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mardi 15 juillet 2014

L’église catholique face à la carence politique et à la laïcité en RD Congo

A l’occasion du 54ème anniversaire de la reconnaissance internationale de la République Démocratique du Congo, l’Assemblée plénière des évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), réunie en session ordinaire du 23 au 27 juin 2014 à Kinshasa, a adressé un message de paix et d’espérance au peuple congolais sur le thème de la protection de la Nation. En tout cas, la prise de position de l’église catholique n’a laissé aucun observateur indifférent. Les uns l’ayant applaudie, les autres l’ayant décriée. Faut-il qualifier cet acte d’intervention citoyenne ou politique ?

Les différents messages de l’église

« La République est un patrimoine qu’on ne peut se permettre de léguer de manière quelconque aux générations futures », ont rappelé les évêques membres de la Cenco. Soulignons qu’il ne s’agit pas d’une première prise de position de l’église catholique au regard de la situation socio-économique et politique en République Démocratique du Congo. En 2009, à l’attention des fidèles catholiques et des hommes de bonne volonté, la Cenco avait adressé un message intitulé « Il est temps de nous réveiller ». Dans cette optique, en 2011, elle s’était manifestée par le truchement d’une exhortation intitulée « Année électorale : Que devons-nous faire ? ». En février 2014, le comité permanent de la Cenco a publié un communiqué de presse relatif au cycle électoral, ainsi qu’un mémorandum au président de la République sur l’état de la Nation congolaise.

La protection de la Nation

« La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle », ont souligné les évêques membres de la Cenco. Ainsi ont-ils désapprouvé « toute sorte d’initiative qui, sans modifier directement l’article 220[1], viserait à le vider de son contenu essentiel ».
Il est évident que l’église est composée de citoyens congolais, dont la spécificité réside, sous la dimension spirituelle, dans les actes au profit des valeurs morales. De ce fait, l’église catholique a joué son rôle consistant à éveiller les consciences en vue « d’un avenir meilleur de la Nation ». Par conséquent, elle compte utiliser « des moyens appropriés pour sensibiliser la population sur l’importance capitale de cet article verrouillé [article 2002, ndlr] » et défendre « les options fondamentales qui sauvegarde [la] jeune démocratie [congolaise] et la stabilité du pays ». La vraie question est de savoir comment compte-t-elle procéder, sans pour autant violer le dispositif constitutionnel relatif au caractère laïque[2] de l’Etat congolais.

Le déficit de la classe politique

Il faut reconnaître que la prise de position de l’église catholique a mis en évidence le déficit chronique ayant caractérisé, depuis des lustres, la classe politique congolaise. En effet, celle-ci a failli dans sa mission primordiale consistant à assurer la formation politique qui a sans cesse fait défaut au patriotisme congolais. Néanmoins, on doit relever un bémol dans l’attitude de l’église catholique par rapport à la partialité de l’abbé Apollinaire Malu Malu, l’actuel président de la Céni[3]. Tant qu’elle ne tirera pas les conséquences idoines, sa sincérité et sa crédibilité seront mises en cause. En tout cas, la politique ayant horreur du vide, l’église catholique ne fait que combler un déficit dû à la carence des hommes et des femmes d’Etat en mesure de définir des grandes perspectives pour un Congo meilleur et davantage éclairé.

