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mardi 24 février 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150224/00037 relatif à la primauté de la nationalité congolaise d’origine

Selon une annonce faite sur Top Congo FM par le vice-ministre des Congolais de l’étranger, Antoine Boyamba, le gouvernement de la République Démocratique du Congo prépare une disposition en vue de la reconnaissance du caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine. « On ne peut pas enlever à quelqu’un ses origines, il est grand temps que le Congo rallie la plupart des pays forts à travers le monde. Le cas d’Israël qui bénéficie beaucoup de sa diaspora est le plus évident », a-t-il précisé, tout en annonçant dans la foulée que le gouvernement déposerait un projet de loi, peut-être à la session du mois de mars afin de réviser uniquement l’article 10 de la Constitution du 18 février 2006, « et non l’article 220 », soit par référendum, soit par les 3/5ème du Parlement.

Le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), tout en prenant acte de la volonté gouvernementale de régler définitivement la problématique de la double nationalité, rappelle le principe juridique selon lequel « les faits précèdent la loi ». De plus, ayant emboîté le pas aux institutions de la République dans lesquelles siègent déjà des Congolais de souche détenant des citoyennetés étrangères, la Fédération congolaise de football association (FECOFA), grâce au recours aux binationaux lors de la dernière édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), a conforté davantage l’incessibilité de la nationalité congolaise d’origine conformément à l’article 10-3 de la Constitution.

Le Bureau du RDPC rappelle à juste titre les travaux de la Diaspora Congolaise Favorable au Dialogue (DCFD), relatifs aux assises des concertations nationales en République Démocratique du Congo, s’agissant de la reconnaissance des droits civils et politiques des Congolais vivant à l’étranger :
- reconnaître le droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger aux élections sénatoriales et législatives ;
- réviser la loi électorale en vue de la création des circonscriptions concernant l’élection des sénateurs et des députés des Congolais de l’étranger ;
- toiletter dans le meilleur délai les textes fondamentaux pour matérialiser le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine, conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la Constitution du 18 février 2006 et à l’article 4 de la loi n° 04/024 du 12 novembre 2004 relative à la nationalité congolaise ;
- accorder des facilités – sur les plans fiscal, douanier et administratif – à la diaspora, s’agissant des investissements dans le territoire national ;
- encourager des accords en matière de formation, dans les pays d’accueil, au profit de nos compatriotes vivant à l’étranger qui le souhaitent, en vue de leur enrôlement dans l’armée nationale congolaise.

Se référant à la souveraineté de chaque Etat en matière de nationalité, le Bureau du RDPC tient à ce que la législation de la République Démocratique s’aligne enfin sur le droit international. Ainsi soutiendra-t-il toute initiative gouvernementale, tendant à réviser l’article 10-1 de la Constitution du 18 février 2006 et l’article 4 de la loi n° 04/024 du 12 novembre 2004 relative à la nationalité congolaise, en vue de la reconnaissance de la primauté de la nationalité congolaise d’origine sur toute citoyenneté étrangère.

En conséquence, le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo propose la modification de l’article 10 de la Constitution du 18 février 2006 par la suppression du 1er alinéa et l’insertion d’une nouvelle disposition stipulant : « La nationalité congolaise d’origine prime sur toute nationalité étrangère ». Ainsi, à l’issue de la révision constitutionnelle, le législateur amendera ledit article en ces termes :

« La nationalité congolaise est soit d’origine, soit d’acquisition individuelle.
» Est Congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo, présentement la République Démocratique du Congo, à l’indépendance.
» La nationalité congolaise d’origine prime sur toute nationalité étrangère.
» Une loi organique détermine les conditions de reconnaissance, d’acquisition, de perte et de recouvrement de la nationalité congolaise. »

Fait à Paris, le 24 février 2015

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo,

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

vendredi 20 février 2015

Gaspard-Hubert Lonsi Koko s’insurge volontiers contre la faillite des institutions étatiques en RD Congo

Dans l’entretien qu’il vient d’accorder à Œil d’Afrique, Gaspard-Hubert Lonsi Koko dénonce, avec l’habileté dialectique qui le caractérise, la mascarade que la CENI a appelée « calendrier électoral » dans le but de repousser à 2017 les élections urbaines, communales et locales.

Œil d’Afrique : Que pensez-vous du calendrier électoral publié récemment par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : La CENI aurait été crédible si elle avait articulé le calendrier électoral dans un délai raisonnable et échelonné les différents scrutins de manière cohérente. Le fait d’avoir agi dans la précipitation, pour calmer le courroux des populations mécontentes et donner aux éventuels bailleurs de fonds l’impression de s’atteler sérieusement à la tâche, et programmé entre-temps des intervalles relativement courtes s’apparente à une manœuvre cousue de fil blanc. Cette mascarade relève, à mon avis, de l’inconscience. Ceux qui essaient de diviser à dessein les Congolais dans le seul espoir de garder le pouvoir le plus longtemps possible risquent d’être fatalement victimes de l’irresponsabilité dont ils ont fait preuve durant toute la mandature.

