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vendredi 7 décembre 2012

Rencontre de Kampala sur la RDC : négociations ou mise au point ?

Les représentants politiques du M23 et une délégation officielle mandatée par le pouvoir de Kinshasa se retrouvent à Kampala, la capitale ougandaise, où se déroulera ce vendredi 7 décembre, en l’absence du président Joseph Kabila et de Jean-Marie Runiga, des pourparlers entre une délégation du pouvoir congolais et les représentants des agresseurs à la solde du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda.
Les avis sont partagés dans la capitale congolaise. En effet, la majorité de la population et de l’opposition est catégoriquement opposée aux négociations avec les agresseurs tandis que le pouvoir ainsi qu’une infime minorité de l’opposition et de la société civile y sont favorables. Une chose est certaine. Si la politique de la chaise vide n’est pas forcément la bonne, le fait de se parler ne veut pas obligatoirement dire qu’il faille négocier. D’autant plus que l’ordre du jour n’est pas encore clarifié.

Désaccord entre les deux délégations

Les agresseurs de la République Démocratique du Congo, en l’occurrence le M23, souhaitent évoquer, à l’occasion de la rencontre de Kampala, de nombreux sujets : notamment les revendications sociales des militaires mutins, la démocratie, les droits de l’Homme, la gouvernance, l’implication de la diaspora congolaise, la reconnaissance de l’opposant Étienne Tshisekedi comme le président élu… Mais les autorités congolaises, quant à elles, ont prévenu qu’elles parleraient seulement de l’application de l’accord du 23 mars, qui avait intégré dans l’armée les insurgés du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP)[1]. Le désaccord existe déjà, s’agissant de l’ordre du jour. Ainsi, les pourparlers de Kampala risquent-ils de terminer en queue de poisson. Si c’est le cas, Kinshasa montrerait sa bonne foi tandis que les agresseurs confirmeraient leurs vraies intentions : à savoir l’occupation de la région du Kivu, par des forces étrangères, en vue de la balkanisation de la République Démocratique du Congo.

Quitus du Parlement congolais

La délégation du pouvoir congolais, conduite par le ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda, doit en effet axer les échanges sur les seuls points ayant conduit à l’existence même du M23, c’est-à-dire aux revendications en rapport avec l’accord du 23 mars 2009. De plus, les autres exigences des anciens membres du CNDP, même si elles sont légitimes, ne nécessitent pas que l’on prenne des armes pour déstabiliser le pays, de violer les femmes et les enfants, de semer la mort et la terreur, d’agir en intelligence avec les ennemis… Il existe d’autres façons, beaucoup plus pacifiques, de montrer le mécontentement populaire : les manifestations et les grèves, par exemple.
De toute évidence, les premières conclusions de ces pourparlers devront être soumises au Parlement. Cette institution devra se prononcer, favorablement ou négativement, en fonction de l’intérêt supérieur de la Nation congolaise. Le quitus parlementaire est donc nécessaire, conformément au premier alinéa de l’article 5 de la Constitution de la République Démocratique du Congo[2].

Attentes du peuple congolais

En aucun cas, dans sa plus grande majorité, le peuple congolais veut des négociations avec les agresseurs qui, dans l’absolue, méritent d’être poursuivis par les tribunaux aussi bien locaux, nationaux, régionaux qu’internationaux. Le peuple congolais attend plutôt de la délégation de Kinshasa qu’elle mette d’emblée les points sur les « i ». Elle doit rappeler aux agresseurs qu’aucun citoyen congolais n’est au-dessus des lois de la République, notamment celles se référant aux dispositifs relatifs aux articles 63[3], 64[4], 66[5] et 67[6] de la Constitution. Effectivement, les citoyens Congolais n’ont pas que des droits mais aussi des devoirs au regard de la Nation.
Le peuple congolais attend aussi de la délégation conduite par Raymond Tshibanda de clamer avec « force et vigueur » que la République Démocratique du Congo est victime d’une agression décrétée par des pays étrangers. En conséquence, son exécutif aura recours aux dispositifs constitutionnels idoines – plus précisément aux articles 85[7] et 86[8] ainsi qu’au second alinéa de l’article 214[9] de la Constitution et demandera, en tant qu’État souverain, à ses alliés d’Afrique centrale, de la SADC[10], de l’Union africaine et de la Francophonie de participer à une négociation globale pour pacifier dans les meilleurs délais l’ensemble du territoire national.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :

- Le combat pour la RDC du troisième millénaire 
- Sommet de Kampala au sujet de la RDC : de qui se moque-t-on ?
Notes :
[1] Ce groupe rebelle avait alors été intégré dans l’armée, avant d’entrer à nouveau en dissidence sous l’appellation M23 (Mouvement du 23-Mars).
[2] La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement par ses représentants. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice…
[3] Tout Congolais a le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité territoriale face à une menace ou à une agression extérieure.
Un service militaire obligatoire peut être instauré dans les conditions fixées par la loi. 
Toute autorité nationale, provinciale, locale et coutumière a le devoir de sauvegarder l’unité de la République et l’intégrité de son territoire, sous peine de haute trahison.
[4] Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu, ou groupe d’individus, qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi.
[5] Tout Congolais a le devoir de respecter et de traiter ses concitoyens sans discrimination aucune et d’entretenir avec eux des relations qui permettent de sauvegarder, de promouvoir et de renforcer l’unité nationale, le respect et la tolérance réciproques. Il a, en outre, le devoir de préserver et de renforcer la solidarité nationale, singulièrement lorsque celle-ci est menacée.
[6] Tout Congolais a le devoir de protéger la propriété, les biens et intérêts publics et de respecter la propriété d’autrui.
[7] Lorsque des circonstances graves menacent, d’une manière immédiate, l’indépendance ou l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement régulier des institutions, le Président de la République proclame l’état d’urgence ou l’état de siège, après concertation avec le Premier ministre et les Présidents des deux Chambres, conformément aux articles 144 et 145 de la présente Constitution.
[8] Le Président de la République déclare la guerre par ordonnance délibérée en Conseil des ministres après avis du Conseil supérieur de la défense et autorisation de l’Assemblée nationale et du Sénat, conformément à l’article 143 de la présente Constitution.
[9] Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans l’accord du peuple congolais consulté par voie de référendum.
[10] La Communauté de développement d’Afrique australe.

lundi 3 décembre 2012

La RD Congo : le patriotisme d'abord

Face à la tragédie qui se déroule sur fond de génocide dans la région du Kivu, l’opposition congolaise est tiraillée entre l’acceptation des agresseurs soutenus par les pays voisins de l’Est et l’illégitimité, c’est-à-dire l’illégalité, du pouvoir de Joseph Kabila. On peut comprendre cette hésitation cornélienne dans la mesure où il a échoué, durant les douze années de son règne, dans la pacification de la République Démocratique du Congo. Pyromane expert, mais médiocre pompier, le président congolais expose, à n’en pas douter, le pays à la balkanisation.

Une diplomatie moribonde et une armée non opérationnelle

Les insuffisances de la diplomatie congolaise ne sont plus à démontrer. C’est parce que ses voisins de l’Est, en particulier le Rwandais, ont réussi à se faire représenter dans les institutions internationales et à nouer des relations solides avec les puissances étrangères – surtout occidentales – pour mieux assurer leurs arrières que la République Démocratique peine à défendre ses intérêts et à obtenir des sanctions contre ses agresseurs. Dans pareilles circonstances, seule l’option militaire pourra lui permettre d’enrayer les agressions dont elle fait l’objet. Mais la chaîne de commandement des Forces armées de la République Démocratique du Congo, qui plus est infiltrée par les agresseurs, a montré ses limites. Dans l’incapacité de mener la politique de la carotte et du bâton, impuissant et abandonné à lui lui-même, le Congo-Kinshasa voit l’étau s’enfermer de plus en plus sur lui. En conséquence, la région du Kivu est exposée à la balkanisation.

Les alliances avec les agresseurs

En proie à une haine viscérale et encline aux intérêts personnels au détriment du bonheur des populations, la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, confirme son incapacité. La majorité en place préfère exposer à la déstabilisation pour mieux s’adonner aux trafics de tout genre, et l’opposition institutionnelle souhaite ouvrir grand les bras aux agresseurs dans l’espoir d’accéder au pouvoir. Ainsi le président Joseph Kabila s’est-il associé avec le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), dont les éléments constituent l’ossature de l’actuel Mouvement du 23 mars (M23). Pour ce qui est de l’opposition, elle espère que le M23 prenne la région du Kivu dès lors que cela peut permettre la chute du régime kabiliste. Quant au peuple congolais, à force de rester sans arrêt les bras croisés, il est le dindon idéal de la farce.

