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jeudi 7 janvier 2016

La République Non Démocratique du Congo

La démocratie réside dans le fonctionnement permanent d’un système politique, d’une forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple. De ce fait, les rapports sont établis à l’intérieur d’une institution, d’un groupe... tenant compte, aux divers niveaux hiérarchiques, des avis de ceux qui ont à exécuter les tâches commandées. Partant de ce principe, on peut aisément s’interroger, du point de vue démocratique, sur la pratique politique au Congo-Kinshasa.

Quid du calendrier électoral

Le refus d’inscrire sur les listes électorales les nouveaux majeurs – estimés à environ 7 millions, soit plus de 20 % du corps électoral congolais – a incité les experts de l’OIF à recommander au Parlement de poursuivre la réforme de l’état civil sur la base d’un recensement général de la population. Très récemment, le nouveau président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a estimé que l’actualisation du fichier et les financements des élections étaient les deux préalables majeurs avant la publication d’un nouveau calendrier global et aménagé.
De plus, la loi portant répartition des sièges pour les élections municipales et locales ayant été promulguée très tard par le chef de l’État, on ne peut que tirer les conséquences logiques d’un rééchelonnement du calendrier électoral. Dans cette optique, la nécessité de réaménager ledit calendrier a été recommandé par un arrêt de la Cour constitutionnelle. Cette institution a effectivement exigé l’organisation de l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs des nouvelles provinces avant d’envisager les scrutins locaux.

Un sénat inamovible

Il a fallu neuf ans pour que le redécoupage territorial puisse se conformer à la Loi fondamentale. Pendant tout ce temps, les circonscriptions sénatoriales reposaient sur des entités administratives virtuelles. À l’exception des sénateurs, ainsi que des députés des provinces de Kinshasa et du Bas-Congo, tous les autres avaient été élus sur la base des districts inexistants. Par conséquent, neuf parlements provinciaux et la chambre haute ont longtemps fonctionné dans l’illégalité – c’est-à-dire en violation pure et simple du texte fondamental. De facto, le non-respect du chronogramme défini par la CENI a permis de reporter sine die la tenue des élections provinciales et sénatoriales. Ainsi le Sénat, dont les circonscriptions viennent enfin d’être matérialisées, continue-t-il de fonctionner en toute tranquillité dans l’illégalité.
La CENI aurait été crédible si elle avait articulé le calendrier électoral dans un délai raisonnable et échelonné les différents scrutins de manière cohérente. Le fait d’avoir agi dans la précipitation, pour calmer le courroux des populations mécontentes et donner aux éventuels bailleurs de fonds l’impression de s’atteler sérieusement à la tâche, et programmé entre-temps des intervalles relativement courts s’apparente à une supercherie pour repousser les différents scrutins – la finalité étant de prolonger, sans aucune élection, les mandats des personnes siégeant dans les institutions étatiques.

Opposition essoufflée et manœuvre gouvernementale

Face à une dérive s’apparentant à un coup d’État institutionnel, l’opposition parlementaire ne parvient guère à impulser une dynamique nouvelle en vue d’une alternative politique crédible. Impuissante à l’intérieur du pays, constamment absente de l’hémicycle, elle a de plus en plus du mal à jouer efficacement son rôle. Essoufflée et ne parvenant guère à démontrer de manière pacifique le vrai rapport des forces populaires, de plus en plus discréditée aux yeux du peuple congolais, ses représentants cherchent désespérément la solution hors du territoire national. Ainsi cèdent-ils au chant des sirènes dans le but de revenir en force sur l’échiquier politique interne.
En revanche, pour conserver le pouvoir, la majorité présidentielle s’applique à fragiliser davantage l’opposition dans sa globalité. À cet effet, après réussi à noyauté l’opposition parlementaire, quelques caciques ont claqué publiquement la porte de ladite majorité et se sont proclamés opposants. Curieusement, cette mutation soudaine ne s’est faite sur aucune ligne idéologique. Seul le stratagème électoral a motivé, de manière cynique, ce positionnement cousu de fil blanc. Comment peut-on se coucher libéraux, et se réveiller tout à coup sociaux-démocrates, ou tout simplement socialistes ? « Le zèbre ne se défait pas de ses zébrures », dit un vieux proverbe bantou.
Par ailleurs, il est incroyable qu’un gouvernement d’une République censée être « démocratique » ait pu proposer au Parlement, en vue de son adoption, un projet de loi électorale contenant les germes de l’incohésion nationale. Tout comme est inadmissible l’avis de la Cour Suprême de Justice ayant qualifié conforme à la Constitution une loi qui affirme l’inégalité des Congolais au regard de la représentativité politique. De la même façon qu’est très consternant le fait pour l’opposition parlementaire d’avoir approuvé les dispositions iniques contenues dans le texte promulgué par le président de la République, qui plus est censé être le garant de la Constitution. Enfin, il est incompréhensible de constater l’immobilisme de la société civile contre une loi qui viole sans aucun doute la Constitution.