Œil d’Afrique : Comment pouvez-vous mettre en cause la sincérité de la CENI, alors que c’est un autre organisme qui a envisagé le recensement des populations en vue de prochains enjeux électoraux ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Dans tout pays respectueux des fondamentaux propres à la démocratie et au progrès social, le recensement de la population est une opération capitale. C’est grâce aux données collectées à cette occasion que les petits et les grands projets concernant les administrés peuvent être pensés et réalisés. Rappelons que le recensement, outre les informations sur les caractéristiques de la population – âge, profession, moyens de transport, conditions de logement... –, permet de comptabiliser les personnes qui vivent dans un pays et d’établir la population officielle de chaque commune. Du nombre d’habitants dépendent également le nombre d’élus – au conseil communal, au parlement provincial et à l’Assemblée nationale –, la détermination du mode de scrutin, le nombre de pharmacies ou d’autres infrastructures comme les hôpitaux, les crèches, les écoles... Bref, le recensement permet de connaître la population, de définir les moyens de fonctionnement des collectivités territoriales en vue de la prise des décisions ou de l’adoption des mesures idoines.
Or, en République Démocratique du Congo, le président de la République et ses affidés ont voulu exploiter, à travers l’Office national de l’identification de la population (ONIP), le recensement pour une finalité purement politicienne, notamment dans le but de retarder les différents scrutins de 2016 et, surtout, de se maintenir au pouvoir au-delà du délai constitutionnel. Pour répondre à votre question, je n’aurais pas douté une seule seconde de la crédibilité de la CENI si celle-ci avait œuvré sérieusement en temps et en heure, et non dans la précipitation pour faire le jeu de la majorité kabiliste.

Œil d’Afrique :Ne croyez-vous pas que l’annonce du calendrier électoral montre toutefois le souhait du pouvoir en place à Kinshasa d’organiser les élections ? N’est-ce pas le gage d’une réelle volonté démocratique ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Une telle argumentation doit être soutenue devant les personnes qui veulent bien l’entendre. Je ne suis pas du tout un béotien, en matière de stratégie politique. Vouloir apprendre à un socialiste mitterrandien la manière de recourir au machiavélisme, cela revient à prendre politiquement un risque considérable.

Œil d’Afrique : Plus explicitement ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : La CENI a proposé que le calendrier électoral commence par les élections locales et municipales, lesquelles n’ont jamais eu lieu depuis 2006, pour répondre à l’exigence de l’Accord de Sun City. Mais, comme la majorité kabiliste est en réalité minoritaire, elle n’a aucun intérêt à ce que le calendrier défini par la CENI soit respecté. Une défaite cuisante aux élections urbaines, communales et locales entraînera forcément une très large victoire de l’opposition aux élections provinciales, sénatoriales législatives et présidentielle. Tout a donc été minutieusement pensé pour que le calendrier électoral soit très serré, afin de pouvoir évoqué le moment venu l’impossibilité de le respecter. L’objectif de la majorité kabiliste consiste à reculer en 2017 les élections urbaines, communales et locales. Le peuple congolais doit veiller au grain pour que l’ordre du calendrier tel qu’articulé par la CENI ne soit pas inversé, voire repoussé sine die, pour la énième fois.

Œil d’Afrique : La loi électorale récemment promulguée par le président Joseph Kabila ne garantit-il pas, selon vous, un meilleur encadrement du processus électoral ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Comment voulez-vous que je fasse confiance à une loi injuste ? La Loi présentée par le Gouvernement et votée par le Parlement, promulguée dans la foulée par le président de la République après l’aval de la Cour Suprême de Justice, institution qui joue encore le rôle de la Cour constitutionnelle, légalise de facto l’inégalité des Congolais au regard de la représentativité politique. Elle doit être purement et simplement abrogée. Ainsi revient-il au peuple congolais de défaire pacifiquement dans la rue, en tant que souverain primaire, ce que le Gouvernement et le Parlement ont cyniquement concocté. Les Congolaises et les Congolais doivent réparer l’injustice flagrante que la Cour Suprême de Justice et la présidence de la République ont ignominieusement cautionnée. Face à la faillite des institutions étatiques, il revient au peuple congolais de rétablir l’ordre constitutionnel.