Une mobilisation populaire

La résolution des conflits qui déstabilisent l’Est de la République Démocratique du Congo viendra d’abord du patriotisme, et non du soutien à des agresseurs qui, sous un discours aux élans démocratiques, ne visent qu’à exécuter un plan concocté par des puissances extracontinentales. L’arrivée au pouvoir en 1997 de Laurent-Désiré Kabila dans le bagage des Rwandais, Ougandais et Burundais ne cesse de coûter très cher au peuple congolais. Il faut être amnésique, ou alors avoir la mémoire courte, pour commettre aujourd’hui la même sottise. Avoir été trompé une fois n’implique pas forcément la faute de la victime, mais se faire duper deux fois confirme sa naïveté. D’aucuns savent qu’entre deux maux, l’on doit choisir le moindre. L’heure n’est plus à l’émotion et aux lamentations, mais à la mobilisation populaire.
Pour mettre un terme aux velléités expansionnistes de ses voisins de l’Est et faire échouer le plan de quelques puissances extracontinentales, l’implication des forces vives la Nation congolaise s’impose. Le peuple congolais doit donc commencer par clarifier l’ambiguïté et la complicité du pouvoir, ainsi que d’une certaine classe politique. Cela passera, à court terme, par une réconciliation nationale sur la base des valeurs démocratiques et la mise en place d’un gouvernement d’union national, ou de salut public, dans le contexte de l’état d’urgence. Mais encore faut-il tenir compte des erreurs du passé. Ce deux volets constituent la condition sine qua non en vue d’un État de droit, de la stabilité et de l’intangibilité des frontières, de l’organisation des élections générales libres et crédibles.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi

- Sommet de Kampala au sujet de la RDC: de qui se moque-t-on ? ;
- Debout, Congolais ! ;
- Quelle perspective immédiate pour la RDC ?

jeudi 22 novembre 2012

La résolution 1533 (2004) concernant la RD Congo

Lettre datée du 12 novembre 2012, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1533 (2004) concernant la République démocratique du Congo 
 Au nom du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1533 (2004) concernant la République démocratique du Congo et en application du paragraphe 4 de la résolution 2021 (2011) du Conseil de sécurité, j’ai l’honneur de vous faire tenir ci-joint le rapport final du Groupe d’experts sur la République démocratique du Congo (voir annexe).

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter à l’attention des membres du Conseil de sécurité le texte de la présente lettre et de son annexe et de le faire publier comme document du Conseil.

(Signé) Agshin  Mehdjiyev

mardi 29 mars 2011

Communique de presse n° 20110329/015 relatif au rappel de Mme Esther Kirongozi à Kinshasa

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères à Kinshasa, la République Démocratique du Congo « a décidé de rappeler avec effet immédiat son ambassadeur accrédité à Brazzaville ». Le rappel de Mme Esther Kirongozi a trait aux événements du 27 février relatifs à l'attaque armée contre la résidence présidentielle et un camp militaire. Le gouvernement de Kinshasa estime qu'un lien existe entre les assaillants, le général Faustin Munene – condamné notamment à perpétuité par le Congo-Kinshasa pour « tentative de coup d'État » en novembre 2010 dans la province du Bandundu (ouest) – et Ondjani Mangbama – accusé d'avoir mené une insurrection fin 2009 dans le nord-ouest du Congo-Kinshasa ayant provoqué la fuite de 115 000 personnes vers l'extrême nord du Congo-Brazzaville. Les deux ressortissants congolais de la RDC seraient détenus à Brazzaville, qui aurait refusé de les extrader.

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) demande instamment au gouvernement congolais de prendre les mêmes mesures envers le Rwanda, dont les autorités judiciaires maintiennent en détention, depuis mars 2009, Laurent Nkunda. En effet, Kigali a toujours refusé de livrer aux autorités congolaises cet ancien chef des rebelles du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), un mouvement armé ayant été accusé de tant de viols, pillages, usages d'enfants soldats et assassinats dans la région du Kivu.

