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mercredi 11 novembre 2015

Déclaration de l'ABACO sur les révélations et l'exfiltration d'un dirigeant des FDLR vers le Rwanda


Dans un article publié récemment sur le site de Jeune Afrique, intitulé Rwanda – RDC : un transfuge des FDLR se met à table, il est question de défection du lieutenant-colonel Gérard Ntibibaza, alias Mambo Lorenzo, responsable de l'administration au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dans l'Est de la République Démocratique du Congo.

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), courant politique à part entière au sein de l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO), souhaite vivement que le peuple congolais soit au courant des conditions ayant permis d'exfiltration de cet officier. En conséquent, la Direction du RDPC :
- aux gouvernements congolais et rwandais sur des informations précises concernant les données confidentielles relatives aux effectifs des FDLR établis illégalement dans le Nord et Sud Kivu ;
- au gouvernement congolais sur l'évocation par ce lieutenant-colonel des collusions entre l'armée congolaise et les rebelles des FDLR, sur la présence de certains FDLR dans les poste de commandement au sein des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et leur approvisionnement en armes et munitions ;
- à la MONUSCO sur les complicités internes et l'aide dont aurait bénéficié le lieutenant-colonel Gérard Ntibibaza.

Dans cette optique, le RDPC demande patriotiquement aux honorables députés et sénateurs d'interpeller le gouvernement en bonne et due forme.

Consciente des efforts des gouvernements congolais et rwandais, ainsi que de la mission onusienne, en vue de la pacification de la région des Grands Lacs, l'ABACO espère avoir des clarifications en guise des réponses aux légitimes inquiétudes non seulement des Congolaises et des Congolais, mais surtout de la plus grande majorité des populations régionales.

Fait à Paris, le 11 novembre 2015

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Président du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),
Premier Vice-Président de l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO)


jeudi 5 février 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150205/00034 relatif à la rencontre du Rwanda en vue du rapatriement en RD Congo des ex-rebelles du M23

Une délégation congolaise accompagnée de représentants de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) et des Nations unies s’est rendue à Kigali dans le cadre d'un processus de rapatriement volontaire des ex-rebelles congolais du M23 présents au Rwanda, l'objectif étant de « finaliser le dossier » en suspens. En effet, après des mois de report de cette rencontre, les autorités rwandaises et congolaises veulent faire avancer la procédure de rapatriement des ex-rebelles et du matériel militaire saisi lors de leur arrivée au Rwanda.

Le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) prend acte de la volonté du Rwanda de s'impliquer davantage dans la pacification de la région des Grands Lacs et dans son apport dans le processus de stabilisation de la République Démocratique du Congo. Remerciant le gouvernement rwandais de vouloir régler en urgence le processus de rapatriement des ex-rebelles du M23, le RDPC souhaite vivement que le même traitement soit appliqué aux éléments des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), encore présents dans le territoire congolais, en proie à une opération militaire de grande envergure. De plus, un rapatriement desdits éléments armés vers Kigali ne pourra que faciliter la réconciliation rwando-rwandaise, tout en évitant une opération militaire coûteuse et des pertes en vies humaines.

Fait à Paris, le 5 février 2015

Pour le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

mardi 16 décembre 2014

Président, les Congolais ne sont pas de moutons !

Le président de la République Démocratique du Congo s’est adressé à la Nation, le 15 décembre dernier à Kinshasa, à travers les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. Son discours, lequel a consolidé davantage le scepticisme de l’opposition, s’est surtout focalisé sur les forces onusiennes, la position des pays occidentaux, la tenue des élections et le respect de la Constitution.

Les forces onusiennes

A l’occasion de son appel à la Nation congolaise, le président Joseph Kabila a manifesté son souhait relatif à la réduction de l’effectif des casques bleus car la République démocratique du Congo est « un pays où il n’y a plus de guerre classique, où la protection des civils relève désormais des opérations de police et des opérations militaires », et où « la situation militaire générale s’est améliorée au point de lui [au pays, ndlr] permettre de se porter au secours d’autres frères et sœurs en détresse ». Si la partie orientale du pays a réellement renoué avec la paix, le président de la République Démocratique du Congo aurait carrément demandé le départ de la Monusco. Si les civils n’y sont qu’en proie à une insécurité que les FARDC pourraient maîtriser à tout moment, il n’aurait pas reconnu le besoin d’un équipement spécialisé, dont disposent les forces onusiennes, par rapport à la situation sécuritaire à laquelle est confronté le pays. Le fait de se contenter d’un départ partiel des casques bleus laisse supposer que la menace de déstabilisation du territoire national n’est pas complètement éloignée.

Le maintien à tout prix ?

Pourquoi cette pressente exigence, s’agissant du nombre de casques bleus sur le territoire national, au moment où les forces négatives sont en train de se restructurer en Ouganda et dans d’autres pays limitrophes situés à l’Est ? La perspective d’une révision constitutionnelle étant de plus en plus improbable, faut-il trouver un autre subterfuge ? La dégradation de la situation dans la partie orientale pourrait-elle servir de prétexte à la prolongation du mandat présidentiel, donc de la non-tenue des élections, en s’appuyant sur la proclamation de l’état d’urgence, ou la déclaration de guerre, conformément aux articles 85 et 86 de la Constitution du 18 février 2006 ? Souhaite-t-on à tout prix se maintenir au pouvoir, en dépit du contexte populaire qui plus est défavorable aux présidences à vie ? [lire la suite]

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Œil d'Afrique

vendredi 13 juin 2014

RD Congo/Rwanda : le loup sort enfin du bois

Le vent commence enfin à éclaircir les ténébreux nuages ayant sans cesse masqué le visage du principal auteur de nombreux conflits armés qui déstabilisent la région du Kivu. En effet, depuis deux journées consécutives, des tirs à l’arme lourde retentissent à la frontière entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo. Il s’agit des premiers accrochages directs entre les FARDC[1] et les FRD[2].