Une transition politique

Le peuple congolais doit absolument faire émerger une nouvelle classe politique crédible, c’est-à-dire à la vision constructive, et non continuer à faire confiance aux acteurs politiques ayant sans cesse privilégié leurs intérêts personnels au détriment de la chose publique. Le souverain primaire doit donc mettre un terme au glissement vers une République Non Démocratique du Congo, souhaitée par la majorité présidentielle et tacitement cautionnée par une opposition institutionnelle complaisante.
Vu les arguments développés supra, l’avenir du Congo-Kinshasa dépendra à court terme de la mise en place, comme au Burkina-Faso, d’un conseil national de transition, ou d’un gouvernement de salut public, lequel définira les grandes orientations relatives aux prochaines élections, à l’harmonisation de la Constitution, à la morale patriotique, à la défense nationale et aux institutions de la République. Bref, une IVe République reste la voie salutaire pour le devenir du peuple congolais.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mercredi 17 décembre 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20141217/00023 relatif à l’égalité de tous les Congolais devant la Loi

Selon diverses sources concordantes, en République Démocratique du Congo, le président de l'Assemblée nationale, en l’occurrence Aubin Minaku, tenterait de faire passer une loi prévoyant l’obligation d’avoir deux parents congolais pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle.

Le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) rappelle que la République Démocratique du Congo est composée majoritairement de populations bantouphones dont le matriarcat confère de facto, du point de vue coutumier, la nationalité conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la Constitution du 18 février 2006.

Par ailleurs, comment les citoyens congolais peuvent-ils être égaux devant la loi et ne pas avoir tous les mêmes droits ? Comment peuvent-ils être électeurs à l’élection présidentielle et inéligibles à la présidence de la République ? Comment peuvent-ils avoir les mêmes devoirs et non les mêmes droits ?

Par conséquent, dans le souci d’épargner à la République Démocratique du Congo un éventuel conflit entre le droit objectif et le droit subjectif, ainsi que par opposition aux violations des droits fondamentaux de la personne humaine, le Bureau du Rassemblement pour la Développement et la Paix au Congo s’insurgerait volontiers contre tout projet dont la seule finalité consisterait à introduire dans la Loi fondamentale l’exclusion et l’inégalité entre les Congolais.

Fait à Paris, le 17 décembre 2014

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo,

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

vendredi 29 août 2014

Une autre conception de la IVe République en RD Congo

Dans un article publié dans ses colonnes, le quotidien Le Potentiel s’est penché sur le projet d’une nouvelle Constitution censée inaugurer l’ère de la IVe République. Au cœur de chaudes empoignades dans la majorité présidentielle dues aux impératifs d’ordre structurel, la légitimité des personnes censées l’endosser et le système politique à mettre en place suscitent une divergence[1] sans précédent. Au sein du pouvoir en place à Kinshasa, le Mouvement social pour le renouveau (MSR), qui plus est le deuxième parti de la majorité gouvernementale, manifeste son désaccord quant à la révision de la Constitution. Ainsi rejoint-il la frange de l’opposition politique hostile à la révision des dispositifs constitutionnels bloqués[2].

Des réformes hors du canal juridique

Le bureau politique de la coalition présidentielle, qui s’est réuni à Kingakati le lundi dernier, s’est surtout focalisé sur le gouvernement de cohésion nationale tant attendu. Selon le président de la chambre basse, Aubin Minaku, la majorité présidentielle a envisagé des réformes, sans pour autant privilégier aucun canal juridique. Par conséquent, les éventuelles réformes pourraient « être portées par de nouveaux règlements, des actes réglementaires, de nouvelles lois, et s’il faut une révision constitutionnelle et que cela rentre dans le cadre des prescrits de procédure de cette Constitution, pourquoi pas ? » Dans l’absolu, à travers ses différentes joutes et manœuvres politiques, c’est la possibilité d’un nouveau régime politique qui se profile à l’horizon.

Des arrangements stériles

Il est évident que, au regard des contradictions et des non-sens qu’émaillent les dispositifs de la Constitution du 18 février 2006, une révision constitutionnelle s’impose. Encore faudra-t-il que le toilettage de la Loi fondamentale se fasse au profit de la chose publique, et non pour des intérêts purement personnels. La IVe République devra être instaurée sur la base d’un projet de société légitimée, à l’issue d’une élection présidentielle et non à la suite des arrangements, avant terme, au sein de la majorité kabiliste dans le seul but de conserver le pouvoir.

