Cette plate-forme politique et idéologique, dénommée Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) et proposée à l’ensemble du peuple congolais, repose sur quatre principes fondamentaux : à savoir la Liberté, l’Égalité, la Sécurité et la Prospérité.
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mardi 28 octobre 2014
Pleurs pour le Congo
Dona Mobeti, à travers « Pleurs pour le Congo », rappelle le patriotisme qui doit animer, à tout moment, le peuple congolais. Musicien engagé, il en appelle à la conscience des acteurs politiques et du citoyen lambda afin que cessent à jamais les violences sexuelles, afin que soit reconnu le génocide congolais, afin que la RD Congo aspire à une réelle indépendance. Bravo l’artiste, ton combat est aussi le nôtre !
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lundi 11 mars 2013
Pour un dialogue républicain et inclusif en RD Congo
Située au cœur de l’Afrique centrale, la République
Démocratique du Congo, qui est traversée par l’équateur, a une
superficie d’à peu près 2 345 409 km2 : soit quatre-vingts
fois plus grande que la Belgique et cinq fois la France. Onzième État
par sa taille, elle est grande comme la partie des États-Unis située à
l’Est du Mississippi. Ainsi couvre-t-elle, d’Ouest en Est, un espace
équivalent à la distance entre Paris et Prague.
Pourtant doté d’immenses ressources naturelles[1], le pays est le plus pauvre du monde. En effet, plus de 71 % des Congolais vivent avec moins d’un dollar américain par jour. Selon le Rapport mondial sur le développement humain de 2011, l’indicateur de développement humain (IDH) du pays est de 0,286 et l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) de 0,393 %[2].
Les conflits entre groupes armés ne cessent de déstabiliser la partie orientale de la République Démocratique du Congo depuis 1996. La situation humanitaire et sécuritaire y est très préoccupante avec des violations de droits fondamentaux de la personne humaine[3]. En proie à une crise post-électorale et aux ingérences extérieures qui affaiblissent davantage les institutions étatiques, l’incohésion nationale et le défaut de patriotisme exposent le pays à une éventuelle balkanisation.
Telle une sonnette d’alarme, cet avertissement faisait référence aux inquiétudes soulevées par le calendrier électoral publié le 30 avril 2011 par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Le Secrétaire général des Nations unies a entre-temps posé un début de diagnostic qui méritait d’être approfondi avec objectivité.
Mais aucune précaution n’a été prise, s’agissant de l’éventualité de la manipulation, de la contestation et du rejet des résultats. Rien n’a été non plus pris en compte, à propos des facteurs internes et externes. De plus, on aurait dû s’interroger, d’une part, sur les conditions susceptibles de permettre la tenue du scrutin dans un climat apaisé.
D’autre part, on aurait pu déterminer le rôle de la communauté internationale en vue des élections fiables, crédibles, justes et transparentes. L’objectif aurait consisté à mesurer l’adéquation entre les problèmes identifiés et les solutions proposées, quant à la fiabilité et à la faisabilité. Ainsi était-il nécessaire de définir en termes identiques le cadre, le rôle et les missions dévolues à chaque institution et d’évaluer le niveau d’implication de chaque intervenant institutionnel tout en s’adonnant à un travail pédagogique de vulgarisation et de sensibilisation.
En conséquence, une autre autorité peut passer outre, ou modifier la loi, dès lors qu’elle est inconstitutionnelle. Le président de la République Démocratique du Congo, « garant du respect de la Constitution » conformément à l’alinéa 2 de l’article 69, aurait donc dû demander au gouvernement et au Parlement soit de revoir leur copie, soit de rejeter l’abrogation de l’ancienne loi électorale.
On sait d’emblée qu’une élection présidentielle à deux tours permet aux électeurs de se prononcer une seconde fois en faveur de leur candidat préféré ou même de changer entre-temps d’avis quant à leur préférence. Ainsi donne-t-elle aux partis politiques et à l’électorat l’occasion de s’ajuster aux éventuels changements de l’environnement politique entre les deux tours de scrutin.
Pour l’éditorialiste Colette Braeckman, « malgré le coup de force qu’a représenté le changement de la Constitution, […] l’opposition gardait une chance de modifier la donne ». Cela aurait été envisageable en cas de désignation d’un candidat unique de l’opposition. Force est de constater que tous les ingrédients favorables à une crise post-électorale étaient réunis. Le tripatouillage des dispositifs légaux et le bricolage dans l’organisation du scrutin étaient la source des tensions et conflits ayant entaché les résultats du scrutin du 28 novembre 2011, au lieu de garantir la légitimité des personnes qui seraient élues. Dans pareilles circonstances, la réélection de Joseph Kabila ne pouvait qu’être contestée par une opposition représentative de plus de 50 % d’électeurs.
Des critiques se sont élevées contre la communauté internationale, soupçonnée d’avoir cautionné les fraudes ayant permis la réélection de Joseph Kabila. Le rôle des observateurs internationaux, qui se sont contentés de faire des appréciations s’agissant du scrutin du 28 novembre 2011, ne devait pas consister à agir à la place des institutions congolaises. N’ayant disposé du droit de certifier les résultats, comme cela fut le cas en Côte d’Ivoire, la communauté internationale ne pouvait que se fier à la décision des organes censés les proclamer et les confirmer.
Est-il que les personnes averties savaient que le second mandat de Joseph Kabila serait difficile, au cas où les parlementaires joueraient consciencieusement, en toute objectivité, leur rôle de représentants du peuple. Mais, l’esprit de lucre ayant primé, le Parlement est resté godillot.
À qui doit-on donc la légitimité du pouvoir kabiliste ? On peut se demander à juste titre à qui incombe réellement la faute, quant à la désunion de l’opposition et à l’hypocrisie de la communauté internationale, à propos de la crise politique et de l’insécurité en cours en République Démocratique du Congo. En l’absence d’un vrai projet de société, l’opposition s’est illustrée par un soutien aveugle, à la limite du fanatisme, à des individus.
Une telle impasse a fini par encourager le recours aux armes, accentuant de facto, à travers la déstabilisation de la région du Kivu, la possibilité d’une balkanisation du territoire national. S’agissant de la crise politique qui handicape l’avenir du Congo-Kinshasa, on doit surtout réfléchir au mode de l’élection du président de la République. Doit-il être élu à l’issue d’un scrutin à un tour ou à deux tours ? Faut-il recourir aux grands électeurs, dans un pays dont les infrastructures et les moyens de communication relèvent encore du Moyen-âge ?
Un peuple ne sera jamais libre tant qu’il n’aura pas pris en main son destin. Effectivement, pour devenir autonome, le peuple congolais doit à tout prix concevoir une révolution à la fois identitaire, culturelle et économique. À cet effet, le dialogue inclusif doit lui offrir non seulement la possibilité de laver le linge sale en famille, mais surtout l’opportunité de mettre en place un projet cohérent sur l’efficacité et la viabilité des institutions étatiques.
Il faut donc de l’innovation dans la gestion du Congo du troisième millénaire. Raison pour laquelle il faudra s’employer à éveiller les consciences, à faire évoluer les mentalités. L’idéal, c’est de réinventer la manière de faire de la politique ; c’est de rendre possible une alternative crédible afin de faire émerger un projet de société d’avant-garde fort, humaniste et fraternel.
Comme le patriotisme s’impose à ceux qui veulent absolument éviter la balkanisation, les assises que propose Joseph Kabila ne devront pas se transformer en une banale distraction de plus, semblable à la conférence nationale souveraine (CNS) à l’époque du maréchal Mobutu ainsi qu’à l’Accord Global et Inclusif sur la transition de Sun City ayant abouti au calamiteux système « 1 + 4 ».
Le dialogue entre Congolais ne doit pas être une occasion de se partager les portefeuilles, mais un moment historique qui proposera des axes sur la défense et la sécurisation du territoire national, la protection des plus faibles. Il doit permettre des réformes innovatrices sur le plan économique, soucieuses du bien-être du peuple congolais et initiatrices d’un monde plus juste et pacifié. Quoi qu’il arrive, le véritable élan libérateur doit prévaloir. De plus, la chaîne des générations, s’agissant de la défense de grandes causes, ne doit en aucun cas se rompre. De toute évidence, le combat pour le Congo du XXIe siècle doit être la principale mission du peuple congolais.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Source : Jolpress
Notes :
Pourtant doté d’immenses ressources naturelles[1], le pays est le plus pauvre du monde. En effet, plus de 71 % des Congolais vivent avec moins d’un dollar américain par jour. Selon le Rapport mondial sur le développement humain de 2011, l’indicateur de développement humain (IDH) du pays est de 0,286 et l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) de 0,393 %[2].