La main du diable

Le gouvernement congolais, les organisations humaines, la société civile et les institutions onusiennes ont sans arrêt dénoncé la main manipulatrice du président rwandais, Paul Kagamé, dans la déstabilisation de la région du Kivu. Les éléments des forces  de défense du Rwanda ont toujours opéré dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Ils l’ont fait officiellement à travers l’opération « Umoja wetu »[3] et, officieusement, par le biais de toutes les actions armées menées par CNDP[4], le M23[5] et d’autres milices hostiles au pouvoir en place à Kinshasa. Les marionnettes comme Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda, Jules Mutebusi et tant d’autres ont chaque fois agi à la demande de l’homme fort de Kigali.

La fin de l’alibi

La neutralisation des éléments du M23 par la Munusco et les FARDC devait en principe permettre la pacification de la région du Kivu. Encore faut-il enlever au Rwanda le seul alibi qui lui permet de s’ingérer dans les affaires intérieures congolaises, en vue de l’annexion d’une grande partie du Kivu. Effectivement, comme par hasard, l’affrontement direct entre les FARDC et les FRD se déroulent au moment où l’option a été prise de désarmer les éléments des FDRL[6].
Cette fois-ci, il n’est plus question de mener, contre les éléments des FDLR, des opérations semblables à « Kimia I et II »[7], ainsi qu’à « Amani leo »[8]. D’une part, leur rapatriement vers le Rwanda enlèvera tout prétexte à Paul Kagamé dans le soutien aux différents groupuscules armés qui sévissent dans le Kivu. D’autre part, le président rwandais sera contraint d’initier une réconciliation inter-rwandaise afin d’éviter une catastrophe humanitaire, qui risquerait d’aboutir à l’implosion de pays, sans pour autant empêcher la fin de son régime politique.

Les conséquences de cet affrontement

L’affrontement directe entre les forces armées congolaises et rwandaises confirme de facto les mauvaises intentions ayant toujours animé le président Paul Kagamé. Comment peut-on continuer à œuvrer dans les institutions régionales avec un voisin qui, pour mettre à exécution son agenda caché, viole sciemment les conclusions de l’accord-cadre d’Addis-Abeba ?
Le pot-aux-roses étant maintenant découvert, on devra avoir le courage de mettre définitivement fin à l’hypocrisie qui est à l’origine du génocide congolais. Kinshasa devra tirer toutes les conséquences possibles, quant à la coopération diplomatique et aux échanges commerciaux entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Notes :
[1] Forces armées de la République Démocratique du Congo.
[2] Les Forces rwandaises de défense.
[3] Une opération militaire conjointe entre les armées nationales rwandaises et congolaises
[4] Le Congrès national pour la défense du peuple, créé et dirigé par le criminel Laurent Nkunda.  Après l’assigné de ce dernier à résidence à Kigali par le Rwanda en novembre 2008, Bosco Ntaganda, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI), l’a remplacé et a accepté d’orienter le mouvement vers la paix. En mars 2009, le CNDP s’est converti en parti politique et 3 000 à 4 000 de ses combattants ont intégré l’armée congolaise.
[5] Le mouvement du 23 mars était un groupe créé suite à la guerre du Kivu. Il était composé d’anciens rebelles du CNDP qui avaient réintégré l’armée nationale congolaise à l’issue d’un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa. Ils se sont ensuite mutinés en avril 2012.
[6] Forces démocratiques de libération du Rwanda représentent un groupe armé formé en 2000 en République Démocratique du Congo. Opposées au président Paul Kagamé ayant remplacé l’Armée de libération du Rwanda. Elles compteraient dans leurs rangs des responsables du génocide rwandais.
[7] Les opérations « Kimia I et II » avaient été menés avant l’année 2010 dans les provinces du Nord Kivu et du Sud-Kivu comme objectif la destruction de tous les sanctuaires » des FDLR, ces rebelles rwandais installés dans l’Est de la République Démocratique du Congo depuis 1994 et à qui l’attribution les exactions contre les populations congolaises ainsi que l’exploitation illégale des ressources naturelles de la région.
[8] L’opération « Amani leo », qui signifie en swahili « La paix aujourd’hui », visait notamment la traque des rebelles hutus rwandais en vue de leur éradication par des actions pointues menées par des unités conjointes FARDC-Monuc sur le terrain.

jeudi 5 juin 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20140605/00014 relatif à la problématique des éléments des FDLR en RD Congo

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République Démocratique du Congo, Martin Kobler, a lancé à partir de Kinshasa, le 4 juin 2014, un dernier appel aux combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Ainsi leur a-t-il demandé de déposer leurs armes au risque d’y être contraints par les forces onusiennes et l’armée nationale congolaise et rappelé. Dans la foulée, il a précisé que les commandants de cette rébellion rwandaise accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité devraient répondre de leurs actes.

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) soutient l’initiative du représentant des Nations Unies en République Démocratique du Congo. Par conséquent, s’agissant des crimes contre l’Humanité, force est de constater que la stabilisation de la région du Kivu dépend également :
- de l’extradition du criminel Laurent Nkunda vers Kinshasa ;
- de la cessation en approvisionnement en armes des rebelles congolais à partir du territoire rwandais ;
- de la non-infiltration des éléments des armées rwandaise et ougandaise dans le territoire congolais, ainsi que du soutien de la communauté internationale aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans leurs actions relatives au maintien de la paix dans la région du Kivu ;
- de l’acceptation du rapatriement vers Kigali de tous les éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) censées se trouver dans le territoire congolais, ou alors de leur extradition sans condition dans un pays non limitrophe de la République Démocratique du Congo ;
- du dialogue inter-rwandais ;
- de la capacité du gouvernement congolais à déployer les moyens nécessaires en vue de la sécurisation du territoire national.

Le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo est convaincu de la nécessité d’une armée citoyenne capable de sécuriser les frontières nationales et d’assurer la défense du territoire congolais en cas d’agression, d’où qu’elle vienne. De plus, seul le rétablissement d’une paix durable et le respect des valeurs universelles permettront la démocratisation, ainsi que la reconstruction de la République Démocratique du Congo.

Fait à Paris, le 5 juin 2014

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

lundi 27 janvier 2014

La conjuration des expansionnistes et des pilleurs au détriment de la RD Congo

« Pour la Monusco[1], un plan de réintégration des soldats de l’ancienne rébellion en dehors de leurs communautés d’origine n’est pas viable », peut-on lire dans un article publié dans le site de l’Agence d’information (AI)[2] intituléLes arrière-pensées gouvernementales de la démobilisation du M23. Et les auteurs de l’article de préciser que « le M23 ne l’acceptera pas et les risques de nouvelles tensions ne sont pas à prendre à la légère ». Rappelons que les différentes tentatives du Rwanda de bloquer la publication, en raison des accusations de soutien au Mouvement du 23 Mars (M23), n’ont pas empêché la transmission du rapport des experts des Nations Unies sur la République Démocratique du Congo, le 23 janvier dernier, au Conseil de sécurité.

Le désarmement du M23

D’après l’Agence d’information, dont la seule raison d’être consiste à surveiller la première intervention offensive des Nations Unies sur le sol congolais, « le plan gouvernemental [congolais] de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des combattants de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), aile militaire du M23, suscite craintes et perplexités au sein de l’appareil onusien à Kinshasa ». Il paraîtrait que, aux dires d’un officiel de la Monusco lors d’une réunion en date du 21 janvier dernier présidée par le général Abdallah Wafi en présence de nombreux diplomates, « le plan DDR conçu par les autorités congolaises, et sur lequel les fonctionnaires de l’Agence nationale de renseignements (ANR) ont la haute main, ressemble davantage à un projet de déportation qu’à un processus de démobilisation ».
D’aucuns n’ignorent que, dans le passé, les accords ayant été conclus par le gouvernement congolais avec les différents groupes armés n’ont jamais abouti à la moindre résolution des conflits qui ne cessent de déstabiliser la région du Kivu. Au contraire, ils ont facilité le noyautage des institutions étatiques et servi de chantage à d’autres menaces de rébellion.
Personne n’ignore non plus que l’objectif des présidents rwandais et ougandais, en l’occurrence Paul Kagamé et Yoweri Kaguta Museveni, consiste à administrer de manière autonome le Nord-Kivu[3]. Après la débandade militaire de leurs poulains du M23, dans un premier temps, le Rwanda et l’Ouganda essaient d’obtenir par tous les moyens leur maintien dans le Kivu dans l’optique d’aboutir tacitement au fédéralisme.
La réussite de cette opération permettra d’exporter, dans un second temps, des populations burundaises, rwandaises et ougandaises dans la région tant convoitée, afin d’y organiser un référendum populaire en vue de l’autodétermination. Enfin, tout le monde a à l’esprit le calendrier relatif à la mainmise par les pays frontaliers, du point de vue foncier dans l’optique d’un démembrement d’une portion de la République Démocratique du Congo[4].

La connaissance de la vérité

On ne doit pas avoir la mémoire courte. Il semble bien que certaines personnes ont pris les armes, à l’Est de la République Démocratique du Congo, pour assurer la protection des leurs proches ethniquement parlant et défendre leurs intérêts au détriment de la Nation Congolaise. Ainsi ont-ils remis en cause l’insertion et l’intégration d’un bon nombre d’entre eux, qui se considèrent sincèrement comme des citoyens congolais, et mis en cause l’intégrité du territoire national. Face aux millions de morts et à la souffrance humaine, on ne doit pas s’amuser à se draper de la toge de l’avocat du diable. Sauf si on considère les actes ayant occasionné plus de 8 millions de morts et des violences sexuelles, sans compter les autres violations des droits fondamentaux de la personne humaine, comme des simples errements. Un banal détail de l’histoire, si l’on veut. On ne peut pas faire abstraction de la vérité, par rapport à ce qui se passe dans la région du Kivu, si l’on tient réellement à proposer des solutions salutaires.
« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire », préconisait à juste titre Jean Jaurès, tout en conseillant d’avoir « une confiance inébranlable pour l’avenir ». « Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience », a-t-il précisé tout en rappelant néanmoins de ne pas être « d’une ignorance encyclopédique ». Il est une réalité : les minorités ethniques existent au Congo-Kinshasa. Raison pour laquelle on doit à tout prix sauvegarder leurs droits tout en leur rappelant leurs devoirs au regard de la Nation congolaise. Face à la dramatique situation en cours dans la région du Kivu, on doit plutôt avoir la capacité de se pencher sur les différentes causes des conflits et le courage de chercher les solutions les plus efficaces.

La problématique de la trahison

Comment la majorité peut-elle défendre et assurer les droits de la minorité, si celle-ci apparaît, d’une manière ou d’une autre, comme étant la source des problèmes ? Si cette minorité ne cesse d’agir en intelligence avec les ennemis de la Nation ? Par ailleurs, il est important de rappeler que la trahison n’est pas seulement le propre des immigrants. Les gouvernants congolais devront également être cohérents et sincères, dans leurs actions et engagements en faveur de la paix et de la cohésion nationale.
C’est une question de conscience et de patriotisme, d’autant plus que le nœud du problème n’est pas forcément ces « minorités » de la région du Kivu mais l’implication de quelques Congolais dans une entreprise de criminalisation des soi-disant enjeux politiques, des complicités locales dans la région du Kivu, ainsi que dans la haute hiérarchie militaire et dans la sphère politique à Kinshasa. Seule la conscience patriotique évitera l’instrumentalisation, par les uns et les autres, de la question ethnique.

Un pacte de non-trahison

S’il existe en République Démocratique du Congo des pactes de non-agression, par exemple entre Nilotiques et Soudanais dans la province orientale et dans la province de l’Équateur, pourquoi l’État congolais n’imposera-t-il pas un pacte de non-trahison avec ceux qui, dans la région du Kivu, sont venus d’ailleurs ?  Il suffit que les citoyens respectent les lois de la République, que l’État les respecte aussi et les fasse appliquer.
La question ne doit pas en principe se poser, s’agissant des rwandophones devenus sincèrement congolais (allusion aux 52 familles, par exemple). Il n’est pas non plus question de condamner ad vitam aeternam une ethnie à payer les errements de quelques-uns. Il est plutôt question de rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et de rappeler les droits ainsi que les devoirs de tous les citoyens au regard des lois de la République. Et le pacte de non-trahison constituera un élément fondamental pour l’éveil du patriotisme, pour la prospérité économique et l’épanouissement des populations congolaises, pour l’unité et la grandeur de la République Démocratique du Congo.