Propos recueillis par Roger Musandji

jeudi 12 février 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150212/00036 relatif au rétablissement de l’ordre constitutionnel en RD Congo

Le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, a promulgué ce jeudi 12 février la nouvelle loi électorale, alors qu’était attendue la publication du calendrier des scrutins relatifs aux prochaines élections locales, régionales, provinciales, sénatoriales, présidentielle et législatives. Adoptée en janvier dernier au Parlement, après avoir été modifiée au Sénat sous la pression de la rue, la disposition controversée qui faisait craindre aux opposants une prolongation de la présidentielle au-delà de 2016 a finalement été retirée du texte adopté par la commission mixte paritaire de l’Assemblée nationale et du Sénat.

La loi promulguée par le Chef de l’Etat contient des articles non conformes aux dispositions constitutionnelles quant à la dignité et à l’égalité en droits, à l’égale protection des lois, à la non-discrimination des Congolais en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques, ainsi qu’au respect mutuel. Très étonné du fait que la Cour Suprême de Justice a pu juger ladite loi conforme à la Constitution, le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) se demande si cette institution s’est prononcée en toute indépendance.

En conséquence, comme le Chef de l’état, qui plus est le garant de la Constitution et de la cohésion nationale, vient de promulguer une loi injuste, le Bureau du RDPC en appelle au peuple congolais, en sa qualité de souverain primaire, pour rétablir dans la rue l’ordre constitutionnel bafoué dans les institutions de la République.

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo,

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

mardi 10 février 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150210/00035 relatif à la saisine de la Cour Suprême de Justice ou à la promulgation par le président de la République Démocratique du Congo

Réagissant aux déclarations faites le 9 février 2015 à Kinshasa par Russ Feingold, l’envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands Lacs et en République Démocratique du Congo, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, a rappelé que « Joseph Kabila n’a aucune intention de violer la Loi fondamentale ». Quant à la loi électorale, M. Mende a précisé qu’elle passerait d’abord par la Cour Suprême de Justice, laquelle fait encore office de Cour constitutionnelle, pour un contrôle de conformité avant d’être promulguée.

Le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) prend acte de la réaction de M. Lambert Mende aux micros de la Radio Télévision Groupe Avenir (RTGA). Celle-ci clarifie enfin le flou sciemment entretenu, s’agissant de l’éventuelle promulgation de la loi électorale votée le 25 janvier 2015 par l’Assemblée nationale.

Néanmoins, le Bureau du RDPC rappelle que la loi votée par la Chambre, à la demande du gouvernement, contient des articles non conformes aux dispositions constitutionnelles relatives à la dignité et à l’égalité en droits, à l’égale protection des lois, à la non-discrimination des Congolais en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques, ainsi qu’au respect mutuel. En conséquence, le RDPC ose espérer que la Cour Suprême de Justice confirmera en toute indépendance l’inconstitutionnalité de ladite loi pour que le Président de la République Démocratique du Congo puisse soit prendre acte de la censure.

Par ailleurs, constatant l’expiration de 13 jours du délai légal, conformément à l’article 137 de la Constitution du 18 février 2006, le Bureau du RDPC exclut d’ores et déjà le renvoie de cette loi par le président de la République, en cas de censure de la Cour Suprême de Juste, devant le Parlement pour une nouvelle délibération.

Fait à Paris, le 10 février 2015

Pour le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

dimanche 8 février 2015

Une loi inique promulguée par le président de la République Démocratique du Congo

Dans un article paru récemment, il était surtout question de l'éventuelle promulgation du projet de loi électorale modifiant la loi N° 06/006 du 9 mars 2006, telle que modifiée par la Loi N° 11/003 du 25 juin 2011, qui a été votée en seconde lecture dans la nuit du 25 janvier 2015 en session extraordinaire par l’Assemblée nationale. Or, après le vote par les députés du texte amendé en amont au Sénat, Joseph Kabila a dans la foulée promulgué en catimini, peut-on lire sur le site de La Tempête des Tropiques, la loi électorale portant création et organisation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Une loi dont le projet, pendant son examen dans les deux chambres du Parlement, avait divisé la classe politique.

Une promulgation à la sauvette

On ne peut que s’étonner de la rapidité avec laquelle Joseph Kabila a promulgué une loi injuste, qui n’aurait pas dû être votée en l’état par le Parlement à cause des dispositions contraires à l’égalité des Congolais. Comment le magistrat suprême, qui plus est le garant de la cohésion nationale, a-t-il pu juger un tel texte conforme à la Constitution ? A-t-il réellement consulté la Cour constitutionnelle, pour avis, avant de prendre une décision aux perspectives incertaines pour le peuple congolais et la République Démocratique du Congo ? Dans l’affirmative, la Cour constitutionnelle s’est-elle prononcée en toute indépendance ? Le Chef de l’Etat, en ayant promulgué dans un temps record et en toute discrétion ladite loi électorale, a-t-il voulu décrisper, lui aussi, la situation déjà très tendue dans le pays au point de susciter l’inquiétude de la communauté internationale ? En tout cas, avec du recul, on comprend mieux les motivations ayant poussé le gouvernement en place à Kinshasa à procéder, dans l’urgence, à la coupure de l’Internet et à la suspension des services du SMS.

