaux et africains en matière
de paix et de résolution des conflits. Cette neutralité aurait
permis, dans l’absolu, la déclinaison d’un canevas non perverti
en vue des travaux du Dialogue national politique proprement dit.
Secundo,
l’Opposition politique a judicieusement posé quelques préalables
relatifs à la libération des prisonniers politiques et au fait que
le Comité préparatoire prenne en compte la résolution 2277 des
Nations Unies du 29 mars 2016 et les dispositifs constitutionnels
relatifs au mandat du président de la République. Malheureusement,
la Majorité présidentielle ne fournit aucun effort pouvant aller
dans le sens de la décrispation.
Tertio,
certains partis politiques de l’opposition, officiellement reconnus
par le ministère de l’Intérieur, qui ont manifesté leur volonté
de participer aux travaux du Dialogue national politique souhaité
par le président de la République, ont été ignorés au profit de
quelques individus débauchés dans quelques structures dans le but
de fragiliser pour mieux imposer un gouvernement de transition sous
la direction du président de la République ne pouvant plus
constitutionnellement rempilé. Quelle place fallait-il réservée
aux chefs coutumiers ? Et la diaspora, dans tout cela ?
Tous les
éléments évoqués ci-dessus montrent qu’il s’agit en réalité
d’un monologue incluant les opposants à la solde du régime
kabiliste et excluant ceux qui sont censés défendre, en cas de
participation, les intérêts collectifs au détriment des intérêts
privés.
Je
vous cite : « Per-diem, corruption tacite. Aubaine pour
les politiciens véreux et une société civile clientéliste. »
Dialogue politique national en RDC ?
Je pars du
principe que le patriotisme étatique, surtout dans un contexte où
le gouvernement évoque la carence budgétaire s’agissant de son
incapacité à donner à la Commission nationale indépendante et
électorale (Céni) les moyens financiers en vue de l’organisation
des scrutins dans le délai constitutionnel, devrait prendre le
dessus sur l’esprit de lucre. Accepter le per-diem dans pareilles
circonstances s’apparenterait à une quelconque connivence avec
ceux qui souhaiterait faire un coup d’État constitutionnel pour se
maintenir à jamais au pouvoir. Personne n’ignore que le maintien
de Joseph Kabila à la présidence de la République permettra aux
personnes élues dans les institutions étatiques de prolonger
automatiquement leurs mandats, sans passer par les urnes. Combien
d’opposants ont-ils dénoncé le glissement, sans pour autant
quitter les institutions ayant glissé ? Voilà le point commun,
donc le terrain d’entente, entre les opposants institutionnels et
la majorité présidentielle. Cette communauté d’intérêts se
fait aux dépens des populations congolaises, c’est-à-dire au
profit de la privatisation de la chose publique.
Que
reprochez-vous, au juste, à la communauté internationale ?
Pourquoi me
posez-vous cette question ? Soyez plus précise, s’il vous
plaît !
« L’article
64 [de la Constitution congolaise, ndlr] permet de s’affranchir de
la communauté internationale, et de ses valets internes et
régionaux. »
Telle est l’une de vos déclarations récentes. Pensez-vous que la
communauté internationale est la cause de tous les problèmes
auxquels la RDC est confrontée ?
Je
vous rappelle que l’insécurité en RDC dure depuis 1977, soit plus
de 19 ans. Et se trouve sur le territoire congolais le plus gros
contingent armé des Nations Unies. Au moins 22016 personnes, si j’ai
bonne mémoire. Sans compter que le fonctionnement du Mécanisme
national du suivi et de supervision de la mise en œuvre des
enseignements souscrits aux termes de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba,
spécialement en son article 2, n’a donné aucun résultat probant.
Le
triste constat, au regard de l’insécurité croissante à l’Est
de la RDC, ne peut qu’inciter plus d’un observateur sérieux à
s’interroger sur le véritable rôle des forces onusiennes dans le
territoire congolais ou alors sur sa détermination à rétablir
réellement la paix dans une partie de la région des Grands Lacs.
L’attitude de la MONUSCO ne doit surtout pas exonérer Kinshasa de
ses responsabilités régaliennes, ni encourager les pays limitrophes
– notamment le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi – à soutenir la
déstabilisation de l’Est de la RDC, voire à procéder à un
paillage organisé des ressources congolaises au profit de leurs
parrains extracontinentaux et à dépeupler par tous les moyens la
région du Kivu en vue d’une expropriation sur le plan foncier.
Ce
triste constat laisse donc supposer un complot international contre
la RDC. Par conséquent, seules les populations congolaises peuvent
mettre un terme à une volonté manifeste de faire main basse sur
leurs richesses et d’hypothéquer leur avenir collectif. L’article
64 de la Constitution de 2006 leur permet ainsi de neutraliser les
valets internes et régionaux des puissances extérieures mues par
l’intention d’enrayer définitivement la RDC de la carte
géographique terrestre.
Il
est du devoir de l’acteur politique, de surcroît patriote,
d’éveiller la conscience de ses compatriotes en vue d’un Congo
économiquement viable et étatiquement démocratique. Je ne suis
nullement contre la communauté internationale. Je ne fais que
défendre les intérêts de mon peuple, et veiller à l’intégrité
de la terre de nos aïeux que nous lèguerons aux futures
générations. J’œuvre pour nos enfants et nos petits-enfants.
Vous
avez pourtant laissé supposer que « la
RDC est une affaire juteuse pour la Communauté internationale et ses
valets, et un enfer pour les populations congolaises ».
Il
suffit de vous référer au pillage des ressources naturelles de la
RDC. N’avez-vous jamais vu des reportages ou lu des articles sur
les minerais de sang ? N’êtes-vous pas au courant des
violences sexuelles, ainsi que des crimes de guerre et des crimes
contre l’Humanité dans la région du Kivu ? Comment se
fait-il qu’un pays non producteur de coltan, comme le Rwanda, soit
devenu le premier exportateur de ce minerai ? Ce pillage ne peut
être possible que grâce à des complicités locales, nationales et
régionales. Les populations congolaises doivent-elles être sans
cesse les dindons de la farce ? Je dis catégoriquement NON. Le
peuple congolais, de par les ressources naturelles dont regorge la
RDC, a droit au paradis et non à l’enfer.
Pourquoi
dites-vous que le Facilitateur Edem Kodjo est sur les traces du
présidium des concertations nationales de 2013 ?
Je
constate seulement que l’articulation du Comité préparatoire du
Dialogue politique national a suivi le même processus qui avait
prévalu dans la mise en place du présidium, avec le tandem Léon
Kongo wa Dondon et Aubin Minaku, ayant piloté les précédentes
concertations nationales. On sait que le gouvernement soi-disant de
cohésion nationale, issue des assises de 2013, a accouché d’une
souris. Malheureusement, on n’a pas besoin d’être savant pour
comprendre que les mêmes erreurs aboutissent aux mêmes résultats.
