Affichage des articles dont le libellé est francophonie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est francophonie. Afficher tous les articles

jeudi 17 janvier 2013

Mali et RD Congo : deux poids, deux mesures ?

Dans une intervention télévisée en date du 11 janvier 2013, le président de la République française a annoncé l’engagement des forces armées françaises au Mali, en soutien aux troupes maliennes, pour repousser les groupes armés islamistes. François Hollande a affirmé que cette opération de lutte contre des « terroristes » durerait « le temps nécessaire ». La France a donc déployé huit cents soldats depuis le début de son intervention militaire, et ce dispositif sera progressivement porté à deux mille cinq cents hommes.

D’aucuns s’interrogent sur le fait que la France ne soit pas intervenue militairement en République Démocratique du Congo, où la situation est beaucoup plus désespérée que celle du Mali. De plus, dans son discours au sommet de la Francophonie à Kinshasa, le chef de l’État français avait promis d’œuvrer pour l’intégrité de ces deux pays francophones.

Les raisons de l’intervention française

La France intervient sur le sol malien, entre autres, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme – l’objectif étant d’empêcher que le Mali ne devienne un État de type salafiste, avec tout ce que cela comporterait comme conséquences par rapport aux intérêts occidentaux. L’éventualité de l’hégémonie des trois groupes islamistes – en l’occurrence AQMI, le Mujao et Ansar Eddine – ce pays d’Afrique a donc justifié le soutien du conseil de sécurité des Nations unies et de la classe politique française à la guerre de François Hollande.
D’aucuns n’ignorent que la position géostratégique de la République Démocratique du Congo ne laisse nullement indifférents les groupes opposés aux intérêts occidentaux, tels que l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), les Shebabs, les commandos salafistes..., dans ce vaste et très riche territoire francophone. Les richesses dont regorgent quelques pays africains n’intéressent pas que les seuls Occidentaux, mais aussi d’autres puissances confirmées et émergentes comme la Chine, la Russie, le Japon, l’Inde, Brésil... sans oublier des groupes extrémistes tels que les Hezbollahs, Al-Qaïda, les Talibans... qui, pour des raisons économique et géostratégique, comptent bien s’implanter durablement dans le bassin du Congo où il sera très difficile de les déloger. Pourquoi la France ne s’est-elle pas appuyée sur la Convention européenne pour la répression du terrorisme, conclue le 27 janvier 1977 à Strasbourg, pour justifier une intervention militaire – soit des forces armées françaises, soit de l’Eurofor – dans la région du Kivu ?

La division de la classe politique congolaise

À Paris, la classe politique[1], toutes tendances confondues, a approuvé dans sa majorité l’initiative de François Hollande d’envoyer l’armée française au Mali. Consensus qu’a confirmé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en se félicitant de « la capacité de [la France] à se réunir lorsque sont en jeu les valeurs qui sont au fondement même de [la] République » et en insistant sur une unité particulièrement importante « à un moment où [les soldats français] sont engagés sur le terrain en appui à l’armée malienne ».
À Bamako, toutes les forces vives sont favorables, au-delà de leurs divergences, à l’intervention armée de la France et des forces de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Sur le plan politique, le président par intérim de la République malienne, le professeur Dioncounda Traoré, a sollicité l’intervention militaire de la France auprès de François Hollande pour arrêter l’avancée des djihadistes. Or à Kinshasa, les intérêts partisans ne cessent de primer sur le patriotisme. Ainsi la classe politique congolaise n’est pas prête à s’unir, ne serait-ce que temporairement, pour enrayer l’agression à finalité « balkanisatrice ».

Un avantage non exploité

La France ayant une responsabilité morale dans la mise en place de l’opération Turquoise[2], le président de la République française ne peut rester indifférent à la dramatique situation en cours dans la région du Kivu. Les autorités congolaises auraient donc dû solliciter auprès de différents chefs d’État et de gouvernement, lors du sommet de la Francophonie qui s’est tenu à Kinshasa, une intervention militaire des pays francophones en vue de la sécurisation de la partie orientale de la République Démocratique du Congo.
Malheureusement, cela n’avait nullement frôlé leur esprit, l’enjeu ayant surtout concerné la soi-disant « légitimité » ou « illégitimité » de tel ou tel candidat à l’élection présidentielle. Alors qu’il disposait de tous les atouts, le président Joseph Kabila n’a pas su exploiter l’avantage qui lui aurait permis d’obtenir le soutien unanime de la communauté francophone, surtout celui de la Belgique, en vue de la sécurisation de la partie orientale.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :

- D’éventuels terroristes « lingalaphones » ;
- Sommet de la Francophonie : qu’attendre de François Hollande ?
- François Hollande devra-t-il boycotter le XIVe Sommet de la Francophonie à Kinshasa ?
- Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko.