L’inconstitutionnalité de la loi promulguée

Il est évident que la coupure de l’Internet et la suspension des SMS n’ont aucun lien avec une éventuelle détermination du Chef de l’Etat de décrisper l’atmosphère au plan local et de rassurer l’opinion internationale. Cet acte est plutôt le résultat d’une démarche ayant consisté à faire passer inaperçue la frustration générée par le double échec relatif à la non-révision de la Constitution et à la déconnexion de la loi électorale des élections présidentielle et législatives. La précipitation dans la promulgation de la loi électorale portant création et organisation de la Commission électorale nationale indépendante est surtout due à la volonté manifeste d’empêcher les populations congolaises, lesquelles se sont opposées avec véhémence dans la rue au point d’obtenir l’amendement par le Sénat du projet gouvernemental, de manifester de nouveau leur mécontentement.
De toute évidence, la loi promulguée à la sauvette par le président de la République Démocratique du Congo viole directement les articles 11, 12, 13 et 66 de la Constitution du 18 février 2006 relatifs à la dignité et à l’égalité en droits, à l’égale protection des lois, à la non-discrimination des Congolais en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques, ainsi qu’au respect mutuel. Cette décision porte également atteinte, par ricochet, aux articles 69 et 220 de la Constitution relatifs à la sauvegarde de l’unité de la République et de l’intégrité du territoire, ainsi qu’à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Par conséquent, le président de la République n’est plus l’arbitre au sens de l’articles 69 de la Constitution relatif à l’unité nationale et au respect de la Loi fondamentale.

Le mensonge d’Etat

Il n’y a pas que l’alinéa 3 de l’article 8 du projet gouvernemental qui posait problème. D’autres dispositions dudit texte, voté par le Parlement en seconde lecture, sont aussi contraires à quelques dispositions de la Constitution du 18 février 2006. Comment le Parlement, la Cour constitutionnelle et la présidence de la République n’ont-ils pu réaliser qu’ils ont voté, adoubé et ratifié une loi portant les germes de la discrimination et de l’exclusion ? Aussi bien le vote du Parlement et l’attitude peu contestataire de l’opposition institutionnelle après la signature du décret présidentiel contribuent, à n’en pas douter, à une mascarade orchestrée par la classe politique pour masquer le mensonge d’Etat dont les retombées seront à court terme l’incohésion nationale et, à moyen terme, l’explosion de la République Démocratique du Congo. En réalité, la promulgation non médiatisée de ladite loi électorale en vue de son application a tout simplement consisté à dissimiler, à dessein, les faiblesses du régime kabiliste et la crainte d’un soulèvement populaire. Quelle solution reste-t-il au peuple congolais pour prendre en main son destin et consolider le devenir de la République Démocratique du Congo, dès lors que le Chef de l’Etat a promulgué sans trompette et sans tambour, avec l’aval de la Cour constitutionnelle et la complicité du Parlement, une loi inique ? Comment peut-on ignorer, à l’instar du grand socialiste Jean Jaurès, que « la patrie a bien plus de profondeur organique et bien plus de hauteur idéale », qu’« elle tient par ses racines au fond même de la vie humaine et, si l’on peut dire, à la physiologie de l’Homme » ?

La très lourde responsabilité du peuple congolais

Force est de constater la gravité de la situation, à partir du moment où les institutions de la République complotent sciemment contre les populations qu’elles doivent en principe servir. Le magistrat suprême, garant de l’égalité de tous les Congolais et de l’intégrité du territoire national, ayant préféré cautionner un texte qui viole la Constitution sous la bénédiction du Parlement et de la Cour constitutionnelle, l’opposition institutionnelle aurait dû sensibiliser davantage les populations contre les méfaits de cette loi de discorde au lieu de se contenter de crier victoire parce que l'article l’article 8 a été amendé. Dans pareille circonstance, il ne reste qu’une seule possibilité au souverain primaire pour faire triompher l’ordre républicain.
En effet, contraint de s’appuyer sur l’article 64 de la Constitution lui permettant de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui exerce le pouvoir en violation des dispositions constitutionnelles, il revient à la majorité populaire de rétablir l’Etat de droit par le truchement de la désobéissance civile. Tant qu’elles n’agiront pas de la sorte, les forces vives de la Nation porteront la très lourde responsabilité de la soumission des populations congolaises à une minorité, animée du seul intérêt privé au détriment de l’intérêt public, et de l’éclatement de la République Démocratique du Congo. « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs. » Les Congolaises et les Congolais doivent méditer sérieusement, comme l’a fait le peuple burkinabè, cette citation de l’avocat et homme politique français Maximilien Marie Isidore de Robespierre. Ils doivent impérativement saisir la véritable portée de la pensée jauressienne selon laquelle « la liberté, c’est l’enfant de la classe ouvrière, née sur un grabat de misère, et de mine chétive encore, mais qui porte en soi une incomparable vitalité secrète et dont le regard de flamme appelle la liberté d’un nouveau monde ».