Les conflits entre groupes armés ne cessent de déstabiliser la partie orientale de la République Démocratique du Congo depuis 1996. La situation humanitaire et sécuritaire y est très préoccupante avec des violations de droits fondamentaux de la personne humaine[3]. En proie à une crise post-électorale et aux ingérences extérieures qui affaiblissent davantage les institutions étatiques, l’incohésion nationale et le défaut de patriotisme exposent le pays à une éventuelle balkanisation.
Mauvaise préparation du scrutin de 2011
Depuis l’indépendance de la République Démocratique du Congo, la communauté internationale y joue sans cesse un rôle majeur. Elle a soutenu la transition politique de 2003 à 2006, puis a accompagné les institutions issues des élections de 2006. Le 18 mai 2011, devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, Ban Ki-moon déclarait au sujet du scrutin programmé par le gouvernement congolais : « Ces élections doivent avoir lieu dans les délais, être transparentes et crédibles, se dérouler dans la paix et la sécurité, et offrir à tous les Congolais l’occasion de participer librement, sans crainte d’être victimes de harcèlement ou de violence. Nous devons tout mettre en œuvre pour garantir que la violence n’éclate pas avant, pendant ou après les élections... ».Telle une sonnette d’alarme, cet avertissement faisait référence aux inquiétudes soulevées par le calendrier électoral publié le 30 avril 2011 par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Le Secrétaire général des Nations unies a entre-temps posé un début de diagnostic qui méritait d’être approfondi avec objectivité.
Mais aucune précaution n’a été prise, s’agissant de l’éventualité de la manipulation, de la contestation et du rejet des résultats. Rien n’a été non plus pris en compte, à propos des facteurs internes et externes. De plus, on aurait dû s’interroger, d’une part, sur les conditions susceptibles de permettre la tenue du scrutin dans un climat apaisé.
D’autre part, on aurait pu déterminer le rôle de la communauté internationale en vue des élections fiables, crédibles, justes et transparentes. L’objectif aurait consisté à mesurer l’adéquation entre les problèmes identifiés et les solutions proposées, quant à la fiabilité et à la faisabilité. Ainsi était-il nécessaire de définir en termes identiques le cadre, le rôle et les missions dévolues à chaque institution et d’évaluer le niveau d’implication de chaque intervenant institutionnel tout en s’adonnant à un travail pédagogique de vulgarisation et de sensibilisation.
Tripatouillage et bricolage
Pour se maintenir au pouvoir, la majorité kabiliste
à l’Assemblée nationale et au Sénat a modifié l’article 71 de la
Constitution – ayant ainsi adopté le mode de scrutin présidentiel à un
tour. Le Parlement a aussi voté en juin 2011 une
nouvelle loi électorale qui régirait les scrutins prévus pour le 28
novembre 2011 – s’agissant de la présidentielle et des législatives – et
la mi-2013, quant aux autres élections.
Les parlementaires sortants se sont arrangé, dans la
foulée, pour conditionner la validité d’une candidature à un minimum de
cinq ans dans les domaines politique, administratif et économique à
défaut du cursus universitaire ou autre capacité. Or, dans un pays où
l’instruction n’est pas à la portée des trois quarts de la population,
où l’État est incapable de créer des emplois, seul le suffrage populaire peut permettre l’égal accès à la représentativité électorale.
Conditionner le mandat électif en privant des milliers
d’individus de leurs droits, c’est fouler sous le pied la règle
universelle qui veut que le peuple soit le souverain primaire. En ayant
exclu d’office les Congolais de l’étranger de leurs droits civils et
politiques, après avoir accordé aux Congolais de l’intérieur le droit de
vote et privé en même temps un bon nombre d’entre eux du droit d’être
éligibles, la nouvelle loi électorale a violé les articles 5, 6, 11, 12, 50, 66 et 102 de la Constitution congolaise.
« Summum jus, summa injuria »[4], disait Cicéron. En effet, rien n’est plus injuste qu’une loi qui génère des injustices.
En droit, la loi désigne une règle juridique suprême, générale et
impersonnelle. Et, lorsqu’une loi est régulièrement adoptée, seul le
législateur, ou une autorité supérieure, peut la défaire ou la refaire
selon la règle pratique du « parallélisme des formes ».En conséquence, une autre autorité peut passer outre, ou modifier la loi, dès lors qu’elle est inconstitutionnelle. Le président de la République Démocratique du Congo, « garant du respect de la Constitution » conformément à l’alinéa 2 de l’article 69, aurait donc dû demander au gouvernement et au Parlement soit de revoir leur copie, soit de rejeter l’abrogation de l’ancienne loi électorale.
On sait d’emblée qu’une élection présidentielle à deux tours permet aux électeurs de se prononcer une seconde fois en faveur de leur candidat préféré ou même de changer entre-temps d’avis quant à leur préférence. Ainsi donne-t-elle aux partis politiques et à l’électorat l’occasion de s’ajuster aux éventuels changements de l’environnement politique entre les deux tours de scrutin.
Pour l’éditorialiste Colette Braeckman, « malgré le coup de force qu’a représenté le changement de la Constitution, […] l’opposition gardait une chance de modifier la donne ». Cela aurait été envisageable en cas de désignation d’un candidat unique de l’opposition. Force est de constater que tous les ingrédients favorables à une crise post-électorale étaient réunis. Le tripatouillage des dispositifs légaux et le bricolage dans l’organisation du scrutin étaient la source des tensions et conflits ayant entaché les résultats du scrutin du 28 novembre 2011, au lieu de garantir la légitimité des personnes qui seraient élues. Dans pareilles circonstances, la réélection de Joseph Kabila ne pouvait qu’être contestée par une opposition représentative de plus de 50 % d’électeurs.
La crise de légitimité politique
L’opposition politique, qui a recueilli les voix de plus d’un tiers de l’électorat en 2006 et de plus de la moitié d’électeurs en 2011, n’a pas été à la hauteur dans l’instauration d’un contre-pouvoir efficace, gage de la stabilité du Congo. Si en 2006 la volonté de jouer son rôle a été compromise en raison du recours systématique à la force contre ses partisans, de l’exil de Jean-Pierre Bemba et de la réticence de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, cette opposition a été victime en 2011 d’un scrutin faussé dès le départ et de la mauvaise gestion de la crise post-électorale.Des critiques se sont élevées contre la communauté internationale, soupçonnée d’avoir cautionné les fraudes ayant permis la réélection de Joseph Kabila. Le rôle des observateurs internationaux, qui se sont contentés de faire des appréciations s’agissant du scrutin du 28 novembre 2011, ne devait pas consister à agir à la place des institutions congolaises. N’ayant disposé du droit de certifier les résultats, comme cela fut le cas en Côte d’Ivoire, la communauté internationale ne pouvait que se fier à la décision des organes censés les proclamer et les confirmer.
Est-il que les personnes averties savaient que le second mandat de Joseph Kabila serait difficile, au cas où les parlementaires joueraient consciencieusement, en toute objectivité, leur rôle de représentants du peuple. Mais, l’esprit de lucre ayant primé, le Parlement est resté godillot.
À qui doit-on donc la légitimité du pouvoir kabiliste ? On peut se demander à juste titre à qui incombe réellement la faute, quant à la désunion de l’opposition et à l’hypocrisie de la communauté internationale, à propos de la crise politique et de l’insécurité en cours en République Démocratique du Congo. En l’absence d’un vrai projet de société, l’opposition s’est illustrée par un soutien aveugle, à la limite du fanatisme, à des individus.
Une telle impasse a fini par encourager le recours aux armes, accentuant de facto, à travers la déstabilisation de la région du Kivu, la possibilité d’une balkanisation du territoire national. S’agissant de la crise politique qui handicape l’avenir du Congo-Kinshasa, on doit surtout réfléchir au mode de l’élection du président de la République. Doit-il être élu à l’issue d’un scrutin à un tour ou à deux tours ? Faut-il recourir aux grands électeurs, dans un pays dont les infrastructures et les moyens de communication relèvent encore du Moyen-âge ?
