En République Démocratique du Congo, selon une estimation de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), l’enregistrement des électeurs s’achèverait le 31 juillet 2017. Date à partir de laquelle il faudrait compter 504 jours pour accomplir le processus devant conduire aux élections couplées : la présidentielle, les législatives nationales et les provinciales. Cela aurait pour conséquence le report de la tenue des élections à la fin de l’année suivante, soit en 2018. Un groupe de travail ferait des propositions de dates, sur la base de l’agenda proposé par la Céni, pour les futures élections, ainsi que pour l’accord politique qui déboucherait sur la formation d’un nouveau gouvernement.
Force est de constater que l’estimation de la Céni n’est pas conforme aux délais constitutionnels. Pis encore, aucune allusion n’est faite sur la présidence du gouvernement en gestation. Quid de la limitation du mandat présidentiel et de son intérim par le président du Sénat en vue de l’organisation de l’élection présidentielle dans un délai minimum de 90 jours ou maximum de 120 jours ? Quid de la résolution 2277 des Nations Unies ?
Au vu des arguments évoqués ci-dessus, la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) accuse avec force et vigueur les participants au Dialogue national politique, sous la Facilitation d’Edem Kodjo et le soutien de la Communauté internationale, de fouler cyniquement aux pieds la Constitution de la République Démocratique du Congo – bafouant ainsi l’honneur et la dignité des populations congolaises.
Par conséquent, les résolutions du Dialogue national politique n’étant pas au-dessus des dispositifs constitutionnels, l’ABACO Europe interpelle le peuple congolais, qui plus est le souverain primaire, en vue du triomphe du patriotisme – l’objectif étant de faire échec au coup d’État constitutionnel en cours de préparation en République Démocratique du Congo.
Fait à Paris, le 2 octobre 2016
Pour la Direction Europe de l’ABACO,
Gaspard-Hubert Lonsi Koko,
Premier Vice-Président de l’Alliance de Base pour l’Action Commune
Cette plate-forme politique et idéologique, dénommée Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) et proposée à l’ensemble du peuple congolais, repose sur quatre principes fondamentaux : à savoir la Liberté, l’Égalité, la Sécurité et la Prospérité.
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dimanche 2 octobre 2016
mercredi 5 décembre 2012
Le combat pour la RDC du troisième millénaire
En
République démocratique du Congo, les deux dernières années ont été
marquées par l’illégitimité du pouvoir politique, l’incapacité à
défendre l’intégrité du territoire national et la démission de l’État.
Ainsi, le peuple congolais est-il durement éprouvé et humilié par ses
voisins à cause de sa propre inertie au regard de moult
dysfonctionnements des institutions politiques et de la faillite de
l’armée face aux agresseurs.
Le degré zéro de la politique
En se maintenant au pouvoir à défaut de la volonté populaire, les autorités en place à Kinshasa ont violé les principes les élémentaires en matière de représentation nationale. Elles ont donc privé, par la fraude, les partisans de la liberté et de la souveraine de leur victoire électorale. Cette illégitimité politique expose de nos jours le Congo-Kinshasa à toute velléité expansionniste de la part de ses voisins, avec tout ce que cela comporte comme conséquences : crimes de guerre et crimes contre l’humanité, violations des droits fondamentaux de la personne humaine, insécurité, impunité, pillages, prédations…
En République démocratique du Congo, on assiste à une sorte de dérive politique qui fonctionne au détriment de la gestion de la chose publique, donc au profit de seuls intérêts étrangers.
L’indifférence de la communauté internationale
On se trouve en présence d’un peuple congolais très inquiet, voire très angoissé, qui peine à dénoncer les zones d’ombre qui mettent à mal la cohésion nationale et à obtenir les sanctions contre les agresseurs ainsi que leurs bras armés. Il est inhumain que la mort de plus huit millions de personnes du simple fait d’être nées Congolaises ne suscite aucune indignation de la part de la communauté internationale. Il est inacceptable que l’on puisse négocier avec des gens ayant violé, et qui continuent de violer, les femmes et les enfants dans le but de piller les richesses naturelles et de s’approprier les terres du Kivu. Il est incompréhensible de défendre au Conseil des Nations unies des criminels qui ont enrôlé de force des enfants et les ont poussés, par la suite, à utiliser les armes contre leurs parents.