La Direction du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

Bruxelles, le 29 mars 2011

samedi 1 janvier 2011

Adresse de Gaspard-Hubert Lonsi Koko au peuple congolais

Mes chers compatriotes,

Notre pays est à la croisée des chemins. Plus de 50 ans après sa reconnaissance internationale, le bilan est globalement négatif. En effet, notre pays n’a jamais été sérieusement dirigé depuis le 30 juin 1960. Cela est dû non seulement aux troubles internes imposés par des volontés extérieures, mais surtout au manque de rigueur de notre classe politique dans la gestion de la chose publique et à l’insouciance de nos populations pour ce qui est du processus démocratique.

De toute évidence, sur le plan économique, l’année 2010 a confirmé l’inacceptable. En effet, la République Démocratique du Congo, bien que naturellement très riche, a été cataloguée parmi les pays pauvres et très endettés (PPTE). Dans la même optique, le mauvais climat des affaires a mis notre pays en porte-à-faux avec la loi américaine connue sous le nom de « African Growth and Opportunity Act » (AGOA) ayant de ce fait privé le peuple congolais, sur le plan commercial, d’un partenariat import avec les États Unis d’Amérique.

Sur le plan social, l’année 2010 a particulièrement été mauvaise. Le fort taux de chômage a gravement porté préjudice à plus de la majorité des ménages, ayant ainsi hypothéqué l’avenir des millions de familles. En conséquence, nos compatriotes ont de plus en plus de mal à subvenir aux besoins vitaux de leurs familles.

À propos de la sécurité alimentaire, le pouvoir d’achat d’un grand nombre de Congolais ne leur permet plus du tout de manger plus d’une fois par jour. Ainsi connaît-il quotidiennement la « mort subite », comme cela se dit tristement à Kinshasa.

Pour ce qui est des infrastructures, le peu de travaux effectués concernant les routes a été soit réalisé sans respect des normes adéquates, soit est resté inachevé, soit n’est d’aucun intérêt direct par rapport au développement socio-économique local. Force est de constater que les 5 chantiers du président de la République n’ont en rien amélioré le quotidien de nos compatriotes pour ce qui est de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, de l’accès aux soins, de l’entretien des routes dans les cités, du désenclavement du pays...

Selon l’ambassadeur de France pour les droits de l’Homme, François Zimeray, les droits de l’Homme relèvent « du naufrage » dans notre pays. Un constat accablant que confirment les propos de la députée européenne Michèle Striffler. N’en déplaise au ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, nous avons besoin de personnes de bonne volonté qui veulent bien nous aider, en matière de lutte contre les violations des droits humains, « à sortir la tête hors de l’eau ». De plus, nos compatriotes de l’Est connaissent de moins en moins une vie paisible, tourmentés psychologiquement comme ils le sont à cause de l’insécurité, de la séparation avec les membres de leurs familles ballottés d’un camp de réfugiés à un autre à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières. Ils ne cessent d’être victimes d’assassinats et d’arrestations du fait de leurs convictions, subissent des violences sexuelles et des humiliations dégradantes ainsi qu’inhumaines. Et c’est dans ce contexte qu’est intervenue, à la fin de l’année 2010, l’alliance politique entre l’AMP de Joseph Kabila ainsi que le CNDP de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda.

Sur le plan de la paix, l’invitation du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya aux belligérants du conflit armé sévissant sans cesse dans l’Est de la République démocratique du Congo à un processus de réconciliation, lancée lors de son homélie, ne fait que confirmer la guerre qui est en cours dans cette partie du territoire national. Le rapport du Grisis group paru le 16 novembre dernier rappelle que la « paix au Congo est hypothétique », donc elle relève « du domaine du virtuel »...

Mes chers compatriotes,

Pensez-vous que les promesses du président de la République sont-elles crédibles, dès lors que les 5 chantiers pour lesquels il a été élu n’ont en rien modifié la vie quotidienne pour plus de la majorité de nos compatriotes ? Pensez-vous que nous devons reconduire au pouvoir quelqu’un qui noue des alliances politiques avec ceux qui ont versé le sang de nos frères et sœurs, violé sexuellement les membres de nos familles et agi contre les intérêts de notre peuple ? En 10 années de présidence de Joseph Kabila, qu’est-ce qui a réellement changé dans la vie du citoyen lambda ? De quel acquis social bénéficie-t-il ?