Sous l’arbre à palabre
Le fait que l’Histoire soit un perpétuel recommencement ne doit nullement cautionner l’amnésie. Le drame qui est en train de se dérouler dans la région du Kivu rappelle tristement les manœuvres ayant permis la chute du pouvoir mobutiste en 1997. Force est de constater la ressemblance du scénario actuel avec celui qui a été mis en scène, par les mêmes acteurs, il y a de cela dix-sept ans. Personne n’ignore que le peuple congolais est en train de subir, aujourd’hui, les conséquences des anciens alliés de Laurent-Désiré Kabila, le sulfureux tombeur du maréchal Mobutu Sese Seko.Un peuple ne sera jamais libre tant qu’il n’aura pas pris en main son destin. Effectivement, pour devenir autonome, le peuple congolais doit à tout prix concevoir une révolution à la fois identitaire, culturelle et économique. À cet effet, le dialogue inclusif doit lui offrir non seulement la possibilité de laver le linge sale en famille, mais surtout l’opportunité de mettre en place un projet cohérent sur l’efficacité et la viabilité des institutions étatiques.
Il faut donc de l’innovation dans la gestion du Congo du troisième millénaire. Raison pour laquelle il faudra s’employer à éveiller les consciences, à faire évoluer les mentalités. L’idéal, c’est de réinventer la manière de faire de la politique ; c’est de rendre possible une alternative crédible afin de faire émerger un projet de société d’avant-garde fort, humaniste et fraternel.
Comme le patriotisme s’impose à ceux qui veulent absolument éviter la balkanisation, les assises que propose Joseph Kabila ne devront pas se transformer en une banale distraction de plus, semblable à la conférence nationale souveraine (CNS) à l’époque du maréchal Mobutu ainsi qu’à l’Accord Global et Inclusif sur la transition de Sun City ayant abouti au calamiteux système « 1 + 4 ».
Le dialogue entre Congolais ne doit pas être une occasion de se partager les portefeuilles, mais un moment historique qui proposera des axes sur la défense et la sécurisation du territoire national, la protection des plus faibles. Il doit permettre des réformes innovatrices sur le plan économique, soucieuses du bien-être du peuple congolais et initiatrices d’un monde plus juste et pacifié. Quoi qu’il arrive, le véritable élan libérateur doit prévaloir. De plus, la chaîne des générations, s’agissant de la défense de grandes causes, ne doit en aucun cas se rompre. De toute évidence, le combat pour le Congo du XXIe siècle doit être la principale mission du peuple congolais.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Source : Jolpress
Notes :
[1]
Son sol et son sous-sol regorgent de ressources comme le cuivre, l’or,
diamant, le niobium, l’uranium, le cobalt, l’étain, la cassitérite, le
coltan[1], le pétrole, le café, le cacao, les bois rares…
[2] D’après le PNUD, la République Démocratique du Congo occupe le 168ème rang sur 177 en termes de développement humain.
[3]
Plus de 6 millions de morts, plusieurs milliers de femmes et de filles
violées, des milliers d’enfants enrôlés de force par des groupes armés,
plus de 2,5 millions de personnes déplacées dans la seule région du Kivu
et près de 500 000 Congolais réfugiés dans les pays voisins…
[4] « Comble du droit, comble de l’injustice ».
mercredi 26 décembre 2012
COMMUNIQUE DE PRESSE N° 20121226/036 relatif à la dramatique situation en cours dans la région du Kivu
-->
Dans une tribune parue dans le
quotidien français Le Monde du 25 décembre 2012 intitulé « Au Kivu, on viole et massacre en silence », plusieurs
personnalités – dont Denis Mukwege, Jacques Chirac, Valérie
Trierweiler, Muhammad Ali, Robert Badinter, Stéphane Hessel, Erik
Orsenna, Angélique Kidjo, Federico Major, Abdou Diouf, Eve Ensler,
Yamina Benguigui, Leymah Gbowee... – dénoncent un drame que la
communauté internationale « pourrait arrêter » à tout
moment. De plus, il lui suffirait « de donner l'ordre »
pour que la Monusco fasse son métier et remplisse son mandat,
l'objectif étant « de garantir la paix et la dignité de
l'espèce humaine ».
Le Rassemblement pour le Développement
et la Paix au Congo (RDPC) salue cette initiative et souhaite vivement que :
- le Conseil de sécurité des Nations
Unies modifient dans l'urgence la mission de la Monusco pour lui
permettre d'agir en temps que force d'interposition aux côtés des
Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ;
- des sanctions soient appliquées à
l'encontre des pays voisins qui déstabilisent le Congo-Kinshasa par le biais de groupes armés tels que le CNDP, le
M23... ;
- des tribunaux soient mises en place
pour condamner les auteurs des crimes de guerre et crimes contre
l'Humanité qui sont à l'origine du génocide congolais et des
violations des droits fondamentaux de la personne humaine ;
- les autorités congolaises œuvrent
en vue d'un dialogue inclusif citoyen, la cohésion nationale étant
la condition sine qua non de l’État de droit et de la sécurisation
du territoire nationale.
Fait à Rennes, le 26 décembre 2012
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole du Rassemblement pour le
Développement et la Paix au Congo (RDPC)
mercredi 28 novembre 2012
Conférence de presse des Partis politiques et des Associations congolaises de France
Pour la cohésion nationale et la pacification de la République Démocratique du Congo
Devons-nous encore accepter un autre poulain de l’Ouganda, du Burundi et du Rwanda, après des pilules mortelles que l’on nous a fait avaler en 1997, en 2001, en 2006 et en 2011 ? Toutes les crises connues, depuis la prise du pouvoir par l’AFDL et l’avènement du PPRD, sont les conséquences du non-respect de différentes résolutions et accords (Conférence nationale souveraine, Accords de Lusaka et de Sun City) par ceux qui gouvernent, par défi, la République Démocratique du Congo.
I - Velléités expansionnistes de nos voisins de l’Est
Depuis le déclenchement de la guerre de 1997, nos voisins de l’Est ont pris une sérieuse option sur notre devenir. Pour faire main basse sur nos terres et nos ressources minérales, ils essaient de balkaniser notre pays par tous les moyens et à n’importe quel prix. Pour atteindre leur objectif, ils se sont associés à des entreprises étrangères, lesquelles sont soutenues par des puissances extracontinentales. En contrepartie, ils doivent faire de la République Démocratique du Congo, dans le pire des cas, un « no man’s land » où lesdites entreprises s’approvisionneront en minerais rares à moindres frais. Dans le meilleur des cas, ils doivent occuper la partie orientale de notre pays afin de la transformer en une zone franche au profit des forces coalisées.
II - Inertie et complicité significatives de la communauté internationale
L’articulation du plan des forces coalisées contre notre pays est probablement programmée par la communauté internationale. Raison pour laquelle les forces onusiennes ne cessent de s’interposer entre les Forces armées de la République Démocratique du Congo et les différents mouvements de déstabilisation, et de côtoyer nos agresseurs en toute indifférence dans des régions occupées. Leur objectif consiste à faciliter le noyautage de la chaîne de commandement de l’armée nationale congolaise, y compris l’infiltration d’autres institutions aussi bien économiques que politiques.
III - Ambiguïté et complicité du pouvoir et d’une certaine classe politique congolaise
Nous sommes conscients du fait qu’une grande majorité de la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, ne joue pas franc jeu. Elle a sciemment failli dans la tâche qui a consisté à doter la République Démocratique du Congo d’une majorité gouvernementale incontestable, soucieuse de la gestion de la chose publique au profit du peuple, et d’une opposition crédible, c’est-à-dire constructive. Ainsi a-t-elle agi en intelligence avec les ennemis de notre peuple. La classe politique a tout simplement trahi la Nation.
En ayant retardé la reforme de l’armée, des forces de sécurités et de police, conformément à l’accord global et inclusif de Pretoria, le gouvernement n’a pas voulu doter le pays d’une force de défense et de dissuasion capable de faire face à une quelconque menace extérieure.
