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lundi 4 février 2013

Lettre ouverte au Premier Ministre Belge, Elio di Rupo, sur la dramatique situation dans le Kivu en RD Congo

Signez la pétition



Monsieur le Premier Ministre,

Nous, Congolais de l’étranger, souhaiterions attirer votre attention sur la dramatique situation en cours dans l’Est de la République Démocratique du Congo – ce pays ayant beaucoup contribué, d’une manière ou d’une autre, avant comme après l’indépendance, à la renommée internationale du Royaume de Belgique. En effet, l’intervention militaire française sur le sol malien ne peut que nous interroger sur l’indifférence de votre gouvernement par rapport à son ancienne colonie.

En ayant engagé les troupes françaises au Mali, le président de la République Française, François Hollande, vient de solder, envers le peuple malien, la dette morale de la France remontant à la Seconde guerre mondiale. Ainsi honore-t-il, par cette intervention militaire, les Maliens morts pour la France sur les différents champs de batailles. L’opération Serval a non seulement trait à la défense des valeurs universelles, mais surtout à une Histoire commune entre les peuples concernés. Or, nul ne l’ignore, la Belgique et la République Démocratique du Congo ont longtemps cheminé ensemble, pour le meilleur et pour le pire, vers un idéal partagé.

En conséquence, Nous, Congolais de l’étranger, demandons au gouvernement belge de prendre l’initiative d’une opération militaire, aux côtés des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), en vue de stabiliser la région du Kivu. Nous ne souhaitons en aucun cas que cette intervention soit un soutien à une quelconque structure politique. Au contraire, elle doit symboliser un acte salutaire non seulement pour les populations congolaises victimes de crimes de guerre et crimes contre l’Humanité, mais surtout pour la Paix dans la région des Grands Lacs.

Espérant pourvoir compter sur l’humanité du peuple belge, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre très haute considération.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Président d’Union du Congo

Signez la pétition

mercredi 23 janvier 2013

Gaspard-Hubert Lonsi Koko sur Radio Vexin Val de Seine

Samedi 26 janvier à 15 h (heure de Paris),
Robert Kongo, journaliste, correspondant en France du
journal Le Potentiel et responsable rédactionnel sur
Radio Vexin Val de Seine, évoquera les grands événements
politiques 2012.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko, écrivain et acteur politique congolais, sera l'invité de l'émission.

Fidèle à ses engagements humanistes, il pense profondément que "Les seules personnes qui devraient gouverner ce monde sont celles qui s'intéressent plus aux gens qu'au pouvoir". 

LA REDACTION
Radio Vexin Val de Seine 96.2 FM
www.rvvs.fr

vendredi 18 janvier 2013

Quel avenir pour les pays des Grands Lacs africains ?

Ces dix-huit dernières années, la région des Grands Lacs africains a été le théâtre de violences meurtrières, de catastrophes humanitaires et bouleversements politiques sans précédent. En effet, quatre chefs d’État ont été assassinés –  Melchior Ndadaye et Cyprien Ntaryamira au Burundi, Juvénal Habyarimana au Rwanda, Laurent-Désiré Kabila en République Démocratique du Congo – tandis que les guerres civiles ont occasionné 1 million de morts au Rwanda, 500 000 au Burundi, plus de 6 000 000 au Congo-Kinshasa[1]. Quant aux conflits sociaux, ils ont profondément détruit la confiance entre ces trois pays dont les relations ont toujours été cordiales jusqu’en 1996[2]. Triste constat, le génocide rwandais n’a nullement empêché le génocide congolais. Les victimes d’hier sont-elles devenues des bourreaux d’aujourd’hui ? Ces années de guerre ont en tout cas porté un coup fatal aux économies déjà précaires, plongeant ainsi la quasi-totalité des populations dans la pauvreté la plus extrême.
De 2006 à nos jours, on a malheureusement assisté aux différentes guerres et à moult conflits dans la région du Kivu à travers non seulement des affrontements meurtriers entre les forces armées étatiques[3] et les rebelles[4], mais aussi la protection[5] des généraux ayant déserté les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Ces derniers sont issus du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) et bénéficient du soutien du Rwanda, de l’Ouganda ainsi que du Burundi. C’est dans un contexte d’insécurité que plusieurs acteurs – dont la France, la Belgique[6], l’Union Africaine et les Nations Unies – cherchent en vain des solutions appropriées pour pacifier la région des Grands Lacs africains.

L’annexion du Kivu au Rwanda

Contrairement à l’idée défendue notamment par l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy et d’autres lobbyistes américains proches de l’ancien président américain Bill Clinton, l’Union du Congo (UDC)[7] s’est opposée – par le truchement des manifestations à Paris et des prises de positions – aux propositions consistant à intégrer économiquement la région du Kivu au Rwanda. En revanche, l’UDC a préconisé une réactivation de la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) comme complément vital au processus de paix et au développement économique. Il est important de discuter, à cet effet, des modalités d’une Commission d’évaluation, de relance et de réaménagement des mécanismes et instruments existants de la CEPGL pour faire des propositions opérationnelles. Mais il faudra arrêter tout soutien politique et militaire aux forces négatives qui déstabilisent l’Est de la RD Congo. Effectivement, seule leur neutralisation et l’intégrité du territoire congolais pourront permettre l’établissement d’un agenda et l’articulation d’un programme précis dans le cadre d’une union douanière.