Il serait franchement inadmissible de ma part de vous souhaiter une bonne et agréable année 2011 dans pareilles circonstances, sachant très bien que cette année nouvelle risque d’aggraver davantage votre condition sociale si rien n’est entrepris politiquement. Néanmoins, mon premier souci consiste à ce que vous retrouviez avant tout le bonheur. Et pour que vous retrouviez le bonheur auquel vous aspirez, il faut un véritable changement dans la manière de faire de la politique et de gérer la chose publique.

Dans l’espoir d’apporter un véritable changement dans la manière de gouverner notre pays, j’ai fait le choix de me battre à vos côtés, aussi bien dans les cités que dans les campagnes abandonnées à leur propre sort. Mon premier souhait, c’est que l’élection présidentielle de 2011 instaure donc dans notre pays une réelle alternative politique en vue de la Liberté, de l’Égalité, de la Sécurité et de la Prospérité. Pour cela, nous devons bâtir ensemble le Congo d’avenir en vue du triomphe de la paix, de la croissance économique et de l’évolution sociale.

Que vive la République Démocratique du Congo !

Que vive le peuple congolais !

Fait à Paris, le 1er janvier 2011

vendredi 17 décembre 2010

De la Côte d'Ivoire à la République Démocratique du Congo

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko (*)


1. Quel regard portez-vous sur la crise institutionnelle qui secoue actuellement la Côte d’Ivoire ?
Dès lors qu’il s’est posé la question de la validité juridique au regard du délai légal, le Conseil constitutionnel a automatiquement pris le relais. S’agissant des fraudes, cette institution a déclaré « avoir constaté des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble ». Fallait-il pour autant reconnaître Laurent Gbagbo comme le président nouvellement élu ? D’après l’article 64 du code électoral ivoirien, on aurait dû prononcer l’annulation du scrutin pour permettre au Conseil des ministres de fixer par décret, sur proposition de la Commission chargée des élections, la date de l’élection dans les 45 jours à compter de la décision du Conseil constitutionnel. Mon regard privilégie donc des voies et moyens en vue d’une sortie de crise.

2. Comment expliquez-vous ce soutien clairement affiché de l’Union africaine et de la communauté internationale à Alassane Ouattara ?

Le Conseil constitutionnel est l’organe habilité à investir le président de la République ivoirienne. Alassane Ouattara le sait très bien, car il a prêté serment, par écrit, auprès de cette institution. Seulement, celle-ci a déjà reconnu le candidat Gbagbo comme magistrat suprême. Rappelons que la décision du Conseil constitutionnel est sans appel. Les arguments avancés par les différents antagonistes laissent supposer l’existence d’un vide juridique. Dans l’affirmative, la décision du Conseil constitutionnel devra faire d’office jurisprudence. Gbagbo est-il l’homme à abattre ? Il faut savoir que les Nations unies ont toujours recherché un « règlement pacifique », conformément au chapitre VI de la Charte qui les régit. C’était le cas notamment en République démocratique du Congo, s’agissant des affrontements entre les rebelles de Laurent Nkunda et l’armée nationale congolaise. Mais les Nations unies peuvent aussi passer outre le principe de non-intervention dans les affaires intérieures d’un État, conformément aux articles 39 et 42 du chapitre II de sa Charte, en ayant recours, comme le préconise l’article 41 du chapitre VII, à des mesures non militaires (embargo, sanctions économiques) pour faire pression sur les partisans de Laurent Gbagbo. En tout cas, il se pose, sur le fond, le problème de la souveraineté d’un État. La communauté internationale ne peut pas agir n’importe comment par crainte d’empiéter sur les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire. Si elle intervient militairement, elle risque de matérialiser pour très longtemps la balkanisation de ce pays. 