Nous ne sommes pas du tout dupes. En effet, nous sommes conscients que les forces négatives veulent profiter de notre faiblesse en matière de défense du territoire, de l’illégitimité et de l’illégalité du pouvoir en place pour se débarrasser d’un partenaire qu’ils ont pourtant soutenu, sans aucun projet de société, aux élections bâclées de 2006 et du 28 novembre 2011. Ce n’est donc pas pour libérer le peuple congolais d’un allié désavoué par la majorité de notre peuple qu’elles sèment la mort et la terreur, mais plutôt pour achever un processus d’occupation, voire de balkanisation, déjà planifié dans les capitales occidentales.
IV - Ni Charybde, ni Scylla
Le peuple congolais se trouve aujourd’hui face à un dilemme à la fois kafkaïen et cornélien. De plus, les partisans de la balkanisation et ceux de l’occupation du Congo-Kinshasa l’ont obligé à faire le choix entre Charybde et Scylla, entre l’insécurité et la soumission, entre la violence et le génocide.
Fort heureusement, au-delà des tendances politiques, nous sommes une grande majorité des Congolaises et des Congolais de l’étranger et de l’ensemble du territoire national à privilégier le patriotisme. Nous estimons que l’avenir de la République Démocratique du Congo dépend de l’émergence d’une nouvelle voie excluant celle qui a été empruntée depuis 2001 par une classe politique qui a failli et par des personnes sans foi ni loi qui ont versé le sang de notre peuple, violé nos mères, nos femmes et nos enfants, pillé nos ressources naturelles et déstabilisé notre pays. Cette classe politique est aujourd’hui préoccupée par l’enrichissement insolent, au mépris de la misère de notre peuple chosifié.
En conséquence, Nous, Partis politiques et Associations congolaises de France :
- condamnons avec la dernière énergie l’agression de notre pays, sur sa partie orientale, ayant occasionné la prise de Goma ;
- dénonçons les manœuvres, en cours et en perspective, planifiées depuis l’extérieur du continent africain ;
- dénonçons l’attitude de la communauté internationale et de certaines puissances extracontinentales qui soutiennent la déstabilisation de la République Démocratique du Congo et orchestrent le massacre de notre peuple depuis 15 ans ;
- lançons un appel solennel au peuple congolais, aux organisations politiques et à toutes les forces vives à se mobiliser contre les agresseurs afin de mettre définitivement un terme aux guerres du Kivu.
V - Nos propositions
Au vu des arguments évoqués ci-dessus, pour l’intérêt supérieur du peuple congolais, nous faisons ci-après des propositions en vue d’un État de droit, de la stabilité et de l’indivisibilité de la République Démocratique du Congo, ainsi que de la pacification de la Région des Grands Lacs africains.
1. Sur la cohésion nationale – partant du principe que les élections bâclées de novembre 2011, l’incapacité morale, politique et opérationnelle des institutions ôtent au régime actuel toute légitimité sur le plan interne et toute crédibilité vis-à-vis de l’extérieur –, nous préconisons :
- la mise en place des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, pour la défense de la nation infiltrée, agressée et occupée ;
- la mise en place, sans pour autant sombrer dans les erreurs du passé, d’un gouvernement d’union nationale, ou de salut public, dans le contexte de l’état d’urgence ;
- l’incessibilité de la nationalité congolaise d’origine, conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la Constitution, ainsi que le droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger ;
- la préparation, dans un délai raisonnable, des élections générales libres et crédibles, en commençant par les élections locales ;
- la création des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations de droits fondamentaux de la personne humaine et haute trahison.
2. Sur la sécurisation du territoire national, nous proposons :
- le changement de la mission de la Monusco et sa transformation en force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, son remplacement par les forces de l’Union africaine (à l’exclusion des pays voisins de l’Est), ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom ;
- la mise en place d’une armée et d’une police républicaines et performantes, ainsi que la maîtrise de l’insécurité et la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national ;
- le désengagement des officiers originaires du Kivu et leur redéploiement dans d’autres régions du pays, les Régions militaires du Kivu devant être placées sous le commandement des officiers non locaux.
3. Sur la paix durable dans la Région des Grands Lacs, nous préconisons :
- l’obtention du dialogue inter-rwandais en vue d’assurer le rapatriement en toute sécurité des combattants FDLR et d’autres réfugiés rwandais dans leur pays, la réconciliation du peuple rwandais avec lui-même étant le seul gage d’une cohabitation pacifique et pérenne entre les deux communautés Hutu et Tutsi qui s’entre-tuent depuis des lustres ;
- à défaut, l’élaboration d’un plan de désarmement et d’éloignement des combattants FDLR dans un pays non limitrophe du Rwanda, conformément aux dispositifs de la Convention de Genève ;
- les tractations sur la gestion commune des ressources frontalières.
Fait à Paris, le 28 novembre 2012
Signataires :
- Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) ;
- Congrès des Démocrates pour le Progrès Social (CDPS-France) ;
- Alliance pour le Développement de la République (ADR-France) ;
- Collectif des Démocrates Congolais (CDC) ;
- Union du Congo (UDC) ;
- Groupe de Réflexions des Congolais de France (GRCF).
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lundi 26 novembre 2012
Sommet de Kampala au sujet de la RDC : de qui se moque-t-on ?
À
l’issue du sommet des pays de la région des Grands Lacs qui s’est tenu
le 24 novembre à Kampala, les chefs d’État concernés ont demandé aux
éléments du M23 de quitter la ville de Goma dans les 48 heures et ont
prié leur homologue congolais, Joseph Kabila, d’écouter les
revendications des agresseurs. Mais ces derniers exigent un dialogue,
avant d’envisager leur retrait de la capitale de la province du
Nord-Kivu.
Le chef de la diplomatie congolaise, Raymond Tshibanda, a estimé que les négociations porteraient sur la mise en œuvre de l’accord du 23 mars 2009[1], après le retrait du M23 de Goma. Mais le président du M23, Jean-Marie Runiga,
a affirmé que le retrait de Goma devrait être le résultat des
négociations relatives à un dialogue inclusif avec la société civile
congolaise, l’opposition et la diaspora sur tous les sujets qui touchent
à la vie publique[2].
Si les éléments du M23 sont des rebelles congolais, ils ont violé l’article 64[3] de la Constitution. En conséquence, on doit tout simplement les faire condamner par les tribunaux congolais. S’ils ne sont pas Congolais, il s’agit bel et bien d’une agression venant de l’extérieur. Cela nécessite des poursuites judiciaires, de la part des autorités congolaises, auprès des tribunaux appropriés.
Par ailleurs, la RD Congo étant un pays souverain, l’armée congolaise doit être déployé sur l’ensemble du territoire national sans exception. Le fait de se contenter du retrait du M23 de la seule ville de Goma démontre l’abdication de Joseph Kabila.
Le texte final du sommet de Kampala demande au M23 de quitter la
ville de Goma, mais lui reconnaît le droit de se déployer à l’aéroport
de Goma. Cet oxymoron est indéniablement très significatif. L’ambiguïté
de cette clause permettra au Rwanda et à l’Ouganda d’être au courant de
l’acheminement des armes en vue de la pacification de la région du
Kivu.
Comment la délégation congolaise a-t-elle pu admettre que les chefs d’états-majors des pays qui soutiennent le mouvement du M23, en l’occurrence le Rwanda et l’Ouganda, puissent participer à la supervision du processus concernant la réarmement de la police de Goma ? Pourquoi la force neutre – qui pourrait bien être représentée par la Monusco, ou par une autre force armée ne comprenant aucun voisin impliqué dans l’agression de la RD Congo – est-elle absente de ce processus ? En ayant cautionné les conclusions de ce sommet, lesquelles ont mis la charrue avant les bœufs, les autorités congolaises ont innocenté les agresseurs. Pis encore, elles ont confirmé leur propre complicité dans les différentes tentatives du démembrement de la République Démocratique du Congo. Ainsi Joseph Kabila et sa délégation ont-ils accepté l’inacceptable.