Le sursaut patriotique
Le peuple congolais ne doit surtout pas se laisser vaincre par le désespoir. De plus, seul le sursaut patriotique lui permettre de léguer à ses descendants un pays apaisé et dynamique.
Raison pour laquelle les Congolaises et les Congolais doivent enfin
dresser leurs fronts longtemps courbés et prendre enfin le plus bel élan
dans la combativité en vue d’une paix durable et de la prospérité. De toute évidence, la foi et la volonté de consolider la cohésion nationale seront, à n’en pas douter, le gage de leur salut.
Les Congolaises et les Congolais doivent résister, par tous les moyens et à n’importe quel prix. Ils doivent combattre les injustices, les humiliations, les privations et les complices internes des agresseurs… Ils doivent dénoncer « avec force et vigueur » l’impunité dont jouissent les auteurs des violences sexuelles et des crimes contre l’humanité. Peuple épris de paix, les Congolaises et les Congolais doivent se révolter, en bons humanistes, contre l’humiliation de l’Homme par l’Homme.
Le combat pour la République démocratique du Congo du troisième millénaire réussira, car le peuple congolais est désormais convaincu du fait que les transformations de sa société ne dépendront pas seulement de la prise du pouvoir, mais avant tout de sa propre prise de conscience et de l’implication des masses. À moins d’être de mauvaise foi, ou complice de la chosification du peuple congolais, personne ne pourra mettre en doute la légitimité à défendre, par tous les moyens, les intérêts vitaux de ses compatriotes et l’intégrité du territoire national.
La destinée de la RD Congo
L’objectif primordial, c’est de trouver des voies et moyens
susceptibles de permettre au peuple congolais d’être capable par
l’information et la formation, par la résistance aux agresseurs, par le
dialogue intercongolais et aussi par les convictions politiques de décider de son avenir.
Les Congolaises et les Congolais doivent donc devenir les premiers
responsables de la destinée de leur pays. Il est impossible de lutter de
manière efficace et de transformer la société en étant divisé, en étant
incapable d’accoucher d’une puissante organisation en mesure de remettre en cause l’ordre injustement établi par ceux qui ont intérêt à garder le monopole des richesses de la République démocratique du Congo.
Un seul choix est envisageable. Celui qui consiste à adopter une tactique pouvant permettre de gouverner politiquement pour tous les Congolais. S’imposent donc, dans cette optique, trois possibilités : soit de conquérir à tout prix le pouvoir pour le pouvoir ; soit de constituer un bloc contre le régime en place à Kinshasa, en s’alliant avec les agresseurs, afin de garantir l’accès au pouvoir ; soit d’œuvrer dans le cadre de l’union des Congolais. Face à ces interrogations, la majorité de Congolaises et des de Congolais a enfin fait le choix de l’union du Congo, laquelle doit être ouverte. En effet, comment peut-on devenir majoritaire si l’on exclue ceux qui, aujourd’hui, pensent autrement.
Les Congolaises et les Congolais sont condamnés à dépasser leurs divergences, à cesser de se regarder en chiens de faïence. Bref, ils doivent s’unir. Pour cela, il faudra un fédérateur des talents des uns et des autres, un rassembleur de ce qui est épars, un leader qui se situe à la jonction de différentes aspirations pour lesquelles chacun milite. Le souhait, pour l’année 2013, c’est de constituer dans l’unité une structure cohérente aspirant au pouvoir politique, donc à la gestion économique, au rétablissement de l’autorité de l’État dans l’ensemble du territoire national et à l’instauration de la paix dans la région des Grands Lacs.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
© Jolpress
- Debout, Congolais ! ;
- Quelle perspective immédiate pour la RDC ?
- Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique.
Le degré zéro de la politique
En se maintenant au pouvoir à défaut de la volonté populaire, les autorités en place à Kinshasa ont violé les principes les élémentaires en matière de représentation nationale. Elles ont donc privé, par la fraude, les partisans de la liberté et de la souveraine de leur victoire électorale. Cette illégitimité politique expose de nos jours le Congo-Kinshasa à toute velléité expansionniste de la part de ses voisins, avec tout ce que cela comporte comme conséquences : crimes de guerre et crimes contre l’humanité, violations des droits fondamentaux de la personne humaine, insécurité, impunité, pillages, prédations…
En République démocratique du Congo, on assiste à une sorte de dérive politique qui fonctionne au détriment de la gestion de la chose publique, donc au profit de seuls intérêts étrangers.
L’indifférence de la communauté internationale
On se trouve en présence d’un peuple congolais très inquiet, voire très angoissé, qui peine à dénoncer les zones d’ombre qui mettent à mal la cohésion nationale et à obtenir les sanctions contre les agresseurs ainsi que leurs bras armés. Il est inhumain que la mort de plus huit millions de personnes du simple fait d’être nées Congolaises ne suscite aucune indignation de la part de la communauté internationale. Il est inacceptable que l’on puisse négocier avec des gens ayant violé, et qui continuent de violer, les femmes et les enfants dans le but de piller les richesses naturelles et de s’approprier les terres du Kivu. Il est incompréhensible de défendre au Conseil des Nations unies des criminels qui ont enrôlé de force des enfants et les ont poussés, par la suite, à utiliser les armes contre leurs parents.
Le sursaut patriotique
Les Congolaises et les Congolais doivent résister, par tous les moyens et à n’importe quel prix. Ils doivent combattre les injustices, les humiliations, les privations et les complices internes des agresseurs… Ils doivent dénoncer « avec force et vigueur » l’impunité dont jouissent les auteurs des violences sexuelles et des crimes contre l’humanité. Peuple épris de paix, les Congolaises et les Congolais doivent se révolter, en bons humanistes, contre l’humiliation de l’Homme par l’Homme.
Le combat pour la République démocratique du Congo du troisième millénaire réussira, car le peuple congolais est désormais convaincu du fait que les transformations de sa société ne dépendront pas seulement de la prise du pouvoir, mais avant tout de sa propre prise de conscience et de l’implication des masses. À moins d’être de mauvaise foi, ou complice de la chosification du peuple congolais, personne ne pourra mettre en doute la légitimité à défendre, par tous les moyens, les intérêts vitaux de ses compatriotes et l’intégrité du territoire national.
La destinée de la RD Congo
Un seul choix est envisageable. Celui qui consiste à adopter une tactique pouvant permettre de gouverner politiquement pour tous les Congolais. S’imposent donc, dans cette optique, trois possibilités : soit de conquérir à tout prix le pouvoir pour le pouvoir ; soit de constituer un bloc contre le régime en place à Kinshasa, en s’alliant avec les agresseurs, afin de garantir l’accès au pouvoir ; soit d’œuvrer dans le cadre de l’union des Congolais. Face à ces interrogations, la majorité de Congolaises et des de Congolais a enfin fait le choix de l’union du Congo, laquelle doit être ouverte. En effet, comment peut-on devenir majoritaire si l’on exclue ceux qui, aujourd’hui, pensent autrement.
Les Congolaises et les Congolais sont condamnés à dépasser leurs divergences, à cesser de se regarder en chiens de faïence. Bref, ils doivent s’unir. Pour cela, il faudra un fédérateur des talents des uns et des autres, un rassembleur de ce qui est épars, un leader qui se situe à la jonction de différentes aspirations pour lesquelles chacun milite. Le souhait, pour l’année 2013, c’est de constituer dans l’unité une structure cohérente aspirant au pouvoir politique, donc à la gestion économique, au rétablissement de l’autorité de l’État dans l’ensemble du territoire national et à l’instauration de la paix dans la région des Grands Lacs.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
© Jolpress
À lire aussi :
- La RD Congo : le patriotisme d’abord ;- Debout, Congolais ! ;
- Quelle perspective immédiate pour la RDC ?
- Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique.
vendredi 30 novembre 2012
Guerre au Nord-Kivu
Une
représentation des partis politiques congolais en France appelle à la cohésion
nationale .
| Ils combattent "pour l'intérêt supérieur de la nation" |
A l’initiative de quelques partis politiques congolais , une conférence de presse sur la guerre au Nord-Kivu s’est tenue mercredi 28 novembre à Paris. Soucieux de l’ampleur que prend la crise dans la partie orientale de la RDC, Gaspard-Hubert Lonsi Koko ( Porte-parole du Rassemblement pour le développement et la paix au Congo), Kabeya N’Kashama-Mutoke ( Membre du Conseil national du Congrès des démocrates pour le progrès social) et Ferdinand Lufete (Coordinateur en France de la plate-forme politique Alliance pour le développement et la République) appellent à la cohésion nationale pour faire face à l’agression dont le pays est victime de la part des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda et l’Ouganda.
Après un propos
liminaire d’une dizaine de minutes, les trois acteurs politiques ont répondu aux questions des journalistes étrangers
et congolais pendant près d’une heure et demie. Et le moins que l’on puisse
dire , c’est qu’ils ont su faire passer leur message. Prenant tour à tour un
air grave, tourmenté… , à l’évocation de certains noms et faits, ils ont
répondu avec brio et d’une seule voix à toutes les questions qui leur ont été
posées.
Gaspard-Hubert-Lonsi
Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete ont évoqué l’Histoire de la
RDC depuis 1997. Loin d’ être des suppôts du mobutisme ou des actuels
dirigeants du pays , ils sont totalement convaincus que le même scénario mis en
place par le Rwanda, l’Ouganda, et dans le Burundi (soutenus par la communauté
internationale), pour chasser le Maréchal Mobutu du pouvoir, est en train de se
reproduire.
Les trois orateurs ont
exprimé leur écœurement et leur consternation après les crises à répétition que
vit le pays depuis la prise du pouvoir par l’Alliance des forces démocratiques
pour la libération du Congo (AFDL) et
l’avènement du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD),
« conséquences du non-respect de différentes résolutions et accords
signés par ceux qui gouvernent , par
défi, la République Démocratique du Congo ».
«Devons-nous
encore accepter un autre poulain de l’Ouganda, du Burundi et du Rwanda, après
des pilules mortelles que l’on nous a fait avaler en 1997, en 2001, en 2006 et en
2011 ? », se sont-ils interrogés.
Ils ont fustigé
« les velléités expansionnistes des voisins de l’Est » de la RDC dont
l’ambition n’est plus un secret pour personne : « Balkaniser le
Congo ». Et pour atteindre leur objectif macabre, « ils se sont
associés à des entreprises étrangères, lesquelles sont soutenues par des
puissances extracontinentales »
RESPONSABILITE PARTAGEE
Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete ont dénoncé avec force l’inertie et la complicité de la communauté internationale et de certaines puissances extracontinentales qui n’ont jamais clairement condamné les crimes dont est victime le peuple congolais dans la région du Kivu : l’extorsion, le harcèlement, les pillages et viols des mamans, sœurs et enfants.
Ils constatent avec
amertume et indignation que les forces onusiennes dont la mission est de protéger les populations congolaises de la
région du Kivu, qui subissent les affres de guerre, et d’assurer la stabilisation
du pays, « côtoient les agresseurs de la RDC en toute indifférence dans
des régions occupées ». Contrairement à la charge qui leur a été confiée, le
travail de ces forces consiste maintenant à « faciliter le noyautage de la chaîne
de commandement de l’Armée nationale congolaise, y compris l’infiltration
d’autres institutions aussi bien économiques que politiques », ont-ils fait
remarquer.