Ce
que l’on reproche à Edem Kodjo, c’est d’être plus partisan
que Facilitateur. L’inclusivité pour lui, c’est de s’aligner
sur la seule position favorable à la Majorité présidentielle. Le
fait de lui accorder un quota d’une trentaine de personnes lui
laisse d’ailleurs la liberté de coopter, à sa guise, les
opposants exclus des partis politiques de l’opposition. Il s’agit,
à travers une telle largesse, d’une manière peu orthodoxe
susceptible de créer davantage la zizanie, en compliquant encore
plus une situation déjà complexe. Il se pose, en tout cas, la
question des critères ayant prévalu dans le choix de délégués.
Un Facilitateur ne doit pas mettre de l’huile sur le feu. En
agissant de la sorte, il ne fera qu’attiser le volcan dont la
coulée de lave éclabousse l’ensemble de la région des Grands
Lacs et de l’Afrique centrale. Aucun humaniste ne peut rester
insensible à une telle éventualité.
À
vous écouter, on a l’impression que la RDC est en proie à « un
bordel national ». Si tel est le cas, faudrait-il faire le
ménage ? Dans l’affirmative, comment procéder pour rétablir
l’ordre ?
Ce
bordel national ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 2001, la RDC a
toujours été déstabilisée par la crise politique et l’insécurité
qui ont complètement fragilisé les institutions étatiques. Face à
l’échec patent de la classe politique, présente dans les
institutions de la République, quelle possibilité a-t-on pour
rétablir l’ordre constitutionnel et l’autorité étatique ?
Ainsi revient-t-il aux populations congolaises, et non à la
communauté internationale et à ses valets, de l’intérieur comme
de l’extérieur, de prendre en main leur destin. Les articles 23,
24, 25, 26, 27, 28, 39, 60, 63, 64, 215 et 220 de la Constitution de
2006 permettent plus ou moins au peuple congolais, en tant souverain
primaire, de défendre l’intégrité territoriale, de faire échec
à tout individu ou groupe d’individus qui prendrait le pouvoir par
la force ou l’exercerait en violation des dispositifs
constitutionnels…
mardi 6 septembre 2016
Le profond désaccord de l’ABACO à l’égard d’une corporation de défense des intérêts personnels en RDC
Consacrée à l’harmonisation des listes, les
travaux à proprement parler du Dialogue politique national inclusif ont procédé le 5 septembre dernier à un
quota additif de 25 participants par composante. Ainsi, outre l’adoption de la
feuille de route moyennant quelques légers amendements, les délégués ont-ils ajusté toutes les listes. Par conséquent, l’opposition et la majorité
présidentielle détiendront respectivement 93 participants, la Société civile
64. 5 places en plus sont réservées à l’opposition républicaine, de Léon Kongo
wa Dondo, et 25 à 30 places accordées aux personnalités. Le nombre de délégués passe
de facto de 200 à délégués prendront
part à ces assises.
Force est donc de constater que cette soi-disant
harmonisation des listes concerne seulement le PPRD du président de la
République, l’AFDC de Modeste Bahati ainsi que quelques groupuscules, le PPRD
ayant à lui seul au moins 25 membres.
Par conséquent, l’Alliance de Base pour l’Action
Commune (ABACO) dénonce avec force et vigueur le caractère davantage exclusif du
Dialogue politique national dont la composition matérialise, à n’en plus douter,
une corporation de défense des intérêts personnels et non pour l’intérêt
collectif, ni d’ailleurs pour un État de droit en République Démocratique du
Congo. Ainsi le parti abaquiste ne cautionnera-t-il nullement les travaux
concoctés sous la facilitation d’Edem Kodjo, en toute exclusion de la majorité
agissante et naturelle, par une frange minoritaire.
Fait à Paris, le 6 septembre 2016
Pour l’Alliance de Base pour l’Action Commune
(ABACO),
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président
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dimanche 21 août 2016
La position de l’ABACO sur la convocation au Comité préparatoire du Dialogue national en RDC
La Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) a pris acte de la convocation du Facilitateur de l’Union Africaine, M. Edem Kodjo, conviant tous les acteurs qui avaient été mandatés par les structures parties prenantes aux travaux du Comité préparatoire à prendre part le 23 août 2016 au début des travaux.
Très sensible aux arguments ayant poussé des structures de l’opposition à refuser de participer audit Comité, appelant ainsi à une journée « Ville morte » le 23 août 2016, l’ABACO exige un dialogue national inclusif, citoyen et démocratique.
Dans cette optique, l’ABACO estime que le Comité préparatoire aux travaux du dialogue national n’aurait dû en aucun être composé de personnes qui sont à la fois juges et parties mais de spécialistes internationaux - Union Africaine, Union Européenne, Nations-Unies… - spécialisés en matière de conflit, l’objectif étant de présenter en toute impartialité le canevas qui permettrait aux acteurs politiques et aux forces vives de la Nation congolaise de débattre avec sérénité.
Fait à Madrid, le 20 août 2016
Pour la Direction Europe,
Gaspard-Hubert Lonsi Koko,
Premier Vice-Président de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO)
Très sensible aux arguments ayant poussé des structures de l’opposition à refuser de participer audit Comité, appelant ainsi à une journée « Ville morte » le 23 août 2016, l’ABACO exige un dialogue national inclusif, citoyen et démocratique.
Dans cette optique, l’ABACO estime que le Comité préparatoire aux travaux du dialogue national n’aurait dû en aucun être composé de personnes qui sont à la fois juges et parties mais de spécialistes internationaux - Union Africaine, Union Européenne, Nations-Unies… - spécialisés en matière de conflit, l’objectif étant de présenter en toute impartialité le canevas qui permettrait aux acteurs politiques et aux forces vives de la Nation congolaise de débattre avec sérénité.
Fait à Madrid, le 20 août 2016
Pour la Direction Europe,
Gaspard-Hubert Lonsi Koko,
Premier Vice-Président de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO)
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jeudi 23 juin 2016
L’ABACO Europe contre un coup d’État constitutionnel en RDC
Face aux refus des opposants d’aller au dialogue souhaité par le président de la Républiques Démocratique du Congo, le Secrétaire général du parti au pouvoir Henri Mova Sakanyi a brandi la menace d’un référendum. Ainsi a-t-il récemment soulevé l’idée de consulter directement le peuple congolais en vue de réviser la Constitution et de permettre à Joseph Kabila de se présenter pour un troisième mandat.
Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO), au même titre que tous les scrutins renvoyés aux calendes grecques et ceux que l’on compte repousser sine die, l’organisation d’un référendum ne peut faire l’économie d’un fichier électoral fiable.