Paramètres à prendre en compte

Avant de faire des propositions, il est nécessaire de se pencher sur les obstacles et les opportunités relatives au réaménagement de la CEPGL sans pour autant omettre les atouts. Il est aussi important de cerner les intentions réelles de différents partenaires directement concernés et indirectement impliqués.
Rappelons que  la République Démocratique du Congo partage déjà un même espace avec le Rwanda au sein des organismes relatifs à l’Afrique centrale et dans le cadre de l’Afrique des Grands Lacs[8]. Il est indispensable d’avoir à l’esprit que, dans le cadre de la CEPGL, la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi ont déjà créé des sociétés mixtes[9]. À cet effet, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) a approuvé dix projets prioritaires à impacts visibles sur les populations frontalières[10].

Le réaménagement en vue de la relance de la CEPGL

Il est indispensable de stabiliser la République Démocratique du Congo, de le réconcilier avec les autres pays des Grands Lacs et de tendre vers un regroupement plus consolidé. La configuration des regroupements régionaux ne valant que celui de leurs composantes, seuls les États gérés de façon cohérente peuvent mettre en place une organisation transfrontalière viable et profitable aux différentes coopérations. Bien entendu, la stabilité politique des États membres reste le seul gage de la réussite de la CEPGL. On ne peut donc faire l’économie d’une étude approfondie s’agissant du rôle de l’Union africaine, des instruments de l’intégration régionale ainsi que des motivations des pays concernés. Dans le même ordre d’idées, les stratégies économiques ne doivent pas supplanter les enjeux politiques dans la mesure où les États structurés – politiquement, socialement et économiquement – résisteront mieux dans un regroupement dont les contours ne sont pas encore évidents. Plus explicitement, au-delà de l’aspect économique, il est important de prendre en compte les impératifs sécuritaires et politiques actuels. En effet, tant que l’enjeu principal de ce réaménagement ne sera pas le bien-être du plus vulnérable, les différentes tentatives d’intégration seront vouées à l’échec.
Une chose est certaine, les pays frontaliers de la République Démocratique du Congo ne doivent pas envier ses ressources naturelles mais avoir besoin de son développement économique. De plus, leur très riche voisin servira in fine de vivier non seulement à la région des Grands Lacs mais aussi à toute l’Afrique centrale. L’avenir des pays des Grands Lacs africains est indéniablement économique, et seuls les accords de non-agression pourront le garantir.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
© Jolpress

À lire aussi :

- La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie ;
- Pour une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs.
Notes :
[1] À cette liste macabre, il faut ajouter des milliers de personnes déplacées, des milliers de femmes victimes de violences sexuelles, le recours aux enfants soldats…
[2] La Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) se fonde sur des principes presque similaires à ceux qui sont en cours dans l’Union européenne et dans le Benelux :
- la libre-circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services ainsi qu’un droit d’établissement dans ces trois pays ;
- l’ouverture des frontières entre les pays membres et une politique douanière commune par rapport à l’espace non communautaire ;
- le  développement des infrastructures, des communications, des banques... ;
- la convergence et l’harmonisation des politiques économiques, sociales et agricoles.
[3] Allusion aux opérations conjointes qui ont été menées entre les FARDC et les éléments de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) sur le territoire congolais en vue de neutraliser les éléments négatifs.
[4] Congrès Nationale pour la Défense du Peuple (CNDP), Front Démocratique pour la Libération du Rwanda (FDLR), le Mouvement du 23 mars (M23), des milices Maï-Maï…
[5] Notamment le simulacre relatif à l’arrestation de Laurent Nkunda par les autorités rwandaises après son éviction de la direction du CNDP par Bosco Ntaganda, lequel dirige officieusement, aujourd’hui, le M23.
[6] De surcroît, lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies du 27 janvier 2006, (5359e session) concernant la situation des Grands Lacs africains, l’ancien ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a insisté sur l’effet stabilisateur de la coopération économique régionale. Il a souligné que la CEPGL pourrait devenir un facteur d’intégration entre les populations de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi. Enfin, en référence à cette région, la Commission européenne a insisté sur la corrélation entre la paix, la stabilité et le développement économique.
[7] Plate-forme d’associations congolaises et associées œuvrant pour la solidarité internationale, le développement économique et culturel ainsi que la paix en République Démocratique du Congo. Voir aussi la vidéo intitulée Nicolas Sarkozy et Paul Kagamé : les noces franco-rwandaises.
[8] D’où l’existence de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL).
[9] Notamment l’Énergie des Grands Lacs (EGL), l’Institut de Recherche Agronomique et Zootechnique (IRAZ), la Société Internationale pour l’Électricité des Grands Lacs (SINELAC) et, enfin, la Banque de Développement des États des Grands Lacs (BDEGL).
[10] Ces projets ont trait :
- à la création d’un mécanisme régional d’appui aux institutions de micro-finance, bassins transfrontaliers de développement ;
- au projet régional sur la sécurité alimentaire dans la région des Grands Lacs ;
- à la relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs qui a déjà reçu un montant de 50 millions de dollars de l’Union européenne en vue de son redémarrage ;
- au mécanisme régional de certification des ressources naturelles pour mettre un terme à l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises ;
- à l’exploitation du gaz méthane du Lac Kivu pour un programme d’amélioration des projets d’infrastructures et de facilités des transports…