Notes :
[1] Exceptés Dominique de Villepin, Jean-Luc Mélenchon et Noël Mamère.
[2] L’opération Turquoise s’est déroulée du 22 juin au 21 août 1994 sous mandat des Nations Unies par le vote de la résolution 929. Cette résolution prévoyait un déploiement français avec des objectifs humanitaires en coopération avec la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR), qui devait à court terme relever les troupes françaises engagées. Dès le vote de la résolution, un pont aérien fut réalisé entre Paris et Goma, projetant ainsi hommes et matériels au Zaïre (actuellement République Démocratique du Congo). Parallèlement, l’armée française de l’Air installa une base aérienne à Kisangani, toujours dans le territoire zaïrois. Le dispositif interarmées Turquoise, sous les ordres du général Lafourcade, se déploya à Gikongoro, Kibuye, Cyangugu au Rwanda. La première mission des unités françaises avait consisté à assurer la protection des camps des réfugiés, en rétablissant un climat de confiance favorable au déploiement de l’aide humanitaire.

mercredi 14 novembre 2012

Quelle perspective immédiate popur la RDC ?

Le Premier ministre de la République démocratique du Congo, Augustin Matata Ponyo Mapom, effectue de mercredi 14 novembre à vendredi 16 une visite d’État en France, où il rencontrera son homologue Jean-Marc Ayrault, plusieurs ministres et des opérateurs économiques, pour discuter des questions de sécurité, d’économie et de démocratie. 
  Outre le chef du gouvernement français, Monsieur Matata Ponyo Mapom devra rencontrer le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, le ministre des Finances Pierre Moscovici, la ministre déléguée à la Francophonie Yamina Benguigui et le ministre délégué au Développement Pascal Canfin.
Rappelons que, quelques jours avant le sommet de la Francophonie mi-octobre à Kinshasa, le président français François Hollande avait qualifié d« inacceptable sur le plan des droits de la démocratie et de la reconnaissance de l’opposition » la situation des droits de l’Homme et de la démocratie en République Démocratique du Congo. Cela avait valu la réplique du président congolais, Joseph Kabila, selon laquelle son pays n’était « pas du tout complexé ».

L’insécurité et la crise des institutions

Le Premier ministre congolais va « travailler avec les autorités françaises sur les questions de sécurité », notamment dans l’Est de la République Démocratique du Congo, qui est sans cesse en proie à une instabilité chronique depuis l’accession de Joseph Kabila à la présidence en 2001. Les deux guerres qu’a connu le pays ces vingt dernières années ont de facto amplifié l’instabilité et l’insécurité aussi bien à l’intérieur des frontières nationales que dans la région des Grands Lacs. L’impunité reste donc totale. L’infiltration des FARDC[1] par les éléments appartenant à quelques pays limitrophes, attirés par des terres fertiles et riches en minerais, et une diplomatie moribonde empêchent la République Démocratique du Congo de faire efficacement face aux groupes rebelles qui poussent comme des champignons dans la région du Kivu. Pis encore, la crise post-électorale n’a fait qu’aggraver la faillite de l’État et mettre en évidence la carence des institutions – lesquelles sont pourtant aux bottes de Joseph Kabila – ainsi que l’illégitimité du pouvoir kabiliste.
Joseph Kabila s’est cyniquement maintenu à la magistrature suprême, en dépit d’une élection présidentielle entachée de fraudes, dans un pays où les violations des droits des droits fondamentaux de la personne humaine sont légion, où la partie orientale ne cesse de subir les conséquences d’une guerre civile et des hégémoniques ambitions des petits voisins. Entre-temps, profitant de l’inexistence de l’État congolais, les multinationales pillent sans vergogne toutes les ressources naturelles, les exploitent en toute illégalité et s’adonnent en toute tranquillité au trafic des minerais.

Les violations des droits fondamentaux

Monsieur Matata Ponyo Mapom va par ailleurs souligner les efforts pour améliorer les questions liées à la démocratie, relatives aux droits de l’Homme et à la paix. Nul ne doute que – après la spoliation l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 2011, couplée aux élections législatives – la garde rapprochée de Joseph Kabila s’active davantage. Ainsi la répression a-t-elle fait des milliers de victimes. Les enlèvements, les disparitions forcées et les arrestations arbitraires se sont amplifiés. Selon divers rapports d’organisations des droits de l’Homme, plusieurs opposants ont été assassinés ou sont portés disparus depuis les élections bâclées de 2011 et plusieurs milliers de personnes croupissent en prison et dans des de lieux de détentions pour des raisons politiques.

La réconciliation nationale

L’attitude du Rwanda et l’inaction de Joseph Kabila constituent, à n’en pas douter, des facteurs déterminants en vue de la balkanisation de la République Démocratique du Congo. Si rien n’est entrepris, cela ne pourra qu’aggraver la guerre. Si la fermeté de François Hollande lors du XIVe Sommet de la Francophonie[2], s’agissant de l’intangibilité des frontières du Congo-Kinshasa, a constitué une mise en garde envers les agresseurs de ce grand pays francophone, les Congolaises et les Congolais sont désormais conscients que le salut ne peut venir que de la réconciliation nationale. Mais encore faut-il éviter les erreurs du passé. Encore faut-il que cette réconciliation se fasse avec des opposants crédibles et compétents, qui n’ont jamais été impliqués, d’une manière ou d’une autre, dans la catastrophique gestion de la chose publique de 1997 à nos jours. Seuls les Congolais n’ayant pas pris les armes, ou cautionné leur usage en vue de la prise ou du partage du pouvoir, peuvent mettre à jamais un terme aux violences sexuelles, aux crimes de guerre, aux crimes contre l’Humanité et au génocide en cours en République Démocratique du Congo.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Documentation