Par conséquent, outre le fait de mettre en garde contre toute violation de l’article 73 de la loi fondamentale relative à la convocation de l’élection présidentielle, la Direction Europe de l’ABACO dénonce la volonté manifeste de la majorité présidentielle d’amplifier la crise politique afin de prolonger le mandat de Joseph Kabila à travers la présidence d’un gouvernement de transition, contournant ainsi l’article 220 relatif à la durée des mandats du président de la République, ou alors de mettre carrément le peuple congolais devant le fait accompli en lui imposant un coup d’État constitutionnel.
Dieu, les Ancêtres et le Peuple ! Que la volonté de cette alliance tridimensionnelle s’accomplisse enfin en République Démocratique du Congo !
Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO)
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président de l’ABACO
Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO), au même titre que tous les scrutins renvoyés aux calendes grecques et ceux que l’on compte repousser sine die, l’organisation d’un référendum ne peut faire l’économie d’un fichier électoral fiable.
Par conséquent, outre le fait de mettre en garde contre toute violation de l’article 73 de la loi fondamentale relative à la convocation de l’élection présidentielle, la Direction Europe de l’ABACO dénonce la volonté manifeste de la majorité présidentielle d’amplifier la crise politique afin de prolonger le mandat de Joseph Kabila à travers la présidence d’un gouvernement de transition, contournant ainsi l’article 220 relatif à la durée des mandats du président de la République, ou alors de mettre carrément le peuple congolais devant le fait accompli en lui imposant un coup d’État constitutionnel.
Dieu, les Ancêtres et le Peuple ! Que la volonté de cette alliance tridimensionnelle s’accomplisse enfin en République Démocratique du Congo !
Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO)
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Premier Vice-Président de l’ABACO
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samedi 4 juin 2016
RDC : L'ABACO favorable à une dynamique nouvelle sur une base idéologique
Par la voix de son Premier Vice-Président, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO) évoque une dynamique nouvelle de l'opposition et une autre manière de faire de la politique en République Démocratique du Congo.
L'Abaco participera-t-elle à la « Nouvelle union sacrée de l'opposition à Bruxelles » ?
Au sein de l'Abaco, nous avons toujours été outrés par la multitude d'unions de l'opposition qui n'ont jamais abouti à quelque chose de positif : Dynamique de l'opposition, G7, G14, la Majorité présidentielle populaire... On y trouve même des plateformes dans des plateformes. A ce rythme, c'est plutôt une fédération ou une confédération de l'opposition qu'il faudra mettre en place.
On dirait que vous ne prenez pas les opposants congolais au sérieux...
Force est malheureusement de constater que les uns et les autres créent des structures dans l'espoir d'en tirer un profit personnel. Comme ils ont tous la même ambition, la tentative d'union génère souvent la désunion de l'opposition. Combien des Tshisekedistes sont-ils devenus, tout à coup Katumbistes ? Sans oublier qu'ils étaient, hier encore , des fervents partisans de Vital Kamerhe ou du docteur Denis Mukwege. On ne serait pas surpris qu'ils soutiennent Laurent Nkundabatware, si jamais ce dernier revenait militairement sur le sol congolais. Le tourisme politique n'est pas le propre de l'Abaco.
Il ne s'agit pas pour nous de critiquer systématiquement l'opposition au point de la fragiliser. C'est plutôt une question de crédibilité. Nous avons toujours préconisé une opposition constructive, donc intelligente.
Comment expliquez-vous ces incohérences que vous dénoncez avec ferveur ?
En fait, toute initiative d'union ou d'adhésion à une structure échoue dès lors que l'on met la charrue avant les bœufs. L'Abaco ne nouera aucun partenariat sur la base d'une communion avec un individu. Nous refusons la dictature, ou le culte de la personnalité, de la part de l'opposition ou de la majorité présidentielle. On ne peut pas prendre toute l'opposition en otage, sous prétexte que l'on est le seul à pouvoir l'incarner. S'attribuer d'office une telle légitimité s'apparenterait à de l'archaïsme. Nous n'avons pas cette conception de la pratique politique. Les mentalités doivent évoluer. La politique, c'est la chose publique et non l'intérêt personnel.
Il est temps que le peuple congolais soutienne un parti politique, ou un groupement de partis politiques, en fonction d'un programme et non de l'appartenance à un groupe ethnique, ni de l'association d'intérêts personnels, ni d'ailleurs d'une ancienneté militante n'ayant réellement permis aucune alternative politique. L'embrigadement, c'est le propre de ceux qui n'ont pas de projet politique.
Peut-on comprendre que l'Abaco est contre l'union de l'opposition ?
En 1977, un conglomérat dénommé AFDL avait vu le jour mais sans aucun projet politique. Le point commun des opposants au régime mobutiste soutenus par le Rwanda et l'Ouganda, c'était seulement la prise du pouvoir. Résultat ? Des millions de compatriotes tués, la crise politique et institutionnelle, la déstabilisation du pays... Le peuple congolais doit tirer les leçons du passé. Par conséquent, l'Abaco n'a nullement l'intention de se retrouver dans une configuration s'apparentant au mariage de la carpe et du lapin, tout simplement pour occuper le fauteuil du président de la République sortant et squatter les institutions de la République. Comment peut-on s'associer à ceux qui, à un moment donné, ont versé le sang de nos compatriotes, encouragé le pillage de nos ressources et permis l'occupation du pays par nos voisins ? Comment peut-on continuer de croire à des gens qui, depuis des lustres, ont rendu illisible le paysage politique ? Bruxelles après l'île de Gorée ?
Pour répondre à votre question, nous sommes favorables à une dynamique nouvelle de l'opposition mais sur une base idéologique. L'Abaco tient beaucoup à l'intégrité du territoire nationale, qu'il s'agisse de l'île de Mateba ou de la région du Kivu. Nous restons fidèles à notre devise : Dieu, les Ancêtres et le Peuple. Ainsi sommes-nous partisans de la Liberté, de l'Egalité, de la Prospérité et de la Paix.
Qu'allez-vous faire, alors ?
A l'Abaco, nous sommes partisans de la confrontation de différents programmes en vue d'une probable alliance politique. L'affinité idéologique reste, pour nous, la seule approche en vue d'une coalition gouvernementale. L'Abaco publiera très prochainement son avant projet de société. Celui-ci sera proposé à nos compatriotes pour des éventuels amendements en vue du projet final qui définira, le moment venu, notre vision pour le Congo du troisième millénaire.
Nous ne solliciterons pas le soutien à notre initiative politique par la distribution des pagnes et de la bière, ni par le terrorisme politique, ni par la corruption des acteurs de la société civile et des journalistes. Un projet cohérent pour le Congo, c'est la seule base qui conditionnera notre démarche. Nous tenons à une alternative en vue de l'instauration de l'État de droit, de la sécurisation et de la pacification du pays, de la croissance économique, de la cohésion sociale et nationale... Nous sommes prêts à discuter avec tous ceux qui partagent une telle approche.
Et le dialogue, dans tout cela ?