L’ambiguïté

En tout cas, le régime à la fois semi-présidentiel et semi-parlementaire en cours en République Démocratique du Congo ne permet guère de clarifier la situation politique. Le fait d’appuyer les pieds à la fois sur l’accélérateur et le frein ne permet en aucun cas au véhicule de circuler. Ainsi le passage à la IVe République est plus que jamais d’actualité, mais soit dans le cadre d’une élection présidentielle, soit en dehors de tout enjeu électoraliste. Il faudra donc sortir définitivement de cette ambiguïté constitutionnelle, laquelle encourage le dysfonctionnement des institutions étatiques et encourage l’enrichissement personnel par le biais du flou juridique.
Par souci de crédibilité et d’efficacité, il va falloir engager une réflexion[3] avec les différentes familles de pensée politique et de la société civile sur la modernisation du paysage démocratique en tant qu’espace d’expression politique et sociétale, ainsi que sur la représentation nationale. Dans cette optique, il faudra initier un débat national sur le choix d’un régime soit présidentiel, soit parlementaire, dans toute son intégralité.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko






[2] Notamment l’article 220 de la Constitution du 18 février 2006 limitant à deux le mandat présidentiel.

vendredi 1 août 2014

RD Congo : la cornélienne situation de l’opposition au regard de la révision constitutionnelle

En République Démocratique du Congo, la majorité présidentielle se mobilise en faveur de la révision constitutionnelle dans l’optique de permettre à Joseph Kabila de se représenter à l’élection présidentielle de 2016 et de remporter haut la main les scrutins de 2015. Ainsi le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, et le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, ainsi que le secrétaire général du PPRD[1], Évariste Boshab, sensibilisent-ils les affidés de la majorité présidentielle sur le bien-fondé de la révision de l’article 220 de la Constitution du 18 février 2014[2]. Plus entreprenant que les autres thuriféraires de la mouvance kabiliste, Évariste Boshab, dans une adresse aux membres de son parti politique, argument que le fait de « réviser la Constitution, c’est aussi la respecter » – cet exercice pouvant « se faire par voie référendaire ».
Nul n’ignore que la majorité kabiliste est prête à tout, comme dans le passé, pour se maintenir au pouvoir. Que peut faire, dans pareille circonstance, les opposants à la révision de l’article 220 de la Constitution ? De prime abord, pour contrer les velléités de la majorité présidentielle, deux alternatives sont possibles.

La pétition

La première alternative consiste à s’appuyer sur quelque dispositif constitutionnel. Il est évident que l’opposition doit profiter de la volonté de la majorité présidentielle pour imposer légalement le rapport de force. De plus, l’article 27 de la Constitution du 18 février 2006 accorde à tout Congolais le droit d’adresser individuellement, ou collectivement, une pétition à l’autorité publique qui y répond dans les trois mois. Ce procédé a l’avantage de protéger les auteurs de la pétition contre toute « incrimination, sous quelque forme que ce soit, pour avoir pris pareille initiative ». En agissant de la sorte, l’opposition évaluera ses véritables capacités à se mobiliser et à se rassembler autour d’une cause commune. La réussite d’une telle entreprise lui sera davantage bénéfique pour les prochains enjeux électoraux. Les signes du temps laissent supposer que l’opposition, si elle s’y prend bien, pourra obtenir gain de cause. En effet, le fait pour la Commission électorale nationale indépendante de vouloir imposer un scrutin indirect en vue des prochaines élections laisse supposer l’impopularité du régime en place à Kinshasa.

Le référendum populaire

La seconde alternative consiste à laisser la majorité présidentielle recourir au référendum populaire en vue de la révision constitutionnelle. De ce fait, le régime kabiliste étant cette fois-ci décrié par la communauté internationale, celle-ci devra surveiller attentivement le déroulement du processus qui pourra aboutir à une large victoire de l’opposition. Dans cette perspective, le pouvoir en place à Kinshasa sera désavoué et n’aura que la démission, aussi bien du président de la République que du gouvernement, comme seule possibilité. Si elle est risquée pour l’opposition, cette option peut néanmoins représenter l’issue fatale susceptible de provoquer les conditions du sabordage, avant l’année 2016, du bateau ivre qu’est devenu le régime congolais.

La crédibilité de l’opposition

Dans ces deux cas de figure, la crédibilité de l’opposition est en jeu. Celle-ci se trouve de facto confrontée à un dilemme. Soit elle parvient à mettre la majorité présidentielle sous l’éteignoir, et la voie menant vers l’alternance politique s’ouvrira pour le plus grand bonheur du peuple congolais. Soit elle brille encore une fois par sa médiocrité, et les kabilistes risqueront de se maintenir au pouvoir pour longtemps avec ce que cela comportera comme souffrance, appauvrissement et humiliation des Congolaises et des Congolais. Cette cornélienne situation est une épreuve décisive dans la mesure où elle pourra permettre à l’opposition congolaise de gagner enfin en crédibilité, de faire oublier l’inertie et l’amateurisme qui ne cessent de la caractériser.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Notes
[1] Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie.
[2] Cet article interdit toute modification du mandat du président de la République qui plus est limité à deux.

mardi 15 octobre 2013

Gaspard-Hubert Lonsi Koko : "Le présidium a pénalisé le travail au profit du clientélisme"

Les concertations nationales ont vécu. Mais bon nombre de prétendants à ces assises, et qui pourtant le méritaient amplement, n’ont pas été conviés. C’est le cas notamment des membres de la Diaspora Congolaise Favorable au Dialogue (DCFD). Dans cette interview qu’il a accordée à notre correspondant en France, Robert Kongo, le délégué et porte-parole de cette structure, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, critique véhément la méthode de travail « peu orthodoxe » du présidium quant à la désignation des délégués ayant représenté la diaspora à ce forum. Autres sujets abordés : l’hypothèse de la formation d’un gouvernement d’union nationale et les pourparlers de Kampala.


La DCFD n’a pas été invitée aux concertations nationales. Comment expliquez-vous cette mise à l’écart ?

Le choix de la majorité de personnes ayant représenté la diaspora s’est fait, en dernier ressort, sur la base du mercantilisme et de la logique politicienne. Dans ce contexte, seules les propositions de la DCFD ont intéressé le présidium et non la participation de leurs auteurs. Notre liberté de conscience a fait peur.

A vous entendre, le choix du présidium pour les délégués de la diaspora ayant participé à ce forum n’a pas été judicieux ?

Le choix du présidium n’a pas été judicieux, car il a pénalisé le travail au profit du clientélisme. Il a récompensé la flatterie au détriment du mérite. C’est une façon peu orthodoxe de procéder et cela démontre le peu de sérieux de cette organisation. Mais nous avons su faire passer quelques propositions auxquelles nous tenions. Certaines personnes s’en sont approprié et les ont défendues pour justifier leur utilité aux concertations nationales.


Malgré le travail remarquable que vous avez abattu en vue de votre participation à ces assises, cette mise à l'écart en a surpris plus d’un, y compris parmi les observateurs très avisés de la vie politique congolaise. Etes-vous déçu ?

Nous ne sommes pas déçus, dès lors que certaines de nos propositions ont été reprises. En effet, quelques concertateurs, tels des messagers de la foi, des apôtres d’une cause juste, les ont portées dans les différentes commissions. Nos recommandations ont été suivies. Nous n’avons pas prêché dans le désert.

Cela suffit-il à satisfaire votre ambition ?

Il est difficile d’être satisfait après un pareil traitement. La DCFD constate simplement que ses propositions ont été prises en compte par les concertateurs. C’est le cas pour l’inaliénabilité de la nationalité congolaise d’origine, le respect des droits civils des Congolais de la diaspora en matière d’élections, les facilités sur les plans douanier et fiscal au profit de nos compatriotes de l’étranger en cas d’investissement dans le territoire national, la libération des prisonniers politiques et d’opinion, les accords en matière de formation – dans les pays d’accueil – au profit de nos compatriotes vivant à l’étranger en vue de leur enrôlement dans l’armée nationale congolaise, le désengagement des officiers originaires du Kivu et leur redéploiement dans d’autres régions, la création des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.

Vos propositions ont-elles été bien défendues ?

Dans la mesure où nous avons travaillé sur des propositions que nous avons rassemblées dans notre cahier des charges, nous aurions été les meilleurs avocats. On ne défend pas avec une foi inébranlable, avec une détermination racinienne, le travail d’autrui. Le résultat est moins satisfaisant, car les motivations n’ont pas été les mêmes. Per diem et partage du pouvoir pour les uns, patriotisme et souhait d’un Etat de droit pour les autres.

L’objectif assigné aux concertations nationales par le président Joseph Kabila a-t-il été atteint, selon vous ?

L’objectif aurait été atteint si les sujets avaient été abordés en profondeur et sans tabou. Les problématiques évoquées auraient renforcé l’unité, la réconciliation et la cohésion nationales si les solutions s’apparentaient aux tentatives de déstabilisation de la région du Kivu. L’incohésion s’est amplifiée à l’issue des travaux des assises, a-t-on constaté, car les concertateurs ne se sont pas penchés sérieusement sur les causes originelles de la guerre. Ils ne se sont pas appesantis, dans l’optique d’une renégociation, sur les accords régionaux et internationaux dont quelques clauses menacent la souveraineté nationale. La sécurisation et la pacification du pays, ainsi que la situation socio-économique, n’ont fait que l’objet d’une énumération digne d’un catalogue de vœux pieux. Que faire maintenant ? Seul le Parlement, réuni en congrès, pourra consolider les conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, pour la défense de la nation infiltrée, agressée et occupée. Ainsi revient-il au président de la République d’exhorter les parlementaires dans ce sens, de leur proposer l’adoption d’une résolution en faveur du positionnement de la brigade onusienne d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, afin d’empêcher l’occupation illégale d’une portion de la région du Kivu et de surveiller les flux migratoires.

On évoque constamment l’hypothèse de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Qu’en pensez-vous ?

Je suis plutôt partisan de la dissolution du Parlement et de l’organisation dans la foulée des élections législatives et sénatoriales, locales et provinciales dont la transparence et la crédibilité permettront de dégager une vraie majorité en mesure de contrôler l’exécutif. La cohabitation doit être politique et non clientéliste. Cela renforcera le lien social et la cohésion nationale.

Selon le Coordonnateur du mécanisme de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, François Muamba, les pourparlers de paix de Kampala « ne sont pas prêts à aboutir à un accord ». Comment analysez-vous son propos ?

Dans mes différentes prises de position, j’ai dénoncé le macabre tango des Grands Lacs. Je ne peux qu’approuver les déclarations de François Muamba. Dès lors que la mission de la brigade onusienne d’intervention consiste à traquer et à neutraliser les forces négatives, conformément à la résolution 2089, on ne peut que s’interroger sur la nécessité de la poursuite des pourparlers de Kampala. Avoir accepté d’y retourner, après leur interruption, relevait de l’inconscience. En matière de diplomatie, notre pays a besoin d’un Talleyrand pour sauvegarder l’intégrité du territoire. Voilà le paramètre que nos négociateurs auraient dû avoir en tête.

Le réveil des Congolais à ces discussions n’est-il pas quelque peu tardif ?

Mieux vaut tard que jamais. Il va falloir œuvrer avec efficacité, au-delà de nos divergences, en activant nos réseaux en vue d’un lobbying sans faille pour que la brigade onusienne d’intervention puisse jouer son rôle, afin que les signataires de l’accord-cadre de Kampala respectent leurs engagements, pour que le mécanisme de suivi sanctionne enfin ceux qui sont en train de les violer.

Beaucoup d’observateurs critiquent les tergiversations du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation dans l’Est de la RDC, qui semblent conforter la théorie d’un complot international. Qu’en pensez-vous ?

Lorsque le Conseil de sécurité des Nations Unies affirme que la crise provoquée par l’irruption de la rébellion du M23 n’a « pas de solution militaire », et sera surmontée seulement par voie « politique », on ne peut que s’interroger sur les motivations l’ayant poussé à approuver à l’unanimité, le 28 mars 2013, la création d’une nouvelle force de combat censée sécuriser le Kivu. Une telle attitude conforte l’hypothèse selon laquelle la RD Congo est victime d’un complot international. J’ose espérer que nous parviendrons à le déjouer. Nous devons nous battre pour l’intégrité de notre pays.

A votre avis, faut-il ou non continuer à discuter avec la rébellion du M23 ?

A travers moult tergiversations, les éléments du M23 ont démontré leur mauvaise foi. Notre patience a atteint la limite de la compréhension et de la tolérance. Pour avoir la paix, nous devons gagner la guerre. Ainsi le feu doit-il s’abattre impitoyablement, telle la foudre, sur les criminels qui ne pensent qu’à violer nos femmes et nos enfants, à piller nos richesses et à s’approprier une portion de notre terre. Débout congolais !

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France.

Copyright Le Potentiel 

vendredi 13 septembre 2013

Concertations nationales : La DCFD s'insurge contre "la logique politicienne qui prévaut dans ces assises"

Dans un communiqué publié mardi 10 septembre à Paris (France), le Bureau de coordination  de la Diaspora Congolaise Favorable au Dialogue (DCFD) s’insurge contre « la logique politicienne qui prévaut dans ces assises »  
Les membres du Bureau de la DCFD
Le samedi 7 septembre au Palais du Peuple à Kinshasa, le président Joseph Kabila a ouvert les travaux des concertations nationales. Toutes les composantes et forces vives de la nation sont invitées à réfléchir sur les solutions appropriées à la crise multiforme qui secoue la RDC. L’objectif essentiel est d’apaiser les divergences et de favoriser l’émergence d’une cohésion nationale. 

Bien qu’ayant accompli un travail de préparation remarquable en amont, la Diaspora Congolaise Favorable au Dialogue (DCFD) n’y est pas conviée.

Dans un communiqué du 10 septembre, le Bureau de coordination de cette structure regrette que les organisateurs des concertations nationales n’aient pas tenu compte de toutes les composantes de la diaspora congolaise dans le monde. Une démarche contraire à l’objectif défini par son initiateur, le président Joseph Kabila, dans son discours sur l’état de la nation, prononcé le 6 décembre 2012, devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès.

Ainsi, le Bureau de coordination de la DCFD déplore cet état de fait et s’insurge contre « la logique politicienne qui prévaut dans ces assises », indique le communiqué.    
Il souhaite tout de même que leurs propositions, contenues dans le cahier des charges enregistré sous le n°95, et ayant été retenu par les services  du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku , soient reprises par les concertateurs. Une contribution qu’ils ont apportée, « à titre patriotique », à ces travaux. Ils y décrivent la situation socio-économique et politico-sécuritaire du pays. De surcroit, ils préconisent des pistes de solutions d’avant-garde pour sortir la RDC de ses difficultés et en faire un grand Etat.

FIN HEUREUSE

Malgré cette mise à l’écart, le déroulement des travaux des concertations nationales ne laisse pas indifférent le Bureau de coordination de la DCFD. Il recommande d’ailleurs aux concertateurs d’œuvrer pour une fin heureuse.

« Nous soutenons l’esprit d’un véritable échange fraternel sur la base de la vérité et d’un esprit citoyen  (…) Nous souhaitons de tout cœur que les concertations nationales aboutissent à la mise en place des institutions étatiques fiables, à la sécurisation et à la pacification du territoire, ainsi qu’à une véritable cohésion sociale et nationale dans notre pays. Nous espérons surtout que  les conclusions des pourparlers de Kampala, entre le gouvernement et les rebelles du M23,n’hypothéqueront pas les conclusions des assises de Kinshasa. »  

ATTENTE DE LA DIASPORA

Pour apaiser la tension qui existe entre le gouvernement et la diaspora, le Bureau de coordination de la DCFD propose aux concertateurs  de travailler notamment sur la reconnaissance des droits civils et politiques  des Congolais de l’étranger.

Pour ce faire , il demande  que l’on puisse   « reconnaître le  droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger aux élections législatives et sénatoriales ;  réviser la loi électorale en vue de la création des circonscriptions concernant  l’élection des députés et sénateurs des Congolais de l’étranger ; toiletter dans le meilleur délai possible des textes fondamentaux pour matérialiser le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine, conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la Constitution du 18 février 2006 et à l’article 4 de la loi n° 04/024 du 12 novembre 2004 relative à la nationalité congolaise ; accorder des facilités –sur les plans fiscal, douanier et administratif- à la diaspora, s’agissant des investissements dans le territoire national ;  conclure des accords en matière de formation, dans les pays d’accueil, au profit des Congolais vivant à l’étranger qui le souhaitent, en vue de leur enrôlement dans l’armée nationale congolaise. »

OBJECTIF 2016

Dans son communiqué, le Bureau de coordination de la DCFD termine par  la  dissolution de cette structure qui prendra effet à la clôture, par le président de la République, des travaux des concertations nationales. 

Néanmoins, les membres de la DCFD, dont l’implication au processus en cours en RDC est saluée par bon nombre de Congolais, ne baissent pas les bras et entendent continuer , sous une autre forme, le travail entamé depuis décembre 2012.

« Nous poursuivrons notre travail  dans une configuration beaucoup plus large et représentative  de la diversité congolaise. Notre dévouement et notre dévotion pour la cause du pays  n’étant plus à démontrer, nous comptons nous impliquer davantage au profit d’un Congo-Kinshasa économiquement prospère, sécuritairement pacifié et politiquement démocratique. La nouvelle plate-forme aura pour objectif les prochains enjeux électoraux en vue de l’alternance politique », peut-on lire dans le communiqué.
Aujourd’hui, les Congolais- de l’étranger et de l’intérieur – attendent avec impatience les résultats  des concertations nationales. Dans l’espoir que celles-ci n’accoucheront pas d’une souris.
                                                       
 Robert Kongo, correspondant en France

mardi 10 septembre 2013

Communiqué de presse n° 20130910/008 relatif au lancement des assises des concertations nationales en RD Congo

Les assises des concertations nationales censées sortir la République Démocratique du Congo d’une triple crise politique, sociale et sécuritaire ont été lancées officiellement le 7 septembre 2013 à Kinshasa.

Nous, membres de la Diaspora Congolaise Favorable au Dialogue (DCFD), regrettons malheureusement la confusion faite par les organisateurs par rapport à la diaspora, qui plus est plurielle dans sa composition, et au peu d’importance qu’ils lui accordent quant aux objectifs poursuivis par ces assises : c’est-à-dire la recherche de la cohésion sociale et nationale. Nous déplorons aussi le plébiscite de la logique politicienne qui prévaut dans ces assises.

Malgré notre absence de ses assises, nous insistons par patriotisme pour que les propositions contenues dans notre cahier des charges enregistré sous le n° 95 et ayant été retenu par les services du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, soient reprises par les concertateurs. De plus, nos propositions décrivent la situation socio-économique et politico-sécuritaire du pays, tout en préconisant des pistes de solutions d’avant-garde.

Dans cette intention, nous attendons aussi des travaux de ces concertations la reconnaissance des droits civils et politiques de nos compatriotes vivant à l’étranger, l’objectif étant d’apaiser la tension entre le gouvernement et la diaspora. En effet, nous recommandons aux concertateurs de :
- reconnaître le droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger aux élections sénatoriales et législatives ;
- réviser la loi électorale en vue de la création des circonscriptions concernant l’élection des sénateurs et des députés des Congolais de l’étranger ;
- toiletter dans le meilleur délai les textes fondamentaux pour matérialiser le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine, conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la Constitution du 18 février 2006 et à l’article 4 de la loi n° 04/024 du 12 novembre 2004 relative à la nationalité congolaise ;
- accorder des facilités – sur les plans fiscal, douanier et administratif – à la diaspora, s’agissant des investissements dans le territoire national ;
- encourager des accords en matière de formation, dans les pays d’accueil, au profit de nos compatriotes vivant à l’étranger qui le souhaitent, en vue de leur enrôlement dans l’armée nationale congolaise.

Par ailleurs, nous soutenons l’esprit d’un véritable échange fraternel sur la base de la vérité et d’un esprit citoyen.

En tout cas, nous ne regrettons nullement d’avoir contribué en amont à la tenue des concertations nationales. Ainsi souhaitons-nous de tout cœur que les assises afférentes aboutissent à des résolutions objectives, fortes et fiables en vue de la sécurisation et de la pacification du territoire, ainsi que d’une véritable cohésion sociale et nationale dans notre pays. Nous espérons surtout que les conclusions des pourparlers de Kampala, entre le gouvernement et les rebelles du M23, n’hypothèquent pas les conclusions des assises de Kinshasa.

La DCFD poursuivra désormais son combat dans une configuration beaucoup plus large et représentative de la diversité congolaise. Notre dévouement et notre dévotion pour la cause nationale n’étant plus à démontrer, nous nous impliquerons davantage au profit d’un Congo-Kinshasa économiquement prospère, sécuritairement pacifié et politiquement démocratique. La nouvelle plateforme aura pour objectif les prochains enjeux électoraux en vue de l’alternance politique.

Fait à Paris, le 10 septembre 2013

Pour le Bureau de coordination de la Diaspora congolaise favorable au dialogue (DCFD),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Délégué et porte-parole

jeudi 22 août 2013

Quels sont les critères du choix des délégués de la diaspora en vue des concertations nationales en RD Congo ?

Beaucoup de gens ne cessent de s’interroger sur les préparatifs des concertations nationales initiées par Joseph Kabila, le Président de la République Démocratique. Pour en savoir davantage, nous avons rencontré le délégué et porte-parole de la Diaspora Congolaise Favorable au Dialogue, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, pour un aperçu sur le volet qui concerne les Congolais de l’étranger.


Œil d’Afrique : Qu’est-ce qui a motivé votre adhésion et celle de vos amis à la déclaration du président Joseph Kabila concernant les concertations nationales ? 
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Toute initiative politique est à l’origine une démarche personnelle, avant de devenir collective. Dès l’annonce du dialogue nationale par le président de la République Démocratique du Congo, j’ai répondu favorablement. Ensuite, Herman Nzeza Malungidi, Augustin Mukamba et moi-même avons lancé un appel dans l’espoir de regrouper les Congolais de l’étranger qui souhaiteraient travailler dans le sens d’un dialogue républicain et inclusif. C’est ainsi qu’est née la Diaspora Congolaise Favorable au Dialogue, DCFD en sigle.
Consciente du danger que court le pays, la DCFD a pris la résolution de s’impliquer en faveur de la consolidation des institutions étatiques, de la paix, de la liberté et de l’égalité. Compte tenu de la fragilisation des l’État à cause de la crise politique en cours, vu le risque de balkanisation du pays et l’inquiétude de l’incohésion nationale sans cesse grandissante, la DCFD a donc souhaité faire des propositions d’avant-garde en vue de rassembler le peuple congolais et de réussir le Congo d’avenir. Ainsi, les membres de la DCFD ont-ils vivement espéré parvenir à un consensus qui puisse permettre, au-delà des divergences, une réelle concorde sociale et la consolidation des institutions en vue de la pacification du territoire national. Ces éléments ont motivé notre adhésion à la proposition présidentielle, et non le partage du pouvoir.
 
Œil d’Afrique : Qu’avez-vous fait pour officialiser votre démarche auprès des autorités congolaises ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Le président Joseph Kabila ayant chargé l’honorable Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, d’engager les pré-concertations entre les différentes forces vives de la Nation, la DCFD a introduit auprès de ses services un cahier des charges dans lequel elle envisageait la réconciliation nationale, du point de vue politique, comme un moyen par excellence de la reconstitution de la souveraineté de l’État. Ainsi avions-nous souhaité non seulement que le dialogue national ait lieu en République Démocratique du Congo, mais que les assises nationales soient surtout dirigées par des Congolais et placées sous l’observation de la communauté internationale. Dans le même ordre d’idées, la DCFD a émis le vœu que l’organisation de ces assises soit financée par l’État congolais. Enfin, les membres de son Bureau de coordination ont voulu avoir des éclaircissements sur les conditions d’accueil des participants au dialogue national, de leur sécurité et des garanties politiques à leur égard.
 
Œil d’Afrique : Pourquoi cet intérêt soudain d’un bon nombre de Congolais de la diaspora aux concertations nationales ? Quelles sont les raisons qui ont réveillé cette conscience patriotique ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Il est vrai que mes amis et moi-même avons été vilipendés, insultés et traités de noms d’oiseaux par les membres de la diaspora partisans du statu quo ante. Je ne peux que me réjouir de l’intérêt croissant et affiché aujourd’hui, par nos compatriotes vivant à l’étranger, pour les concertations nationales. Pour le jauressien que je suis, la politique a toujours été une question de principes et de convictions. Raison pour laquelle je suis partisan d’une opposition constructive. Je ne pouvais donc pas fragiliser l’initiative du président de la République, au moment où se joue la survie de la Nation. Le patriotisme devrait s’imposer à tous les Congolais qui veulent à tout prix éviter la balkanisation.
Quant aux raisons ayant tout à coup suscité l’intérêt de certains Congolais de l’étranger, eux seuls peuvent les expliquer. « Le courage, c’est de chercher la vérité […] C’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. » Je fais donc mienne cette phrase de Jean Jaurès, laquelle me permet de clarifier la position de la DCFD, ainsi que la mienne, quant à notre démarche relative au dialogue inter-congolais.

Œil d’Afrique : Sur quels critères se feraient alors le choix des délégués de la diaspora ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Excellente question ! Après que la DCFD a demandé par le truchement d’un communiqué de presse la participation d’un représentant de la diaspora à la commission préparatoire des assises, un délégué des Congolais de l’étranger a été désigné sur des bases que tout le monde ignore. Cela pose un sérieux problème quant au choix final par le présidium. Rappelons que sur les 107 cahiers des charges que les Congolais de la diaspora ont introduits auprès des services du président de l’Assemblée nationale, 5 seulement, parmi lesquels figure le nôtre, ont été retenus. Le bon sens voudrait que, au-delà du consensus, le choix des délégués de la diaspora se fasse avant tout sur le mérite et la compétence, en fonction du travail effectué en amont. Il ne serait pas du tout crédible que ceux qui ont travaillé dès le départ, par simple patriotisme, soient exclus au profit d’une vision purement politicienne, personnelle et ethniciste. La DCFD exprime donc, comme cela a été soulevé dans l’article paru dans le journal Le Potentiel, son appréhension quant à la finalisation de la liste des délégués de la diaspora devant participer aux assises des concertations nationales et au fait que les préparatifs de ces concertations ne tiennent plus du tout compte du cadre défini par le projet de règlement intérieur devant les régir, ni de l’ordonnance présidentielle n° 13/078 du 26 juin 2013. Il est question non seulement de la sincérité et de la crédibilité des acteurs politiques et de la société civile, mais surtout de l’avenir du peuple congolais.
 
Propos recueillis par Roger Musandji 

© Oeil d'Afrique

mardi 20 août 2013

Concertations nationales : la DCFD s'inquiète du choix final du présidium pour les délégués de la diaposra


Dans un communiqué publié samedi 17 août à Marseille (France) , le Bureau de coordination de la Diaspora Congolaise Favorable au Dialogue (DCFD) s’inquiète du choix final du présidium pour les délégués de la diaspora devant participer aux concertations nationales.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko, délégué et porte-parole de la DCFD
Le vendredi 16 août, le président du Sénat, Léon Kengo Wa Dondo, et celui de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, chargés de présider les assises des concertations nationales en RDC, ont conjointement désigné le nombre des délégués, pour chaque composante de la société congolaise (Majorité présidentielle, opposition institutionnelle, société civile, diaspora…), devant y participer.

Sur quels critères ont-ils fait le choix du seul et unique délégué de la diaspora congolaise censé participer aux travaux du comité préparatoire de ce forum ? C’est la question que se pose le Bureau de coordination de la Diaspora Congolaise Favorable au Dialogue (DCFD), dans un communiqué publié samedi 17 août à Marseille.

«  Tout en étant favorable au fait que des membres de la diaspora puissent participer au comité mis en place, on ne peut que s’interroger sérieusement sur les critères qui ont prévalu au choix dudit délégué », peut-on lire dans le communiqué.

Ainsi la DCFD exprime-t-elle  son appréhension quant à la finalisation de la liste des délégués de la diaspora : «  Le Bureau de coordination de la DCFD manifeste son inquiétude par rapport à la liste finale quant à la désignation des délégués de la diaspora devant participer aux assises des concertations nationales. »

« MERITE ET COMPETENCE »

Pour le Bureau de coordination de la DCFD, le choix des délégués des Congolais de l’étranger doit se fonder sur les critères du mérite et de la compétence.
« Des structures de la diaspora s’étant impliqué en amont dans la sélection des candidats grâce à l’envoi de 107 cahiers des charges, le Bureau de coordination de la DCFD souhaite que, au-delà du consensus, le choix des délégués des Congolais de l’étranger se fasse avant tout sur le mérite et la compétence. »

Il est juste de reconnaître que le développement d’un pays  repose sur la qualité de son élite. Mais les mécanismes de sélection, de promotion de cette élite peut influer sur leur qualité. Car le rôle de l’élite d’un pays est de concevoir, de réaliser, et d’assurer dans le temps les changements de conscience nécessaire au sein des populations pour asseoir un ordre politique, économique ou social donné.

Dans son communiqué, le Bureau de coordination de la DCFD « espère pouvoir compter sur la réelle volonté des autorités congolaises de parvenir de manière inclusive à la cohésion nationale et sociale. » Il ose espérer que « les représentants des 5 cahiers des charges en provenance de la diaspora, lesquels ont inspiré l’ordonnance présidentielle n° 13/07 du 6 juin 2013, après avoir été retenus en bonne et due forme par les services du président de l’Assemblée nationale, participeront bel et bien – sur la base du travail effectué en amont – aux assises des concertations nationales. »

Ainsi, l’objectif  pour tous est de gagner le combat de l’unité et de la cohésion nationale face aux périls qui mettent en danger l’existence même de la RDC. Selon le vœu du président Joseph Kabila, initiateur des concertations nationales.

Pour la DCFD, dont le dévouement et la dévotion à la  cause du pays ne sont plus à démontrer, la qualité du travail qu’il a accompli depuis décembre 2012 atteste de son implication, accrue et significative, au processus en cours en RDC. L’ignorer serait dommage.

Robert Kongo, correspondant en France