mercredi 5 décembre 2012

Le combat pour la RDC du troisième millénaire

En République démocratique du Congo, les deux dernières années ont été marquées par l’illégitimité du pouvoir politique, l’incapacité à défendre l’intégrité du territoire national et la démission de l’État. Ainsi, le peuple congolais est-il durement éprouvé et humilié par ses voisins à cause de sa propre inertie au regard de moult dysfonctionnements des institutions politiques et de la faillite de l’armée face aux agresseurs.

Le degré zéro de la politique

En se maintenant au pouvoir à défaut de la volonté populaire, les autorités en place à Kinshasa ont violé les principes les élémentaires en matière de représentation nationale. Elles ont donc privé, par la fraude, les partisans de la liberté et de la souveraine de leur victoire électorale. Cette illégitimité politique expose de nos jours le Congo-Kinshasa à toute velléité expansionniste de la part de ses voisins, avec tout ce que cela comporte comme conséquences : crimes de guerre et crimes contre l’humanité, violations des droits fondamentaux de la personne humaine, insécurité, impunité, pillages, prédations…
En République démocratique du Congo, on assiste à une sorte de dérive politique qui fonctionne au détriment de la gestion de la chose publique, donc au profit de seuls intérêts étrangers.

L’indifférence de la communauté internationale

On se trouve en présence d’un peuple congolais très inquiet, voire très angoissé, qui peine à dénoncer les zones d’ombre qui mettent à mal la cohésion nationale et à obtenir les sanctions contre les agresseurs ainsi que leurs bras armés. Il est inhumain que la mort de plus huit millions de personnes du simple fait d’être nées Congolaises ne suscite aucune indignation de la part de la communauté internationale. Il est inacceptable que l’on puisse négocier avec des gens ayant violé, et qui continuent de violer, les femmes et les enfants dans le but de piller les richesses naturelles et de s’approprier les terres du Kivu. Il est incompréhensible de défendre au Conseil des Nations unies des criminels qui ont enrôlé de force des enfants et les ont poussés, par la suite, à utiliser les armes contre leurs parents.

Le sursaut patriotique

Le peuple congolais ne doit surtout pas se laisser vaincre par le désespoir. De plus, seul le sursaut patriotique lui permettre de léguer à ses descendants un pays apaisé et dynamique. Raison pour laquelle les Congolaises et les Congolais doivent enfin dresser leurs fronts longtemps courbés et prendre enfin le plus bel élan dans la combativité en vue d’une paix durable et de la prospérité. De toute évidence, la foi et la volonté de consolider la cohésion nationale seront, à n’en pas douter, le gage de leur salut.
Les Congolaises et les Congolais doivent résister, par tous les moyens et à n’importe quel prix. Ils doivent combattre les injustices, les humiliations, les privations et les complices internes des agresseurs… Ils doivent dénoncer « avec force et vigueur » l’impunité dont jouissent les auteurs des violences sexuelles et des crimes contre l’humanité. Peuple épris de paix, les Congolaises et les Congolais doivent se révolter, en bons humanistes, contre l’humiliation de l’Homme par l’Homme.
Le combat pour la République démocratique du Congo du troisième millénaire réussira, car le peuple congolais est désormais convaincu du fait que les transformations de sa société ne dépendront pas seulement de la prise du pouvoir, mais avant tout de sa propre prise de conscience et de l’implication des masses. À moins d’être de mauvaise foi, ou complice de la chosification du peuple congolais, personne ne pourra mettre en doute la légitimité à défendre, par tous les moyens, les intérêts vitaux de ses compatriotes et l’intégrité du territoire national.

La destinée de la RD Congo

L’objectif primordial, c’est de trouver des voies et moyens susceptibles de permettre au peuple congolais d’être capable par l’information et la formation, par la résistance aux agresseurs, par le dialogue intercongolais et aussi par les convictions politiques de décider de son avenir. Les Congolaises et les Congolais doivent donc devenir les premiers responsables de la destinée de leur pays. Il est impossible de lutter de manière efficace et de transformer la société en étant divisé, en étant incapable d’accoucher d’une puissante organisation en mesure de remettre en cause l’ordre injustement établi par ceux qui ont intérêt à garder le monopole des richesses de la République démocratique du Congo.
Un seul choix est envisageable. Celui qui consiste à adopter une tactique pouvant permettre de gouverner politiquement pour tous les Congolais. S’imposent donc, dans cette optique, trois possibilités : soit de conquérir à tout prix le pouvoir pour le pouvoir ; soit de constituer un bloc contre le régime en place à Kinshasa, en s’alliant avec les agresseurs, afin de garantir l’accès au pouvoir ; soit d’œuvrer dans le cadre de l’union des Congolais. Face à ces interrogations, la majorité de Congolaises et des de Congolais a enfin fait le choix de l’union du Congo, laquelle doit être ouverte. En effet, comment peut-on devenir majoritaire si l’on exclue ceux qui, aujourd’hui, pensent autrement.
Les Congolaises et les Congolais sont condamnés à dépasser leurs divergences, à cesser de se regarder en chiens de faïence. Bref, ils doivent s’unir. Pour cela, il faudra un fédérateur des talents des uns et des autres, un rassembleur de ce qui est épars, un leader qui se situe à la jonction de différentes aspirations pour lesquelles chacun milite. Le souhait, pour l’année 2013, c’est de constituer dans l’unité une structure cohérente aspirant au pouvoir politique, donc à la gestion économique, au rétablissement de l’autorité de l’État dans l’ensemble du territoire national et à l’instauration de la paix dans la région des Grands Lacs.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :

- La RD Congo : le patriotisme d’abord ;
- Debout, Congolais ! ;
- Quelle perspective immédiate pour la RDC ?
- Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique.

mardi 21 juin 2011

RD Congo : La fameuse liste noire du ministère des Affaires étrangères

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko (*)
Par  Le Potentiel

1. Les noms de certains membres d’Union du Congo et du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), dont le vôtre figureraient sur une liste noire établie par le ministère des Affaires étrangères de la RDC. Qu’en est-il au juste ?
En effet, Kongotimes a diffusé sur son site internet un document présenté comme étant une liste noire. Celle-ci est datée du 10 mars dernier et a été signée par Freddy Sombo, le conseiller chargé des Congolais de l’étranger et coordonnateur de la Maison des Congolais de l’étranger auprès de M. Alexis Thambwe Mwamba, le ministre des Affaires étrangères. Deux de mes collaborateurs et moi-même, nous y figurons.


2. Avez-vous vérifié l’authenticité de ce document ?
Au début, j’ai privilégié l’hypothèse de l’intox. Mais les divers canaux auxquels nous avons eu recours ont confirmé l’authenticité de cette liste. D’après nos sources, c’est l’ANR qui l’a établie. L’Agence nationale des renseignements reprocherait aux personnes qui y figurent d’insulter le président Joseph Kabila, de tabasser les musiciens et les autorités congolaises séjournant dans les pays occidentaux en provenance de Kinshasa. Nous nous interrogeons non pas sur son existence, mais sur l’usage que l’on compte en faire et le moment choisi pour la faire circuler sur internet.

3. Au fait, Union du Congo et le RDPC font-ils réellement partie du mouvement des Résistants Patriotes Combattants Congolais qui menaceraient la quiétude des dirigeants, artistes musiciens et pasteurs Congolais en séjour en Europe comme d’aucuns le soutiennent ?
Union du Congo œuvre pour la solidarité internationale, le développement durable ainsi que pour la paix en République démocratique du Congo. Quant au RDPC, ses actions reposent sur quatre principes fondamentaux, à savoir la Liberté, l’Égalité, la Sécurité et la Prospérité. Cette plate-forme a vocation à prendre part aux élections dans l’espoir de permettre une réelle alternative politique. Ces deux structures participent au Collectif RD Congo en France, qui mène des actions de sensibilisation sur les aspects socio-économiques, politiques et stratégiques auxquels le Congo est confronté. C’est dans cette optique qu’ont été organisées les manifestations publiques du 19 février et du 12 mars à Paris, de 13 h30’ à 18 h30’, du métro Château Rouge jusqu’à la place de la République. Il n’est donc pas responsable des événements qui se sont déroulés, au-delà de ce créneau, ces jours-là. Si la démarche du Collectif RD Congo en France n’a rien de commun avec les Résistants Patriotes Combattants Congolais, il est toutefois important de rappeler qu’ils militent pour l’évolution des mœurs. Leur combat est louable sur le fond, mais doit être revu sur la forme. Je suis de ceux qui pensent que les actions en vue du changement des mentalités doivent être menées dans la tolérance mutuelle.

4. Il va falloir maintenant défendre à fond votre démarche. Comment comptez-vous vous y prendre, sachant que l’amalgame est fait ?
On veut me faire passer exprès pour quelqu’un d’irresponsable. Ne dit-on pas que celui qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ? A l’approche des échéances électorales, on n’hésite plus du tout à s’en prendre aux candidats qui ont une réelle vision politique. Si j’ai résumé mon projet de société dans un ouvrage intitulé « La République démocratique du Congo, un combat pour la survie », lequel a été publié chez l’éditeur parisien l’Harmattan, ce n’est quand même pas pour recourir aux muscles et aux insultes en guise de confrontation idéologique. Mon action, qui a toujours eu à court terme le processus électoral comme point de repère, s’articule progressivement en fonction du calendrier publié par la CENI. On essaie tout simplement de créer l’amalgame dans le seul but de discréditer un humaniste engagé qui s’est toujours impliqué en vue de l’égalité réelle des droits et des devoirs entre les Congolais indépendamment du groupe ethnique, du rang social et de la situation géographique. Il est curieux qu’après avoir reproché à cor et à cri aux Congolais de la diaspora de se contenter de critiquer le gouvernement à des milliers de kilomètres au lieu de descendre dans l’arène pour faire valoir leurs prétentions, l’administration établit une liste noire afin de les dissuader de revenir au bercail.


