Affichage des articles dont le libellé est congo-brazzaville. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est congo-brazzaville. Afficher tous les articles

lundi 2 juin 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20140602/0013 relatif à la dignité des citoyens de la RD Congo

Le Président de la République Démocratique du Congo a reçu le samedi 31 mai 2014, au Palais de la Nation, les Ambassadeurs ainsi que le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies accrédités auprès du gouvernement de Kinshasa. A cette occasion, le premier magistrat a évoqué le comportement des « combattants  » vivant surtout dans les pays occidentaux qui « se [caractériseraient] par des actes de délinquance et/ou de criminalité contre leur pays, sous l’alibi d’une lutte pour la démocratie ». Ainsi a-t-il estimé incompréhensible que des pays amis [comme la France, la Belgique, l’Angleterre et les Etats-Unis, NDLR] qui partagent avec le peuple congolais la nécessité d’éradiquer, au besoin par les armes, les Idéologies négatives, dangereuses pour l’existence même desdits peuples et de la nation congolaise puissent tolérer ou encourager, sur leurs propres sols, de telles attitudes chez « des délinquants en provenance de la République Démocratique du Congo ».
Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) reconnaît au président de la République Démocratique du Congo la totale liberté d’exprimer son point de vue à l’attention des Ambassadeurs et du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, en l’occurrence Martin Kobler. En revanche, au moment où nos compatriotes sont humiliés, traités comme moins que rien et refoulés comme du bétail par les autorités du Congo-Brazzaville, un tel discours, de la part de celui qui est censé être le garant du respect à l’égard de son peuple, ne peut qu’encourager encore plus les expulsions de nos compatriotes vivant à l’étranger. Ainsi le RDPC regrette-t-il que les déclarations du président de la République puissent cautionner davantage l’attitude inadmissible des autorités du Congo-Brazzaville, avant même la tenue de la commission mixte entre les deux Congo, et encourager les refoulements massifs de nos compatriotes vivant hors des frontières nationales.
En conséquence, le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo rappelle le devoir patriotique en vue de la dignité et de la responsabilité de nos compatriotes au regard de tous ceux qui, sans aucune exception, encouragent la haine entre les différentes populations de la République Démocratique du Congo et incitent par leurs discours, ainsi que leurs actes, à la chosification du peuple congolais.

Fait à Paris, le 2 juin 2014

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

lundi 19 mai 2014

Expulsion vers Kinshasa : Lettre ouverte au président Denis SASSOU NGUESSO



Monsieur le Président de la République,

Nous souhaiterions attirer fraternellement votre attention sur l’opération « Mbata ya mokolo » initiée par les administrations de la République du Congo à l’encontre des migrants originaires de la République Démocratique du Congo.

Notre inquiétude ne réside pas dans le fait d’avoir expulsé plus de 83 000 de nos compatriotes qui séjournaient sur votre sol, votre pays étant souverain. Ce sont plutôt les éventuelles conséquences des informations sur les violations des droits fondamentaux de la personne humaine qui nous préoccupent davantage.

Par conséquent, nous, membres de la diaspora RDCongolaise, nous nous demandons avec force et vigueur si les expulsés sont victimes d’un règlement de compte entre Kinshasa et Brazzaville. Nous nous interrogeons sur les véritables motivations de ces refoulements, dans la mesure où les extraditions judiciaires auraient été le processus le plus approprié.