lundi 29 octobre 2012

François Hollande en Afrique: une première à hauts risques

C’est un des dossiers que François Hollande a trouvé sur son bureau de président : le Sommet de la francophonie prévu à Kinshasa du 12 au 14 octobre. Le choix du lieu, fait par l’Organisation internationale de la francophonie, pouvait difficilement être pire : la République démocratique du Congo (RDC) où Joseph Kabila s’est maintenu au pouvoir après une élection présidentielle entachée de fraudes, où les violations des droits de l’homme sont légion, et où l’est du pays vit dans la terreur de la guerre civile. François Hollande, qui avait promis durant la campagne de rompre avec la Françafrique, a finalement décidé de s’y rendre. C’est un déplacement à hauts risques, après le quinquennat de Nicolas Sarkozy marqué par le discours de Dakar.
Dakar, c’est justement le choix fait par l’Élysée pour accueillir la première étape du séjour de deux jours de François Hollande. Avant de se rendre samedi à Kinshasa, il sera reçu vendredi par le nouveau président Macky Sall avant de prononcer un discours très attendu devant l’Assemblée nationale sénégalaise et de se rendre sur l’île de Gorée, haut lieu de la traite négrière. « Si nous avons choisi Dakar, c’est parce que le Sénégal, sur le plan des principes démocratiques, est assez exemplaire… Nous n’y serions pas allés si les élections avaient été contestables », explique-t-on à l’Élysée. Et pour cause : en mars dernier, Macky Sall a mis fin aux douze années de présidence Wade au terme d’un scrutin jugé transparent et pacifique [Lire le billet].

Lénaïg Bredoux

© Mediapart

samedi 20 octobre 2012

Un incident au Palais de la nation entre Kabila et Hollande

La gestuelle a tout expliqué sur ce que François Hollande et Joseph Kabila pense l’un de l’autre. Au delà, il y a eu un grave un incident lors du tête à tête entre les deux chefs d’Etat, selon des sources dignes de foi. Le Français s’est permis de demander des comptes à son hôte sur l’affaire Floribert Chebeya et celui-ci lui a rétorqué sèchement que cette question ne faisait pas l’objet de leurs discussions.
  « Joseph Kabila a expliqué à Hollande que déontologiquement, il ne pouvait pas interférer dans une affaire qui suit son cours normal au niveau de la justice », ont rapporté des membres de l’entourage présidentiel.

Comme pour rappel au «Président normal» l’indépendance de la justice sur laquelle les Occidentaux eux-mêmes ne transigent pas du tout. Mais ici, y a-t-il indépendance de la magistrature lorsque le jugement avant dire droit sur le statut du Général John Numbi est renvoyé au 23 octobre, question d’éviter le pression d’avant-Francophonie. A partir du Palais de la nation, le décor était planté pour la suite des événements dans la salle de congrès du Palais du peuple.

Assis l’un à côté de l’autre, Hollande et Kabila se sont à peine regardés dans les yeux. Quand le second descend de la tribune après avoir prononcé son discours, son voisin ne se donne pas la peine de le congratuler, selon les us et coutumes en la matière. Le président congolais le lui rendra bien aux termes d’une allocution où Hollande a dit a demi mot que les dernières élections n’ont pas permis aux Congolais d’exercer pleinement leurs droits de se choisir leurs dirigeants [Lire le billet].

mercredi 17 octobre 2012

SOMMET DE LA FRANCOPHONIE A KINSHASA

Le groupe « Congolais de France » salue le discours de François Hollande

Reçue le 17 septembre dernier à la cellule diplomatique de l’Elysée pour exprimer leurs aspirations, quant à la participation de François Hollande au 14e sommet de la Francophonie à Kinshasa, la délégation du groupe de réflexion « Congolais de France », constituée de Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Dario Maleme  et votre serviteur, se réjouit que leur vœu ait été exaucé et salue avec gratitude le discours prononcé samedi par le président français à l’occasion de l’ouverture de ce forum.

Après quelques incertitudes, le 14e sommet de la Francophonie s’est tenu à Kinshasa et à la date prévue. Un soulagement pour les autorités congolaises, certes, mais aussi pour une majorité des Congolais de l’intérieur et de la diaspora qui ont milité jusqu’au plus haut sommet de l’Etat français, non seulement pour que ce sommet ait lieu, mais aussi pour que le président français, François Hollande, accepte de s’y rendre. C’est le cas notamment de la délégation du groupe de réflexion « Congolais de France » reçue le 17 septembre dernier à la cellule diplomatique de l’Elysée.

Au cours de leur entretien avec les conseillers Afrique de la cellule diplomatique de l’Elysée, Gaspard-Hubert Lonsi Koko (porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo), Dario Maleme (porte-parole des Congolais d’Aubervilliers, adjoint au Maire d’Aubervilliers chargé des finances) et votre serviteur avaient exprimé avec « force et vigueur » les attentes des Congolais  concernant le discours que devrait tenir François Hollande devant les autorités congolaises et présenté quelques suggestions.
Les questions sur la démocratie et le respect de l’opposition, la liberté de la presse, les droits de l’Homme, la bonne gouvernance, la justice, la protection des minorités et des militants associatifs, le droit de se syndiquer, la lutte contre la corruption et les discriminations, exigences universelles en ce qu’elles participent à la paix et à la concorde, c’est-à-dire au « vivre ensemble » ont été au menu de l’échange engagé entre que les membres de la délégation du groupe de réflexion « Congolais de France » et les conseillers Afrique de la cellule diplomatique de l’Elysée.

UNE TRIBUNE « POUR PARLER CLAIR »

Force est de constater qu’au cours de son discours prononcé à  l’occasion de l’ouverture, samedi,  du forum sur la Francophonie, le président français  n’a pas botté en touche pour évoquer certains points saillants soulevés lors de la rencontre entre les membres de la délégation du groupe de réflexion  « Congolais de France » et les conseillers Afrique de la cellule diplomatique de l’Elysée sur la situation en RDC.
Ouverture officielle du XIVe sommet de la Francophonie à Kinshasa
La tenue du 14e sommet de la Francophonie dans la capitale congolaise offrait donc  à François Hollande une bonne tribune pour faire connaitre sa position sur ces sujets. « Pour parler clair ».
La Francophonie a déclaré le président français «  doit porter la démocratie, les droits de l’homme, le pluralisme, le respect de la liberté d’expression, l’affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants ».
Pour ce qui concerne la démocratie, les difficultés qui ont émaillé le processus électoral du 28 novembre 2011 en RDC doivent servir de tableau de bord pour rectifier le tir et définir le cadre dans lequel devront se dérouler les prochaines échéances.
Des élections locales, prévues l’an prochain, serviront de test. Et la réforme attendue de la Commission électorale indépendante (Ceni) tout comme la création d’une commission des droits de l’Homme, adresseraient des « signaux positifs » aux Congolais et à la communauté internationale.
« S’il y’a eu des progrès, encore trop timides, ces derniers jours, il y’a un processus en RDC et je souhaite qu’il soit conduit jusqu’à son terme », a déclaré François Hollande à la presse à l’issue de son entretien avec le président congolais.

METTRE LA LANGUE « AU SERVICE DU MONDE ET DE LA LIBERTE »

Le groupe de réflexion « Congolais de France » se réjouit que la question des droits de l’homme ait constitué le fil rouge d’une journée du chef de l’Etat français en RDC, où il a invité les pays membres de la Francophonie à mettre leur langue « au service du monde et de la liberté ».
François Hollande a inauguré la médiathèque Floribert Chebeya
« C’est la bataille des droits de l’homme, elle demeure. Ici nous sommes, je l’ai dit, dans une démocratie où le processus n’a pas été encore complet, c’est le moins que l’on puisse dire. Il y’a encore des réalités inacceptables », a souligné François Hollande, après avoir inauguré une plaque en l’honneur du militant des droits de l’homme congolais, Floribert Chebeya, assassiné en juin 2010.
Selon l’Elysée, François Hollande a particulièrement insisté auprès de Joseph Kabila sur la nécessité que le procès des assassins de Floribert Chebeya se tienne et que ses agresseurs soient condamnés. D’après la même source, le cas des journalistes emprisonnés a été également abordé lors de l’entretien entre les deux chefs d’Etat.  
Outre les représentants de sept ONG de défense des droits de l’homme en RDC, cinq personnalités de l’opposition parlementaire congolaise, « qui ont demandé un renforcement de la démocratie et des libertés en RDC », ont aussi rencontré François Hollande.
Comme l’a ardemment souhaité les membres de la délégation du groupe de réflexion « Congolais de France », Etienne Tshisekedi, chef de l’opposition congolaise,  a été reçu pendant une vingtaine de minutes à la résidence de France par François Hollande.
Selon l’Elysée, « les deux hommes ont évoqué les questions intérieures, y compris les droits de l’opposition et des médias et aussi la situation dans l’Est et l’intégrité territoriale du pays ».