3. Laurent Gbabgo a-t-il été piégé en ayant accepté d’organiser cette élection ?
Sachant très bien qu’il n’était pas soutenu par la communauté internationale, Laurent Gbagbo n’aurait pas dû organiser l’élection sans que l’État soit présent dans l’ensemble du territoire. Cela n’a pas permis à ses partisans de mieux surveiller le déroulement du vote au Nord. Mais s’il ne l’avait pas fait, on l’aurait accusé de vouloir confisquer le pouvoir. À mon avis, il a eu raison de recourir aux urnes. Son plus grand tort, c’était d’avoir cru qu’il allait bénéficier au second tour de l’électorat de Konan Bédié au détriment d’Alassane Ouattara.

4. Y a-t-il lieu de s’inquiéter sur l’avenir de la Côte d’Ivoire ?
Je parlerai plutôt du devenir du continent africain, lequel est en train de se jouer en ce moment, on ne s’en rend peut-être pas compte, en Côte d’Ivoire. Faut-il croire que tout a été entrepris par des puissances extra-continentales pour confirmer la séparation entre le Nord et le Sud ? Si cela se concrétise, le Soudan, le Nigeria, le Cameroun, la République démocratique du Congo et l’Angola subiront le même sort.

5. Pensez-vous que ce qui est en train de se dérouler en Côte d’Ivoire peut se reproduire en République démocratique du Congo qui entend organiser l’élection présidentielle en 2011, scrutin auquel vous serez candidat ?
Notre pays aurait pu vivre cette situation en 2006, si Jean-Pierre Bemba n’avait pas reconnu la victoire du président Kabila. Aucun pays africain n’étant à l’abri de ce qui se passe en Côte d’Ivoire, nous devons à tout prix lever les causes d’une éventuelle contestation avant l’organisation du scrutin. Nous devons donc mettre en place des dispositifs appropriés dans l’espoir d’un meilleur accompagnement du processus électoral, à commencer par l’exigence de la présence d’assesseurs de chaque candidat et d’observateurs de la communauté internationale dans tous les bureaux de vote. Il est aussi impératif qu’un Haut Représentant des Nations unies pour les élections soit nommé en vue d’un droit de regard, en conformité avec les dispositions légales, dans le processus électoral. Celui-ci doit permettre le déploiement des éléments de la Monusco (Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo) dans les zones contrôlées par les éléments du CNDP, échappant de ce fait aux FARDC. Si nous procédons de la sorte, notre pays échappera au « syndrome ivoirien ».

PROPOS RECUEILLIS PAR ROBERT KONGO, CORRESPONDANT EN FRANCE

(*) Président d’Union du Congo

© Le potentiel

mardi 14 décembre 2010

Joseph Kabila et le syndrome ivoirien

En République Démocratique du Congo, l’Alliance entre la Majorité Présidentielle (AMP) et le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) justifie l’inquiétude de ceux qui craignaient à juste titre, les conséquences des événements en cours en Côte d’Ivoire à travers le continent africain. Effectivement, malgré tout ce que le Groupe d’experts des Nations Unies a écrit, le président Joseph Kabila a pris l’option de s’allier avec les hommes de Laurent Nkunda et de Bosco Ntaganda, promesse ayant été faite à certains d’entre eux d’intégrer le commandement des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). La signature de l’adhésion à l’AMP par le pasteur Jean-Marie Runiga, chargé des relations extérieures de l’ancienne rébellion du Nord-Kivu de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, ne peut en principe laisser indifférents tous ceux qui ne cessent de dénoncer les crimes de guerre, les crimes contre l’Humanité et les violations des droits fondamentaux de la personne humaine commises par les éléments du CNDP.

La pression électorale

Il y a encore quelques mois, certains spécialistes, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, pronostiquaient « la victoire sans coup férir » du président sortant aux prochains enjeux électoraux. Or, face à la pression électorale qu’exercent habilement certains candidats à la magistrature suprême issus de l’opposition, le vent commence à tourner. La preuve en est que le président sortant vient de renoncer au calendrier électoral adopté par la Commission Électorale Indépendante (CEI), laquelle n’a pourtant fait qu’obéir aux injonctions de l’AMP, et souhaite l’installation de la Commission Nationale Électorale Indépendante (CENI) dans un meilleur délai. Quant à l’ambition du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de se présenter seul aux élections, elle est de moins en moins à l’ordre du jour. L’alliance officielle de la majorité présidentielle avec les acolytes de Laurent Nkunda et de Bosco Ntaganda, sachant pertinemment que ces derniers sont dans la ligne de mire de la cour pénale internationale, laisse donc  apparaître les faiblesses du supposé vainqueur. Comment réagir face à pareille incertitude ?