Franchement, de qui se moque-t-on ? Il est évident que le texte final
du sommet de Kampala avantage les agresseurs. En effet, les parrains du
M23 auront un droit de regard dans les affaires intérieures de la
République Démocratique du Congo. Au vu des arguments avancés supra,
on est en droit de se demander les véritables raisons ayant poussé les
autorités congolaises à cautionner un accord qui non seulement est
défavorable à leur pays, mais hypothèque d’ores et déjà la possibilité
d’une paix durable dans la région des Grands Lacs. Il est
impératif d’empêcher la mise en place de l’accord de Kampala. Le
Parlement congolais doit demander en urgence, à cet effet, des
explications au gouvernement de Matata Ponyo. À défaut,
pour honorer le sang versé par les agresseurs, les Congolaises et les
Congolais doivent se lever et mettre un terme à un complot qui vise, on
en a maintenant la certitude, la balkanisation de la République
Démocratique du Congo. Le patriotisme les y oblige.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
© Jolpress
- « Des puissances occidentales cherchent la balkanisation de la RDC » ;
- Quelle perspective immédiate pour la RDC ? ;
- Pour une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs ;
- Debout, Congolais !
[1] Voir également : RDC - M23 : Regard sur le fameux Accord du 23 mars 2009 entre le Gouvernement et le CNDP.
[2] C’est-à-dire la démocratie, les droits de l’homme et la gouvernance.
[3] L’article 64 de la Consitution de la RD Congo stipule : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force, ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi. »
La déclaration finale du sommet de Kampala
Le texte appelle Kinshasa à négocier avec le mouvement du M23. Ces négociations doivent permettre de répondre aux revendications légitimes selon la déclaration finale de la rébellion. De son côté, le M23 doit mettre fin aux combats dans l’Est de la RDC et quitter Goma. Les chefs d’État de la région des Grands Lacs ont également appelé les rebelles à retirer leurs troupes dans un rayon de 20 kilomètres autour de la capitale provinciale du Nord-Kivu et ce dans les 48 heures. Les mesures demandées concernent aussi le déploiement à l’aéroport de Goma, d’une force composée de soldats congolais, de rebelles du M23 et d’une force neutre qui serait définie plus tard. La police de Goma doit enfin être réarmée pour pouvoir reprendre ses activités en ville. Tout cela sous la supervision des chefs d’états-majors congolais, rwandais et ougandais.Confusion dans la dénomination et abdication de Joseph Kabila
La délégation congolaise n’a même pas osé affirmer que la RD Congo n’est pas victime d’une rébellion, mais plutôt d’une agression de ses voisins rwandais, burundais et ougandais. Effectivement, il n’est plus un secret pour personne, ce sont les éléments de l’armée rwandaise qui combattent sur le sol congolais. Le M23 est donc une fabrication rwando-ougandaise pour permettre l’occupation de la région du Kivu.Si les éléments du M23 sont des rebelles congolais, ils ont violé l’article 64[3] de la Constitution. En conséquence, on doit tout simplement les faire condamner par les tribunaux congolais. S’ils ne sont pas Congolais, il s’agit bel et bien d’une agression venant de l’extérieur. Cela nécessite des poursuites judiciaires, de la part des autorités congolaises, auprès des tribunaux appropriés.
Par ailleurs, la RD Congo étant un pays souverain, l’armée congolaise doit être déployé sur l’ensemble du territoire national sans exception. Le fait de se contenter du retrait du M23 de la seule ville de Goma démontre l’abdication de Joseph Kabila.
Complicité avec les agresseurs ?
Comment la délégation congolaise a-t-elle pu admettre que les chefs d’états-majors des pays qui soutiennent le mouvement du M23, en l’occurrence le Rwanda et l’Ouganda, puissent participer à la supervision du processus concernant la réarmement de la police de Goma ? Pourquoi la force neutre – qui pourrait bien être représentée par la Monusco, ou par une autre force armée ne comprenant aucun voisin impliqué dans l’agression de la RD Congo – est-elle absente de ce processus ? En ayant cautionné les conclusions de ce sommet, lesquelles ont mis la charrue avant les bœufs, les autorités congolaises ont innocenté les agresseurs. Pis encore, elles ont confirmé leur propre complicité dans les différentes tentatives du démembrement de la République Démocratique du Congo. Ainsi Joseph Kabila et sa délégation ont-ils accepté l’inacceptable.
Remédier au droit de regard des agresseurs
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
© Jolpress
À lire aussi
- Conflit en RDC: les rebelles du M23 progresseront-ils jusqu’à Kinshasa ?;- « Des puissances occidentales cherchent la balkanisation de la RDC » ;
- Quelle perspective immédiate pour la RDC ? ;
- Pour une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs ;
- Debout, Congolais !
[1] Voir également : RDC - M23 : Regard sur le fameux Accord du 23 mars 2009 entre le Gouvernement et le CNDP.
[2] C’est-à-dire la démocratie, les droits de l’homme et la gouvernance.
[3] L’article 64 de la Consitution de la RD Congo stipule : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force, ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi. »
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jeudi 22 novembre 2012
La résolution 1533 (2004) concernant la RD Congo
Lettre datée du 12 novembre 2012, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1533 (2004) concernant la République démocratique du Congo
Au nom du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1533 (2004) concernant la République démocratique du Congo et en application du paragraphe 4 de la résolution 2021 (2011) du Conseil de sécurité, j’ai l’honneur de vous faire tenir ci-joint le rapport final du Groupe d’experts sur la République démocratique du Congo (voir annexe).Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter à l’attention des membres du Conseil de sécurité le texte de la présente lettre et de son annexe et de le faire publier comme document du Conseil.
(Signé) Agshin Mehdjiyev
mardi 20 novembre 2012
Debout, Congolais !
Les affrontements entre les rebelles du M23[1] et les FARDC[2] aux
environs de Goma hypothèquent encore plus la paix dans la région des
Grands Lacs. Elles confirment la volonté de quelques puissances
extracontinentales, lesquelles s’appuient sur le Rwanda et l’Ouganda, de
balkaniser la République Démocratique du Congo. Malgré les mises en
garde des Nations unies, l’entrée du M23 dans la ville de Goma, pourtant
gardée par la monusco[3], confirme la complicité de la communauté internationale dans la balkanisation de la République Démocratique du Congo. De toute évidence, le
peuple congolais est le dindon d’une farce tragique qui est en train de
se jouer cyniquement en Afrique centrale et dans la région des Grands
Lacs.
Vouloir négocier avec les mouvements rebelles composés de criminels, comme le préconisent quelques politiciens, c’est faire le jeu des agresseurs. Le patriotisme veut que l’on ne discute pas, surtout en position de faiblesse, avec ceux qui ont fait couler votre sang, violer vos femmes et vos enfants et fouler votre Constitution sous le pied. Est-ce que l’arrivée des forces armées rwandaises, burundaises et ougandaises dans les bagages de Laurent-Désiré Kabila en 1997 a-t-elle permis la stabilité de la RD Congo ? Comment peut-on avoir la mémoire courte à ce point ? En tout cas, la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, a démontré son incapacité à gérer aussi bien diplomatiquement que militairement la guerre qui hypothèque la cohésion nationale et la stabilité territoriale.
La République Démocratique du Congo ne trouvera le salut que dans l’implication directe de ses populations. Celles-ci devraient harmoniser ses actions internes et externes. Si aucun consensus n’est trouvé entre les différentes forces vives de la Nation congolaise – de l’intérieur comme de l’extérieur – n’est trouvé à très court terme, seul un soulèvement populaire pourra sauver l’intégrité du territoire national et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Debout, Congolais !
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
© Jolpress
Notes :
[1] Allusion au 23 mars 2009, date à laquelle le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, alors mouvement politico-militaire, avait signé un accord avec le gouvernement congolais pour mettre fin à la rébellion, se transformer en parti politique et faire intégrer ses troupes dans les FARDC. Le M23 dénonce le non-respect par le gouvernement dudit accord relatif au maintien de tous les officiers du CNDP dans leurs grades et l’intégration de la branche politique dans les institutions gouvernementales. Les éléments de ce mouvement armé refusent également « le brassage » : c’est-à-dire l’affectation dans d’autres unités et d’autres régions que veut leur imposer Kinshasa, ce qui les éloignerait de leur zone d’influence dans l’Est.
[2] Forces armées de la République Démocratique du Congo.
[3] Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo.