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

jeudi 29 janvier 2015

Congolais telema !

Les députés et les sénateurs congolais réunis il y a quelques jours en commission paritaire, à la suite de l’amendement par le Sénat de l’article 8 du projet gouvernemental tendant à modifier la loi N° 06/006 du 9 mars 2006 telle que modifiée par la Loi N° 11/003 du 25 juin 2011, ne se sont finalement pas prononcés sur le dispositif à l’origine des manifestations qui auraient occasionné plus ou moins 42 personnes en République Démocratique du Congo. En effet, le président de la Chambre basse, Aubin Minaku, a pris le devant en déclarant que « le point de vue que l’Assemblée nationale [défendait] devant la commission [était] celui du retrait de l’alinéa contesté ».

Le mécontentement du souverain primaire

Dans un pays où l’écrasante majorité parlementaire, qui plus est acquise au pouvoir en place, impose systématiquement l’adoption des textes favorables aux intérêts de la seule mouvance présidentielle à une opposition institutionnelle très désunie, la vraie contestation ne peut se matérialiser qu’à l’extérieur de l’enceinte parlementaire. En tant que souverain primaire, le peuple congolais, resté très longtemps indifférent aux divergences de la classe politique, a enfin pris la résolution de descendre dans la rue. Ainsi a-t-il manifesté, pendant plus de trois jours, son mécontentement au regard d’un projet de loi inique qui, s’il était adopté tel que présenté en première lecture à l’Assemblée nationale, aurait porté atteinte à quelques dispositifs constitutionnels et muselé la démocratie. Cette courte et intense bataille extra-parlementaire a fini par stopper les velléités peu orthodoxes de la majorité présidentielle, au point de retirer le projet de loi électorale initié par le gouvernement.

Volonté d’apaisement ou manœuvre politicienne ?

Faudrait-il considérer le retrait du dispositif litigieux, par le président de l’Assemblée nationale, comme une réelle volonté d’apaisement ou un simple stratagème pour gagner davantage du temps ? A défaut d’imposer sa volonté à la rue, après avoir laminé l’opposition à l’Assemblée nationale, la majorité présidentielle a vite saisi au bon l’opportunité offerte par les sénateurs pour se conformer illico presto aux attentes des populations en proie à la colère. Force est de constater que l’épreuve de force engagée par la rue a sauvé la face à l’opposition institutionnelle, qui s’est précipitée de crier victoire, ainsi qu’à une majorité gouvernementale soi-disant soucieuse de l’unité nationale.
En tout cas, le dispositif supprimé, qui liait le recensement de la population à l’élection présidentielle de 2016, constituait dans l’absolu un subterfuge censé permettre au président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir sans modifier la Constitution qui limite à deux le mandat présidentiel. La voix des députés primant en dernier ressort sur celle des sénateurs, le texte final a été voté en seconde lecture le 25 janvier par la Chambre basse, en session extraordinaire, en vue d’une éventuelle promulgation par le magistrat suprême. Ainsi revient-il aux Congolaises et aux Congolais de réagir massivement, avec force et vigueur, en faveur de sa non-promulgation par le président de la République Démocratique du Congo.

L’arbre et la forêt

En réalité, l’alinéa 3 de l’article 8 du projet de loi électorale n’est que l’arbre qui cache l’immense forêt congolaise. En effet, le fait d’avoir exclu du texte gouvernemental l’adéquation entre le recensement de la population et la tenue de l’élection présidentielle ne garantit en rien l’égalité de tous les Congolais en matière de représentativité politique. En effet, les dispositifs discriminatoires contenus dans le texte soumis au vote du Parlement ne sont toujours pas supprimés. Le fait de conditionner une candidature au niveau d’étude, ou alors à une expérience professionnelle, laisse-t-il supposer que le corps électoral devra avoir les mêmes compétences que les candidats ? Par ailleurs, le fait d’imposer plus de 100 000 USD à la candidature à l’élection présidentielle signifie-t-il dire que seuls les nantis sont habilités à aspirer à la magistrature suprême ? Bref, seule la capacité du portefeuille confère-t-elle les qualités idoines pour la place qu’il faut ?
Le projet gouvernement modifiant la loi N° 06/006 du 9 mars 2006, telle que modifiée par la Loi N° 11/003 du 25 juin 201, reste tout à fait injuste. Il ne fait que renforcer l’inégalité des citoyens au regard des Lois de la République Démocratique du Congo.