C’est parce que nous privilégions la sagesse que nous voulons connaître les tenants et les aboutissants, ayant débouché sur l’humiliation de nos compatriotes ; c’est parce que nous prenons en compte la dimension étatique que nous souhaitons le rassemblement sur les deux rives du fleuve Congo, au vu des relations millénaires entre nos deux peuples, de tout ce qui est épars ; c’est parce que nous sommes des humanistes que nous avons à cœur de soutenir toute initiative favorable au plus grand bienfait de nos populations et tenons à ce que tout soit entrepris dans le meilleur délai afin de mettre un terme au climat de haine qui s’installe entre nos deux peuples ; c’est parce que nous tenons à sauvegarder les intérêts de nos compatriotes vivant dans votre territoire que nous recourrons à la voix diplomatique en vue de la résolution pacifique, en toute fraternité, des conséquences dues à l’expulsion des plus de 10 % d’entre eux ; c’est parce que nous sommes conscients que l’on ne résout pas positivement les rapports entre Nations par la passion que nous prenons en compte, dans notre démarche, les obligations morales qui cimentent nos rapports, ainsi que l’amélioration et la poursuite d’un bon voisinage.

Aucune entrave au principe inhérent aux obligations morales et fraternelles ne doit être tolérée. La violence n’ayant jamais rien arrangé, l’objectif de notre initiative consiste à chercher la vérité en vue de la solidarité.

Nous estimons que, dans ce moment difficile, nos cœurs devront plutôt se rapprocher en même temps que nos mains pour que la grandeur de ce geste et son sens profond puissent lier davantage, comme dans le passé, nos deux peuples dans le temps présent et dans le futur.

Votre tâche, qui consiste à faire en sorte que nos deux peuples vivent en harmonie, n’est pas au-dessus de vos forces – à la condition qu’elle devienne ce qu’elle doit être : l’humanisme au service des populations. L’harmonie, tout comme le bien, se diffuse.

Ainsi espérons-nous avoir des interlocuteurs responsables en vue d’un échange constructif sur des mesures susceptibles de répondre aux pratiques inhumaines ayant porté atteinte à l’honneur d’un peuple frère.

Nous pensons que seules la tolérance mutuelle, ainsi que le respect des autres et de soi-même faciliteront les échanges culturels, traditionnels et économiques, ainsi que l’entente cordiale entre Kinshasa et Brazzaville.

Espérant pouvoir compter sur les relations fraternelles ayant toujours liées nos deux peuples et sur votre compréhension, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Fait à Paris, le 19 mai 2014

Les signataires :
Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Ferdinand Lufete, Modeste Mputu-Mulenda, Emmanuel Mutombo-Lupetu, Samuel Tambue-Kanyuka

Contact :
- congolaisdefrance@gmail.com
- 0033612066872

jeudi 28 mars 2013

Les raisons de la tournée africaine de Xi Jinping

Le président chinois nouvellement élu effectue un voyage officiel à l’étranger, dont la première escale a été consacrée à la Russie[1]. Aussitôt les violons bien accordés avec son grand voisin oriental, Xi Jinping a mis le cap vers le continent africain pour des visites en Tanzanie, en Afrique du Sud et au Congo-Brazzaville. La présence de la Chine en Afrique constitue-t-elle une menace pour l’Occident, ou une opportunité pour les autochtones ? Quel regard doit-on porter, quant à la nature de ce rapprochement, à ses effets et aux défis par rapport aux populations locales ?

La colline et le chat de Deng Xiaoping

En matière de politique étrangère de la Chine, le président Xi Jinping se contente de suivre discrètement et fidèlement la voie tracée par son prédécesseur Hu Jintao, lequel s’est coulé dans le moule façonné par Deng Xiaoping. « Il ne peut y avoir deux tigres  sur la même colline », aimait rappeler l’ancien secrétaire général du Parti communiste chinois. Ainsi Deng Xiaoping, ayant habilement manié le communisme à tendance capitaliste, a tout entrepris pour qu’une seule puissance s’impose à l’échelle planétaire. Et pour atteindre cet objectif, la Chine devrait faire main basse sur l’Afrique, en adoptant une attitude différente de celle qui a toujours été pratiquée dans les échanges entre les Occidentaux et les Africains.
« Peu importe la couleur du chat, pourvu qu’il attrape les souris. » Cette citation préférée de Deng Xiaoping conditionne l’approche chinoise dans la conquête de l’Afrique. Celui que l’on avait surnommé « l’homme politique inébranlable de l’Asie » avait vite compris que « le fait de s’engager dans le capitalisme pourrait en effet enrichir certains Chinois, mais ne contribuerait absolument pas à améliorer le niveau de vie de l’écrasante majorité d’entre eux ». À cet effet, d’autres perspectives devraient à tout prix s’ouvrir à la Chine.  Et l’Afrique ferait bien l’affaire.

L’immobilisme de l’axe Nord-Sud

La Françafrique, à l’instar de Talleyrand s’appuyant sur l’épaule de Fouché, persiste encore. Cahin-caha, certes. Mais pour combien de temps ? Quant aux Anglo-saxons, ils se trouvent dans une mauvaise posture, surtout avec leur implication dans la déstabilisation de la République Démocratique du Congo. On peut aisément conclure que l’axe Nord-Sud, celui des bailleurs des fonds et du paternalisme, est en train de céder la place à une relation basée sur le transfert des technologies et la compétitivité. Et, dans ce domaine, les Chinois sont beaucoup plus pragmatiques que les Occidentaux. Ces derniers auraient pu garder le monopole en Afrique s’ils avaient su privilégier, du point de vue commercial, la solvabilité des pays concernés et la délocalisation de quelques branches professionnelles.

L’émergence de l’axe Sud-Sud

Au-delà du complexe de Fachoda[2], l’intérêt de la Chine pour l’Afrique est en train d’ouvrir une nouvelle ère et d’autres perspectives dans les échanges interplanétaires au détriment des affairistes et des barbouzes, des intérêts opaques, des familiarités coupables et criminelles, des fraternités douteuses… D’autant plus que, soucieux de diversifier leurs approvisionnements énergétiques, les Chinois ont engagé une politique africaine sans précédente. Depuis la présidence de Hu Jintao, plus de 100 000 Chinois travaillent en Afrique et les échanges sino-africains ont dépassé les 100 milliards de dollars américains[3].
Même s’il ne s’y arrête pas, la République Démocratique du Congo est très concernée par le voyage de Xi Jinping en Afrique. Ses vastes terres inexploitées et ses minerais[4] intéressent au premier chef l’empire du Milieu. Mais il fallait avant tout négocier avec la Tanzanie, qui reste la voie la plus appropriée et la moins coûteuse, pour évacuer les ressources congolaises vers la Chine. Ensuite il fallait s’harmoniser avec l’Afrique du Sud, dont l’implication dans la région des Grands Lacs n’a pour finalité que la mainmise sur les matières premières de ce géant aux pieds d’argile. Enfin, la visite du président chinois au Congo-Brazzaville a trait à la fois aux ressources pétrolières, au rôle du président Denis Sassou N’Guesso dans la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), à l’amélioration de la voie ferrée reliant Pointe-Noire à Brazzaville et à la construction, sur le fleuve Congo, du pont Kinshasa-Brazzaville.
Les Chinois ont de toute évidence compris que l’axe Sud-Sud, ce levier indispensable au développement économique et au positionnement géostratégique, pourra leur permettre de gagner la guerre sur les plans technologique et économique qu’ils sont en train de se livrer avec les États-Unis. Et les Africains, dans tout cela ?