Les vraies causes des affrontements
La région composée des provinces des Nord et Sud-Kivu est le théâtre de conflits permanents depuis une vingtaine d’années à cause des richesses en ressources minières (or, coltan, cassitérite) et agricoles tant convoitées par les pays frontaliers – notamment l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi – et quelques entreprises étrangères (surtout occidentales). Le pillage des matières premières et les aspects fonciers constituent donc les motifs de cette guerre que l’on impose injustement au peuple congolais. Ainsi est-il incompréhensible que, pour des raisons purement matérialistes, la communauté internationale ferme les yeux sur les crimes de guerre, les crimes contre l’Humanité et le génocide qui se déroulent en toute impunité dans la région du Kivu.L’ambiguïté des Nations unies et de la communauté internationale
Selon les Nations Unies et d’autres organisations internationales, le Rwanda et l’Ouganda sont les voix d’approvisionnement de la rébellion du M23 – ces deux pays étant les parrains de toutes les rébellions survenues en République Démocratique du Congo depuis 1997. Au vue de ces accusations, comment un pays agresseur, en l’occurrence le Rwanda, a-t-il été admis, ne serait-ce qu’à titre temporaire, au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies ? Comment peut-on admettre qu’un président, en l’occurrence l’ougandais Yoweri Kaguta Museveni, puisse-t-il servir de médiateur d’un conflit dans lequel son pays est directement mis en cause ?
Comment la monusco peut-elle rester neutre devant les violences sexuelles, les crimes de guerre et crimes contre l’Humanité incessamment
commis dans la région du Kivu ? Pense-t-elle rétablir la paix seulement
en s’interposant entre les forces loyalistes et les rebelles,
matérialisant de facto la balkanisation du Congo-Kinshasa ? Faut-il davantage des personnes déplacées dans des camps pour que la monusco justifie son maintien sur le sol congolais, en prétextant assister les populations civiles ?
Il est des moments où l’attaque doit constituer la meilleure défense.
Tout comme il est incompréhensible que les Nations Unies placent
l’armée nationale congolaise et les différents mouvements rebelles sur
le même pied d’égalité. La sincérité voudrait que les forces
onusiennes passent à l’offensive, aux côtés des FARDC, afin de
neutraliser les forces négatives qui déstabilisent l’Est de la RD Congo.
Le fait de rester indéfiniment neutre laisse supposer la complicité
onusienne dans les massacres perpétrés contre les populations non
armées.L’incapacité de la classe politique congolaise
L’incompétence avec laquelle la classe politique congolaise gère la guerre dans l’Est ne peut qu’étonner plus d’un observateur. Le Parlement n’interpelle, en aucun cas, le gouvernement sur la dramatique situation en cours dans la partie orientale. Quand ils leur arrivent d’agir de la sorte, les parlementaires le font de façon timorée et surtout dans l’optique de négocier à la hausse leurs rémunérations. L’opposition doit-elle espérer, à tout prix, la prise des portions du territoire national par des criminels agissant en intelligence avec les ennemis, en contrepartie de la chute du gouvernement en place à Kinshasa ?Vouloir négocier avec les mouvements rebelles composés de criminels, comme le préconisent quelques politiciens, c’est faire le jeu des agresseurs. Le patriotisme veut que l’on ne discute pas, surtout en position de faiblesse, avec ceux qui ont fait couler votre sang, violer vos femmes et vos enfants et fouler votre Constitution sous le pied. Est-ce que l’arrivée des forces armées rwandaises, burundaises et ougandaises dans les bagages de Laurent-Désiré Kabila en 1997 a-t-elle permis la stabilité de la RD Congo ? Comment peut-on avoir la mémoire courte à ce point ? En tout cas, la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, a démontré son incapacité à gérer aussi bien diplomatiquement que militairement la guerre qui hypothèque la cohésion nationale et la stabilité territoriale.
Et le peuple Congolais ?
Le peuple congolais, bien que conscient de la médiocre comédie jouée par la classe politique au regard de l’agression dont le pays est victime, se contente de se lamenter au lieu d’envisager autrement la situation. Restera-t-il à jamais le dindon de la farce ? Son sang est-il versé pour rien ? Acceptera-t-il de se faire exterminer, de se retrouver sans terre et d’errer désespérément à travers le monde ?La République Démocratique du Congo ne trouvera le salut que dans l’implication directe de ses populations. Celles-ci devraient harmoniser ses actions internes et externes. Si aucun consensus n’est trouvé entre les différentes forces vives de la Nation congolaise – de l’intérieur comme de l’extérieur – n’est trouvé à très court terme, seul un soulèvement populaire pourra sauver l’intégrité du territoire national et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Debout, Congolais !
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
© Jolpress
Notes :
[1] Allusion au 23 mars 2009, date à laquelle le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, alors mouvement politico-militaire, avait signé un accord avec le gouvernement congolais pour mettre fin à la rébellion, se transformer en parti politique et faire intégrer ses troupes dans les FARDC. Le M23 dénonce le non-respect par le gouvernement dudit accord relatif au maintien de tous les officiers du CNDP dans leurs grades et l’intégration de la branche politique dans les institutions gouvernementales. Les éléments de ce mouvement armé refusent également « le brassage » : c’est-à-dire l’affectation dans d’autres unités et d’autres régions que veut leur imposer Kinshasa, ce qui les éloignerait de leur zone d’influence dans l’Est.
[2] Forces armées de la République Démocratique du Congo.
[3] Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo.
lundi 22 octobre 2012
Les habitants dénoncent les viols et pillages des rebelles du M23
RUGARI (RDCongo) - "Des
femmes et des filles sont violées par le M23. Ils pillent nos chèvres ou
nos biens dans nos maisons", se plaint un habitant de Rugari, une ville
de la province instable du Nord-Kivu, dans l'est de la République
démocratique du Congo,
où opère une rébellion depuis mai.
où opère une rébellion depuis mai.
Les
rebelles Mouvement du 23 mars (M23) contrôlent une partie du Rutshuru,
territoire situé dans le Nord-Kivu. Les habitants de cette région
agricole verdoyante, qui vivent de la culture de fruits et de légumes et
de l'élevage de chèvres et de vaches, dénoncent, discrètement,
exactions, viols et pillages.
Le M23 est composé essentiellement d'anciens membres du Congrès national pour la défense du peuple, une ex-rébellion intégrée dans
l'armée nationale de RDC en 2009. L'ONU accuse le Rwanda et l'Ouganda,
pays voisins de la région du Rutshuru, de soutenir le M23, ce que
démentent Kigali et Kampala.
Samedi, le président du M23, Jean-Marie Runiga, a annoncé que son bras armé changeait de nom et était rebaptisé "Armée révolutionnaire du Congo".
Les combats entre l'armée et le M23 ont fait plus de 300.000 déplacés et réfugiés. Les affrontements sont rares depuis juillet mais les populations reviennent au compte-goutte, et de nombreuses maisons et commerces restent fermés. Mais, signe qu'une certaine normalité s'installe, les écoles rouvrent.
Avant
la rentrée, début septembre, le M23 avait encouragé les parents à
scolariser leurs enfants et, après une reprise timide, on observe
désormais un peu partout des jeunes en uniforme bleu et blanc qui vont
ou viennent de l'école, cartable ou dos, et jouant parfois en cours de
route.
Mais l'habitant de Rugari, qui comme beaucoup, ne donne pas son nom, n'est pas rassuré. "J'accompagne ma fille au camp de Kanyarucinya,
où restent ma femme et mes autres enfants: même des petites filles sont
violées", affirme-t-il en charriant deux gros sacs de charbon sur un
vélo, avec l'aide d'un proche et de sa fille.
"Chez
moi, il n'y a pas beaucoup de viols. Mais à Rugari, il y a des viols de
femmes à grande échelle", renchérit un habitant d'une localité proche. Il ne précise pas directement qui, d'après lui, en sont les auteurs, mais il soupçonne le M23.
Dans la capitale régionale du Nord-Kivu, Goma, Justin Paluku, gynécologue-obstétricien à l'hôpital Heal Africa, a estimé récemment
que 5.000 femmes avaient été violées depuis le début de l'année, et que
cette hausse "dramatique" était due au regain d'instabilité qui a suivi
la création du M23.
Outre les viols, le M23 est accusé de recrutement d'enfants soldats et d'exécutions sommaires par l'ONG Human Rights Watch.