5. En tant que futur candidat à l’élection présidentielle, ce fichage ne vous inquiète-il pas ?
Ce ne sont pas les intimidations, d’où qu’elles viennent, qui me détourneront de mon objectif. J’ai un projet ambitieux pour un Congo à la fois viable et vivable, et je compte en débattre de manière démocratique avec les Congolais. J’affirme être toujours candidat à l’élection présidentielle. Rien ne me fait peur, ni ne m’inquiète. Je serai à Kinshasa avant la fin de la date limite du dépôt des candidatures et je m’y installerai au-delà du temps d’une campagne électorale. Mes partenaires et moi-même sommes déterminés à mener la bataille autour des idées développées dans notre programme intitulé « Le Congo d’avenir », notre objectif étant de gagner l’élection présidentielle et d’obtenir la majorité au Parlement.

PROPOS RECUEILLIS PAR ROBERT KONGO, CORRESPONDANT EN FRANCE

Président d’Union du Congo et porte-parole du RDPC

© Le Potentiel

jeudi 17 mars 2011

Les Che de l'écran

Sur le modèle de la révolution arabe, la diaspora congolaise en Europe se mobilise pour réclamer le changement de régime en RDC. Depuis le début de l'année, des manifestations que l'on peut qualifier des " journées de colère " sont organisées en Belgique, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France. Des appels à la mobilisation sont lancés sur le réseau social Facebook. L'internet est paré de toutes les vertus, et on parle presque de "révolution numérique".
Véritable catalyseur, Facebook a joué un rôle déterminant dans le déclenchement de la révolution arabe, mais aussi dans leur intensification et leur hiérarchie. Contournant les institutions, dispositifs de prohibition et de filature, et ce malgré un taux de pénétration mis à rude épreuve, Facebook s'est improvisé instrument d'expression personnelle, de libération et d'affranchissement moral.
Des expressions comme " cyberésistance " ont émergé, un blogueur résistant a été nommé ministre, les requêtes " Ben Ali " ont explosé sur Google Tendances, un Egyptien a baptisé sa fille " Facebook " en hommage au rôle tenu par la structure… Facebook a troqué son usage initial contre celui d'étendards de la révolution.
A l'instar des peuples arabes, les Congolais de la diaspora misent sur le réseau social Facebook pour accélérer ce qu'ils appellent " la libération du peuple congolais ". Les commentaires et échanges entre internautes tournent autour des mêmes griefs: situation économique et sociale désastreuse, massacres d'étudiants, manque de liberté d'expression, arrestations arbitraires, assassinats des journalistes, intimidations, violences faites à la femme congolaise, tripatouillage constitutionnel… "Le peuple n'en peut plus de subir toute cette souffrance", peut-on lire sur ces pages.
Les périodes révolutionnaires s'accompagnent souvent d'un romantisme qui se fixe sur les lieux et les choses. L'apogée de l'Internet ressemble à celle de la radio sous l'Occupation de la France par les Allemands. Les Français écoutaient Radio Londres comme d'autres ont pris des nouvelles de Tunis et du Caire via Facebook et Twitter. L'usage de la radio ne vous transformait pas davantage en résistant que celui d'Internet aujourd'hui, mais a sans doute donné à quelques-uns l'impression d'être aux premières loges de l'Histoire en train de se faire…
Si Internet a été un outil au service de la libération des autres peuples, pourquoi ne le serait-il pas pour les Congolais, s'interrogent-ils. Osons dire qu'il pourrait l'être, à condition qu'il tienne son rôle, celui d'un outil, et participe à la diffusion des idées constructives pour l'avenir du Congo, et non pas un instrument au service des individus cyniques, prompts à la polémique stérile qui frise l'incompétence et l'irresponsabilité.

"L'HEURE DE LA PRISE DE CONSCIENCE COLLECTIVE A SONNE !" 

Partout, les mentalités changent. Les peuples n'ont plus peur et veulent en finir avec des régimes moins regardants sur les droits de l'Homme.
Pilotés par les partis politiques d'opposition représentés en Europe comme l'Union du Congo (UDC), le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo( RDPC), l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le Mouvement de Libération du Congo (MLC), l'Alliance des Bâtisseurs du Kongo (ABAKO) , le Bundu Dia Kongo (BDK)… et les associations congolaises, dont l'Avenir du Congo-Devoir de Mémoire, les Femmes Congolaises en Action (FCA), le combat des Congolais de la diaspora , notamment ceux de France s'inscrit dans cette démarche. Un appel lancé à la mobilisation sur Facebook est toujours suivi d'effet.
Les manifestations organisées les 19 février et 12 mars dans les rues de Paris témoignent de la volonté des Congolais de France d'œuvrer avec détermination pour faire bouger les choses en RDC. Ils attirent l'attention de la communauté internationale sur les atteintes aux droits fondamentaux commises au Congo et sensibilisent leurs concitoyens à la question de ces droits.
Les annulations, sur les scènes européennes, des concerts des artistes musiciens Congolais venant de Kinshasa ne sont pas pour leur jeter l'opprobre. Selon "Bana Congo" ou "les combattants", initiateurs du boycott, "L'heure de la prise de conscience collective a sonné !". Les temps ont changé, la récréation est terminée. Les artistes musiciens congolais sont réputés pour chanter et danser à la gloire des membres de l'establishment et donnent ainsi l'impression de méconnaitre la situation de misère dans laquelle vit la population.
Largement diffusé sur Internet, ce débat est au cœur de l'actualité sur les pages Facebook. Les internautes en font leurs choux gras et chacun y va de son commentaire.
Le Congo peut-il être libéré par des révolutionnaires exilés à 8.000 kilomètres du territoire national ? Cette question inonde les pages des Facebookers et suscite échanges et commentaires qui font quelque peu sourire dans les milieux congolais des gens avisés où l'on sait le poids des silences dans les "affaires politiques". L'Histoire ne nous apprend-elle pas que toutes les révolutions ont été impulsées à partir de l'extérieur ?