Une grande majorité de
la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, porte également une part de responsabilité dans les
conflits irrésolus que traverse le pays. « Elle ne joue pas franc
jeu », ont-ils dit.
« Elle a
sciemment failli dans la tâche qui a consisté à doter la RDC d’une majorité
gouvernementale incontestable, soucieuse de la gestion de la chose publique au
profit du peuple, et d’une opposition crédible. Elle a retardé la réforme de
l’armée, des forces de sécurité et de police. Elle n’a pas exhorté le
gouvernement à doter le pays d’une force de défense et de dissuasion capable de
faire face à une quelconque menace extérieure. Ainsi a-t-elle agi en
intelligence avec les ennemis de notre peuple. La classe politique a tout
simplement trahi la nation. »
LE PATRIOTISME D’ABORD
Au-delà de leurs sensibilités politiques, les trois orateurs privilégient le patriotisme car pour le peuple congolais l’heure est grave : le pays est agressé. Une attaque ayant occasionné la prise de la ville stratégique de Goma, à l’Est de la RDC, par les rebelles du M23.
Fort de ce constat, Gaspard-Hubert
Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete appellent, sans démordre,
à la cohésion nationale autour de cette agression, qu’ils condamnent fermement,
pour bouter l’ennemi hors du territoire national et mettre définitivement un
terme à la guerre au Nord-Kivu.
Ils demandent au
gouvernement de mettre en place « des conditions d’une véritable
réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan
patriotique collectif, pour la défense de la nation infiltrée, agressée et
occupée, et la formation d’un gouvernement d’union nationale, ou de salut
public, dans le contexte de l’état d’urgence. »
Ils proposent « la
création des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs
des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations de droits
fondamentaux de la personne humaine et haute trahison. »
S’agissant de la
sécurisation du territoire national, les trois orateurs proposent « le
changement de la mission de la Monusco et sa transformation en force
d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au
cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, son
remplacement par les forces de l’Union africaine-à l’exclusion des pays voisins
de l’Est-, ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom. »
Ils demandent au
gouvernement de procéder au « désengagement des officiers originaires du
Kivu et leur redéploiement dans d’autres régions du pays, les Régions
militaires du Kivu devant être placées sous le commandement des officiers non
locaux. »
Ils demandent en outre
« la mise en place d’une armée et d’une police républicaines et
performantes, ainsi que la maîtrise de l’insécurité et la restauration de
l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. »
Pour instaurer une paix
durable dans la Région des Grands Lacs, les trois acteurs politiques congolais
préconisent l’obtention du dialogue inter-rwandais en vue d’assurer le
rapatriement en toute sécurité des combattants FDLR et d’autres réfugiés
rwandais dans leur pays.
« La
réconciliation du peuple rwandais avec lui-même est le seul gage d’une
cohabitation pacifique et pérenne entre les deux communautés, Hutus et Tutsi,
qui s’entre-tuent depuis des lustres », assurent-ils. « A défaut,
l’élaboration d’un plan de désarmement et d’éloignement des combattants FDLR
dans un pays non limitrophe du Rwanda, conformément aux dispositifs de la
Convention de Genève. » Ils sont tous favorables à ce qu’une discussion
s’engage sur « la gestion commune des ressources frontalières ».
Pour Gaspard-Hubert
Lonsi Koko, Kabeya N’Kashama-Mutoke et Ferdinand Lufete, cette conférence de
presse était l’occasion de montrer à la face du monde que le peuple congolais
est capable en toutes circonstances de combattre ses faiblesses, dépasser les
clivages et antagonismes politiques pour défendre et sauver la nation.
