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mercredi 14 janvier 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150114/00028 relatif à l’Union républicaine de l’opposition en RD Congo

La République Démocratique du Congo est en train de vivre l’un des moments les plus déterminants de son Histoire. De ce fait, les Congolaises et les Congolais doivent tirer les leçons des erreurs du passé, notamment celles commises de 1997 à nos jours. La finalité, c’est de mettre définitivement un terme à la crise politique qui, depuis 2001, ne cesse de fragiliser les institutions de la République et d’exposer davantage le pays à une instabilité pouvant occasionner l’éclatement du territoire national.

Face à la volonté manifeste de la majorité présidentielle de modifier la Constitution et les lois de la République afin de se maintenir au pouvoir, l’opposition doit surtout se montrer crédible, c’est-à-dire constructive. Elle doit être en mesure de rassembler les Congolaises et les Congolais en vue d’une véritable alternative politique. Cela passera par l’Union républicaine des forces de l’opposition, autour d’un projet de société fort et cohérent.

La classe politique et la société civile doivent donc être à la hauteur des enjeux en cours. De plus, seule le patriotisme encouragera la cohésion nationale et permettra, forcément, la pacification de la République Démocratique du Congo.

Espérant pouvoir compter sur la capacité de l’opposition congolaise à surmonter ses dissensions, le RDPC en appelle à l’éveil patriotique. En effet, seule l’émergence d’une coalition de tous les partisans du progrès, au-delà des antagonismes individuels et des divergences politiques, ainsi qu’une très forte mobilisation des forces vives de la nation congolaise peuvent générer des sillons susceptibles de valoriser la démocratie et de projeter la République Démocratique du Congo dans un avenir meilleur et davantage éclairé.

Fait à Paris, le 14 janvier 2015

Pour le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

jeudi 8 janvier 2015

RD Congo : obligation d’un sursaut patriotique

De 2001 à nos jours, la crise politique n’a jamais cessé d’hypothéquer l’avenir du peuple congolais et, de surcroît, le devenir de la République Démocratique du Congo. Les conséquences de cette situation chronique se sont matérialisées dans l’affaiblissement, voire dans l’illégitimité, des institutions de la République et dans l’absence flagrante de l’Etat, voire dans sa non-présence dans tout le territoire national. Peut-on conclure, pour autant, que la situation en cours dans ce riche et immense pays relève de la fatalité ? Il semble que les réponses à cette question résident plutôt dans la capacité des acteurs politiques et la société civile à trouver des solutions en vue de la cohésion nationale. Celle-ci ne pourra s’obtenir que grâce au bien-fondé des actions par rapport aux problématiques de l’incessibilité de la nationalité congolaise d’origine, au droit de vote et d’éligibilité des Congolais de l’étranger, à l’égalité des Congolaises et des Congolais dans la représentativité politique et dans la gestion de la chose publique, à l’organisation des élections transparentes et justes, au respect des droits fondamentaux de la personne humaine, à l’évolution sociale et au progrès économique, à l’avènement de la démocratie…

Le dynamisme économique et l’évolution sociale

La République Démocratique du Congo doit à tout prix trouver des voies et moyens susceptibles de permettre l’épanouissement économique de ses populations, facteur indispensable à la cohésion sociale et à la paix nationale. Cela nécessitera de l’audace, de l’innovation, de l’inventivité, du pragmatisme et de la bonne gouvernance dans la gestion de la chose publique. L’exploitation intelligente des ressources naturelles, lesquelles constituent un pilier capital au développement économique et à la lutte contre la pauvreté, doit être pratiquée avec pertinence et dans la connaissance la plus totale.
Le Gouvernement de la République doit constamment avoir à l’esprit le niveau du développement humain – plus précisément l’espérance de vie, l’accès à l’éducation et à l’instruction, la valorisation de l’apprentissage et de la formation, la politique sanitaire. Les acteurs politiques doivent se soucier davantage du produit intérieur brut, du pouvoir d’achat ainsi que de la protection sociale. Dans cette optique, le Gouvernement doit mener une politique volontariste en matière d’infrastructures sur les plans de l’aménagement du territoire, de la communication et des nouvelles technologies de l’information. Cela reviendra à prendre des mesures appropriées afin de doper la croissance, de mettre en valeur les apports des Congolais de la diaspora. Cela permettra aussi de décliner une politique monétaire en rapport avec le coût de la vie.
Ces fondamentaux socio-économiques finiront par contribuer – par le biais d’une Agence nationale de statistiques, d’études économiques et démographiques – au bien-être des Congolaises et des Congolais. Ils serviront donc dans l’élaboration des modèles, ou des prototypes, pour mieux appréhender les dynamiques sociales et économiques. Bien entendu, la mise en place de cette Agence facilitera l’esquisse du panier ménager. Elle permettra de cerner davantage le portrait-robot des ménages congolais.
L’action gouvernementale doit également privilégier l’augmentation de la production dans le but d’augmenter la croissance économique, de baisser le chômage grâce à la création de l’emploi, de dynamiser les profits des entreprises, d’améliorer les salaires des employés et les retraites.