FRINGALE DE LIBERTE 

A la lumière du changement qui s'opère dans le monde, on peut oser dire que le vent de la révolution qui tourne actuellement sur le monde arabe va atteindre les pays d'Afrique noire. Les Africains subsahariens aspirent aussi au changement et sont prêts à faire de même.
Plusieurs ingrédients semblent déjà réunis pour qu'en Afrique noire tout implose. Les caractéristiques des modes de gouvernance sont quasi identiques : la mainmise sur le denier public avec des méthodes illégales, la corruption, le despotisme, la nature répressive des libertés, les dérives monarchiques dans les Républiques… Ces pratiques seront sans doute la cause des soulèvements des peuples noirs d'Afrique.
Comme les Tunisiens et les Egyptiens, les Africains subsahariens ont la fringale de liberté et veulent se débarrasser de l'injustice sous toutes ses formes. Les révoltes des peuples arabes constituent un signal fort pour les autorités africaines.
Chaque pays a bien sûr ses spécificités, le processus peut prendre plus ou moins de temps, être plus ou moins rapide ici ou là, mais il est sur les rails…La puissance du système ne peut résister devant la volonté du changement, cette volonté qui se transforme, à force d'être opprimée, en une force capable d'écraser les redoutables régimes.

FACEBOOK, UN PAIN BENI POUR LA DIASPORA 

Depuis quelques années, toutes les révolutions, qui se sont soldées par des succès retentissants, sont basées sur la mobilisation des peuples engagés et insatisfaits du système. Et ce, grâce aux nouvelles techniques de l'information et de la communication (NTIC) qui font partie intégrante de notre quotidien.
Internet est devenu un des concepts fondamentaux de la démocratie. Il désigne le lieu symbolique où peuvent s'exprimer toutes les opinions qui structurent le jeu politique, où l'on traite des questions relevant de la collectivité.
On peut certes épiloguer sur les insuffisances de l'Internet qui, selon certains zélateurs de la science, n'est pas la martingale de la démocratie. Mais ses vertus émancipatrices ne sont pas à négliger comme le soutiennent bon nombre d'experts avertis.
Pour les Congolais de la diaspora, Facebook, c'est du pain béni. La Toile leur permet de partager les idées, les rapproche et les galvanise. A la manière des Tunisiens et des Egyptiens, Internet est devenu l'accélérateur du changement politique, social et économique.
Ils ont désormais le sentiment d'avoir leur mot à dire dans le destin de leur pays. La magie de l'Internet leur confère la conviction que son utilisation est un acte politique, qu'ils se transforment en acteurs du changement, en Che Guevara de l'écran.

Robert Kongo, correspondant en France

© Le Potentiel

jeudi 29 avril 2010

Le Congo d'avenir

Dans le cadre des élections de 2011 en République Démocratique du Congo, le Rassemblement pour le Développement et la Paix (RDPC) a publié ses 120 propositions sous le format abécédaire. Les nombreuses réactions – sous forme d'amendements, de suggestions et conseils – les ont enrichies davantage.

Maintenant, dans une deuxième phase, le RDPC vient de transformer ses 120 propositions en une ossature programmatique intitulée Le Congo d'avenir. Bien entendu, les commissions chargées de l'élaboration du projet final poursuivent leurs travaux [lire la suite].

lundi 12 avril 2010

Quel système politique pour la République Démocratique du Congo ?

Président d’Union du Congo et porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), Gaspard-Hubert Lonsi Koko répond aux questions d’Afrique Rédaction sur le système politique idéal pour la République Démocratique du Congo.

Afrique Rédaction : Que pensez-vous du paysage politique en République Démocratique du Congo ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
En République Démocratique du Congo, le courant libéral est représenté par le Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba et l’Union pour la Reconstruction du Congo (UREC) d’Oscar Kashala. En principe, une coalition politique sérieuse se fait autour d’un projet politique. Or, au second tour de l’élection présidentielle de 2006, l’UREC n’a pas jugé utile de rejoindre l’Union pour la Nation (UN), la coalition ayant soutenu le MLC face à l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP) acquise à la cause du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de Joseph Kabila.

Afrique Rédaction : Faut-il alors conclure que l’AMP se situe à gauche de l’échiquier politique congolais ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
On ne peut pas raisonner a contrario, car les intentions réelles des uns et des autres ne sont pas forcément sincères. En tout cas, on retrouve des prémices du socialisme dans l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi. Rappelons que l’UDPS est membre de l’Internationale Socialiste. Le PPRD de Joseph Kabila essaie d’épouser par positionnement politicien l’idéologie socialiste mais, dans la pratique, on constate que ce parti politique n’a aucune idéologique bien définie. L’exercice du pouvoir a montré que le PPRD se situe plus dans le camp libéral que dans le giron socialiste. Je ne suis pas du tout surpris par la position adoptée par l’UREC, au second tour de l’élection présidentielle de 2006, ayant consisté à s’abstenir entre le MLC et le PPRD.

Si, par allusion à la gauche, vous sous-entendez que les partis politiques qui constituent l’AMP sont d’obédience progressiste, je rappelle que les systèmes politiques en cours dans des pays démocratiquement structurés ne s’articuleront pas obligatoirement de la même façon que dans un pays comme la République Démocratique du Congo. Il faut donc beaucoup de lucidité pour faire émerger un système politique viable et adapté aux réalités congolaises. Vouloir à tout prix reproduire dans notre pays les modèles étrangers, particulièrement le recours au libéralisme tel que pratiqué ailleurs, c’est sombrer dans l’aventurisme et dans la caricature.

Afrique Rédaction : Pourtant, il y en a qui préconise un  projet libéral et progressiste pour le développement et la reconstruction de la République Démocratique du Congo ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
Avec ce genre de formule, on s’expose à l’oxymore politique. On sait d’emblée que l’alliage entre le libéralisme et le progressisme a toujours abouti à l’impasse. On est soit libéral, donc capitaliste, soit progressiste, c’est-à-dire socialiste ou communiste. Mais pas l’un et l’autre à la fois. Il est très difficile de bâtir quelque chose de concret dans l’antinomie. De plus, mettre bout à bout, à savoir par concaténation, les idéologies contraires donne toujours des résultats superfétatoires.

Le libéralisme a peut-être des atouts, encore faut-il que les conditions locales s’y prêtent, mais leurs conséquences sont connues d’avance : le profit à tout prix au détriment du social au point de générer un monde à deux vitesses ; l’inégalité des chances entre les citoyens au détriment de la tolérance, de la solidarité et du droit à la différence ; l’asservissement des pauvres par les riches avec tout ce que cela génère comme insécurité et injustice ; la non-émergence d’une classe moyenne et la non-primauté de la personne humaine à cause du non-respect des Droits de l’Homme ; les manipulations systématiques de la Constitution, la pensée unique en guise d’estocade à la liberté de pensée et d’expression ; le non-respect du droit des travailleurs au prétexte d’une croissance économique dont les bénéfices ne profiteront qu’à une infime minorité de la population, une politique à deux vitesses sur les plans de la santé et de l’éducation...

Dans la même optique, force est de constater que le communisme a totalement échoué dans le monde entier, y compris en Chine où le libéralisme économique s’est installé. Le libéralisme sauvage n’est pas plus apte, au contraire, à faire face à la situation présente. L’exemple de la Russie, dans ce domaine, est édifiant. Ayons aussi à l’esprit la récente crise économique qui a été jugulée, aussi bien en Europe qu’aux États Unis, grâce à l’intervention de l’État. Le risque existe donc que se développe en République Démocratique du Congo une société dont l’exemple de libéralisme sauvage à la russe illustre ce qui se produit lorsque l’État ne joue plus son rôle. L’exemple russe est caractéristique du développement mafieux dans un système économique intégralement libéral, dont l’activité sauvage aboutit à des excès inimaginables.

Afrique Rédaction : D’après vos arguments, seule l’idéologie socialiste permettrait à la République Démocratique du Congo d’affronter sereinement les enjeux en cours ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
S’agissant de mes opinions politiques, car vous faites subrepticement allusion à mes fréquentations socialistes, je tiens à rappeler que je suis un jauressien : c’est-à-dire un réformiste. Personnellement, je me reconnais dans la mouvance social-démocrate.

Pour répondre à votre question, l’UDPS, qui se réclame du socialisme, n’a jamais pris le pouvoir dans notre pays : d’où la difficulté de tirer des conclusions pouvant éclairer l’avenir. Quant à la gestion du Congo par le PPRD, un autre parti qui essaie de se revendiquer du socialisme, elle me fait penser à celle qui est en cours en Chine. En effet, le régime chinois étant d’obédience communiste, la politique gouvernementale, dans ce pays, épouse complètement le libéralisme à outrance.

Étant de ceux qui pensent que le devoir politique le plus élémentaire est de combattre, je partage les avis selon lesquels les différents modèles de libéralisme sauvage existant au monde sont des contre-références pour le développement social. Il est à noter que la liberté totale d’entreprendre sans garde-fous, dans une population congolaise sans expérience démocratique accomplie, a conduit à la domination des mafias, à la déchéance de l’État, au blocage de la société, à la misère de la majorité de la population. Préconiser le libéralisme dans pareilles circonstances, c’est vouloir carrément et simplement anéantir l’État dont le rôle consiste à garantir l’égalité des chances pour tous et à protéger les plus faibles contre la domination des plus forts.