Robert Kongo, correspondant en France
© Le Potentiel
mercredi 28 novembre 2012
Conférence de presse des Partis politiques et des Associations congolaises de France
Pour la cohésion nationale et la pacification de la République Démocratique du Congo
Devons-nous encore accepter un autre poulain de l’Ouganda, du Burundi et du Rwanda, après des pilules mortelles que l’on nous a fait avaler en 1997, en 2001, en 2006 et en 2011 ? Toutes les crises connues, depuis la prise du pouvoir par l’AFDL et l’avènement du PPRD, sont les conséquences du non-respect de différentes résolutions et accords (Conférence nationale souveraine, Accords de Lusaka et de Sun City) par ceux qui gouvernent, par défi, la République Démocratique du Congo.
I - Velléités expansionnistes de nos voisins de l’Est
Depuis le déclenchement de la guerre de 1997, nos voisins de l’Est ont pris une sérieuse option sur notre devenir. Pour faire main basse sur nos terres et nos ressources minérales, ils essaient de balkaniser notre pays par tous les moyens et à n’importe quel prix. Pour atteindre leur objectif, ils se sont associés à des entreprises étrangères, lesquelles sont soutenues par des puissances extracontinentales. En contrepartie, ils doivent faire de la République Démocratique du Congo, dans le pire des cas, un « no man’s land » où lesdites entreprises s’approvisionneront en minerais rares à moindres frais. Dans le meilleur des cas, ils doivent occuper la partie orientale de notre pays afin de la transformer en une zone franche au profit des forces coalisées.
II - Inertie et complicité significatives de la communauté internationale
L’articulation du plan des forces coalisées contre notre pays est probablement programmée par la communauté internationale. Raison pour laquelle les forces onusiennes ne cessent de s’interposer entre les Forces armées de la République Démocratique du Congo et les différents mouvements de déstabilisation, et de côtoyer nos agresseurs en toute indifférence dans des régions occupées. Leur objectif consiste à faciliter le noyautage de la chaîne de commandement de l’armée nationale congolaise, y compris l’infiltration d’autres institutions aussi bien économiques que politiques.
III - Ambiguïté et complicité du pouvoir et d’une certaine classe politique congolaise
Nous sommes conscients du fait qu’une grande majorité de la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, ne joue pas franc jeu. Elle a sciemment failli dans la tâche qui a consisté à doter la République Démocratique du Congo d’une majorité gouvernementale incontestable, soucieuse de la gestion de la chose publique au profit du peuple, et d’une opposition crédible, c’est-à-dire constructive. Ainsi a-t-elle agi en intelligence avec les ennemis de notre peuple. La classe politique a tout simplement trahi la Nation.
En ayant retardé la reforme de l’armée, des forces de sécurités et de police, conformément à l’accord global et inclusif de Pretoria, le gouvernement n’a pas voulu doter le pays d’une force de défense et de dissuasion capable de faire face à une quelconque menace extérieure.
Nous ne sommes pas du tout dupes. En effet, nous sommes conscients que les forces négatives veulent profiter de notre faiblesse en matière de défense du territoire, de l’illégitimité et de l’illégalité du pouvoir en place pour se débarrasser d’un partenaire qu’ils ont pourtant soutenu, sans aucun projet de société, aux élections bâclées de 2006 et du 28 novembre 2011. Ce n’est donc pas pour libérer le peuple congolais d’un allié désavoué par la majorité de notre peuple qu’elles sèment la mort et la terreur, mais plutôt pour achever un processus d’occupation, voire de balkanisation, déjà planifié dans les capitales occidentales.
IV - Ni Charybde, ni Scylla
Le peuple congolais se trouve aujourd’hui face à un dilemme à la fois kafkaïen et cornélien. De plus, les partisans de la balkanisation et ceux de l’occupation du Congo-Kinshasa l’ont obligé à faire le choix entre Charybde et Scylla, entre l’insécurité et la soumission, entre la violence et le génocide.