La dignité d’un peuple et la grandeur d’un pays

Rien n’est plus injuste que lors la loi génère elle-même des injustices. Ayant à l’esprit ce postulat juridique et au vu des arguments évoqués supra, les Congolais, de l’intérieur comme de l’extérieur, ont grand intérêt à maintenir par tous les moyens – pacifiques, diplomatiques, lobbying – une pression citoyenne afin de venir à bout d’un régime aux abois retranché désespérément derrière une muraille, assiégée de partout, qui est en train de s’écrouler tel un château de cartes. Ils sont contraints de rester debout, unis par le sort et dans l’effort pour la souveraineté. Ils doivent enfin dresser leurs fronts longtemps courbés et prendre pour de bon le plus bel élan dans la paix afin de bâtir un pays plus beau qu’avant et davantage démocratique.
Mu par un patriotisme enfin conscient, se laissant guider par l’intelligence et soutenu par les forces de l’esprit, le peuple congolais, qui plus est le souverain primaire, doit surtout façonner l’argile pendant qu’elle est encore humide. C’est le prix de sa dignité et de son devenir, ainsi que de la grandeur de la République Démocratique du Congo. Congolais telema !(*)

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

(*) Debout Congolais !

dimanche 25 janvier 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150125/00033 relatif à la dignité du peuple congolais et à la grandeur de la RD Congo

D'après une déclaration d'Aubin Minaku, le président de la Chambre basse, faite dans la soirée du 24 janvier 2015, « le point de vue que l'Assemblée nationale défend devant la commission [paritaire ayant réuni des députés et des sénateurs à la suite de l'amendement de l'article 8 du projet gouvernement modifiant la loi électorale] est celui du retrait de l'alinéa contesté ». Plus précisément, la voix des députés primant en dernier ressort sur celle des sénateurs, ledit alinéa pourrait être purement et simplement rayé du texte tendant à modifier la loi N° 06/006 du 9 mars 2006, telle que modifiée par la Loi N° 11/003 du 25 juin 201.

Sachant que l'Assemblée nationale peut voter, en dernière lecture, le projet de loi électorale tel que proposé en première lecture par le gouvernement, le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) demande instamment aux Congolaises et aux Congolais, de l'intérieur comme de l'extérieur, de maintenir la pression par tous les moyens – pacifiques, diplomatiques, lobbying – afin de venir à bout d'un régime aux abois retranché derrière une muraille, assiégée de partout, qui doit impérativement tomber.

Par conséquent, saluant les très fortes mobilisations des Congolais de la diaspora de France, d'Allemagne et de Belgique, le Bureau du RDPC encourage les Congolaises et les Congolais à répondre massivement présents le lundi 26 janvier 2015 à l'appel à manifester lancé par les partis politiques de l'opposition.

Mu par un patriotisme enfin conscient, guidé par l'intelligence et soutenu par les forces de l'esprit, le peuple congolais, qui plus est le souverain primaire, doit surtout façonner l'argile pendant qu'elle encore humide. C'est le prix de sa dignité et de son devenir, ainsi que de la grandeur de la République Démocratique du Congo.

Debout Congolais, unis par le sort et dans l'effort pour l'indépendance ; dressons nos fronts longtemps courbés ; prenons pour de bon le plus élan dans la paix afin de bâtir un pays plus beau qu'avant et davantage démocratique.

Fait à Paris, le 25 janvier 2015

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

vendredi 23 janvier 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150123/00032 relatif à l’amendement de l’article 8 du projet de la loi électorale en RD Congo

Les sénateurs de la République Démocratique du Congo viennent de supprimer de manière unanime, lors du vote article par article du projet gouvernemental controversé modifiant la loi électorale, l'incise contenue dans le texte initial voté par la Chambre basse. Celle-ci liait l’organisation des élections législatives et présidentielle en 2016 au recensement général de la population. Par conséquent, selon l’article 8-3 du texte nouvellement amendé, « l'actualisation de la liste électorale en fonction des données démographiques disponibles se [ferait] dans le respect des délais constitutionnels et légaux prévus pour l'organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales ».

Le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo(RDPC) prend acte de la prise de conscience des sénateurs au regard des enjeux en cours et souhaite que d’autres dispositifs discriminatoires contenus dans le projet gouvernemental soient également supprimés. C’est la condition sine qua non en vue du salut public en République Démocratique du Congo.

Fait à Paris, le 23 janvier 2015

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo(RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150123/00031 relatif à l'examen de la loi électorale par le Sénat en RD Congo

Le Sénat de la République Démocratique du Congo est en train d'examiner le projet gouvernemental qui est à l’origine des manifestations, des heurts et des troubles de ces derniers jours. Le projet tendant à modifier la loi N° 06/006 du 9 mars 2006, telle que modifiée par la Loi N° 11/003 du 25 juin 2011, a été voté le 17 janvier 2015 par la Chambre basse.