Afrique Rédaction : Mais que préconisez-vous, comme système politique, entre libéralisme et socialisme, voire communisme ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko :
On voit très bien, au fil de notre entretien, que seule la voie social-démocrate pourrait permettre de maîtriser les problèmes politiques qui se poseraient. Encore faut-il savoir faire la distinction entre les social-démocraties allemande et française, tout en ayant à l’esprit les éventuelles difficultés dans leur déclinaison dans un pays comme la République Démocratique du Congo. C’est pourquoi la responsabilité qu’auront les socialistes,  à l’échelle planétaire, sera énorme. Le grand problème qui se posera sera la capacité d’adaptation des populations mondiales, particulièrement des populations paysannes qui restent la majorité.

Le recours au libéralisme dans un pays comme la République Démocratique du Congo, où prédomine l’inexistence de l’État, hypothéquera la réussite et empêchera les lendemains de chanter. Il faut carrément rejeter ce modèle qui est aux antipodes d’un avenir meilleur pour la majorité des Congolais. Il ne reste donc plus qu’à chercher des voies nouvelles en vue d’un modèle politique qui, sous l’impulsion des hommes et des femmes très soucieux du bien-être de leurs compatriotes, pourra contrôler le capitalisme et l’empêcher de dégénérer. Tel est le chantier du  Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC).

Le défi d’aujourd’hui, c’est de réformer profondément la société congolaise afin d’en supprimer les tares, de développer le confort des ménages, de transformer le régime de la propriété, de créer des emplois, de promouvoir le phénomène de la redistribution des richesses dans l’espoir de distribuer une forte proportion du PIB sous forme de prestations sociales, pensions et allocations, de faire enfin émerger un État providence. C’est politiquement possible.

Le RDPC est donc favorable à un modèle humaniste en vue de la croissance économique, de l’évolution sociale, de l’innovation politique et de la paix. Notre ambition, c’est de faire émerger une politique ambitieuse dont les acquis seront la Liberté, l’Égalité, la Sécurité et la Prospérité. Nous avons vocation non seulement à faire évoluer les mentalités en toute liberté absolue des consciences, mais surtout à faire entrer la République Démocratique du Congo dans le cercle des grands pays du troisième millénaire.

© Afrique Rédaction

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(*)  http://unionducongo-rdc.org – E-mail : unionducongo@gmail.com
(**) http://rdpc-rdcongo.blogspot.com – E-mail : rdpc.rdc@gmail.com

jeudi 8 avril 2010

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Président d’Union du Congo

1. Pourquoi les efforts fournis en matière de réforme du secteur de la sécurité n’aboutissent pas à la paix en RD Congo ?

Si la paix tarde à se matérialiser, c’est parce que la sécurité de la RD Congo est conditionnée non seulement par celle de ses voisins, mais aussi par celle des pays de l’Afrique centrale, australe et orientale. Par sa situation géographique, notre pays est de facto le cœur de la géopolitique du continent. Nous devons donc garantir la stabilité de notre territoire national et développer une diplomatie efficace, car la paix et la sécurité régionales ne pourraient être sauvegardées que grâce à l’implication de différents acteurs régionaux, voire continentaux. Sachons que l’existence des bases communes aux populations africaines est l’un des éléments fondamental pour la mise en place d’un système confédéral de protection [lire la suite].

120 propositions pour la RD Congo

Ainsi, dans la perspective de prochaines joutes électorales qui vont, sans doute, marquer de manière indélébile et indéniable l’histoire glorieuse et mirifique de la République Démocratique du Congo, j’ai défini, en qualité de candidat à l’élection présidentielle, les principales orientations en vue d’un projet de société novateur, révolutionnaire, lequel permettra à mon pays de se forger une place privilégiée parmi les grandes puissances de ce monde. Mon ambition consiste à offrir à tous mes compatriotes, quels qu’ils soient et où qu’ils soient, l’opportunité de reconquérir par la force du travail et de l’intelligence, par la solidarité et la fraternité, par la tolérance et la justice, une dignité qui fait sans conteste la fierté et la grandeur des peuples libres et généreux, créatifs et industrieux [lire la suite]

RDC : Naissance du RDPC

Une nouvelle plate-forme associative a été lancée à Paris le 21 janvier 2010. Les structures congolaises Union du Congo, Débout Congolais et la section Europe du Collectif des Organisations et des Associations des Jeunes solidaires du Congo-Kinshasa (COJESKI-RDC) ont décidé de créer le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) [lire la suite].

Le compte à rebours pour le renouveau de la RDC : Le chantier pour la cohésion inter-dimensionnelle de Congolais

Les têtes pensantes de l’Union du Congo, de Débout Congolais et COJESKI (collectif des organisations et des associations des jeunes solidaires du Congo-Kinshasa), ont pris part hier à un diner de réflexion dans un resto huppé de Paris, pour joindre, l’utile à l’agréable autour d’un banquet sur le regard critique de la situation actuelle de la RDC et son devenir.

Au menu, la révision de l’article 10 de la Constitution congolaise (double nationalité), le séjour de Bernard Kouchner au Rwanda et à Kinshasa, la partition de la RDC [lire la suite].