La position de l'ABACO sur le dialogue n'a jamais varié. Compte tenu de la menace plus que jamais précise de la balkanisation du pays, un dialogue inclusif s'impose non pas pour violer les articles 70-2, 75, 76 et 220 de la Constitution, mais pour trouver des voix et moyens en vue d'une transition apaisée.
Propos recueillis par Roger Musandji
© Œil d'Afrique
L'Abaco participera-t-elle à la « Nouvelle union sacrée de l'opposition à Bruxelles » ?
Au sein de l'Abaco, nous avons toujours été outrés par la multitude d'unions de l'opposition qui n'ont jamais abouti à quelque chose de positif : Dynamique de l'opposition, G7, G14, la Majorité présidentielle populaire... On y trouve même des plateformes dans des plateformes. A ce rythme, c'est plutôt une fédération ou une confédération de l'opposition qu'il faudra mettre en place.
On dirait que vous ne prenez pas les opposants congolais au sérieux...
Force est malheureusement de constater que les uns et les autres créent des structures dans l'espoir d'en tirer un profit personnel. Comme ils ont tous la même ambition, la tentative d'union génère souvent la désunion de l'opposition. Combien des Tshisekedistes sont-ils devenus, tout à coup Katumbistes ? Sans oublier qu'ils étaient, hier encore , des fervents partisans de Vital Kamerhe ou du docteur Denis Mukwege. On ne serait pas surpris qu'ils soutiennent Laurent Nkundabatware, si jamais ce dernier revenait militairement sur le sol congolais. Le tourisme politique n'est pas le propre de l'Abaco.
Il ne s'agit pas pour nous de critiquer systématiquement l'opposition au point de la fragiliser. C'est plutôt une question de crédibilité. Nous avons toujours préconisé une opposition constructive, donc intelligente.
Comment expliquez-vous ces incohérences que vous dénoncez avec ferveur ?
En fait, toute initiative d'union ou d'adhésion à une structure échoue dès lors que l'on met la charrue avant les bœufs. L'Abaco ne nouera aucun partenariat sur la base d'une communion avec un individu. Nous refusons la dictature, ou le culte de la personnalité, de la part de l'opposition ou de la majorité présidentielle. On ne peut pas prendre toute l'opposition en otage, sous prétexte que l'on est le seul à pouvoir l'incarner. S'attribuer d'office une telle légitimité s'apparenterait à de l'archaïsme. Nous n'avons pas cette conception de la pratique politique. Les mentalités doivent évoluer. La politique, c'est la chose publique et non l'intérêt personnel.
Il est temps que le peuple congolais soutienne un parti politique, ou un groupement de partis politiques, en fonction d'un programme et non de l'appartenance à un groupe ethnique, ni de l'association d'intérêts personnels, ni d'ailleurs d'une ancienneté militante n'ayant réellement permis aucune alternative politique. L'embrigadement, c'est le propre de ceux qui n'ont pas de projet politique.
Peut-on comprendre que l'Abaco est contre l'union de l'opposition ?
En 1977, un conglomérat dénommé AFDL avait vu le jour mais sans aucun projet politique. Le point commun des opposants au régime mobutiste soutenus par le Rwanda et l'Ouganda, c'était seulement la prise du pouvoir. Résultat ? Des millions de compatriotes tués, la crise politique et institutionnelle, la déstabilisation du pays... Le peuple congolais doit tirer les leçons du passé. Par conséquent, l'Abaco n'a nullement l'intention de se retrouver dans une configuration s'apparentant au mariage de la carpe et du lapin, tout simplement pour occuper le fauteuil du président de la République sortant et squatter les institutions de la République. Comment peut-on s'associer à ceux qui, à un moment donné, ont versé le sang de nos compatriotes, encouragé le pillage de nos ressources et permis l'occupation du pays par nos voisins ? Comment peut-on continuer de croire à des gens qui, depuis des lustres, ont rendu illisible le paysage politique ? Bruxelles après l'île de Gorée ?
Pour répondre à votre question, nous sommes favorables à une dynamique nouvelle de l'opposition mais sur une base idéologique. L'Abaco tient beaucoup à l'intégrité du territoire nationale, qu'il s'agisse de l'île de Mateba ou de la région du Kivu. Nous restons fidèles à notre devise : Dieu, les Ancêtres et le Peuple. Ainsi sommes-nous partisans de la Liberté, de l'Egalité, de la Prospérité et de la Paix.
Qu'allez-vous faire, alors ?
A l'Abaco, nous sommes partisans de la confrontation de différents programmes en vue d'une probable alliance politique. L'affinité idéologique reste, pour nous, la seule approche en vue d'une coalition gouvernementale. L'Abaco publiera très prochainement son avant projet de société. Celui-ci sera proposé à nos compatriotes pour des éventuels amendements en vue du projet final qui définira, le moment venu, notre vision pour le Congo du troisième millénaire.
Nous ne solliciterons pas le soutien à notre initiative politique par la distribution des pagnes et de la bière, ni par le terrorisme politique, ni par la corruption des acteurs de la société civile et des journalistes. Un projet cohérent pour le Congo, c'est la seule base qui conditionnera notre démarche. Nous tenons à une alternative en vue de l'instauration de l'État de droit, de la sécurisation et de la pacification du pays, de la croissance économique, de la cohésion sociale et nationale... Nous sommes prêts à discuter avec tous ceux qui partagent une telle approche.
Et le dialogue, dans tout cela ?
La position de l'ABACO sur le dialogue n'a jamais varié. Compte tenu de la menace plus que jamais précise de la balkanisation du pays, un dialogue inclusif s'impose non pas pour violer les articles 70-2, 75, 76 et 220 de la Constitution, mais pour trouver des voix et moyens en vue d'une transition apaisée.
Propos recueillis par Roger Musandji
© Œil d'Afrique
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mardi 17 mai 2016
L'arrêt de la Cour constitutionnelle en RDC
Thème : La décision de la Cour constitutionnelle relative à la fin du mandat présidentiel en RDC.
Pour écouter cette émission, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://www.africa1.com/IMG/mp3/le_grand_debat_-_16_05_16_-_pad.mp3
Invités :
- Dominique Kamulete - PPRD ;
- Gaspard-Hubert Lonsi Koko - ABACO ;
- Patrick Mboyo, juriste ;
- Delly Sessanga, AR.
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RDC
lundi 16 mai 2016
La cour du président de la RDC
La Cour constitutionnelle
de la République Démocratique du Congo, saisie par des députés de
la majorité présidentielle, s'est prononcée le 11 mai dernier sur
le litige opposant quelques dispositions constitutionnelles. Pour les
uns, le président de la République, arrivé à la fin de son
mandat, doit demeurer en fonction en attendant l'installation
effective de son successeur élu conformément au deuxième alinéa
de l'article 70 de la Constitution. Pour les autres, la fin du mandat
présidentiel non suivie de l'installation effective de son
successeur élu crée la vacance de la présidence de la République
au regard des articles 75 et 76.
La
décision de la Cour
Selon les requérants, les
interprétations à donner à l'article 70 alinéa 2 est celle des
articles 103, 105 et 197 alinéas 1 à 6 relatifs respectivement aux
députés nationaux, aux sénateurs et aux députés provinciaux. La
finalité dans l'esprit du législateur a consisté à assurer, de
manière exceptionnelle, la stabilité et la continuité des
institutions – l'objectif étant d'éviter un vide juridique en cas
de non-organisation des élections en temps prévu. Pour le juge,
l'alinéa 2 de l'article 70 permet au président de la République
arrivé en fin de mandat de demeurer en fonction, en vertu du
principe de la continuité de l'État, jusqu'à l'installation du
nouveau président élu.
Les motivations
Sur
le conflit horizontal de normes, il
s'agit d'un litige entre plusieurs normes de même valeur : à
savoir l'article 70 et les articles 75 et 76. Par
conséquent, la Cour constitutionnelle ne pouvait que prendre
position pour l'une ou les autres, sans statuer sur leur validité.
Quelle règle fallait-il alors appliquer ? Les deux normes ayant
le même champ d'action, le juge aurait dû chercher la conciliation.
Or, en ayant privilégié l'une des normes au détriment de l'autre,
la Cour a exclu à tort les articles 75 et 76 de la loi fondamentale
du principe de la continuité de l'État qu'elle reconnaît à
l'article 70-2. Elle a donc ignoré que ces deux articles sont
concernés de la même façon par la question prioritaire de
constitutionnalité. De plus, l'intérim du président du Sénat
aurait aussi permis d'« éviter
le vide à la tête de l'État ».
Si
le juge doit trancher, faute de commettre un déni de justice, il
doit donc se positionner par rapport aux deux normes en conflit sans
outrepasser ses pouvoirs. Or la Cour n'a pas résisté au devoir
naturel d'interprétation, lequel est apparu comme un acte de
volonté. En n'ayant pas apprécié tous les éléments qui auraient
dû être pris en compte pour régler ce conflit horizontal de
normes, la Cour s'est fondée sur des éléments potentiellement très
subjectifs.
Sur
les éléments à prendre en compte en vue du verdict, l'article
70 alinéa 2 est limpide, car il évoque « la
fin du mandat du président de la République ».
Ce dernier ne peut demeurer en fonction en attendant l'installation
effective de son successeur élu que pour s'occuper des affaires
courantes. Pendant combien de temps les expédiera-t-il, en cas de
non-volonté d'organiser l'élection présidentielle ?
Souhaite-t-on une présidence à vie ?
S'agissant des intentions
premières des auteurs de cette saisine, en assimilant l'article 70
alinéa 2 aux articles 103 pour les députés nationaux, 105 pour les
sénateurs et 197 alinéas 1 à 6 pour les députés provinciaux, la
Cour n'a pas cerné la vraie motivation des requérants, laquelle
consiste, par ricochet, à garder leurs mandats en cas de
non-organisation des élections les concernant. On risque donc de
sombrer dans un processus qui légalisera les mandats à vie.
Sur
les insuffisances de la CENI, la
Cour a oublié que les moyens de réalisation des missions et
d'attribution de la Commission électorale nationale indépendante
(CENI) conformément aux alinéas 3 et 4 de l'article 73 incombent à
l'Assemblée nationale, au Président de la République et au
Gouvernement. Dans cette même optique, la composition de la CENI
démontre que la mouvance présidentielle y est majoritaire.
L'argument
concernant la vacance de la présidence de la République et le
principe de la continuité de l’État
n'est pas du tout convaincant du fait des articles 73, 75 et 76
relatifs à la fois à la convocation du scrutin pour l'élection
présidentielle, à la vacance et à l'intérim par le président du
Sénat. Par ailleurs, à travers ses arguties, la Cour a confondu le
droit constitutionnel avec le droit administratif.
Sur
les traités et accords internationaux, la
Cour a aussi ignoré les dispositifs constitutionnels ayant trait aux
traités et accords internationaux, plus précisément les articles
69 alinéa 3 et 215. De plus, la Résolution 2277, laquelle était
adoptée au Conseil de Sécurité des Nations Unies, recommande
l'organisation de l'élection présidentielle dans le délai
constitutionnel.
Sur
la séparation des pouvoirs, au
vu de différents éléments exposés ci-dessus, l'arrêt rendu par
la Cour a tout simplement mis à mal la sécurité juridique. Ainsi
est-on en droit de s'interroger sérieusement sur la subordination du
pouvoir judiciaire au pouvoir politique et sur la violation de la
clause constitutionnelle relative à la séparation des pouvoirs
exécutif, législatif et judiciaires – plus précisément le
premier alinéa de l'article 149.
En
guise de conclusion
Force est de constater que la Cour
ne s'était pas interrogée sur les véritables intentions des
requérants. Sans prendre en compte les différents paramètres
relatifs à ce litige, elle s'est prononcée sur la validité des
normes de même valeur au lieu de chercher la conciliation. Il est
évident que l'arrêt de la Cour a été motivé par des éléments
potentiellement subjectifs, laissant ainsi apparaître un acte de
volonté manifeste de la part du juge. Et comme les arrêts de la
Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d'aucun recours et sont
immédiatement exécutables conformément à l'article 168 de la
Constitution, quelques démarches s'imposent.
Dès lors que l'arrêt de la Cour
constitutionnelle confirme le maintien du président de la République
en fin de mandat en cas de non élection, ce dernier ne peut
qu'empêcher la CENI d'organiser les élections dans le but de rester
au pouvoir. Ainsi la Cour a-t-elle cautionné, en violation des
quelques dispositifs constitutionnels, un coup d'État
institutionnel.
En
conséquence, il revient à l'opposition politique, aux forces vives
de la Nation congolaise et au souverain primaire, donc le Peuple, de
réagir d'une part par le dépôt d'un recours en interprétation des
dispositions constitutionnelles suivantes : les articles 69
alinéas 3 relatif au respect des traités internationaux, 73
concernant les moyens alloués à la CENI et 215 à propos de la
supériorité des traités internationaux sur les lois ; d'autre
part, par la mobilisation populaire conformément aux articles 28
relatif à la non-exécution d'un ordre manifestement illégal et 64
relatif à l’exercice
du pouvoir en violation des dispositions de la présente
Constitution.
Gaspard-Hubert
Lonsi Koko
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jeudi 12 mai 2016
Obligation d'infléchir le cours de l'Histoire en RDC
Répondant à une requête en interprétation déposée par plus de 250 députés de la majorité présidentielle alors que la perspective de la tenue du scrutin présidentiel en 2016 est de plus en plus incertaine, la Cour constitutionnelle de la République Démocratique du Congo, saisie par voie d'action, a un rendu un arrêt sur le sort du président sortant. En effet, selon ledit arrêt lu le 11 mai à Kinshasa par le président de la Cour, Benoît Luamba, « suivant le principe de la continuité de l’État et pour éviter le vide à la tête de l’État, le président actuel reste en fonctions jusqu'à l'installation du nouveau président élu ».
Le conflit horizontal de normes
Il s'agit, dans ce cas précis, d'une situation de conflit de normes entre l'article 70 et 75 de la loi fondamentale. D'une part, le maintien en fonction du président de la République sortant s'opère jusqu'à l'installation du nouveau président élu. D'autre part, l'exercice provisoire des fonctions du président de la République en cas de vacances pour des causes bien définies est assuré par le président du Sénat. Par conséquent, à l'occasion d'un litige donné qui implique deux ou plusieurs normes de même valeur, la Cour constitutionnelle ne peut qu'être amenée à prendre position pour l'une ou l'autre, sans qu'il ne statue sur leur validité. Ainsi est-il indispensable de déterminer la règle à appliquer. Les deux normes ayant le même champ d'action, il n'était donc pas question pour la Cour de faire prévaloir la norme de niveau supérieur sur la norme qui lui est subordonnée. Par conséquent, le juge aurait dû recourir à une démarche pragmatique en vue de la conciliation. Or, en ayant privilégié l'une des normes au détriment de l'autre, la Cour a exclu à tort l'article 75 de la loi fondamentale du principe de la continuité de l'État. Ainsi a-t-elle ignoré que ces deux articles sont concernés de la même façon par la question prioritaire de constitutionnalité, que l'intérim du président du Sénat aurait aussi permis d'« éviter le vide à la tête de l'État ».
Les rôles du juge et de la norme
Si le juge doit trancher, faute de commettre un déni de justice, il doit donc se positionner par rapport aux deux normes en conflit sans outrepasser ses pouvoirs. Mais ce constat est mis à rude épreuve dès lors que la Cour n'a pas résisté au devoir naturel d'interprétation, lequel est apparu comme un acte de volonté. En effet, en n'ayant pas apprécié tous les éléments qui auraient dû être pris en compte pour régler ce conflit horizontal de normes qui lui était soumis, la Cour constitutionnelle s'est fondée sur des éléments potentiellement très subjectifs.
La séparation des pouvoirs ?
En accordant la primauté à l'article 70 de la Constitution stipulant qu'« à la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l'installation effective du nouveau Président élu », sur l'article 75 spécifiant qu'« en cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre cause d'empêchement définitif, les fonctions de Président de la République, à l'exception de [quelques-unes biens définies] sont provisoirement exercées par le Président du Sénat », l'arrêt rendu par la Cour a tout simplement mis à mal la sécurité juridique. Ainsi est-on en droit de s'interroger sérieusement sur la subordination du pouvoir judiciaire au pouvoir politique en République Démocratique du Congo, sur la violation de la clause constitutionnelle relative à la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaires – plus précisant l'article 149.
Et maintenant ?
L'arrêt rendu par la Cour constitutionnelle n'a pas du tout tenu compte de la volonté manifeste du gouvernement congolais de ne pas organiser les élections dans le délai constitutionnel dans le but de permettre le maintien au pouvoir du président sortant. Par conséquent, cette décision laisse présager que la tenue du dialogue souhaité par le président de la République n'aura pour seul objectif que d'entériner son maintien au pouvoir à la tête d'un gouvernement de transition.
Dans un pays où l'opposition s'oppose systématiquement de manière épidermique, où des partisans de la majorité présidentielle deviennent curieusement et sans aucun fondement idéologique des opposants, où l'élite n'a jamais osé jouer son rôle de conscientisation et d'éducation politique, le cours de l'Histoire ne peut être infléchi que par le Peuple qui est le souverain primaire. Les Congolaises et les Congolais sont condamnés à déjouer tout pronostic pour ne pas rester les éternels dindons de la farce.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Le conflit horizontal de normes
Il s'agit, dans ce cas précis, d'une situation de conflit de normes entre l'article 70 et 75 de la loi fondamentale. D'une part, le maintien en fonction du président de la République sortant s'opère jusqu'à l'installation du nouveau président élu. D'autre part, l'exercice provisoire des fonctions du président de la République en cas de vacances pour des causes bien définies est assuré par le président du Sénat. Par conséquent, à l'occasion d'un litige donné qui implique deux ou plusieurs normes de même valeur, la Cour constitutionnelle ne peut qu'être amenée à prendre position pour l'une ou l'autre, sans qu'il ne statue sur leur validité. Ainsi est-il indispensable de déterminer la règle à appliquer. Les deux normes ayant le même champ d'action, il n'était donc pas question pour la Cour de faire prévaloir la norme de niveau supérieur sur la norme qui lui est subordonnée. Par conséquent, le juge aurait dû recourir à une démarche pragmatique en vue de la conciliation. Or, en ayant privilégié l'une des normes au détriment de l'autre, la Cour a exclu à tort l'article 75 de la loi fondamentale du principe de la continuité de l'État. Ainsi a-t-elle ignoré que ces deux articles sont concernés de la même façon par la question prioritaire de constitutionnalité, que l'intérim du président du Sénat aurait aussi permis d'« éviter le vide à la tête de l'État ».
Les rôles du juge et de la norme
Si le juge doit trancher, faute de commettre un déni de justice, il doit donc se positionner par rapport aux deux normes en conflit sans outrepasser ses pouvoirs. Mais ce constat est mis à rude épreuve dès lors que la Cour n'a pas résisté au devoir naturel d'interprétation, lequel est apparu comme un acte de volonté. En effet, en n'ayant pas apprécié tous les éléments qui auraient dû être pris en compte pour régler ce conflit horizontal de normes qui lui était soumis, la Cour constitutionnelle s'est fondée sur des éléments potentiellement très subjectifs.
La séparation des pouvoirs ?
En accordant la primauté à l'article 70 de la Constitution stipulant qu'« à la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l'installation effective du nouveau Président élu », sur l'article 75 spécifiant qu'« en cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre cause d'empêchement définitif, les fonctions de Président de la République, à l'exception de [quelques-unes biens définies] sont provisoirement exercées par le Président du Sénat », l'arrêt rendu par la Cour a tout simplement mis à mal la sécurité juridique. Ainsi est-on en droit de s'interroger sérieusement sur la subordination du pouvoir judiciaire au pouvoir politique en République Démocratique du Congo, sur la violation de la clause constitutionnelle relative à la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaires – plus précisant l'article 149.
Et maintenant ?
L'arrêt rendu par la Cour constitutionnelle n'a pas du tout tenu compte de la volonté manifeste du gouvernement congolais de ne pas organiser les élections dans le délai constitutionnel dans le but de permettre le maintien au pouvoir du président sortant. Par conséquent, cette décision laisse présager que la tenue du dialogue souhaité par le président de la République n'aura pour seul objectif que d'entériner son maintien au pouvoir à la tête d'un gouvernement de transition.
Dans un pays où l'opposition s'oppose systématiquement de manière épidermique, où des partisans de la majorité présidentielle deviennent curieusement et sans aucun fondement idéologique des opposants, où l'élite n'a jamais osé jouer son rôle de conscientisation et d'éducation politique, le cours de l'Histoire ne peut être infléchi que par le Peuple qui est le souverain primaire. Les Congolaises et les Congolais sont condamnés à déjouer tout pronostic pour ne pas rester les éternels dindons de la farce.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
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vendredi 6 mai 2016
RDC : Une division interne n'est pas forcément une opposition nationale
Après l'annonce officielle de la candidature de Moïse Katumbi, l'ancien gouverneur du Katanga, à la présidence de la République Démocratique du Congo, l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO) donne son point de vue à travers son premier Vice-Président Gaspard-Hubert Lonsi Koko.
Œil d'Afrique : Quelle est votre réaction par rapport à l'annonce de Moïse Katumbi Chapwe à la présidence de la République Démocratique du Congo ?
Qu'attendez-vous comme réponse de ma part ? Tout Congolais n'est-il pas habilité à être candidat à la présidence de la République, conformément à l'article 72 de la Constitution ? La candidature de monsieur Katumbi a au moins le mérite de confirmer le statu quo du paysage politique et le choix éventuel, le moment venu, à cet effet.
Œil d'Afrique : C'est-à-dire ?
J'ai cru comprendre que monsieur Katumbi était un fervent adepte de la candidature unique de l'opposition. Or, en aucun cas, l'annonce de sa candidature à la présidence de la République n'est le fait de l'adoubement des partis politiques de l'opposition dont il s'est curieusement senti proche après avoir soutenu très longtemps les idées du PPRD. Je constate seulement que la supercherie n'est plus un secret pour personne.
Œil d'Afrique : Pourriez-vous préciser encore plus votre pensée ?
Je suis pourtant explicite.
Œil d'Afrique : Essayer de sortir un peu de cette ambiguïté, qui caractérise le bon Mukongo et l'habile analyste politique que vous êtes...
Sans renier le fait d'être Mukongo par mes deux parents, je me considère avant tout comme un Congolais d'origine mû par la volonté d'apporter à ses compatriotes la dignité et le bonheur auxquels ils aspirent. Au sein de l'Alliance de Base pour l'Action Commune, parti politique dont je suis le premier Vice-Président, nous sommes conscients que la divergence dans la sphère gouvernementale ne confère pas naturellement le label propre à l'appartenance à l'opposition. On est en principe opposant sur des bases idéologiques, et non sur une simple dissidence interne.
Œil d'Afrique : Qualifiez-vous donc Moïse Katumbi comme un membre de la majorité présidentielle et non un opposant ?
En tout cas, la position libérale des partisans de monsieur Katumbi n'ont rien à avoir avec la pensée réellement social-démocrate préconisée par mon parti l'ABACO. La majorité des soutiens de l'ancien gouverneur du Katanga, à commencer par la G7, a constitué une fraction importante de la mouvance gouvernementale. Aucun parti de l'opposition n'ayant été dupe pour croire à la mystérieuse conversion d'anciens kabilistes aux combats de l'opposition, la candidature de monsieur Katumbi reflète tout simplement l'œuvre d'une scission au sein du PPRD qui a poussé les alliés politiques de ce parti à faire le choix entre messieurs Kabila et Katumbi. Une division interne n'est pas forcément une opposition nationale.
Œil d'Afrique : Que compte faire l'ABACO face à cette division, interne soit-elle, dès lors que votre parti est partisan d'un dialogue national préconisé par le président Joseph Kabila ?
L'ABACO est favorable au dialogue pour trouver une voie intelligente, s'agissant du devenir de la République Démocratique du Congo et de la vraie joie de vivre du peuple congolais. Nous ne sommes pas partisans d'une transition incluant les premiers responsables de la crise politique et de l'hécatombe socio-économique auxquelles est confronté le pays. Plus précisément, notre aspiration au dialogue inclusif et républicain ne conditionne pas notre adhésion à un individu, qu'il se réclame de l'opposition ou de la majorité. L'ABACO souhaite une réelle alternative politique, raison pour laquelle notre parti politique privilégie le projet de société susceptible de générer une alliance programmatique.
Œil d'Afrique : Êtes-vous en train de peaufiner, vous-même, une candidature à la présidence de la République, comme l'affirment certaines sources bien informées ?
Encore faut-il qu'il y ait élection présidentielle à la fin de l'année, après que la CENI ait réellement livré un fichier électoral fiable. Mon implication la plus sérieuse consiste à ce que l'ABACO puisse apparaître comme le parti politique ayant le projet le plus cohérent et le plus crédible possible. C'est dans cette optique que nous travaillons en ce moment. En tous cas, la désillusion étant une sottise en politique, nous préférons privilégier le principe qui veut que chaque chose se fasse en son temps. Je renvoie d'ailleurs vos lecteurs à nos 10 propositions pour la RD Congo de demain. « Que nulle n'entre s'il n'est géomètre », pouvait-on lire à l'entrée de l'Académie, l'école fondée à Athènes par Platon.
Propos recueillis par Roger Musandji
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lundi 18 avril 2016
Les préconisations de l’ABACO en vue de la stabilité dans l’Est de la RDC
Le 16 avril dernier, le Rwanda a accusé
les éléments des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) basés dans
l’Est de la République Démocratique du Congo d’avoir attaqué dans la nuit de
vendredi à samedi, pour la seconde fois, un poste de police dans l’Ouest du
pays.
Consciente des efforts des gouvernements de la
République Démocratique du Congo et du Rwanda, ainsi que de la MONUSCO, en vue
de la pacification de la région des Grands Lacs, la
Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) souhaite néanmoins éviter
une éventuelle intervention de l’armée nationale rwandaise dans le territoire
congolais, laquelle pourrait permettre au président Joseph Kabila de proclamer
l’état d’urgence ou l’état de siège, ainsi que de déclarer l’état de guerre,
conformément aux articles 85 et 86 de la Constitution, dans l’optique de justifier
la non-tenue de l’élection présidentielle de novembre 2016.
Par conséquent, la République Démocratique du Congo devant définir de
manière autonome sa politique migratoire dans la région du Kivu et renforcer
militairement la sécurisation de sa frontière orientale, la Direction Europe de l’ABACO préconise que les
instances africaines, ainsi qu’onusiennes, puissent rappeler le respect des
clauses et les souhaits relatifs :
- à la cessation de l’approvisionnement
en armes des rebelles congolais à partir du territoire rwandais et de l’infiltration
des éléments des armées rwandaise et ougandaise dans le territoire congolais ;
- au soutien de la
communauté internationale aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans leurs
actions concernant le maintien de la paix dans la région du Kivu ;
- à l’acceptation par
les autorités rwandaises du rapatriement vers Kigali de tous les éléments des
FDLR censés se trouver dans le territoire congolais, ou alors de leur
extradition sans condition dans un pays non limitrophe de la République
Démocratique du Congo ;
- au dialogue
inter-rwandais ;
- à la capacité du gouvernement
congolais à déployer les moyens nécessaires en vue de la sécurisation du
territoire national.
Fait à Paris, le 18 avril 2016
Pour la Direction Europe de l’ABACO,
Gaspard-Hubert LONSI KOKO
Premier Vice-Président de l’Alliance de
Base pour l’Action Commune
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jeudi 7 janvier 2016
La République Non Démocratique du Congo
La
démocratie réside dans le fonctionnement permanent d’un système
politique, d’une forme de gouvernement dans lequel la souveraineté
émane du peuple. De ce fait, les rapports sont établis à
l’intérieur d’une institution, d’un groupe... tenant compte,
aux divers niveaux hiérarchiques, des avis de ceux qui ont à
exécuter les tâches commandées. Partant de ce principe, on peut
aisément s’interroger, du point de vue démocratique, sur la
pratique politique au Congo-Kinshasa.
Quid
du calendrier électoral
Le
refus d’inscrire sur les listes électorales les nouveaux majeurs –
estimés à environ 7 millions, soit plus de 20 % du corps électoral
congolais – a incité les experts de l’OIF à recommander au
Parlement de poursuivre la réforme de l’état civil sur la base
d’un recensement général de la population. Très récemment, le
nouveau président de la Commission électorale nationale
indépendante (CENI) a estimé que l’actualisation du fichier et
les financements des élections étaient les deux préalables majeurs
avant la publication d’un nouveau calendrier global et aménagé.
De
plus, la loi portant répartition des sièges pour les élections
municipales et locales ayant été promulguée très tard par le chef
de l’État, on ne peut que tirer les conséquences logiques d’un
rééchelonnement du calendrier électoral. Dans cette optique, la
nécessité de réaménager ledit calendrier a été recommandé par
un arrêt de la Cour constitutionnelle. Cette institution a
effectivement exigé l’organisation de l’élection des
gouverneurs et vice-gouverneurs des nouvelles provinces avant
d’envisager les scrutins locaux.
Un
sénat inamovible
Il
a fallu neuf ans pour que le redécoupage territorial puisse se
conformer à la Loi fondamentale. Pendant tout ce temps, les
circonscriptions sénatoriales reposaient sur des entités
administratives virtuelles. À l’exception des sénateurs, ainsi
que des députés des provinces de Kinshasa et du Bas-Congo, tous les
autres avaient été élus sur la base des districts inexistants. Par
conséquent, neuf parlements provinciaux et la chambre haute ont
longtemps fonctionné dans l’illégalité – c’est-à-dire en
violation pure et simple du texte fondamental. De
facto,
le non-respect du chronogramme défini par la CENI a permis de
reporter sine
die
la tenue des élections provinciales et sénatoriales. Ainsi le
Sénat, dont les circonscriptions viennent enfin d’être
matérialisées, continue-t-il de fonctionner en toute tranquillité
dans l’illégalité.
La
CENI aurait été crédible si elle avait articulé le calendrier
électoral dans un délai raisonnable et échelonné les différents
scrutins de manière cohérente. Le fait d’avoir agi dans la
précipitation, pour calmer le courroux des populations mécontentes
et donner aux éventuels bailleurs de fonds l’impression de
s’atteler sérieusement à la tâche, et programmé entre-temps des
intervalles relativement courts s’apparente à une supercherie pour
repousser les différents scrutins – la finalité étant de
prolonger, sans aucune élection, les mandats des personnes siégeant
dans les institutions étatiques.
Opposition
essoufflée et manœuvre gouvernementale
Face
à une dérive s’apparentant à un coup d’État institutionnel,
l’opposition parlementaire ne parvient guère à impulser une
dynamique nouvelle en vue d’une alternative politique crédible.
Impuissante à l’intérieur du pays, constamment absente de
l’hémicycle, elle a de plus en plus du mal à jouer efficacement
son rôle. Essoufflée et ne parvenant guère à démontrer de
manière pacifique le vrai rapport des forces populaires, de plus en
plus discréditée aux yeux du peuple congolais, ses représentants
cherchent désespérément la solution hors du territoire national.
Ainsi cèdent-ils au chant des sirènes dans le but de revenir en
force sur l’échiquier politique interne.
En
revanche, pour conserver le pouvoir, la majorité présidentielle
s’applique à fragiliser davantage l’opposition dans sa
globalité. À cet effet, après réussi à noyauté l’opposition
parlementaire, quelques caciques ont claqué publiquement la porte de
ladite majorité et se sont proclamés opposants. Curieusement, cette
mutation soudaine ne s’est faite sur aucune ligne idéologique.
Seul le stratagème électoral a motivé, de manière cynique, ce
positionnement cousu de fil blanc. Comment peut-on se coucher
libéraux, et se réveiller tout à coup sociaux-démocrates, ou tout
simplement socialistes ? « Le
zèbre ne se défait pas de ses zébrures »,
dit un vieux proverbe bantou.
Par
ailleurs, il
est incroyable qu’un gouvernement d’une République censée être
« démocratique »
ait
pu proposer au Parlement, en vue de son adoption, un projet de loi
électorale contenant les germes de l’incohésion nationale. Tout
comme est inadmissible l’avis de la Cour Suprême de Justice ayant
qualifié conforme à la Constitution une loi qui affirme l’inégalité
des Congolais au regard de la représentativité politique. De la
même façon qu’est très consternant le fait pour l’opposition
parlementaire d’avoir approuvé les dispositions iniques contenues
dans le texte promulgué par le président de la République, qui
plus est censé être le garant de la Constitution. Enfin, il est
incompréhensible de constater l’immobilisme de la société civile
contre une loi qui viole sans aucun doute la Constitution.
Une
transition politique
Le
peuple congolais doit absolument faire émerger une nouvelle classe
politique crédible, c’est-à-dire à la vision constructive, et
non continuer à faire confiance aux acteurs politiques ayant sans
cesse privilégié leurs intérêts personnels au détriment de la
chose publique. Le souverain primaire doit donc mettre un terme au
glissement vers une République Non Démocratique du Congo, souhaitée
par la majorité présidentielle et tacitement cautionnée par une
opposition institutionnelle complaisante.
Vu
les arguments développés supra,
l’avenir du Congo-Kinshasa dépendra à court terme de la mise en
place, comme au Burkina-Faso, d’un
conseil national de transition,
ou d’un
gouvernement de salut public,
lequel définira les
grandes orientations relatives
aux prochaines élections, à l’harmonisation de la Constitution, à
la morale patriotique, à la défense nationale et aux institutions
de la République. Bref, une IVe
République reste la voie salutaire pour le devenir du peuple
congolais.
Gaspard-Hubert
Lonsi Koko
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