I – Sur le droit de vote et d'éligibilité des Congolais de l'étranger

Le projet gouvernemental conditionne la participation des Congolais de l'étranger au scrutin présidentiel à la détention d'une carte d'identité, alors que la République Démocratique du Congo n'en dispose pas. Or, vu leur nombre et leur poids économique, la diaspora doit être logiquement représentée au Parlement par des députés et sénateurs des Congolais de l'étranger. Dans cette optique, ceux qui la composent doivent jouir du droit de vote et d'éligibilité non seulement au scrutin présidentiel, mais aussi aux élections législatives et sénatoriales. Par ailleurs, le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d'origine doit être rappelé. Ainsi, pour éviter toute tension, la loi devra-t-elle être adaptée par un décret organique ou d'application.

II – Sur le recensement des populations

Force est de constater que le recensement, préalable exigé pour l'organisation des futurs scrutins, divise la classe politique et les forces vives de la nation congolaise. S'il est normal de recenser les populations dans l'optique de l'établissement de la carte d'identité et de la déclinaison d'une politique sociale sans faille, cette opération administrative ne doit en aucun cas être conditionnée à la tenue des prochains scrutins présidentiel et législatifs.

III – Sur l'agrément des partis politiques

Il est incompréhensible d'exiger l'agrément d'un parti politique au plus tard 12 mois avant l'enregistrement des candidatures, dès lors que l'on peut se présenter aux élections en tant que candidat(e) unique. Cette mesure n'est proposée que pour des raisons d'ordre financier dans la mesure où les candidatures sous l'étiquette d'un parti politique sont moins rentables que l'enregistrement des candidats indépendants.

IV – Sur la caution à l'élection présidentielle et l'exigence d'un diplôme

L'exigence d'un diplôme de licence (Bac + 5) obligatoire pour être candidat à la présidentielle, à défaut de justifier d'une « expérience professionnelle d'au moins cinq ans dans le domaine politique ou administratif » laisse supposer que le corps électoral doit, lui aussi, avoir une connaissance sans faille des « dossiers de la République » pour choisir les candidats idoines. Par ailleurs, le fait d'exiger une caution de plus de 100 000 USD à une candidature à l'élection présidentielle porte de facto préjudice au principe de l'égalité de tous les Congolais dans la représentativité politique. Ces dispositifs sont tout simplement injustes. De plus, ils ne font que cautionner la discrimination et renforcer l'exclusion.

V – Sur l'attitude à adopter

Au vu des arguments évoqués supra, rappelant que rien n'est plus injuste que lorsque la loi génère elle-même des injustices, le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) constate que le projet gouvernemental incite à violer davantage la Constitution du 18 février 2006 et à bâillonner encore plus la démocratie. Par conséquent, le RDPC demande aux sénateurs de la République soit de rejeter le projet gouvernemental, soit de le modifier en profondeur afin qu'une commission mixte composée de sénateurs et de députés trouve un consensus, acceptable par le peuple Congolais, avant un dernier examen devant l’Assemblée nationale.

Le Bureau du RDPC demande surtout au peuple congolais, où qu'il se trouve, de rester davantage vigilant. En tant que souverain primaire, il doit maintenir la pression, par tous les moyens, pour que triomphent à jamais, en République Démocratique du Congo, la bonne gouvernance et l'égalité au regard des lois.