Les FARDC, une institution étatique

Pour faire échouer le plan machiavélique relatif à la balkanisation conçu par des puissances extracontinentales qui utilisent quelques pays limitrophes comme bras armés, le gouvernement congolais devra à tout prix éviter l’intégration des criminels à la solde des présidents Kagamé et Museveni dans certaines institutions et structures stratégiques, donc décisionnelles, de la République. Dans la même optique, l’armée nationale congolaise étant une institution étatique, tous les militaires congolais sont obligés d’accepter leur mutation dans l’ensemble du territoire national. Ainsi revient-il au gouvernement congolais de garantir la sécurité des éléments du M23, qui sont éligibles à la réintégration dans l’armée nationale congolaise, en contrepartie de leur bonne foi et de leur sincérité quant au fait de remplir leur mission en dehors de la région du Kivu. La fermeté gouvernementale devra donc s’imposer, s’agissant de leur relocalisation dans d’autres régions du pays.

Un voleur derrière chaque menteur ?

Nul n’ignore que le bourreau tue d’abord par les armes, ensuite par l’oubli. Le peuple congolais ne doit avoir en aucun cas la mémoire courte. Sachant très bien qu’un voleur se cache toujours derrière chaque menteur, Kinshasa doit privilégier le droit – à la fois sur les plan national, régional et international – pour permettre la stabilisation du territoire national.
Si l’État congolais ne se penche pas sérieusement sur les causes réelles des conflits civils et armés qui ne cessent d’hypothéquer l’appartenance commune à la Nation, même si la situation est presque stabilisée militairement, les problèmes risqueront de ressurgir quelques années plus tard. Tant qu’à faire, il vaut mieux agir sans complaisance, ni romantisme.
On doit surtout avoir à l’esprit la corrélation entre le droit et le rapport de force. Tant que le gouvernement congolais ne saura imposer le rapport de force, il aura du mal à faire triompher le droit. Ainsi Kinshasa devra-t-elle, sur la base d’un État de droit, reprendre la main à travers des mécanismes idoines.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
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Notes
[1] La mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo.
[2] Une structure qui œuvre en faveur des proches du président rwandais Paul Kagamé et fait du lobbying en vue de la balkanisation de la région du Kivu au profit du Rwanda, du Burundi et dans, une moindre mesure, de l’Ouganda.

jeudi 2 janvier 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20140102/0011 relatif à la mort du colonel Mamadou Ndala en RD Congo

Selon plusieurs sources, le colonel Mamadou Ndala, commandant de la Brigade Commando URR (Unité de réaction rapide), a été tué ce 2 janvier lors d'une embuscade tendue par des hommes armés apparemment identifiés dans le village de Ngadi, entre l’aéroport de Mavivi et Beni-ville dans le Nord-Kivu. D'aucuns n'ignorent que le colonel Mamadou Ndala a supervisé avec bravoure les opérations des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) contre les éléments du M23 qu'il a vaincus simultanément à Nyiragongo et à Rutshuru. La tentative de le relever de son commandement pour Kinshasa a échoué grâce à de vives protestations dans les rues de Goma où des jeunes avaient manifesté pour demander son maintien en fonction. Le colonel Mamadou Ndala devait conduire une opération contre des rebelles ougandais de l’Adf-Nalu.

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) salue le courage d'un combattant dont le sang vient de couler sur le champ de bataille. Un combattant qui, en dépit du fait que l'ennemi n'est pas forcément en face mais s'active aussi dans les rangs des forces gouvernementales, s'est dévoué corps et âme pour que les Congolaises et les Congolais aspirent un jour à la paix. Paix à son âme ! Que la terre de nos ancêtres lui soit douce ! Que sa mémoire reste à jamais gravée aux côtés de celles de nos héros nationaux.

Le RDPC ose espérer que l'exemple du colonel Mamadou Ndala – ce vaillant combattant qui est tombé sur le champ d'honneur – sera suivi par des milliers des combattants congolais soucieux d'une implication réelle sur les champs de bataille en de la libération totale et de la pacification pour longtemps de l'antre national.

Fait à Paris, le 2 janvier 2014

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

mercredi 6 novembre 2013

RD Congo : Une victoire militaire à confirmer diplomatiquement

Par la voix de Lambert Mende, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le pouvoir en place à Kinshasa a annoncé que « les derniers résidus du M23 [venaient] d’abandonner leurs retranchements de Chanzu et Runyonyi sous la pression des [FARDC] ». Une « victoire totale de la République Démocratique du Congo », aux dires de Lambert Mende, confirmée par le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l’armée nationale congolaise pour la province du Nord-Kivu. Des éléments de la brigade d’intervention de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (Monusco) se sont joints aux forces gouvernementales pour neutraliser les positions rebelles, après la mort de six civils tués par des chutes d’obus sur la vielle de Bunagana. Le chef militaire des rebelles, Sultani Makenga, aurait fui vers le Rwanda où de nombreux rebelles ont également trouvé refuge, ainsi qu’en Ouganda.
Soutenues logistiquement par les casques bleus de la Monusco, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont repris depuis le 25 octobre 2013, au terme d’une offensive foudroyante, la totalité du territoire qu’occupaient les éléments du M23 pendant dix-huit mois. En quatre jours, les villes de Kibumba, de Kiwanja, de Rutshuru et de Rumangabo, les bastions de la rébellion, ont été récupérées par l’armée gouvernementale. La victoire des FARDC sur les poulains du Rwanda et de l’Ouganda, comme a claironné Lambert Mende ? Pas si évident. 

La cessation des combats et la dissolution du M23

Le président des rebelles du M23, Bertrand Bisimwa, a ordonné le 3 novembre dernier à tous ses combattants de cesser dans l’immédiat les hostilités avec l’armée congolaise, laquelle avait pris sérieusement le dessus sur les champs de bataille. En référence aux négociations en cours à Kampala, il a prétendu agir de la sorte « pour permettre la poursuite du processus politique». Après la débandade d’au moins 300 rebelles qui se sont retranchés sur les collines de Mbuzi, de Chanzu et de Runyonyi – à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu –, Bertrand Bisimwa a dans la foulée publié une déclaration de « fin de rébellion » en annonçant l’intention du M23 de « poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création ». Ainsi a-t-il appelé le chef d’état-major et les commandants des grandes unités du M23 de « préparer les hommes des troupes au processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion sociale dont les modalités [seraient] à convenir avec le gouvernement [congolais] ».