Reporters
sans Frontières et Journaliste en Danger s'inquiètent par ailleurs du
"climat d'insécurité" dans lequel les journalistes locaux font leur
travail.
Le président du
M2 Jean-Marie Runiga réfute les accusations: "Jusque-là, il n'y a pas
d'exactions" et si jamais elles arrivaient les responsables seraient
"jugés et condamnés", dit-il. Il a aussi promis de sanctionner ses
hommes qui menaceraient des journalistes.
Face aux feu des critiques, le M23 tente de donner des gages de confiance. A Rutshuru-centre, des panneaux neufs siglés "M23" annoncent:
"Luttons contre la corruption", en français, anglais, swahili et
kinyarwanda. Des taxes et impôts assimilés à des "tracasseries" ont été
supprimés mais un système de péage a été instauré.
"C'est
5 dollars pour un minibus, 20 pour les camions, et cela peut aller
jusque 50 pour les très gros camions", explique Benjamin Mbonimpa, l'administrateur du territoire désigné en juillet par le M23.
Dans
les rues de Rutshuru, l'ambiance paraît calme. "On ne voit absolument
rien de mal concernant le M23, mais les gens ont peur à cause de tout ce
qui s'est passé... Ils n'ont pas confiance", dit à voix basse un
commerçant de la ville, qui affirme n'avoir jamais entendu parler de
viols.
Calme aussi à
Bunagana, un important poste-frontière avec l'Ouganda, qui a été le
théâtre d'âpres combats. La vie tourne au ralenti, comme à Rutshuru et
d'autres zones conquises par le M23. "C'est la crise! Il n'y a plus rien
comme avant !", se plaint une restauratrice.
jeudi 30 juin 2011
M. Lonsi Koko, l'invité du JDA d'Africa n° 1
Ce jeudi 30 juin 2011, M. Gaspard-Hubert Lonsi Koko, porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) et président d'Union du Congo, a été l'invité de l'émission Le Journal des Auditeurs, animée sur Africa n° 1 par Eugénie Diecky. A cette occasion, M. Lonsi Koko a donné son avis sur le procès Chebeya, les violences sexuelles à l'encontre des femmes et la reconnaissance internationale de la République Démocratique du Congo.
Pour écouter cette émission, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://africa1.com/IMG/mp3/jda_-_30_06_11_pad.mp3
Pour écouter cette émission, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://africa1.com/IMG/mp3/jda_-_30_06_11_pad.mp3
dimanche 13 mars 2011
Déclaration faite lors de la Grande Marche contre les violations des droits fondamentaux en République Démocratique du Congo
Chers compatriotes,
Mesdames et Messieurs,
La situation socio-économique et politique de notre pays est aujourd’hui très préoccupante. Elle se caractérise notamment par la cherté de la vie, l’insécurité non seulement à l’Est du pays, mais aussi dans la capitale. À cette insécurité s’ajoutent les voyous en col en blanc qui nous dirigent, lesquels se distinguent par la corruption, le clientélisme, la cupidité, l’avidité, le pillage systématique des biens publics, etc.
Les violations des droits fondamentaux ternissent tristement l’image de notre pays. En effet, champion en la matière et considérée comme la capitale mondiale du viol, la République Démocratique du Congo est citée dans tous les rapports concernant les violations des droits fondamentaux de la personne humaine. Pas plus tard qu’hier, 7 femmes ont été sauvagement violées par des combattants rwandais des FDLR-FOCA dans la forêt de Bushalingwa, en groupement Ikobo, dans le territoire de Walikale. À ce jour, dans la plupart des cas, ces femmes violées sont abandonnées à elles-mêmes, donc livrées à leur propre sort. Ainsi sommes-nous en droit de nous demander si l’État existe réellement sur l’ensemble du territoire national, si le gouvernement congolais a vraiment la volonté de combattre l’insécurité qui déstabilise sans cesse notre pays.
Dans notre pays, les assassinats des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme, les massacres des étudiants et des populations du Bas-Congo, dont les membres de Bundu dia Kongo, sont couverts sous le sceau de l’impunité. Le président Joseph Kabila n’a-t-il pas promulgué une loi d’amnistie en faveur des criminels comme Bosco Ntaganda, Laurent Nkunda et les autres membres du CNDP ? En tout cas, Franck Ngyke et son épouse, Serge Maheshe, Didas Namujimbo et tant d autres inconnus, tous journalistes, ont été lâchement assassinés pour avoir essayé d’éveiller la conscience du peuple congolais. Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, activistes des droits de l’Homme, ont été exécutés pour avoir défendu la dignité des opprimés. Armand Tungulu, sauvagement assassiné, a eu le malheur de manifester publiquement la colère de ses compatriotes muselés. Tous ces crimes ont été commis par des sbires du régime congolais en violation de l’article 15 de la Constitution.
Force est de constater que le Sud Kivu est devenu une zone de non-droit livrée aux pilleurs de nos ressources, occupée par des milices et des armées étrangères. Les femmes, sans distinction d’âge, y sont systématiquement violées, parfois avec le concours des éléments de notre propre armée. Dans cette partie du territoire national, les enfants continuent à être enrôlés de force dans l’armée et dans les différentes milices pour servir de chair à canon.
Il nous semble que Joseph Kabila a été élu en 2006 avant tout pour rétablir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire. Peut-on conclure qu’il a été, presque six ans après son élection, le garant de la souveraineté nationale et de la défense de l’intégrité territoriale ? De toute évidence, le chef des armées s’est plutôt transformé en torpilleur des Forces Armées de la République Démocratique du Congo en confiant la haute hiérarchie de cette institution à des criminels du RCD et du CNDP, lesquels sont responsables d’au moins 8 millions de morts dans le territoire national. Ces derniers, qui jouissent de l’impunité malgré les crimes commis, ne cessent de bénéficier de la protection de Joseph Kabila.
S’agissant de la réalisation des cinq chantiers présidentiels, leur miroitement contraste avec la situation socio-économique chaotique que connaît quotidiennement la grande majorité des Congolaises et des Congolais qui n’a que difficilement accès aux produits de première nécessité. Ainsi s’enfoncent-elle davantage dans la misère. En proie à l’irresponsabilité gouvernementale, cette majorité silencieuse n’est plus en mesure de subvenir aux besoins familiaux. Victimes de l’insuffisance alimentaire, du non-paiement des salaires pour ceux qui occupent un emploi, du chômage chronique, nos compatriotes connaissent un calvaire qui les empêche d’avoir naturellement accès aux soins médicaux, à l’eau potable et à l’électricité. Ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un membre dans la diaspora sont livrés à eux-mêmes et errent dans la rue avec tout ce que cela comporte comme risques et conséquences. Pourtant, cette situation ne semble guère émouvoir outre mesure le gouvernement. Au contraire, celui-ci multiplie les manœuvres, soutenu qu’il l’est par des parlementaires godillots, pour se maintenir in fine au pouvoir.
Nos centres urbains, en particulier Kinshasa la capitale, autrefois réputés pour leur sécurité, sont désertés par les forces censées rétablir l’ordre, contraignant ainsi les populations à l’anxiété. La corruption, qui se manifeste sous diverses formes, gangrène non seulement tous les secteurs de l’État mais elle hypothèque surtout le développement socio-économique de notre pays. Quant au chômage des jeunes (diplômés ou non) dans les milieux urbains, il ne cesse de s’amplifier au point de menacer notre futur. En effet, véritable cauchemar, cet état de fait conduit au désespoir et condamne toute possibilité de relève.
Voilà les raisons pour lesquelles nous disons aujourd’hui avec force et vigueur, en cette place de la République, aux pays des droits de l’Homme et du Citoyen qu’est la France :
- NON AUX ARRESTATIONS ARBITRAIRES ET AUX INTIMIDATIONS ;
- NON AUX MASSACRES DES POPULATIONS CONGOLAISES ;
- NON AUX VIOLENCES FAITES À LA FEMME CONGOLAISE ET AUX ENFANTS ;
- NON À LA BALKANISATION DE LA RD CONGO ;
- NON AU TRIPATOUILLAGE CONSTITUTIONNEL.
Au-delà du fait de dire NON aux violations des droits fondamentaux en République Démocratique du Congo, Nous, Congolais de la diaspora de France, rappelons que c’est grâce au sang versé par nos aînés que notre pays a accédé à la reconnaissance internationale le 30 juin 1960.