Fort heureusement, au-delà des tendances politiques, nous sommes une grande majorité des Congolaises et des Congolais de l’étranger et de l’ensemble du territoire national à privilégier le patriotisme. Nous estimons que l’avenir de la République Démocratique du Congo dépend de l’émergence d’une nouvelle voie excluant celle qui a été empruntée depuis 2001 par une classe politique qui a failli et par des personnes sans foi ni loi qui ont versé le sang de notre peuple, violé nos mères, nos femmes et nos enfants, pillé nos ressources naturelles et déstabilisé notre pays. Cette classe politique est aujourd’hui préoccupée par l’enrichissement insolent, au mépris de la misère de notre peuple chosifié.
En conséquence, Nous, Partis politiques et Associations congolaises de France :
- condamnons avec la dernière énergie l’agression de notre pays, sur sa partie orientale, ayant occasionné la prise de Goma ;
- dénonçons les manœuvres, en cours et en perspective, planifiées depuis l’extérieur du continent africain ;
- dénonçons l’attitude de la communauté internationale et de certaines puissances extracontinentales qui soutiennent la déstabilisation de la République Démocratique du Congo et orchestrent le massacre de notre peuple depuis 15 ans ;
- lançons un appel solennel au peuple congolais, aux organisations politiques et à toutes les forces vives à se mobiliser contre les agresseurs afin de mettre définitivement un terme aux guerres du Kivu.
V - Nos propositions
Au vu des arguments évoqués ci-dessus, pour l’intérêt supérieur du peuple congolais, nous faisons ci-après des propositions en vue d’un État de droit, de la stabilité et de l’indivisibilité de la République Démocratique du Congo, ainsi que de la pacification de la Région des Grands Lacs africains.
1. Sur la cohésion nationale – partant du principe que les élections bâclées de novembre 2011, l’incapacité morale, politique et opérationnelle des institutions ôtent au régime actuel toute légitimité sur le plan interne et toute crédibilité vis-à-vis de l’extérieur –, nous préconisons :
- la mise en place des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, pour la défense de la nation infiltrée, agressée et occupée ;
- la mise en place, sans pour autant sombrer dans les erreurs du passé, d’un gouvernement d’union nationale, ou de salut public, dans le contexte de l’état d’urgence ;
- l’incessibilité de la nationalité congolaise d’origine, conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la Constitution, ainsi que le droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger ;
- la préparation, dans un délai raisonnable, des élections générales libres et crédibles, en commençant par les élections locales ;
- la création des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations de droits fondamentaux de la personne humaine et haute trahison.
2. Sur la sécurisation du territoire national, nous proposons :
- le changement de la mission de la Monusco et sa transformation en force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, son remplacement par les forces de l’Union africaine (à l’exclusion des pays voisins de l’Est), ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom ;
- la mise en place d’une armée et d’une police républicaines et performantes, ainsi que la maîtrise de l’insécurité et la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national ;
- le désengagement des officiers originaires du Kivu et leur redéploiement dans d’autres régions du pays, les Régions militaires du Kivu devant être placées sous le commandement des officiers non locaux.
3. Sur la paix durable dans la Région des Grands Lacs, nous préconisons :
- l’obtention du dialogue inter-rwandais en vue d’assurer le rapatriement en toute sécurité des combattants FDLR et d’autres réfugiés rwandais dans leur pays, la réconciliation du peuple rwandais avec lui-même étant le seul gage d’une cohabitation pacifique et pérenne entre les deux communautés Hutu et Tutsi qui s’entre-tuent depuis des lustres ;
- à défaut, l’élaboration d’un plan de désarmement et d’éloignement des combattants FDLR dans un pays non limitrophe du Rwanda, conformément aux dispositifs de la Convention de Genève ;
- les tractations sur la gestion commune des ressources frontalières.
Fait à Paris, le 28 novembre 2012
Signataires :
- Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) ;
- Congrès des Démocrates pour le Progrès Social (CDPS-France) ;
- Alliance pour le Développement de la République (ADR-France) ;
- Collectif des Démocrates Congolais (CDC) ;
- Union du Congo (UDC) ;
- Groupe de Réflexions des Congolais de France (GRCF).
Libellés :
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