INTANGIBILITLE DES FRONTIERES

La situation infligée depuis une décennie aux populations de la région du Kivu est inacceptable. Par le biais des conseillers Afrique de la cellule diplomatique de l’Elysée, le groupe de réflexion  « Congolais de France »  avait demandé à la France « d’exiger la cessation immédiate des combats et des ingérences extérieures dans cette partie du territoire congolais. Qu’elle invite les pays voisins  de la République Démocratique du Congo- un pays ouvert, mais pas offert ou à prendre-à s’inscrire dans un projet politique qui vise la paix, la sécurité, l’intégration solidaire et le développement socio-économique. Que la France insiste sur le fait que « la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo ne sont pas négociables. » La France devra donc « rappeler avec force et vigueur les principes de la charte de l’Union africaine, relatifs à l’intangibilité des frontières héritées des indépendances. »
Ce qui fut fait. Le groupe de réflexion  « Congolais de France » se félicite donc des propos tenus par le président français à Kinshasa sur cette question, en condamnant les « agressions extérieures » dans l’Est de la RDC où l’armée congolaise est opposée à des groupes qui sèment la terreur. Il lui sait gré d’avoir réaffirmé dans son discours que « les frontières  de la République  Démocratique du Congo sont intangibles », contrairement à Nicolas Sarkozy qui souhaitait un « partage des richesses congolaises » avec le Rwanda.
C’est aussi une bonne chose pour la RDC que  François Hollande, président de la France, l’un des pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies,  se dise favorable à ce que le mandat de la Monusco ( la Mission d’observation des Nations Unies en République Démocratique du Congo), « puisse être précisé, élargi si nécessaire ».
Fort de ce qui précède et parce qu’il se reconnaît dans le discours prononcé par  François Hollande lors du 14e sommet de la Francophonie à Kinshasa, le groupe de réflexion « Congolais de France » en salue hautement la teneur et le remercie pour sa position objective sur la situation en RDC.
                                                        
Robert Kongo, correspondant en France

mardi 16 octobre 2012

RDC : Un Sommet pour rien ?

Le 14ème Sommet de la Francophonie s'est clôturé dimanche 14 octobre à Kinshasa. Sans surprise, Paris et Kinshasa ont joué leur partition : François Hollande défendant les "valeurs de la Francophonie" et les droits de l'homme et Joseph Kabila, droit dans ses bottes, et "pas du tout complexé par le niveau de démocratie" de son pays. A l'heure des bilans, que doit-on retenir du ce Sommet ?

La tension était au rendez-vous samedi à Kinshasa. Poignée de main pas vraiment franche, sourires crispés, François Hollande et Joseph Kabila ont joué à fleuret moucheté par discours interposés. François Hollande avait pris soin de "déminer" le terrain quelques jours avant son arrivée en déclarant que "la situation en RDC était tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l'opposition". A Kinshasa, les propos ont été plus "mesurés", diplomatie oblige. Mais François Hollande a gardé le cap : "tout dire" au président Kabila. En retour, le président français a eu droit à un discours très ironique de Joseph Kabila : "nous pratiquons la démocratie dans ce pays par conviction. Conviction, et non pas par contrainte". Voilà pour les paroles [lire la suite].

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

lundi 15 octobre 2012

François Hollande en Afrique : chapeau, l'artiste !

Comment serrer la main d’un président de la République contesté par une majorité d’électeurs, en l’occurrence Joseph Kabila, sans pour autant légitimer le pouvoir qu’il a confisqué à l’issue du scrutin de novembre 2011 ? L’Élysée devait trouver une parade. Ainsi l’étape sénégalaise du voyage africain de François Hollande était-elle indispensable.
François Hollande à Kinshasa (crédit: © Présidence de la République - Christelle ALIX)
Le séjour africain du président de la République française s’est basé sur l’équilibrisme, atout maître d’un certain François Mitterrand, contrebalançant les acquis démocratiques et les abus aristocratiques, bonne et mauvaise gouvernances, poignées de main chaleureuse à Dakar et froide à Kinshasa. François Hollande a-t-il su négocier la rupture avec ses prédécesseurs, s’agissant de la Françafrique, d’autant plus qu’il a déjà été critiqué pour avoir reçu à l’Élysée les partisans du statu quo et prévu d’être reçu par un Joseph Kabila dont la réélection est en proie à l’illégitimité ? [Lire le billet]

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress.com

mercredi 10 octobre 2012

La fièvre du XIVe Sommet de la Francophonie


RD CONGO : le pays tout entier est dans la fièvre du 14e Sommet de la Francophonie. Le compte à rebours a commencé. Plus que deux jours avant la tenue à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo du plus grand évènement du monde francophone.

Kinshasa est-elle prête à accueillir ses hôtes de marque ?
Kinshasa n’a ménagé aucun effort pour impressionner autant le monde que les pays de l’espace francophone.

Ce Sommet marquera-t-il le grand retour du Congo dans le giron international ?

Pour en parler :
Jean-Marie KASSAMBA, conseiller du Chef de l’Etat, président chargé de la Commission chargée des Médias et de la Communication du 14e Sommet de la Francophonie ;
Cyrille MILANDOU MEBOYA, journaliste à Top Congo de Kinshasa ;
Gaspard-Hubert Lonsi Koko, essayiste et acteur politique.

Pour écouter l'émission : 

Hollande tance Kabila avant son voyage à Kinshasa

Le président français a hésité à se rendre au Sommet de la francophonie dans un pays, la République Démocratique du Congo, qui bafoue la démocratie.


« La situation en République démocratique du Congo est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l'opposition. » Cette déclaration de François Hollande, au détour d'une conférence de presse mardi, a retenu l'attention, alors que le président français doit précisément se rendre samedi à Kinshasa pour le Sommet de la francophonie. « Cela n'a rien de surprenant. C'est juste une première approche des messages qu'il délivrera sur place », explique-t-on à l'Élysée, où l'on rejette toute idée d'improvisation.

Les autorités françaises trahissent un certain embarras à quelques jours du déplacement. Car se rendre à ce sommet n'était pas une évidence. À peine élu, François Hollande a été confronté à la question de sa participation à ce rendez-vous prévu de longue date. Nicolas Sarkozy hésitait lui aussi. Dans l'entourage du nouvel élu, le sujet divise tant les diplomates que le Parti socialiste. « Il y a eu un vrai débat », reconnaît Yamina Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie. Les ONG, elles non plus, ne parlent pas d'une seule voix [lire la suite].

© Le Figaro

Hollande juge "tout à fait inacceptable" la situation politique au Congo

A quelques jours de la venue de François Hollande en République démocratique du Congo (RDC) pour le sommet de la Francophonie, le ton monte entre Paris et Kinshasa, mardi 9 octobre.


Le président de la République française a fait une sortie remarquée dans la matinée sur la situation politique en RDC. "La situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l'opposition", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse commune avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

François Hollande veut rencontrer l'opposition ce week-end

La réponse congolaise ne s'est pas faite attendre : un porte-parole du gouvernement a jugé à la mi-journée que la déclaration de François Hollande ne correspondait à "aucune réalité""Je voudrais d'abord insister sur le fait que c'est au peuple congolais d'accepter ou ne pas accepter une situation au Congo", a-t-il ajouté.
Cet échange d'amabilités intervient alors que la RDC organise, du 12 au 14 octobre, le sommet de la Francophonie. Il devrait se dérouler dans un climat tendu, l'opposition congolaise appelant à la contestation. Après avoir hésité cet été, François Hollande a finalement décidé de se rendre à Kinshasa, où il a promis de rencontrer "l'opposition politique, les militants associatifs, la société civile" et de "tout dire partout".

vendredi 5 octobre 2012

Vers une balkanisation de la RDC?

1ère partie: Retour de Cuba
- Pierre Delannoy, reporter pour Géo et Paris Match.

2ème partie: Vers une balkanisation de la RDC?
- Christophe RIGAUD, journaliste, (blog Arikarabia).
- Gaspard-Hubert LONSI KOKO, homme politique congolais, candidat aux législatives en 2011, auteur de Congo-Kinsahasa : le degré zéro de la politique (L’Harmattan, avril 2012).

Invité(s) :
Christophe Rigaud, journaliste.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko, homme politique congolais.
Maria Malagardis


mercredi 3 octobre 2012

La RD Congo sur France culture

Le vendredi 5 octobre 2012 à 11 h 00 (heure de Paris), Gaspard-Hubert Lonsi Koko sera l'invité de CulturesMonde sur France Culture (93,5 MHz). L'émission sera consacrée à l'actualité en République Démocratique du Congo.

Qu’elles soient sociales, sociétales, environnementales, ou économiques ; les problématiques contemporaines se forment et s’appréhendent différemment selon les pays, les régions et les cultures du monde. CulturesMonde se veut une émission d’abord et avant tout culturelle au sens où elle tente de saisir les différences entre ces cultures qui s’entrechoquent, se frictionnent, dans le grand maelstrom de la mondialisation…

mardi 18 septembre 2012

EMISSION SPECIALE SUR RADIO VEXIN VAL DE SEINE


Le samedi 22 septembre à 16 h 00, heure de Paris, Robert Kongo vous propose une émission spéciale sur le sommet de la Francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa ( République Démocratique du Congo). Ce forum, le 14e du genre, verra la participation de François Hollande, Président de la République française depuis mai 2012.


Pour être plus complet sur l'actualité du moment dans ce sous-continent, il abordera également la situation de guerre dans l'Est du Congo. Invités: Gaspard-Hubert Lonsi Koko, porte-parole du "Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)" et Jean-Louis Tshimbalanga, président de l'association " Convergence pour l'Emergence du Congo".
Pour pouvoir écouter l'émission, branchez-vous sur 96.2FM ou le www.rvvs.fr

LA REDACTION

mardi 4 septembre 2012

REAGISSANT A LA PARTICIPATION DU PRESIDENT HOLLANDE AU SOMMET DE LA FRANCOPHONIE DE KINSHASA


Gaspard-Hubert Lonsi Koko : « J'apprécie le courage politique de François Hollande, ainsi que sa volonté de tout dire partout en Afrique. »

1. En tant qu’acteur politique Congolais et ancien cadre du parti socialiste français, comment réagissez-vous à la participation de François Hollande au sommet de la Francophonie de Kinshasa ?

Je ne peux qu’apprécier le courage politique de François Hollande, ainsi que sa volonté de tout dire partout en Afrique. J’espère que sa participation au XIVe sommet de la Francophonie sera l’occasion de décliner la nouvelle politique africaine de la France et de faire oublier le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy. Ainsi devra-t-il absolument conditionner l’aide de la France à un système représentatif, aux élections libres et transparentes, à la liberté de la presse, à l’indépendance de la magistrature, au refus de la censure, au droit de se syndiquer, au respect des droits fondamentaux de la personne humaine…

2. Certains membres de l’opposition et de la société civile congolaise ont souhaité ardemment la délocalisation de ce sommet dans un autre pays. Avez-vous compris cette prise de position ?