Conformément à la loi fondamentale inscrite dans la Constitution, notamment dans ses articles 5, 64 et 77, Nous rappelons l’engagement du peuple congolais envers la Patrie, l’obligation de contribuer à sa défense et le devoir sacré de tout Congolais de faire échec à tout individu qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions constitutionnelles.
Nous décidons donc de :
- prendre à l’avenir des dispositions urgentes, efficaces et pérennes en vue du rétablissement immédiat de l’état de droit en République Démocratique du Congo ;
- mettre fin au règne de l’impunité afin de préserver les intérêts des plus faibles, la finalité étant le rétablissement des victimes de violences sexuelles dans leurs droits.
Ces vœux ne peuvent être réalisés que si nous parvenons à changer le régime en place à en République Démocratique du Congo. Voilà pourquoi nous disons avec toute l’énergie qui nous anime KABILA DÉGAGE !
QUE VIVE À JAMAIS LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO !
Fait à Paris, le 12 mars 2011
---
Le Collectif congolais de soutien à la lutte pour le changement et la démocratie (regroupement indépendant et citoyen d’associations et partis politiques congolais en France) qui soutient les luttes du peuple congolais pour le changement du système et pour l’État de droit.
Mesdames et Messieurs,
La situation socio-économique et politique de notre pays est aujourd’hui très préoccupante. Elle se caractérise notamment par la cherté de la vie, l’insécurité non seulement à l’Est du pays, mais aussi dans la capitale. À cette insécurité s’ajoutent les voyous en col en blanc qui nous dirigent, lesquels se distinguent par la corruption, le clientélisme, la cupidité, l’avidité, le pillage systématique des biens publics, etc.
Les violations des droits fondamentaux ternissent tristement l’image de notre pays. En effet, champion en la matière et considérée comme la capitale mondiale du viol, la République Démocratique du Congo est citée dans tous les rapports concernant les violations des droits fondamentaux de la personne humaine. Pas plus tard qu’hier, 7 femmes ont été sauvagement violées par des combattants rwandais des FDLR-FOCA dans la forêt de Bushalingwa, en groupement Ikobo, dans le territoire de Walikale. À ce jour, dans la plupart des cas, ces femmes violées sont abandonnées à elles-mêmes, donc livrées à leur propre sort. Ainsi sommes-nous en droit de nous demander si l’État existe réellement sur l’ensemble du territoire national, si le gouvernement congolais a vraiment la volonté de combattre l’insécurité qui déstabilise sans cesse notre pays.
Dans notre pays, les assassinats des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme, les massacres des étudiants et des populations du Bas-Congo, dont les membres de Bundu dia Kongo, sont couverts sous le sceau de l’impunité. Le président Joseph Kabila n’a-t-il pas promulgué une loi d’amnistie en faveur des criminels comme Bosco Ntaganda, Laurent Nkunda et les autres membres du CNDP ? En tout cas, Franck Ngyke et son épouse, Serge Maheshe, Didas Namujimbo et tant d autres inconnus, tous journalistes, ont été lâchement assassinés pour avoir essayé d’éveiller la conscience du peuple congolais. Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, activistes des droits de l’Homme, ont été exécutés pour avoir défendu la dignité des opprimés. Armand Tungulu, sauvagement assassiné, a eu le malheur de manifester publiquement la colère de ses compatriotes muselés. Tous ces crimes ont été commis par des sbires du régime congolais en violation de l’article 15 de la Constitution.
Force est de constater que le Sud Kivu est devenu une zone de non-droit livrée aux pilleurs de nos ressources, occupée par des milices et des armées étrangères. Les femmes, sans distinction d’âge, y sont systématiquement violées, parfois avec le concours des éléments de notre propre armée. Dans cette partie du territoire national, les enfants continuent à être enrôlés de force dans l’armée et dans les différentes milices pour servir de chair à canon.
Il nous semble que Joseph Kabila a été élu en 2006 avant tout pour rétablir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire. Peut-on conclure qu’il a été, presque six ans après son élection, le garant de la souveraineté nationale et de la défense de l’intégrité territoriale ? De toute évidence, le chef des armées s’est plutôt transformé en torpilleur des Forces Armées de la République Démocratique du Congo en confiant la haute hiérarchie de cette institution à des criminels du RCD et du CNDP, lesquels sont responsables d’au moins 8 millions de morts dans le territoire national. Ces derniers, qui jouissent de l’impunité malgré les crimes commis, ne cessent de bénéficier de la protection de Joseph Kabila.
S’agissant de la réalisation des cinq chantiers présidentiels, leur miroitement contraste avec la situation socio-économique chaotique que connaît quotidiennement la grande majorité des Congolaises et des Congolais qui n’a que difficilement accès aux produits de première nécessité. Ainsi s’enfoncent-elle davantage dans la misère. En proie à l’irresponsabilité gouvernementale, cette majorité silencieuse n’est plus en mesure de subvenir aux besoins familiaux. Victimes de l’insuffisance alimentaire, du non-paiement des salaires pour ceux qui occupent un emploi, du chômage chronique, nos compatriotes connaissent un calvaire qui les empêche d’avoir naturellement accès aux soins médicaux, à l’eau potable et à l’électricité. Ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un membre dans la diaspora sont livrés à eux-mêmes et errent dans la rue avec tout ce que cela comporte comme risques et conséquences. Pourtant, cette situation ne semble guère émouvoir outre mesure le gouvernement. Au contraire, celui-ci multiplie les manœuvres, soutenu qu’il l’est par des parlementaires godillots, pour se maintenir in fine au pouvoir.
Nos centres urbains, en particulier Kinshasa la capitale, autrefois réputés pour leur sécurité, sont désertés par les forces censées rétablir l’ordre, contraignant ainsi les populations à l’anxiété. La corruption, qui se manifeste sous diverses formes, gangrène non seulement tous les secteurs de l’État mais elle hypothèque surtout le développement socio-économique de notre pays. Quant au chômage des jeunes (diplômés ou non) dans les milieux urbains, il ne cesse de s’amplifier au point de menacer notre futur. En effet, véritable cauchemar, cet état de fait conduit au désespoir et condamne toute possibilité de relève.
Voilà les raisons pour lesquelles nous disons aujourd’hui avec force et vigueur, en cette place de la République, aux pays des droits de l’Homme et du Citoyen qu’est la France :
- NON AUX ARRESTATIONS ARBITRAIRES ET AUX INTIMIDATIONS ;
- NON AUX MASSACRES DES POPULATIONS CONGOLAISES ;
- NON AUX VIOLENCES FAITES À LA FEMME CONGOLAISE ET AUX ENFANTS ;
- NON À LA BALKANISATION DE LA RD CONGO ;
- NON AU TRIPATOUILLAGE CONSTITUTIONNEL.
Au-delà du fait de dire NON aux violations des droits fondamentaux en République Démocratique du Congo, Nous, Congolais de la diaspora de France, rappelons que c’est grâce au sang versé par nos aînés que notre pays a accédé à la reconnaissance internationale le 30 juin 1960.
Conformément à la loi fondamentale inscrite dans la Constitution, notamment dans ses articles 5, 64 et 77, Nous rappelons l’engagement du peuple congolais envers la Patrie, l’obligation de contribuer à sa défense et le devoir sacré de tout Congolais de faire échec à tout individu qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions constitutionnelles.
Nous décidons donc de :
- prendre à l’avenir des dispositions urgentes, efficaces et pérennes en vue du rétablissement immédiat de l’état de droit en République Démocratique du Congo ;
- mettre fin au règne de l’impunité afin de préserver les intérêts des plus faibles, la finalité étant le rétablissement des victimes de violences sexuelles dans leurs droits.
Ces vœux ne peuvent être réalisés que si nous parvenons à changer le régime en place à en République Démocratique du Congo. Voilà pourquoi nous disons avec toute l’énergie qui nous anime KABILA DÉGAGE !
QUE VIVE À JAMAIS LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO !
Fait à Paris, le 12 mars 2011
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Le Collectif congolais de soutien à la lutte pour le changement et la démocratie (regroupement indépendant et citoyen d’associations et partis politiques congolais en France) qui soutient les luttes du peuple congolais pour le changement du système et pour l’État de droit.
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