Péril en la demeure ?

Rappelons que le Kivu, qui avait massivement élu le président Joseph Kabila en 2006, ne lui est plus du tout favorable. En effet, le départ du camp majoritaire de l’ancien président de la chambre basse Vital Kamerhe, qui était très apprécié dans cette région, et l’insécurité grandissante dans l’Est de la République Démocratique du Congo écartent davantage l’hypothèse de la réélection tant souhaitée. Y aurait-il péril en la demeure ?
En tout cas, les joueurs d’échecs savent ce qu’est une fourchette. Il s’agit d’un coup tactique qui consiste à attaquer deux pièces adverses, ou plus à la fois, pour obtenir un avantage matériel – la prise d’une pièce de l’adversaire étant imparable. À travers l’adhésion du CNDP à l’AMP, le président congolais, en proie au « syndrome ivoirien », tient d’une part à s’assurer à tout prix de la mainmise sur tous les bureaux de vote situés dans les territoires actuellement non accessibles aux FARDC mais contrôlés par le CNDP. D’autre part, par ce choix, il espère compter sur les affidés de ce parti militaro-politique en cas de contestation des résultats du scrutin.

Un meilleur accompagnement du processus électoral

Il faudrait absolument éviter que ne se reproduise en République Démocratique du Congo ce qui est en train de se dérouler en Côte d’Ivoire. Ainsi revient-il aux acteurs politiques congolais et à la communauté internationale de mettre en place des dispositifs idoines en vue d’un meilleur accompagnement du processus électoral, à commencer par l’exigence de la présence d’assesseurs de chaque candidat et d’observateurs de la communauté internationale à l’élection présidentielle dans tous les bureaux de vote. Ensuite, compte tenu de la majorité détenue par l’AMP à la CENI et de la composition du Conseil constitutionnel (ou de l’institution qui en fait office) au sein de laquelle ne se retrouvent que des partisans du président Kabila, il est impératif qu’un Haut Représentant des Nations Unies pour les élections soit nommé en vue d’un droit de regard, en conformité avec les dispositions légales, dans le processus électoral en République Démocratique du Congo. Enfin, le processus électoral en cours doit permettre le déploiement des éléments de la Mission des Nations Unies au Congo (monusco) dans les territoires qui sont sous le contrôle des éléments du CNDP, échappant de ce fait au contrôle des FARDC.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

lundi 13 décembre 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20101213/009 relatif à l'adhésion du CNDP dans l'alliance des kabilistes

La majorité présidentielle en République démocratique du Congo, l'AMP, s'est enrichie d'une nouvelle recrue. En effet, malgré tout ce qu'a écrit le Groupe d'experts des Nations Unies, le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) s'est officiellement allié au président Joseph Kabila, l'adhésion à l'AMP ayant été signée par le pasteur Jean-Marie Runiga, chargé des relations extérieures de l'ancienne rébellion du Nord-Kivu de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda. En contrepartie, un bon nombre d'éléments du CNDP seront promis dans la direction des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

À travers cette adhésion, ayant surtout à l'esprit les événements en cours en Côte d'Ivoire, le président Kabila vient d'une part de s'assurer de la mainmise sur tous les bureaux de vote situés dans les territoires actuellement non accessibles aux FARDC mais contrôlés par le CNDP. D'autre part, il espère compter sur les affidés de ce parti militaro-politique en cas de contestation des résultats des élections.

En conséquence, le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) exige la présence des assesseurs de chaque candidat et des observateurs de la communauté internationale à l'élection présidentielle dans tous les bureaux de vote. Dans la même optique, l'AMP étant majoritaire dans la CENI et que le Conseil constitutionnel (ou de l'institution qui en fait office) étant composé des affidés du président Kabila, il est impératif qu'un Haut Représentant des Nations Unies pour les élections soit nommé en vue d'un droit de regard, en conformité avec les dispositions légales, dans le processus électoral en République Démocratique du Congo. Enfin, il est nécessaire de déployer, au moment du scrutin, les éléments de la monusco dans les territoires qui sont sous le contrôle des éléments du CNDP.

La Direction du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo

Fait à Paris, le 13 décembre 2010