Le peuple souverain

Dans l’absolu, le peuple étant le souverain primaire, il lui revient d’agir par tous les moyens en vue de la sauvegarde de la nature de l’Etat congolais qui est une République et non une Monarchie, de la forme de l’Etat, de la démocratie représentative fondée sur le suffrage universel et de la nature du pouvoir politique en République Démocratique du Congo. L’instauration d’un Etat de droit risque d’échouer si l’église catholique choisit de se substituer à la classe politique. En agissant de la sorte, on risque de sombrer dans un soulèvement populaire tant souhaité par le régime.
De plus, il dénoncera la mainmise de l’église dans un soulèvement n’ayant rien de populaire. Cela permettra de facto la proclamation d’un Etat d’urgence et la prolongation pour une durée indéterminée du mandat du président sortant. Pis encore, l’armée pourra faire un coup d’Etat. Or, quand on connaît les membres qui constituent la chaîne de commande des FARDC[4], il y aurait des fortes chances que, dans un tel scénario, les Congolais soient dirigés par des gens dont le seul objectif consiste à faire main basse sur la République Démocratique du Congo.
Face à la complexité de la situation en cours en République Démocratique du Congo, il faudra agir avec subtilité. Il faudra une intelligence supérieure pour que l’avenir du peuple congolais ne soit guère hypothéqué. Ainsi est-il indispensable que la classe politique puisse privilégier la chose publique au détriment de l’intérêt personnel. Il va falloir surtout que le peuple congolais puisse se responsabiliser. Il devra se prendre en charge, en imposant enfin sa volonté à la classe politique.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

[1] L’article 220 de la Constitution du 18 février 2006 stipule : « La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle.
» Est formellement interdite toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et libertés de la personne, ou de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées. »
[2] La République Démocratique du Congo est, dans ses frontières du 30 juin 1960, un Etat de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc.
[3] Commission électorale nationale indépendante.
[4] Forces armées de la République Démocratique du Congo.

dimanche 27 mars 2011

LAÏCITÉ 2011, TOUR D’HORIZON

« La vraie laïcité, c’est d’empêcher que les gens utilisent leur foi pour adresser aux autres des messages d’intolérance. » S’étant appuyé sur cette phrase de Jacques Delors dans Citations du XXe siècle, Gaspard-Hubert Lonsi Koko a axé d’une part son intervention, dans la tâche qui lui était impartie à propos d’un tour d’horizon sur la laïcité lors d'un dîner-débat organisé le 25 mars à Paris par la fédération francilienne de la Gauche Moderne, sur l’inadéquation entre les textes et l’usage que l’on en fait. D’autre part, étant lui-même un éternel immigré polyvalent, il a mis l’accent sur le rôle de la laïcité dans l’intégration, ou alors l’insertion, des personnes étrangères.

Pour M. Lonsi Koko, en droit, les textes constitutionnels définissent la France, la Turquie, l’Italie, le Portugal et la République Démocratique du Congo comme étant des démocraties, ou des régimes laïques. Aux États-Unis, le cinquième amendement prévoit et garantit la liberté de conscience alors que le Président prête serment sur la Bible. La France n’échappe pas à pareille ambivalence. En République Démocratique, contrairement au dispositif constitutionnel, les officines religieuses occupent de plus en plus une place prépondérante dans la gestion de la chose publique.

En effet, en se référant à ces quelques exemples, force est de constater que les textes fondateurs assurent la laïcité de l’État. Néanmoins, une vigilance constante est nécessaire dans leur application et leur explication par les services publics.

Bien entendu, il ne faudrait surtout pas tomber dans le manichéisme. De plus, on ne doit nullement réduire le thème de la laïcité à la seule différence entre le religieux et le non-religieux. Agir de la sorte, c’est transformer la laïcité en une nouvelle église axée sur l’intolérance. Cela est tout fait contraire à la conception républicaine qui, dans l’absolu, veut que l’on s’enrichisse de la diversité, que l’on rassemble, dirait-on dans certains milieux, tout ce qui est épars.

S’agissant du “vivre ensemble”, nous devons avoir absolument à l’esprit quelques aspects relatifs :
- au rejet des extrémistes propres à chacune des religions monothéistes ;
- à l’engagement contre l’exclusion, les discriminations et le racisme de la part de l’entité majoritaire ;
- à la reconnaissance du fait qu’aucun texte religieux originel n’évoque la laïcité, ce concept étant apparu ultérieurement (en 1871, pour ce qui est de la France) ;
- à la reconnaissance du fait que la laïcité ne peut exister que s’il y a séparation de l’État et des églises ;
- aux éventuels problèmes qui risquent de se poser dans la consolidation de l’Union européenne, compte tenu du fait que seuls trois pays – en l’occurrence la France, le Portugal et l’Italie – ont une constitution laïque ;
- aux éventuels conflits fonciers et ethniques, pour ce qui est de la République Démocratique du Congo ;
- à l’ignorance du mot “laïcité” par la majorité des citoyens ;
- au fait que la Tolérance devrait être la référence ;
- à la question ayant trait à l’éducation religieuse à l’école : allusion aux cours sur “l’histoire des religions” et non sur l’histoire religieuse.