La nouvelle géopolitique

Il ne faudra surtout pas que l’Afrique soit le dindon de la farce, dans cette guerre sournoise à laquelle se livrent sur son sol la Chine et les États-Unis. Quand deux éléphants se battent, n’est-ce pas l’herbe qui en pâtit ? En effet, l’offensive chinoise sur le continent africain consiste, entre autres, à mettre les Occidentaux devant le fait accompli et à obtenir d’eux certains avantages dans le domaine commercial en contrepartie de quelques concessions dans l’exploitation des richesses dont regorgent le sol et le sous-sol africains. Les peuples d’Afrique doivent se servirent des erreurs commises dans le partenariat avec les Occidentaux, pour éviter de négocier à perte avec les nouveaux venus.
Le passé étant ce qu’il est, l’Afrique doit plus que jamais prendre conscience de ses capacités, de ce qui fait sa force pour mieux affronter les enjeux du troisième millénaire. Ainsi les dirigeants africains doivent-ils se dire, comme l’ont compris les successeurs de Deng Xiaoping, que dans la réforme et l’ouverture sur l’extérieur, on doit faire preuve de plus d’audace et se tenir prêts à tenter de nouvelles expériences plutôt que de sombrer dans le solipsisme ou de cautionner ad vitam eternam l’exploitation des populations. Ils doivent profiter de la présence de la Chine sur leur continent, pour orienter au profit de leurs peuples la géopolitique en cours.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Source : Jolpress

Notes

[1] La visite de Xi Jinping à Vladimir Poutine tient compte non seulement des rapports réciproques, mais surtout des intérêts partagés par les deux géants. Nul n’ignore que, au-delà des liens économiques, la Chine et la Russie, qui détiennent chacun un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, partagent une même approche sur les grandes affaires planétaires.
[2] Ce complexe remonte à la fin du XIXe siècle, quand la France tenta de devancer l’Angleterre dans la conquête du haut Nil (nom du Soudan à cette époque) et échoua à Fachoda, ayant ainsi scellé le partage des terres africaines entre Britanniques et Français. Frustrée d’avoir été stoppée dans sa progression à l’Est et au Sud par l’Empire de sa gracieuse Majesté, malgré l’entente cordiale de 1904, la France ne saurait oublier les ressentiments qu’elle n’avait cessé d’éprouver. Une vielle rancune de plus, diraient certains. Une question de principe au Quai d’Orsay, prétendraient d’autres, que l’humiliation de la défaite militaire en 1940, puis celle de la libération. Enfin, l’effondrement de l’Empire par la décolonisation et l’effacement relatif de la France qui s’en était suivi sur la scène internationale, où elle était devenue une puissance moyenne de second rang, loin de son rayonnement d’antan et de la nouvelle influence des puissances montantes comme la Chine, l’Inde, et bien sûr les États-Unis, n’ont cessé d’entretenir.
[3] On sait que le montant des échanges est passé de 7,7 milliards d’euros en 2000 à 128 milliards d’euros en 2011.
[4] Son sol et son sous-sol regorgent de ressources comme le cuivre, l’or, le diamant, le niobium, l’uranium, le cobalt, l’étain, la cassitérite, le coltan, le pétrole, le café, le cacao, les bois rares…

vendredi 30 avril 2010

Le sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de France et d’Afrique

Union du Congo salue positivement la tenue du sommet France-Afrique qui se tiendra à Nice, en France, du 24 au 31 mai 2010. Elle constate que ce forum des chefs d’État et de gouvernement de France et d’Afrique se déroulera dans un contexte historique fort particulier, relativement à la décolonisation des pays africains. En effet, cette année 2010, dix-sept États d’Afrique subsaharienne célèbrent le cinquantième anniversaire de leur indépendance nationale et de leur souveraineté internationale [pour lire la suite].

jeudi 8 avril 2010

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Président d’Union du Congo

1. Pourquoi les efforts fournis en matière de réforme du secteur de la sécurité n’aboutissent pas à la paix en RD Congo ?

Si la paix tarde à se matérialiser, c’est parce que la sécurité de la RD Congo est conditionnée non seulement par celle de ses voisins, mais aussi par celle des pays de l’Afrique centrale, australe et orientale. Par sa situation géographique, notre pays est de facto le cœur de la géopolitique du continent. Nous devons donc garantir la stabilité de notre territoire national et développer une diplomatie efficace, car la paix et la sécurité régionales ne pourraient être sauvegardées que grâce à l’implication de différents acteurs régionaux, voire continentaux. Sachons que l’existence des bases communes aux populations africaines est l’un des éléments fondamental pour la mise en place d’un système confédéral de protection [lire la suite].