Le respect de la souveraineté territoriale congolaise

Très curieusement, un appel aux rebelles congolais du M23 a été lancé le 5 novembre à Pretoria par les pays africains voisins de la République Démocratique du Congo pour qu’ils renoncent à la rébellion afin de permettre la signature rapide d’un accord de paix. Pourquoi une telle précipitation, sachant que lesdits Etats se sont toujours montrés moins pressés quand le M23 avait, sur le terrain, l’avantage sur l’armée loyaliste ? Veut-on à tout prix façonner l’argile pendant qu’elle est encore humide, dans l’optique d’amnistier les rebelles et de les réintroduire dans les institutions étatiques pour mieux finaliser la politique d’infiltration ? Espère-t-on en réalité obtenir diplomatiquement ce qui vient d’être perdu par les armes ?
On ne peut agir cyniquement, comme si rien de dramatique ne s’est passé dans le Nord-Kivu. Il est inhumain de passer par pertes et profits les 10 millions de morts congolais. On ne peut pas continuer à cautionner l’impunité en faveur des groupes rebelles. Agir de la sorte consiste à fermer les yeux sur les crimes de guerre et crimes contre l’Humanité commis en République Démocratique du Congo. Le problème n’est pas tant d’accepter « publiquement » l’annonce du démantèlement de la rébellion pour permettre la signature d’un « accord final », mais de faire respecter la souveraineté territoriale congolaise par le Rwanda et l’Ouganda. Quelques préalables doivent être absolument respectés.

Les conditions en vue d’une paix durable

En tout cas, un « accord formel » ne vaudra rien tant qu’aucune garantie ne sera apportée par le Rwanda et l’Ouganda quant au respect de différents accords de non-agression et à la non-assistance aux forces négatives. Trois facteurs sont décisifs en vue de l’entente cordiale dans la région des Grands Lacs.
Primo, seule la condamnation officielle des parrains du M23 garantira la souveraineté de la République Démocratique du Congo. Secundo, tant qu’aucun mécanisme de suivi des accords déjà ratifiés n’est habilité à sanctionner les signataires fautifs, d’autres rébellions risquent de voir le jour non pas forcément dans la région du Nord-Kivu, où les forces onusiennes sont présentes, mais dans d’autres provinces comme le Katanga. Tertio, il est impossible d’envisager le réaménagement de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) tant que les peuples rwandais, burundais et congolais ne se réconcilieront pas. Cela ne sera pas envisageable tant que la République Démocratique du Congo n’aura ni fait son deuil, ni réformé totalement son système défensif.
Face aux rebelles du M23, le gouvernement congolais doit désormais se comporter en vainqueur. Sa magnanimité, s’il en faut, ne doit en rien hypothéquer l’avenir d’un peuple qui, depuis 1997, n’a cessé de vivre un calvaire. Kinshasa doit donc imposer sa volonté aux vaincus, et mettre le Rwanda et l’Ouganda dans l’obligation de ne plus s’ingérer dans ses affaires intérieures. Telles sont les conditions sine que non en vue d’une paix durable dans la région des Grands Lacs africains. De toute évidence, au risque de retourner à la case départ, la victoire militaire des FARDC doit être confirmée par le gouvernement congolais sur le plan diplomatique.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Copyright Jolpress

lundi 22 juillet 2013

Déclaration des organisations associatives et politiques de la diaspora congolaise sur les concertations nationales et la situation dans l’Est de la République Démocratique du Congo

Nous, membres des associations et partis politiques de la diaspora congolaise réunis à Paris en session extraordinaire en date du 15 juillet 2013, faisons patriotiquement une déclaration commune sur la situation politique et sécuritaire qui prévaut en République Démocratique du Congo, en général, et dans sa partie orientale, en particulier. À l’issue de cette réunion, des résolutions ont été prises sur les plans national, continental et international.

Sur la situation dans l’Est de la République Démocratique du Congo

Nous condamnons avec « force et vigueur » la reprise des hostilités dans la province du Nord-Kivu. Ainsi demandons-nous à tous les belligérants de cesser, sans aucune condition, les hostilités dont les populations civiles sont les premières victimes. Par contre, nous exhortons la Brigade d’intervention des Nations Unies, qui plus est déjà déployée dans le territoire congolais et plus particulièrement dans la zone attaquée par les forces négatives bien identifiées par le Conseil de sécurité des Nations Unies, à s’acquitter efficacement, surtout dans le meilleur délai, de sa mission conformément à la Résolution 2098 des Nations Unies – quant à la protection des populations civiles et à l’éradication des groupes armés, y compris le M23, qui persisteront dans la voix armée au détriment de la solution politique.

L’accord-cadre d’Addis-Abeba doit être opposable à tous les pays de la sous-région, sous peine des sanctions. À cet effet, pour une paix durable dans la région des Grands lacs, nous appuyons la démarche du Président tanzanien, Son Excellence Jakaya Kikwete, qui, dans une dernière déclaration faite à Addis-Abeba, a demandé au Rwanda et à l’Ouganda d’ouvrir des dialogues avec leurs opposants internes et exilés en vue des solutions politiques pouvant mettre un terme à des accusations mutuelles d’appui, par les voisins, des groupes rebelles de chaque pays.

S’appuyant sur l’article 52 de la Constitution du 18 février 2006, nous rappelons que les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international. En conséquence, aucun individu, ou groupe d’individus, ne peut utiliser une portion du territoire national comme base de départ d’activités subversives, ou terroristes, contre l’État congolais ou tout autre État.

Sur les concertations nationales

Nous demandons à la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, et à la société civile de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation en surmontant leurs divergences – l’objectif étant la participation, dans un cadre républicain, de toutes les forces vives, la diaspora comprise, aux Concertations nationales en vue d’une réflexion inclusive susceptible de consolider l’unité et la cohésion nationale et la formation d’une véritable armée républicaine capable de défendre le territoire national.

Pour garantir l’intégrité des travaux des assises des concertations nationales et le suivi des conclusions, nous préconisons d’inclure à ce processus, en tant qu’observateurs, les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, les membres du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ainsi que les représentants de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).

Sur l’intégrité du territoire national

Nous demandons aux populations congolaises de rester vigilantes et de décourager toute tentative pouvant porter atteinte à la sécurité et à la paix, en application de l’article 63 de la Constitution qui leur accorde le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité territoriale face à une menace ou à une agression extérieure. Dans cette optique, nous devons être en symbiose avec nos soldats en les soutenant et en les encourageant car, au péril de leur vie, ils sont tout le temps au front pour défendre la Nation.

Fait à Paris, le 18 juillet 2013

Signataires :
Symphorien Kabeya Ntumbansela (CDPS France), N’Kashama-Mutoke Kabeya (CDPS France), Gaspard-Hubert Lonsi Koko (Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo), Llyod Mayala Matondo (Ligue des Jeunes pour la Démocratie et les Droits de l’Homme), Augustin Mukamba (Troisième Force), Emmanuel Mutombo (Union du Congo), Herman Nzeza Malungidi (Alliance Nationale pour le Changement).

DES CONGOLAIS DE LA DIASPORA SE MOBILISENT EN FAVEUR DE LA PAIX DANS LE NORD-KIVU ET LA TENUE DES CONCERTATIONS NATIONALES

Regroupés au sein des organisations associatives et partis politiques, des Congolais de la diaspora se sont retrouvés lundi 15 juillet dernier pour échanger sur la situation dans l’Est de la RDC et la tenue des concertations nationales initiées et convoquées par le président Joseph Kabila. C’est ce qui ressort de la déclaration commune signée par les participants à cette rencontre.


N'Kashama Kabeya, Gaspard-Hubert Lonsi Koko et Augustin Mukamba, trois des signataires de la déclaration du 15 juillet 2013
Dans une déclaration publiée à Paris, le 18 juillet 2013, nous apprenons que des Congolais de la diaspora rassemblés au sein des associations et partis politiques ont tenu une session extraordinaire pour évoquer la situation dans le Nord-Kivu, où la guerre a repris de plus belle, et la tenue des concertations nationales annoncées par le président Joseph Kabila.


« Droit à la paix et à la sécurité »


Les signataires de la déclaration condamnent avec « force et vigueur » la reprise de la guerre au Nord-Kivu.

«   Nous demandons à tous les belligérants de cesser, sans aucune condition, les hostilités dont les populations civiles sont les premières victimes. Par contre, nous exhortons la Brigade d’intervention des Nations Unies, qui plus est déjà déployée dans le territoire congolais, et plus particulièrement dans la zone attaquée par les forces négatives bien identifiées par le Conseil de sécurité des Nations Unies, à s’acquitter efficacement, surtout dans le meilleur délai, de sa mission conformément à la Résolution 2098 des Nations Unies quant à la protection des populations civiles et à l’éradication des groupes armés, y compris le M23, qui persisteront dans la voie armée au détriment de la solution politique. »

Les déplacés du Nord-Kivu
Ils dénoncent le non respect de l’accord-cadre signé à Addis-Abeba, le 24 février dernier, par  les chefs d’Etat et de gouvernement des 11 pays de la région. Tous s’étaient engagés à ne pas appuyer les mouvements rebelles agissant dans l’Est de la RDC.


« L’accord-cadre d’Addis-Abeba doit être opposable à tous les pays de la région, sous peine des sanctions. À cet effet, pour une paix durable dans la région des Grands lacs, nous appuyons la démarche du Président tanzanien, Son Excellence Jakaya Kikwete, qui, dans une dernière déclaration faite à Addis-Abeba, a demandé au Rwanda et à l’Ouganda d’ouvrir des dialogues avec leurs opposants internes et exilés en vue des solutions politiques pouvant mettre un terme à des accusations mutuelles d’appui, par les voisins, des groupes rebelles de chaque pays. »


S’appuyant sur l’article 52 de la Constitution du 18 février 2006, les signataires de la déclaration rappellent à l’opinion publique mondiale  que « les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international. En conséquence, aucun individu, ou groupe d’individus, ne peut utiliser une portion du territoire national comme base de départ d’activités subversives, ou terroristes, contre l’État congolais ou tout autre État. »


L’intérêt supérieur de la Nation, d’abord


Pour consolider l’unité et la cohésion nationale , les signataires de la déclaration  approuvent sans réserve la tenue des concertations nationales annoncées par le président Joseph Kabila.

« Nous demandons à la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, et à la société civile de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation en surmontant leurs divergences, l’objectif étant la participation, dans un cadre républicain, de toutes les forces vives, la diaspora comprise, aux Concertations nationales en vue d’une réflexion inclusive susceptible de consolider l’unité et la cohésion nationale et la formation d’une véritable armée républicaine capable de défendre le territoire national. »


Soucieux de la bonne tenue de ces assises et de son heureux dénouement, ils préconisent : « d’inclure à ce processus, en tant qu’observateurs, les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, les membres du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ainsi que les représentants de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). »


Pour conclure, ils lancent un appel au peuple congolais, qui souffre tant le martyre,  à s’abstenir de toute action pouvant porter atteinte à la souveraineté, l’indépendance , l’intégrité et l’inviolabilité territoriales.


« Nous demandons aux populations congolaises de rester vigilantes et de décourager toute tentative pouvant porter atteinte à la sécurité et à la paix, en application de l’article 63 de la Constitution qui leur accorde le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité territoriale face à une menace ou à une agression extérieure. Dans cette optique, nous devons être en symbiose avec nos soldats en les soutenant et en les encourageant car, au péril de leur vie, ils sont tout le temps au front pour défendre la Nation. »


Cette déclaration, dont la presse en Europe s’en est largement fait l’écho, a été signée par Symphorien Kabeya Ntumbansela (CDPS France), N’Kashama-Mutoke Kabeya (CDPS France), Gaspard-Hubert Lonsi Koko (Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo), Llyod Mayala Matondo (Ligue des Jeunes pour la Démocratie et les Droits de l’Homme), Augustin Mukamba (Troisième Force), Emmanuel Mutombo (Union du Congo), Herman Nzeza Malungidi (Alliance Nationale pour le Changement).

Robert Kongo, correspondant en France

© Le Potentiel

lundi 21 janvier 2013

Kinshasa, le cadre légitime du dialogue intercongolais

Les désaccords entre la délégation du gouvernement congolais et les représentants du M23 montrent l’impasse des pourparlers de Kampala dont aucune raison ne justifie la tenue. De plus, la République Démocratique du Congo est un État souverain. Il revient donc aux forces régionales et à la communauté internationale d’assister les Forces armées congolaises (FARDC) dans leurs initiatives en vue de la stabilisation de la région du Kivu, et non de cautionner un marché de dupe dont l’issue consiste en réalité à infiltrer les institutions congolaises pour une balkanisation à court terme.

Les revendications supplémentaires du M23

Les rebelles du M23 exigent, comme condition à un cessez-le-feu qu’ils ont pourtant décrété unilatéralement, une amnistie des faits de guerre, la prise en charge par le gouvernement de l’actif et du passif comptable du M23, un gouvernement de transition… en complément de l’ordre du jour des travaux. Celui-ci, adopté et signé lors de la plénière du 16 janvier dernier, comprend quatre points : la revue de l’accord du 23 mars 2009[1] ; les questions sécuritaires ; les questions sociales, politiques et économiques, ainsi que le plan de mise en œuvre. La délégation conduite par le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, a fait savoir que la rencontre de Kampala ne devait en aucun cas « se pencher sur tous les problèmes de la République Démocratique du Congo ». De plus, le M23 a outrepassé le cadre préalablement défini le 21 novembre 2012 par les trois Chefs d’État de la région – en l’occurrence Yoweri Kaguta Museveni, Paul Kagamé et Joseph Kabila – ayant permis la convocation du Sommet extraordinaire des Chefs d’État de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) du 24 novembre 2012. Le facilitateur Crispus Kiyonga, qui plus est ministre ougandais de la Défense, devra en principe rejeter cette demande supplémentaire, au risque de confirmer la partialité du pays hôte.

Les raisons du refus de Kinshasa

Certaines revendications du M23, lesquelles sont certes judicieuses, sont déjà formulées par les différentes entités de l’opposition, dans toutes ses composantes, et par la société civile sans pour autant verser le sang des Congolais, ni déstabiliser la Nation par le recours aux armes. L’amnistie des criminels et leur intégration dans les institutions de l’État[2] légitimeront non seulement l’affront fait au peuple congolais martyrisé et humilié, mais confirmeront surtout la complicité de l’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) avec les parrains du M23 et banaliseront l’impunité. Dans la même optique, peut-on donner satisfaction aux revendications d’une structure qualifiée de criminelle par des institutions internationales et dont les principaux dirigeants sont recherchés par la Cour pénale internationale (CPI) ? Comment peut-on se plier aux desiderata d’une bande armée dont les membres n’ont cessé de s’adonner aux violences sexuelles, au viol systématique des dispositifs constitutionnels, aux pillages des ressources naturelles, à la déstabilisation du territoire national… ? Comment peut-on composer avec des gens qui trahissent la Nation congolaise, en agissant en intelligence avec les agresseurs ? Le gouvernement congolais est contraint d’éviter, constate-t-on, toute accointance avec les forces négatives.

Des concertations dans un cadre national

Au vu des arguties évoquées ci-dessus, le gouvernement congolais ne peut que rejeter toute proposition imposée de l’extérieur, à propos de la cohésion nationale et de la sécurisation de la région du Kivu. Ainsi a-t-il  intérêt, pour éviter l’amalgame, à ce que les judicieuses revendications concernant les institutions de la République et le « vivre ensemble » puissent être plutôt débattues à Kinshasa dans un cadre inclusif. En effet, sans exclure l’implication indirecte de la communauté internationale à d’éventuelles assises, les différentes problématiques congolaises ne doivent être abordées qu’à la seule initiative des Congolaises et des Congolais par le truchement des concertations dans un cadre national.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

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[1] Allusion au 23 mars 2009, date à laquelle le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, alors mouvement politico-militaire, avait signé un accord avec le gouvernement congolais pour mettre fin à la rébellion, se transformer en parti politique et faire intégrer ses troupes dans les FARDC. Le M23 dénonce le non-respect par le gouvernement dudit accord relatif au maintien de tous les officiers du CNDP dans leurs grades et l’intégration de la branche politique dans les institutions gouvernementales. Les éléments de ce mouvement armé refusent également « le brassage » : c’est-à-dire l’affectation dans d’autres unités et d’autres régions que veut leur imposer Kinshasa, ce qui les éloignerait de leur zone d’influence dans l’Est.
[2] Rappelons que les éléments du M23, à l’époque membres du CNDP, ont déjà bénéficié d’une loi d’amnistiée ayant couvert les crimes de guerre de 203 à 2009 et ont été intégrés dans l’armée nationale congolaise. Mais cela ne les a pas empêchés de déserter de nouveau les rangs des FARDC et de commettre d’autres crimes.

mardi 11 décembre 2012

Réagissant aux négociations de Kampala entre le gouvernement de la RDC et les rebelles du M23

Gaspard-Hubert Lonsi Koko: « L’unité nationale ne doit être hypothéquée sous aucun prétexte ».
1. Les rebelles du M23 ont quitté Goma. Pensez-vous que ce retrait résout la crise ?
Ce retrait ne peut résoudre la crise qu’en tenant compte de deux facteurs fondamentaux. Si le M23 est un mouvement local soutenu par des pays étrangers, les rebelles qui le composent sont censés savoir qu’aucun citoyen congolais n’est au-dessus des lois de la République. Leurs chefs devront être traduits en justice pour violation des articles 63, 64, 66, 67 de la Constitution et pour haute trahison du fait d’agir en intelligence avec les ennemis de la Nation. Si le M23 est composé d’éléments étrangers s’étant approprié la citoyenneté congolaise, cela confirme l’agression de notre pays par les voisins ougandais, burundais et rwandais. En conséquence, le gouvernement devra recourir aux dispositifs constitutionnels appropriés – plus précisément aux articles 85 et 86, ainsi qu’au second alinéa de l’article 214 de la Constitution. Le président de la République devra décréter l’état de siège et demander à ses alliés de la SADC, de la CEEAC, de l’Union africaine et de la Francophonie de s’impliquer dans une négociation globale, voire d’intervenir militairement aux côtés des FARDC, pour rétablir l’ordre dans la région du Kivu et pacifier l’ensemble du territoire national.