La divergence au sein de l’opposition congolaise et de la société civile, s’agissant de la tenue du sommet de la Francophonie à Kinshasa, fait partie du jeu politique. Mais cela ne doit en aucun cas nous obliger à sombrer piteusement dans la pensée unique. Nous ne pouvons pas revendiquer, à juste titre, les principes démocratiques et diaboliser systématiquement ceux qui soutiennent une opinion contraire. La délocalisation de ce sommet aurait certes fragilisé et isolé le régime de Kinshasa. En revanche, elle aurait encouragé davantage quelques pays voisins dans leur tentative de balkaniser la République du Démocratique du Congo. Nous devons retenir la leçon de ce qui s’est passé récemment au Mali. Nous ne devons pas oublier que nous continuons de payer très cher l’aide de nos voisins relative au départ de Mobutu du pouvoir. Nous devons avoir la sagesse de protéger notre pays contre les menaces extérieures, et la capacité de régler nos problèmes internes entre nous.

3. Ce débat autour de la présence de François Hollande à Kinshasa avait-il vraiment lieu d’être surtout lorsqu’on sait que les relations entre les Etats sont basées sur les intérêts et rien d’autre ?

Il est vrai que les affaires d’État ne se gèrent pas sur la base des sentiments. En confirmant sa présence au sommet de Kinshasa, François Hollande avait à l’esprit la géopolitique en cours. Il ne pouvait pas faire abstraction des lois de la realpolitik. Si l’Afrique est un continent prometteur sur le plan économique, la République Démocratique du Congo représente un enjeu énorme sur le plan géostratégique. La polémique est toujours stérile quand elle n’est couronnée d’aucune proposition constructive. Il me semble que les Congolais de France doivent faire de François Hollande leur porte-parole afin d’exprimer « avec force et vigueur », devant les chefs d’État et de gouvernement francophones, leurs aspirations concernant le respect des valeurs universelles.

4. A votre avis, quel sera l’impact de ce sommet sur la politique intérieure de la RD Congo ?

L’impact de ce sommet ne peut qu’être considérable, surtout au regard de la situation régionale. En effet, les autorités congolaises doivent profiter de la présence à Kinshasa de différents chefs d’État et de gouvernement pour solliciter leur soutien en vue de la sécurisation de la partie orientale de la République Démocratique du Congo et de la pacification de la région des grands lacs africains. Ce sera l’occasion de poser les problèmes ayant trait à la présence des éléments des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) dans le territoire congolais et à l’instrumentalisation des éléments armés par les pays limitrophes pour déstabiliser notre pays. Pour ce qui est de la politique intérieure, cela peut être l’occasion de défendre des positions privilégiant la cohésion nationale susceptible de garantir le processus démocratique.

5. Quel message, selon vous, devrait adresser le « président normal » aux autorités congolaises ?

François Hollande ne doit surtout pas apparaître comme un moraliste au regard des autorités congolaises, au risque d’être vu comme un néocolonialiste à l’instar de ses prédécesseurs. Il doit au contraire tenir un discours favorable aux seuls intérêts des populations et à l’État de droit. On attend de lui une vraie rupture avec les méthodes du passé, c’est-à-dire la novation au détriment de l’immobilisme.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

Cinq questions avec Gaspard-Hubert Lonsi Koko, porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

vendredi 31 août 2012

Hollande à Kinshasa agite l'opposition

La venue de François Hollande au 14ème Sommet de la Francophonie continue de faire polémique. Si Kinshasa se félicitent de la participation du président français, les voix de l'opposition congolaises sont plus dissonantes... Il y a les "contre", les "pour"...et ceux qui font avec.

Après la fin du suspens sur la participation de François Hollande au prochain Sommet de la Francophonie de Kinshasa, voici venu le temps des commentaires, des positionnements politiques... et des controverses. Sans surprise, le porte-parole du gouvernement de République démocratique du Congo (RDC) affiche une certaine satisfaction après l'annonce de la venue du président français à Kinshasa. Une décision qui "rend justice au peuple congolais", qui, "malgré la guerre qui prévaut dans le Kivu, fournit tous les efforts chaque jour et accepte des sacrifices, pour être prêt pour ce rendez-vous" [lire la suite].

Chritophe Rigaud

© Afrikarabia

lundi 27 août 2012

Sommet de la Francophonie : qu'attendre de François Hollande ?


Le président de la République française, François Hollande, a longtemps maintenu le suspens avant d’annoncer, lors du discours de politique étrangère inaugurant la XXème conférence des ambassadeurs, sa participation au sommet de la Francophonie prévu à Kinshasa du 12 au 14 octobre. Si la politique a horreur du vide, il est évident que les affaires d’État ne se gèrent pas sur la base des sentiments. Les intérêts de la France et le courage politique ne pouvaient que conduire François Hollande, n’en déplaise aux participants du boycott dudit sommet, à prendre une telle décision. Mais le président français saura-t-il redonner espoir, à cette occasion, aux millions de Congolais sans pour autant cautionner un pouvoir non accepté par la grande majorité d’entre eux ?
Le sommet de Kinshasa devra en principe constituer le cadre idéal,pour le président français, en vue de faire des propositions concernant un nouveau partenariat avec les pays francophones d’Afrique. Après le discours de Dakar[1]François Hollande devra chausser les bottes à la fois du général de Gaulle et de François Mitterrand, car une allocution fondatrice des relations constructives avec les pays du Sud, après celles de Phnom Penh[2] et de La Baule[3], est plus que jamais nécessaire [lire la suite].
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

jeudi 19 juillet 2012

François Hollande devra-t-il boycotter le XIVe Sommet de la Francophonie à Kinshasa ?


Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, accueillera du 12 au 14 octobre 2012 le XIVe Sommet de la Francophonie. Les Chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) se réuniront autour du thème relatif à la Francophonie, aux enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale.
Cette problématique a été retenue à l’occasion de la vingt-septième session de laConférence ministérielle de la francophonie (CMF) – sous la présidence de la Présidente de la Présidente de la Confédération suisse et cheffe du Département fédéral des Affaires étrangères,Micheline Calmy-Rey – qui s’était tenu à Paris du 1er au 2 décembre 2011 [lire la suite].
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
© Jolpress

jeudi 12 juillet 2012

A propos de la participation de François Hollande au 14ème sommet de la Francophonie à Kinshasa


Yamina Benguigui : « Le président Hollande n’a pas encore décidé. »


A en croire Yamina Benguigui, ministre déléguée en charge de la Francophonie, François Hollande n’est pas encore décidé de participer au 14ème sommet de la Francophonie qui se tiendra à Kinshasa (République Démocratique du Congo) du 12 au 1’ octobre 2012. C’est ce qui ressort de l’audience que le président français a accordée lundi 9 juillet au palais de l’Elysée à Abdou  Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

La participation ou non du président français, François Hollande, au 14ème sommet de la Francophonie, prévu du 12 au 14 octobre prochain à Kinshasa continue de faire des vagues. Ira ou n’ira pas ?
C’est le but essentiel de l’entretien qu’il a eu lundi 9 juillet avec le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, entrevue à laquelle a assisté la ministre déléguée chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui, également représentante personnelle du président français auprès de cette institution.
L’ancien président socialiste sénégalais, a-t-il réussi à convaincre le président français à faire le voyage de Kinshasa ? Rien n’est moins sûr.
« Les autorités de la République Démocratique du Congo (RDC) doivent démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’Etat de droit », a affirmé l’Elysée dans un communiqué de presse diffusé à l’issue de cet entretien.
Sollicitée par les médias -à la sortie de l’Elysée-, dont le Magazine congolais en Europe, « Ngambo na Ngambo », Yamina Benguigui a répondu aux questions des journalistes.  
« Le président Hollande n’a pas encore décidé », a-t-elle affirmée.  « On a eu un bon entretien avec le président Abdou Diouf », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle même allait se rendre à Kinshasa du 25 au 28 juillet.
Selon l’AFP, « tout est en bonne voie », a assuré la ministre à la presse dans la cour de l’Elysée.
Le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, ne s’est pas exprimé auprès des médias !
Une quarantaine de chefs d’Etat devraient participer à ce sommet, mais le déroulé des dernières élections-présidentielle et législatives-, du 28 novembre 2011, ayant suscité de nombreuses critiques, beaucoup d’entre eux hésitent à se rendre à Kinshasa.

UNE GAGEURE

La République Démocratique du Congo est actuellement  le pays francophone le plus peuplé, devant la France. Selon l’OIF, il y’aurait 78% de la population sachant lire et écrire le français. Ce nombre atteint les 87% si l’on prend juste ceux qui savent le parler.
Malgré la position de Congo-Kinshasa sur l’échiquier francophone, l’organisation d’un sommet  dans ce pays pose toujours problème. Une gageure.
En 1990, sous le régime du Maréchal Mobutu, le sommet de la Francophonie programmé à Kinshasa avait été annulé à cause des incidents du campus de Lubumbashi où l’on avait enregistré la mort d’un étudiant.
Cette année, le président fraîchement élu de la République française, François Hollande, semble hésiter à se rendre à Kinshasa en octobre pour  le sommet de la Francophonie.
« En se rendant à Kinshasa, François Hollande enverrait un message plus que trouble aux pays d’Afrique où la démocratisation est encore une lutte quotidienne que l’on paie au prix du sang », affirment les opposants du régime en place à Kinshasa.  
La République Démocratique du Congo serait-elle poursuivie par un signe indien ? Et si François Hollande se rendait à Kinshasa –profitant de l’opportunité qui lui est offerte- pour prononcer un discours fondateur qui redéfinirait la nouvelle vision de la France en matière de démocratie et l’Etat de droit en Afrique ?
Selon l’Elysée, cette hypothèse n’est pas à exclure. A suivre.

Robert Kongo, correspondant en France  du quotidien « Le Potentiel »