Le fait d’être laïque suppose que l’on est profondément démocrate. Or, la démocratie nous apprend la Tolérance, sans laquelle il n’y aura qu’incompréhension entre les humains. La laïcité constitue de facto un levier indispensable à la lutte contre l’intolérance et ses conséquences : à savoir les discriminations, l’extrémisme, le rejet de l’autre...

Il est important de rappeler que la laïcité ne se réfère ni à l’athéisme, ni à l’anticléricalisme, mais au fait de vivre dans un pays où la séparation de l’État et des églises est reconnue. Contrairement à certaines conceptions, la laïcité n’est nullement antinomique avec la croyance en un Créateur Universel ou à n’importe quel dieu. Elle doit plutôt consolider les mécanismes de l’intégration républicaine dans la mesure où elle a vocation à :
- faciliter l’intégration des non-nationaux par le biais de l’école ;
- encourager l’exercice de la citoyenneté au plan local, s’agissant des immigrés ;
- permettre, pour les étrangers qui le souhaitent, l’accès à la nationalité.

En guise de conclusion, M. Lonsi Koko a affirmé avec force et vigueur que la cohabitation humaine sera harmonieuse non seulement par la seule acceptation de la laïcité, mais, surtout, par l’assimilation des valeurs républicaines avec tout ce qu’elles impliquent comme droits et devoirs.

Arthur Mbata Mbuta

dimanche 20 mars 2011

RD Congo : la nécessité d’évolution des mentalités

Il est un fait incontestable, la morale d’une nation s’établit sur ses valeurs. S’adonner à la dépravation des mœurs, c’est contribuer à l’abrutissement d’un peuple au profit d'une poignée d’individus. Sans vouloir généraliser, il est important d’avoir une perception précise par rapport au devenir historique de la société et à l’évolution des mentalités.

S’agissant de la musique, un bon nombre d’artistes ont su se rebeller contre l’ordre établi soit en dénonçant les injustices à l’encontre des peuples, soit en glorifiant les valeurs fondamentales. Or, certains musiciens congolais, à travers les obscénités véhiculées dans leurs chansons et l’indécence de leurs danses, participent à l’asservissement de nos compatriotes au profit d’une poignée d’individus dont le seul objectif consiste à hypothéquer à jamais l’avenir de notre pays.

Pour ce qui est de la religion, dans les versets 4-5 et 23-25 du vingt-quatrième chapitre de Mathieu Jésus lui-même a mis en garde que personne ne vous séduise, car plusieurs viendront sous son nom pour séduire beaucoup de gens. Ainsi a-t-il conseillé de ne pas les croire, car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes qui feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus.

Exposés à tant de voix prophétiques souvent discordantes, en référence aux versets 1-2 du septième chapitre de l’Exode et aux versets 15-16 du quatrième chapitre de l’Exode, nous devons plus que jamais nous interroger sur les critères d’un vrai prophète selon la Bible, sur la manière de distinguer un vrai prophète d’un faux.

En tout cas, pour que vivent à jamais la Paix et la Justice en République Démocratique du Congo, pour que le Travail devienne la valeur fondamentale, pour que la laïcité devienne la norme publique, les mentalités doivent évoluer. Il faut donc des hommes et des femmes de bonne volonté pour incarner l’espoir du Congo de demain.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mercredi 9 mars 2011

Laïcité 2011, tour d'horizon


 La Gauche Moderne Île de France  et la Commission nationale "Laïcité" organisent

le vendredi 25 mars
à partir de 19 h 30
 au café du Pont-Neuf
(14 quai du Louvre - 75001 Paris)

une rencontre des adhérents, militants et sympathisants 
de La Gauche Moderne Île-de-France.

Cette réunion conviviale sera suivie d'une rencontre/débat de 20 h 30 à 2 2h 00 sur le thème



"laïcité 2011, tour d'horizon"



Les orateurs :

- Braiga Kenza, Animatrice de radio et Auteure ;

- Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Écrivain et militant politique né à Kinshasa ;
- Rodolphe Oppenheimer, Maire adjoint à Clichy-la-Garenne et Président du Prix de littérature politique Edgar Faure ;
- Karima Safia, Fondatrice de l'association belge "Insoumise et dévoilée".

Inscriptions : inscriptionslaicite@gmail.com

Contact :
Eric Malmaison
Tél. : 0617975803
Mail : eric.malmaison@gmail.com

samedi 11 décembre 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 20101211/009 relatif à la laïcité républicaine en République Démocratique du Congo

M. Gaspard-Hubert Lonsi Koko a été l’un des invités du dîner républicain qui a été organisé par la fédération de la Gauche Moderne du Val-de-Marne, le vendredi 10 décembre au restaurant La Diva à Maisons-Alfrot. En présence des cadres de ce parti politique français et ceux du Parti Radical Valoisien – comme Michel Suchod, Gilles  Casanova, Marc d’Héré, Eric Malmaison, Jean-Luc Caddedu... – et des conseillers municipaux – tels que Jacques Poirson, Christine Moirenc... –, Gaspard-Hubert Lonsi Koko a rappelé que la laïcité, que d’aucuns qualifient d’« exception française », n’a jamais préconisé la disparition du principe spirituel. Au contraire, elle reconnaît à celui-ci une pratique individuelle, donc relevant de la sphère privée. Après avoir évoqué le foisonnement des églises en République Démocratique du Congo et leurs implications, directes ou indirectes, dans la gestion de la chose publique, M. Lonsi Koko a insisté sur la nécessité pour un État de reconnaître toutes les religions sans pourtant en adopter une – la laïcité devant surtout être l’un des fondements du pacte républicain.

Dans la mesure où la croyance en un Dieu unique fait partie de la culture négro-africaine et de la civilisation bantoue, M. Lonsis Koko a expliqué que le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) réglementerait, pendant la mandature 2011-2016, la liberté religieuse dans le sens de la protection de la foi et de l’affirmation spirituelle, du respect des croyances et des opinions. Partant du principe que la République Démocratique du Congo est un État laïque, le gouvernement dirigé par le RDPC mettra sur pied un Conseil Suprême des Affaires Religieuses (CSAR) pour harmoniser les relations entre les différentes confessions et faire régulièrement des propositions au gouvernement en matière spirituelle, l’objectif étant de consolider la laïcité républicaine.

La Direction du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo

Fait à Paris, le 11 décembre 2011

jeudi 18 novembre 2010

Dîner républicain autour de la laïcité

La fédération du Val de Marne de La Gauche Moderne organise, le vendredi 10 décembre à partir de 19 h 30, un dîner républicain pour l’anniversaire de la loi de 1905 relative à la laïcité, avec Gaspard-Hubert Lonsi Koko et Jean-Luc Caddedu.

Les intervenants :
 

Gaspard-Hubert Lonsi Koko est un ancien cadre du Parti Socialiste français qui a longtemps animé le club de réflexion Enjeux Socialistes et Républicains et le Club Afrique. Il est candidat à la candidature en vue de l’élection présidentielle qui se tiendra en 2011 en République Démocratique du Congo.

Jean-Luc Caddedu est secrétaire national du parti radical valoisien, élu local de Maisons-Alfort.

Plusieurs responsables nationaux et régionaux de La Gauche Moderne prendront à ce dîner républicain.

Lieu :

Le restaurant “La Diva”
36, avenue du Général Leclerc
94700 Maisons-Alfort
Site internet : http://www.restaurant-ladiva.fr/index.html

Le menu : de 21 à 29 euros, ou à la carte.

Confirmation et réservation :

Eric Malmaison
E-mail : eric.malmaison@gmail.com
Tél. : 0033 617 975 803