2. Quelle réflexion vous inspire les pourparlers engagés à Kampala entre la délégation du gouvernement de la RDC et les rebelles du M23 ?
Cette rencontre avec le M23 doit avoir comme finalité la mise au point sur la sécurisation du territoire national. Elle ne doit en aucun cas servir de cadre à la négociation en vue du partage des compétences administratives et de l’attribution des postes ministériels. Elle doit être l’occasion d’accompagner les menteurs jusqu’à la porte. J’invite donc à la prudence et à la clairvoyance les membres de la délégation gouvernementale, car il est question de la cohésion nationale. L’unité nationale ne doit être hypothéquée sous aucun prétexte.
3. Faites-vous confiance à cette délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda ?
Raymond Tshibanda étant le patron de la diplomatie congolaise, il est judicieux qu’il conduise une telle délégation. Mais, il faudra le quitus du Parlement pour que le ministre des Affaires étrangères engage le pays dans tout accord relatif à la sécurité de nos populations, à la paix et à l’intégrité du territoire.

4. Comment réagissez-vous au refus des principaux partis d’opposition de participer à ces négociations ?
Le bon sens voudrait, effectivement, que l’on ne négocie pas avec des criminels, de surcroît agresseurs et acteurs de la déstabilisation. Mais comme la RDC s’est retrouvée avec des forces armées téléguidées de l’extérieur à défaut d’une institution militaire aguerrie, elle est contrainte de se rendre à Kampala pour rappeler la nécessité d’une médiation plus large devant inclure ses alliés habituels et d’un dialogue inter-congolais, auquel prendront part les Congolais de l’étranger, pour sortir de la crise qui paralyse politiquement le pays. En effet, la diaspora est composée des Congolais à part entière bénéficiant des mêmes droits et devoirs que leurs compatriotes de l’intérieur. Leurs représentants doivent être choisis dans les différents pôles géographiques sur la base des critères précis : capacités politiques, intellectuelles et relationnelles au regard des autorités des pays, ou du continent, où ils vivent.

5. Comment mettre un terme définitif à cette guerre et au drame humain qui se joue à l’Est de la RDC ?
Une réelle volonté politique et un patriotisme sans faille sont indispensables pour un Etat de droit, la stabilité et l’indivisibilité de la RDC. Il faudra commencer par mettre en place des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines et un gouvernement d’union nationale ou de salut public dans le contexte de l’état d’urgence, tout en garantissant le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine, conformément à l’alinéa 3 de l’article 10 de la constitution, ainsi que le droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger. Il faudra aussi préparer des élections libres et crédibles, en commençant par les scrutins locaux, et créer des juridictions d’exception en vue des poursuites contre les auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l’Humanité, des violations des droits fondamentaux de la personne humaine et pour haute trahison. Il faudra aussi obtenir le changement de la mission de la Monusco et sa transformation en une force d’intervention aux côtés des FARDC, à partir de la frontière rwandaise, et, au cas où les Nations Unies refuseraient de requalifier sa mission, son remplacement par les forces de l’Union africaine ( à l’exclusion des pays voisins de l’Est), et ou de l’Eurofor, ou alors de l’Africom. Enfin, il faudra maîtriser l’insécurité et restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national grâce à une armée et à une police républicaines et performantes.

Propos recueillis par Robert Kongo (correspondant en France)

(*) Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC).

© Le Potentiel

lundi 3 décembre 2012

RDC : le Rwanda aurait facilité la prise de Goma par le M23 selon des experts de l'ONU

Des experts de l'ONU avaient déjà accusé le Rwanda d'avoir activement soutenu la rébellion du M23. D'après un nouveau document, plus de mille soldats rwandais auraient facilité la prise de Goma par le M23. Selon le texte, daté du 26 novembre et mis en ligne par le New York Times, plusieurs compagnies des Forces de défense du Rwanda, FDR, sont entrées en territoire congolais et ont pris part à l'offensive sur Goma. Les forces gouvernementales auraient aussi pris part aux combats à l'aéroport de la capitale de la province du Nord-Kivu. Le rapport se base sur des différentes sources, principalement d'anciens responsables militaires rwandais et ougandais, ainsi que des responsables des FARDC sans oublier les sources diplomatiques.

Un bataillon entier des FDR, soit entre huit cent et mille soldats, aurait été déployé dès la fin octobre sur les positions rebelles de Bukima et Tshengerero. Sept compagnies des FDR auraient par ailleurs appuyé les rebelles lors de la deuxième offensive sur Kibumba le 17 novembre.
Le M23 selon des photos publiées en annexe, aurait reçu des uniformes au camouflage et aux couleurs similaires à ceux des FDR, afin de permettre aux soldats rwandais d'être moins repérables, notamment lors de la prise de Goma. Le rapport fait aussi état de tirs d'artillerie, à partir du Rwanda, sur les positions des FARDC afin d'appuyer la progression du M23.

Selon les experts, le général Bosco Ntaganda, recherché par la CPI pour crimes de guerre, aurait dirigé les troupes du M23 stationnées à Kibumba. Mais le commandement de l'offensive sur Goma, selon Steve Hege, coordinateur des experts onusiens, était avant tout une affaire rwandaise. Le général rwandais Emmanuel Ruvusha, déjà cité dans son précédent rapport, a supervisé sur place, l'exécution d'une attaque planifiée par James Kabarebe le ministre rwandais de la Défense, et par son chef d'état-major Charles Kayonga.

Les experts estiment enfin que les informations recueillies ces dernières semaines tendent à confirmer leur thèse selon laquelle « le gouvernement rwandais, avec l'Ouganda, a crée le M23, et qu’il a équipé, entraîné, conseillé, renforcé et commandé la rébellion 
».

© RFI