Les droits et devoirs des Congolais de la diaspora

Les Congolais de l’étranger doivent apporter leur compétence sur les plans social, économique, sécuritaire et politique en vue du réveil de la République Démocratique du Congo. Si un ministère leur est désormais consacré, la mise en place d’un Conseil représentatif des Congolais de l’extérieur (CRCE) ne pourra que lui apporter, ainsi qu’au Conseil économique et social nouvellement installé, l’expertise nécessaire à l’élaboration des projets économiques novateurs, ainsi que l’assistance indispensable à la coopération internationale et bilatérale dans les pays de résidence. Il serait injuste de ne pas considérer les Congolais de la diaspora comme des citoyens à part entière jouissant des droits de vote et d’éligibilité – conformément aux dispositifs légaux – au scrutin présidentiel et aux élections des députés et sénateurs des Congolais de l’étranger.

L’inaliénabilité de la nationalité congolaise d’origine

La Constitution du 18 février 2006 accorde à la nationalité congolaise d’origine, dans ses articles 10-3 et 72, un caractère incessible. Celle-ci prime, naturellement, sur toute citoyenneté étrangère. Néanmoins, la volonté du législateur confirmant l’inaliénabilité de la nationalité congolaise d’origine ne devra donner en aucun cas prétexte à l’existence d’une sous-catégorie de Congolais. La nuance réside seulement dans le fait que l’on peut retirer la nationalité congolaise acquise par naturalisation en cas de trahison à la Nation, mais non la nationalité congolaise d’origine au prétexte que l’intéressé la porte concurrente avec une autre citoyenneté. Le pacte républicain voudrait que l’on harmonise, par souci d’égalité de tous les Congolais, la Loi fondamentale et les textes légaux relatifs à la nationalité. Cela permettra d’expurger tout dispositif discriminatoire rendant pratiquement conflictuelle la Constitution du 18 février 2006. C’est la seule façon de la rendre à la fois juste et parfaite.

Un Etat de droit

Il n’est un secret pour personne. En République Démocratique du Congo, la crise politique perdurera tant que le mode d’accession, ou de maintien, au pouvoir reposera sur le tripatouillage de la Constitution et de tous les autres textes légaux. Pour mettre définitivement un terme à cette caricaturale situation, il faudra s’appliquer en vue de l’émergence d’un Etat de droit, seul garant de la légitimité des institutions de la République, de l’égalité de tous les Congolais au regard de la Loi, du respect de la séparation des pouvoirs, de la liberté de la presse et de la sauvegarde des droits fondamentaux de la personne humaine. Raisons pour lesquelles il faudra réintroduire l’élection du scrutin présidentiel à deux tours et lever toutes les barrières – d’ordres politicien et financier – qui cautionnent l’inégalité des Congolais par rapport à la représentativité politique. Il va falloir bannir à jamais les injustices et les discriminations de toutes sortes. Ainsi la révision constitutionnelle et les modifications des lois étatiques ne peuvent être envisagées que dans la seule optique de l’intérêt général. Il est évident que l’avènement de l’IVe République, qui sera forcément le résultat de la réconciliation nationale, est incontournable pour le « salut public ».

La réconciliation nationale

Si seule une réelle volonté politique peut permettre l’émergence d’un Etat de droit en République Démocratique, la mise en place des conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, est capitale. L’objectif, c’est la défense de la nation fragilisée et toujours en proie à l’insécurité, ainsi qu’à une crise politique permanente.
Les Congolais doivent comprendre que, peu importent leurs divergences, ils doivent organiser des vraies assises nationales afin d’aborder en profondeur et sans tabou les sujets qui ne cessent de contribuer à la déstabilisation du territoire national et à la fragilisation des institutions étatiques. La seule façon de renforcer l’unité, la réconciliation et la cohésion nationales consistera à se pencher sérieusement sur les causes originelles des conflits civils et armés dans la partie orientale du pays. Le Gouvernement doit avoir le courage de s’appesantir, dans l’optique d’une renégociation, sur les accords régionaux et internationaux dont quelques clauses risquent de menacer la souveraineté nationale. La sécurisation et la pacification du pays, passera sans conteste par une entente cordiale entre les différentes composantes politiques.
Le nouveau Gouvernement Matata Ponyo n’ayant eu aucun effet significatif sur la cohésion nationale, il va falloir s’atteler sérieusement aux conditions d’une véritable réconciliation autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, pour la défense et la pacification de la nation malmenée et meurtrie. Il revient donc aux hommes et femmes de bonne volonté, aux véritables hommes et femmes d’Etat, d’exhorter les Congolaises et les Congolais à œuvrer en vue d’un nouvel envol de ce géant très longtemps endormi qu’est la République Démocratique du Congo. S’impose donc un sursaut patriotique.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mardi 16 décembre 2014

Président, les Congolais ne sont pas de moutons !

Le président de la République Démocratique du Congo s’est adressé à la Nation, le 15 décembre dernier à Kinshasa, à travers les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. Son discours, lequel a consolidé davantage le scepticisme de l’opposition, s’est surtout focalisé sur les forces onusiennes, la position des pays occidentaux, la tenue des élections et le respect de la Constitution.

Les forces onusiennes

A l’occasion de son appel à la Nation congolaise, le président Joseph Kabila a manifesté son souhait relatif à la réduction de l’effectif des casques bleus car la République démocratique du Congo est « un pays où il n’y a plus de guerre classique, où la protection des civils relève désormais des opérations de police et des opérations militaires », et où « la situation militaire générale s’est améliorée au point de lui [au pays, ndlr] permettre de se porter au secours d’autres frères et sœurs en détresse ». Si la partie orientale du pays a réellement renoué avec la paix, le président de la République Démocratique du Congo aurait carrément demandé le départ de la Monusco. Si les civils n’y sont qu’en proie à une insécurité que les FARDC pourraient maîtriser à tout moment, il n’aurait pas reconnu le besoin d’un équipement spécialisé, dont disposent les forces onusiennes, par rapport à la situation sécuritaire à laquelle est confronté le pays. Le fait de se contenter d’un départ partiel des casques bleus laisse supposer que la menace de déstabilisation du territoire national n’est pas complètement éloignée.

Le maintien à tout prix ?

Pourquoi cette pressente exigence, s’agissant du nombre de casques bleus sur le territoire national, au moment où les forces négatives sont en train de se restructurer en Ouganda et dans d’autres pays limitrophes situés à l’Est ? La perspective d’une révision constitutionnelle étant de plus en plus improbable, faut-il trouver un autre subterfuge ? La dégradation de la situation dans la partie orientale pourrait-elle servir de prétexte à la prolongation du mandat présidentiel, donc de la non-tenue des élections, en s’appuyant sur la proclamation de l’état d’urgence, ou la déclaration de guerre, conformément aux articles 85 et 86 de la Constitution du 18 février 2006 ? Souhaite-t-on à tout prix se maintenir au pouvoir, en dépit du contexte populaire qui plus est défavorable aux présidences à vie ? [lire la suite]

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Œil d'Afrique

mercredi 29 octobre 2014

RD Congo : Gaspard-Hubert Lonsi Koko plaide pour une croissance économique au service de la cohésion sociale

Dans l’interview qu’il vient d’accorder à Œil d’Afrique, Gaspard-Hubert Lonsi Koko se montre pragmatique dans le choix budgétaire en vue de l’exercice 2015. A cet effet, il allie politiquement le dynamisme économique à la justice sociale.


Œil d’Afrique : Le Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo, a proposé un budget de 9 milliards USD pour l’exercice  2015, alors que vous proposez 12,5 milliards USD. Comment avez-vous fait pour trouver les 3,5 milliards USD ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Dans l’absolu, en prenant en compte les estimations selon lesquelles le Trésor public perd plus de 11,13 milliards USD par an, le budget de la République Démocratique du Congo pour l’exercice 2015 devrait s’élever à plus de 23,63 milliards USD. Mais il serait absurde d’acheter la chikwangue (le bâton de manioc) pour le poisson que l’on n’a pas encore pêché. Fort de ce constat, j’ai privilégié l’option qui consiste à récupérer progressivement, en cours de mandature, les sommes inutilement gaspillées ou alors détournées. Mon souhait le plus cher, c’est que le budget prévisionnel que je propose aux Congolaises et aux Congolaises puisse être révisé en hausse, dans les trois premiers mois de son application, à la suite d’une gestion rigoureuse et sérieuse de la chose publique.

Œil d’Afrique : Qu’est-ce qui prouve l’exactitude de vos chiffres, d’autant plus que le Premier ministre a l’avantage de disposer des chiffres non connus de l’opposant que vous êtes ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Un budget correspond en principe aux dépenses réelles et croit chaque année par rapport aux besoins du pays. L’information gouvernementale étant une source parmi tant d’autres, j’ai fait mes prévisions en fonction de tous les éléments – aussi bien internes qu’externes – en ma possession. En tout cas, les prévisions que j’avance tiennent compte non seulement des différentes hypothèses de croissance, mais aussi de nombreux gaspillages de l’argent du circuit officiel, de la corruption, du détournement des fonds publics… Tous ces facteurs ont conduit à ce que je puisse précautionneusement tabler le budget de la République Démocratique du Congo, dans un premier temps, à 12,5 milliards USD pour l’exercice 2015. Par rapport à la loi de règlement de l’exercice clos, je ne serai pas surpris que mes observations soient prises en compte soit dans la loi de finances initiale, soit dans la loi de finances rectificative.

Œil d’Afrique : Comment se fait-il que le Premier ministre mise sur 48 milliards USD de recettes sur les 5 ans tandis que votre pronostic est de plus de 65 milliards USD pour la même période ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : L’équation est simple. Elle est claire et limpide comme de l’eau de roche. Si le gouvernement en place à Kinshasa est en mesure de dilapider plus de 11,13 milliards USD en une année, on peut a contrario économiser la même somme à chaque exercice budgétaire pendant tout le quinquennat. Ce n’est qu’une question de volonté politique et du désintérêt personnel au profit de l’intérêt de l’Etat, de la capacité à maîtriser les circuits informels en rapport avec la fuite des capitaux. Je ne préconise nullement plus de 65 milliards USD des recettes pour le simple plaisir d’amuser la galerie. Cette préposition est le résultat d’un cheminement gestionnaire mûrement réfléchi.

Œil d’Afrique : Pourquoi, malgré votre pragmatisme, les 65 milliards USD que vous proposez dans 5 ans restent néanmoins inférieurs au budget de l’Angolais pour l’exercice 2014 ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Le budget de l’Angola n’a pas atteint cette année plus de 70 milliards USD par l’opération du Saint-Esprit. Cela est dû à un long processus basé sur une exploitation efficace et une commercialisation sérieuse des minerais. Le gouvernement angolais a su investir l’argent des produits exportés dans les infrastructures publiques. Mon ambition, c’est que la croissance économique contribue largement au bonheur du peuple congolais. Elle doit à tout prix améliorer les conditions matérielles et intellectuelles de nos compatriotes. La cohésion sociale, c’est la finalité de la vision que j’ai, à très court terme, de l’avenir des Congolaises et des Congolais.

Propos recueillis par Roger Musandji