Fait à Paris, le 23 janvier 2015

Pour le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

mercredi 21 janvier 2015

RD Congo : une muraille assiégée doit tomber

Œil d’Afrique : Que pense l’acteur politique que vous êtes des scènes de violence dans quelques villes de la République Démocratique du Congo ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Effectivement, depuis le 19 janvier, la situation est très tendue à Kinshasa et dans un bon nombre de villes en République Démocratique du Congo alors que le projet de loi électorale est en train d’être examiné au Sénat. Dans « un article«  que votre site a d’ailleurs publié, j’écrivais ceci : « Il est connu que les descendants de Béatrice Kimpa Vita, de Simon Kimbangu, de Joseph Kasa Vubu, de Patrice Lumumba et de tant d’autres héros nationaux ne sont pas de moutons. Ils ont su mettre un terme à la colonisation belge quand ils en ont eu assez d’injustices sociales. Ils ont su lâcher le maréchal Mobutu Sese Seko quand ils ont compris qu’il conduisait le pays à la ruine. Et, le moment venu, ils sauront de nouveau changer le cours de leur Histoire pour « un Congo meilleur et davantage éclairé » ». Nul ne peut se mettre, me semble-t-il, au-dessus de la volonté populaire.
Œil d’Afrique : On ne reconnaît plus la pondération qui vous caractérise, au point de vous démarquer des autres acteurs politiques congolais. Cela est dû à quoi ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Détrompez-vous. Je suis resté constant dans mon cheminement politique. L’opposant modéré que je suis a sans arrêt considéré que, par rapport à la mauvaise foi du régime en place à Kinshasa et aux difficultés que rencontre l’opposition institutionnelle pour faire triompher l’ordre démocratique, seul le peuple congolais, qui plus est le souverain primaire, peut agir pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel et l’émergence d’une nouvelle majorité. Ainsi ai-je très récemment supplié les Congolaises et les Congolais, sur les ondes de la Radio Africa n° 1, d’imposer enfin leur volonté à la classe politique.
Œil d’Afrique : Pensez-vous que l’on est en train de vivre les prémices de la fin de règne du régime kabiliste ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : On n’a pas forcément besoin de savoir décortiquer les signes du temps, ni d’avoir fait sciences-po, pour réaliser qu’une muraille assiégée finit toujours par tomber.
Œil d’Afrique : Que veut dire ce message subliminal ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Je suis tout simplement en train d’expliquer qu’aucun régime, aussi surarmé soit-il, ne peut venir à bout d’un peuple déterminé. La situation survenue quelque mois plutôt au Burkina-Faso en est une parfaite illustration. Si l’on ne peut rien contre la volonté d’un individu, il est évident que l’on ne peut que rester impuissant face à plusieurs volontés enclines à un idéal commun. J’ai le pressentiment que les vagues occasionnées par les pierres lancées dans le fleuve Congo, à la hauteur de la ville de Kinshasa, va s’étendre progressivement, par à-coup, en emportant tous ceux qui, de la source à l’embouchure, tenteront de les repousser.
Œil d’Afrique : Peut-on conclure que la révolution qui est en cours à Kinshasa aboutira à la IVe République que vous ne cessez de préconiser ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Certains s’imaginent qu’il suffit d’avoir un Bonaparte pour réussir une révolution. Personnellement, je pense qu’il faille surtout bénéficier des services d’un Talleyrand pour affaiblir un régime autoritaire. Nul n’ignore que la façon la plus efficace de se défaire d’une dictature, c’est de la combattre par tous les moyens. Le PPRD et ses alliés sont majoritaires au Parlement, mais non à l’extérieur de l’enceinte du Palais du peuple. La rue doit comprendre qu’elle a le pouvoir de découdre en toute légitimité ce qui a été mal cousu à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Œil d’Afrique : Alors, entre Bonaparte et Talleyrand, en qui vous reconnaissez-vous ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Je ne peux pas être « le diable boiteux », car je n’évolue pas dans les institutions de la République. Doit-on pour autant penser, par syllogisme, que je suis Napoléon ? Ma conception de la conquête du pouvoir, et de son exercice, s’apparente plutôt à une vision mitterrandienne. Mon souhait le plus cher, c’est que les Congolaises et les Congolais retrouvent enfin la dignité à laquelle ils ont droit. Si je peux agir pour que leur vœu soit exaucé, je ferai en sorte que, d’une manière ou d’une autre, il en soit ainsi. Comme un bon nombre de mes compatriotes, j’essaie à ma façon d’apporter ma modeste contribution en vue de la grandeur de la République Démocratique du Congo.
Propos recueillis par Roger Musandji

mardi 20 janvier 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150120/00030 relatif à la liberté, à l’égalité, à la sécurité et à la prospérité en RD Congo

Le lundi 19 janvier 2015, la situation a été très tendue à Kinshasa et dans quelques villes de la République Démocratique du Congo à cause de la volonté manifeste de la majorité présidentielle d’imposer un projet de loi électorale susceptible de repousser aux calendes grecques les élections présidentielle et législatives. Les manifestants, qui se plaignent de ne pas avoir de travail, demandent le départ du président Joseph Kabila.

Le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) demande salue la bravoure du Souverain primaire qu’est le peuple congolais. Ainsi l’encourage-t-il à s’élever à la hauteur des peuples ayant su arracher la dignité, la fierté et la grandeur des mains des partisans du statu quo. Ainsi lui demande-t-il de rester constamment vigilant. C’est en bravant les forces hostiles au progrès que les Congolaises et les Congolais aspireront à la Liberté, à l’Égalité, à la Sécurité et à la Prospérité.

Le Bureau du RPDC ne cessera d’agir, d’une manière ou d’une autre, en vue de la libération des populations congolaises – l’objectif primordial étant d’ouvrir les portes closes de l’évolution sociale, lesquelles donnent accès aux horizons splendides, ainsi qu’aux pâturages verdoyants du développement économique.

Le Bureau du RDPC souhaite vivement que les Congolais, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent, puissent enfin jouir par la noblesse du travail et la capacité de l’intelligence, par la solidarité et la fraternité, par la tolérance et la justice, le bonheur auquel ils ont légitimement droit.

Fait à Paris, le 20 janvier 2015

Pour le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole