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samedi 20 juin 2015

Le RDPC rejoint l’ABACO pour les prochaines élections

Un accord politique a été signé à Paris entre l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) et le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC). Cette nouvelle alliance devrait présenter des candidats aux différents scrutins de 2015 de 2016.

Deux mouvements politiques se sont rapprochés le 18 juin à Paris, dans la perspectives des futurs élections en République démocratique du Congo (RDC), qui devraient se tenir dans les 18 prochains mois. Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) de Gaspard-Hubert Lonsi-Koko rejoint l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) de Sylvère Luizi Balu. Le RDPC devient un « courant idéologique » de l’ABACO, une des ailes historiques du mouvement créé lors de l’indépendance du Congo par Joseph Kasa-Vubu. Pour Gaspard-Hubert Lonsi-Koko, la logique de se rapprochement est simple : « rester dans le jeu politique sans rajouter un parti de plus aux 457 déjà existants ».

« Alternative politique crédible »

Gaspard-Hubert Lonsi-Koko compte bien faire entendre sa voix, notamment sur les droits des Congolais de la diaspora, « qui ne sont pas pris en compte », mais aussi « créer une alternative politique crédible au Congo ». Les deux partis souhaitent contribuer au « progrès social, au développement économique, à la sécurité et la démocratie » de la RDC. Dans cette alliance, Ll’ABACO défend une philosophie « plutôt sociale chrétienne et le RDPC plutôt sociale démocrate » souligne Gaspard-Hubert Lonsi-Koko, ancien [...] Lire la suite sur :
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Christophe Rigaud


vendredi 16 janvier 2015

Le probable retour de Jean-Pierre Bemba sur la scène politique congolaise

L’affaire fait grand bruit dans les milieux politiques en République démocratique du Congo. Jean-Pierre Bemba, leader historique du Mouvement de libération du Congo, incarcéré à la Cour Pénale Internationale dans l’attente du verdict de son procès, pourrait bientôt retrouver sa liberté, et reprendre du service sur la scène politique congolaise. Au moment où le débat fait rage dans le pays, à propos d’une manipulation de la loi électorale, quel pourrait être m’impact sur la situation politique congolaise, du retour de celui qui fut le rival malheureux, en 2006, de l’actuel dirigeant congolais Joseph Kabila ? Une candidature de Jean-Pierre Bemba à la présidentielle de 2016 est-elle possible ? Explications dans ce Grand Débat.
Invités :
- Christophe Rigaud, Journaliste, Directeur du site d’informations « Afrikarabia.com ». 
- Gaspard Hubert Lonsi-Koko, Acteur politique congolais, « essayiste réformiste ». Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) 
- Mama Eve Bazaïba, Secrétaire générale Mouvement de libération du Congo (MLC)

Prière de cliquer sur le lien ci-contre, pour écouter l’émission : http://www.africa1.com/IMG/mp3/le_grand_debat_-_15_01_15_pad_-_.mp3

jeudi 22 mai 2014

A Paris, Joseph Kabila joue la carte centrafricaine

Pourquoi Paris déroule le tapis rouge au président congolais ? François Hollande et Joseph Kabila se sont trouvés des intérêts communs dans le dossier centrafricain.
François Hollande et Joseph Kabila à L’Elysée le 21 mai 2014 © Présidence de la République
« Réchauffement », « normalisation », l’équipe de Joseph Kabila affiche sa satisfaction après l’entrevue du président congolais avec François Hollande mercredi 21 mai à l’Elysée. Il faut dire que la dernière rencontre entre les deux hommes s’était déroulée dans un climat plutôt glaciale à Kinshasa pendant le Sommet de la Francophonie d’octobre 2012. A l’époque, le président français avait vertement tancé le leader congolais sur la situation des droits de l’homme « tout à fait inacceptable » en République démocratique du Congo (RDC).

La France engagée dans deux conflits africains

18 mois plus tard, la situation a évolué entre François Hollande et Joseph Kabila. Le président français déroule aujourd’hui le tapis rouge de l’Elysée (qu’il n’y avait pas) pour recevoir son homologue congolais. Qu’est-ce qui a changé ? Si la situation des droits de l’homme n’a guère progressé à Kinshasa, la France s’est lancée dans deux guerres africaines qu’elle n’avait pas programmée : le Mali et surtout… la Centrafrique. Deux conflits qui s’enlisent et qui nécessitent à la France de s’appuyer sur de nouveaux partenaires africains. François Hollande s’est rapproché de l’incontournable Idriss Déby pour venir renforcer l’opération Serval au Mali. Aujourd’hui, le président français compte sur la RDC en Centrafrique [lire la suite].

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

mardi 9 juillet 2013

RDC : La diaspora intègrera les concertations nationales

La diaspora grande oubliée du dialogue nationale ? Nous posions cette question sur ce site il y a quelques jours. La publication du règlement intérieur des futures concertations répond aujourd'hui à cette question : 18 délégués issus de la diaspora feront finalement partie du dialogue souhaité par le président Joseph Kabila. Des concertations qui sont pourtant loin de faire l'unanimité dans l'opposition.

Le projet de règlement intérieur des prochaines concertations nationales (consultable ici) prévoit 18 sièges pour la diaspora. A Paris, le représentant de la Diaspora congolaise favorable au dialogue (DCFD) se dit satisfait de cette intégration, "qui plus est reconnue comme composante à part entière", souligne Gaspard-Hubert Lonsi Koko, son porte-parole. Dans ces colonnes, nous avions relayé son appel pour la participation de la diaspora au dialogue national (lire Afrikarabia). Le règlement intérieur associera la diaspora à la société civile, au même titre que "les confessions religieuses, les défenseurs des droits de l'homme ou la magistrature (article 5-5)". Gaspard-Hubert Lonsi Koko estime que 8 délégués pourraient représenter l'Europe [lire la suite].

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

jeudi 4 juillet 2013

RDC : La diaspora oubliée du dialogue national

Joseph Kabila a annoncé la prochaine tenue de "consultations nationales" dans un contexte de crise politique après les élections contestées de 2011 et la reprise de la guerre à l'Est du pays. A Paris, la Diaspora congolaise favorable au dialogue (DCFD) regrette l'absence de la diaspora à cette initiative.

Annoncé en janvier 2013, le dialogue national voulu par Joseph Kabila devrait finalement voir le jour. Le président congolais a signer dernièrement une ordonnance convoquant des "consultations nationales" sous la direction de deux de ses proches : Aubin Minaku, le président de l'Assemblée nationale et Léon Kengo, le président du Sénat. Objectif de ces consultations : "rétablir la cohésion nationale, consolider l'unité du pays et mettre fin aux cycles de violence à l'Est du pays afin de permettre la reconstruction du pays". Un programme ambitieux qui butte sur l'affaiblissement du chef de l'Etat congolais depuis la présidentielle contestée de novembre 2011 et le retour de la guerre au Nord-Kivu. Les "consultations nationales" devraient se dérouler sur 15 à 20 jours à une date encore "indéterminée" par l'ordonnance présidentielle [lire la suite].

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

lundi 22 avril 2013

Pour une décentralisation sans faille en RD Congo

Que reste-t-il au président Joseph Kabila pour asseoir son autorité en République Démocratique du Congo ? Telle est la question que pose Christophe Rigaud dans un article intitulé Katanga (RDC) : Quand l’État perd le contrôle, s’appuyant sur l’analyse de Marc-André Lagrange d’International Crisis Group (ICG), selon laquelle l’État central n’existe plus et les provinces, de plus en plus « indépendantes », gèrent les problèmes sécuritaires avec des partenaires extérieurs. 
Ainsi le gouverneur du Katanga et la mission des Nations unies au Congo (Monusco) ont-ils obtenu, en se substituant au gouvernement absent, la reddition des Maï-Maï Bakata Katanga de Lubumbashi. Il en est de même dans la crise au Nord-Kivu, où le président Kabila s’en remet à « des acteurs extérieurs », la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et la brigade spéciale d’intervention des Nations unies, pour lutter contre les groupes rebelles. Pour l’ICG, après « sept ans de régime kabiliste, les capacités de gouvernance institutionnelle sont toujours très faibles » et que le pouvoir est « complètement dépendant de soutiens extérieurs et d’un système de gouvernance par substitution ».
La faiblesse de l’État central, a contrario l’indépendance des provinces, finira indéniablement par faire voler en éclats la République Démocratique du Congo. Que faudra-t-il entreprendre, à tout prix, pour éviter la balkanisation qui menace ce colosse aux pieds d’argile ? Au-delà de la mise en place d’une armée citoyenne et performante, ainsi que d’une gendarmerie et d’une police nationales bien formées, les autorités congolaises doivent se pencher sérieusement sur une décentralisation politique, administrative et économique sans faille.

La présence étatique sur l’ensemble du territoire national

La décentralisation a pour préoccupation majeure le management territorial, le partage des responsabilités politiques, économiques, sociales, culturelles, ainsi que la gestion du fardeau fiscal entre l’État et les collectivités publiques locales. Cela permet de mieux servir les citoyens, de garantir leur épanouissement individuel et leur essor collectif. À cet effet, la décentralisation représente la clé de l’efficacité de l’appareil administratif. Il est donc question, en République Démocratique du Congo, de matérialiser la présence de l’État là où vit quotidiennement le citoyen pour lui procurer protection et services publics adéquats. De plus, la cohésion nationale découle, entre autres, du rééquilibrage entre les territoires. Le gouvernement congolais ne pourra dynamiser et valoriser les provinces que par l’harmonisation, l’organisation, la complémentarité et la meilleure répartition des activités sur l’ensemble du pays.

Les compétences des collectivités territoriales

Pour l’intérêt des administrés, il est indispensable d’harmoniser les rapports entre le gouvernement central et les gouvernorats des provinces, en veillant à ce que chaque province dispose d’une ressource principale compatible avec la nature de ses compétences. Cela permettra, par exemple, de limiter les écarts de richesse entre les territoires par une péréquation forte. Raison pour laquelle, dans le cadre de la décentralisation politique et administrative, la loi devra créer des établissements publics spécifiques, dotés d’une personnalité morale propre, qui renforceront la capacité de l’État à offrir ses services à l’ensemble des citoyens. La finalité consistera à atteindre des objectifs de développement économique et de progrès social par le biais d’un partenariat avec l’État. Cet aspect technique nécessitera un « toilettage » de l’actuelle Constitution.

Les collectivités administratives

Il faudra impérativement agir sur le fonctionnement des collectivités administratives en apportant  des modifications quant à leurs compétences. Il faudra aussi procéder à un découpage harmonieux et avoir recours à un haut fonctionnaire pour mieux articuler la politique gouvernementale dans des entités décentralisées : c’est-à-dire entre les secteurs, les communes, les territoires, les districts et les provinces. Une meilleure articulation entre les différentes collectivités administratives est d’une importance capitale. Par souci de lisibilité, au lieu des 26 provinces, la République Démocratique du Congo devra être subdivisée en 8 grandes provinces. Le Bas-Congo et Kinshasa formeront ainsi une seule province, seule du Bas-Congo ou Kongo central. Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema deviendront la province du Kivu. La configuration finale sera celle-ci : Bas-Congo (ou Kongo central), Bandundu, Équateur, Haut-Congo, Kasaï-Oriental, Kasaï-Occidental, Kivu et Katanga.

La loi KML

L’adoption d’une loi KML – relative à l’organisation administrative des villes de Kinshasa, Mbuji-Mayi, Lubumbashi et des établissements publics de coopération intercommunale – s’impose. Cette loi devra fixer un statut administratif particulier qui sera applicable à ces trois villes les plus peuplées. La loi KML établira que la ville de Kinshasa, en tant que capitale de la République Démocratique du Congo, sera à la fois un territoire et un district. Les élus, qui siégeront au Conseil de la Ville, seront de facto en même temps conseillers de la Ville et conseillers de district. Les compétences du Président du Conseil seront limitées, du fait du statut particulier de Kinshasa, par les pouvoirs spécifiques dont disposera le haut-commissaire de police qui sera nommé par le ministre de l’Intérieur.

Les commissaires du gouvernement

Tout État soucieux de sa cohésion territoriale veille au maintien de l’ordre public et à la sécurité des personnes, ainsi que des biens. Au-delà de l’aspect sécuritaire, il permet l’exercice des droits et des libertés des citoyens, contrôle la légalité des actes des collectivités locales. Ainsi s’appuie-t-il sur un acteur de terrain pour mettre en œuvre et coordonner, à l’échelon local, les politiques du gouvernement en matière d’emploi, de cohésion sociale, d’aménagement du territoire, de développement économique, d’environnement...
Enfin, c’est donc un haut fonctionnaire qui est chargé de gérer et de répartir les dotations ainsi que les subventions de l’État à l’échelon local. Il faudra en effet introduire les commissaires du gouvernement dans le nouveau paysage administratif congolais. Ces derniers seront les représentants de l’État dans les provinces. Plus précisément, ils incarneront les rouages indispensables de la future administration nationale. Ils seront directement assistés dans leur tâche, par souci d’efficacité, par des administrateurs du territoire.

La IVe République

Selon certains observateurs, la Constitution du 18 février 2006 n’a pas été « le résultat d’un travail sur soi, des tractations internes d’un corps politique, gérant ses conflits, ses contradictions, parvenant à des compromis et à des “conventions collectives”. Elle a été adoptée ou produite à usage externe pour se faire reconnaître comme un État sur le plan international. Cette loi fondamentale […] ne s’intériorise ni par le savoir ni par la pratique. » En conséquence, cette Constitution confectionnée par l’extérieur et pour les seuls intérêts extérieurs n’est pas du tout à l’abri de quelques tripatouillages au détriment de la chose publique. Afin de pallier ces lacunes, il faudra approfondir la démocratie politique et consolider les prérogatives étatiques dans certains domaines.
Ainsi faudra-t-il instaurer la IVe République pour une réforme profonde. De plus, il est plus que jamais indispensable de conforter les acteurs sociaux, de permettre aux citoyens d’être écoutés et actifs, et de doter les élus du peuple d’un véritable statut. La Constitution étant la loi fondamentale qui régit les rapports entre les institutions, il faudra une réelle séparation des pouvoirs et un véritable pouvoir judiciaire dont les plus hauts magistrats ne seront plus nommés par le pouvoir politique, mais par un Haut Conseil des Professions Judiciaires (HCPJ) avec des « auditions » devant des commissions spécialisées du Parlement pour vérifier les qualifications aux fonctions.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Source : Jolpress

Documentation :

- Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique
- La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie

vendredi 1 février 2013

RD Congo, quelle alternative après l’échec des pourparlers de Kampala ?

N’étant parvenues jusqu’à présent à maintenir la paix dans la région du Kivu[1], les Nations Unies tentent de déployer sur place une brigade d’intervention rapide dont l’action serait appuyée par des drones. Mais Ban-Ki-moon devra tout d’abord obtenir des dirigeants de la région des Grands Lacs et de l’Afrique australe la signature d’un accord-cadre pour la paix et la sécurité en République Démocratique du Congo. Entre-temps, la situation humanitaire se dégrade sur le plan national : plus de 52 400 cas de choléra, dont 1 293 décès et environ 73 794 cas de rougeole avec 2 023 décès, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; distribution des vivres à plus de 100 000 personnes à Goma et ses environs et une foire aux biens non alimentaires au profit de 5 000 personnes dans le Lubero, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Pendant ce temps le Katanga[2], une autre province de la République Démocratique du Congo, est à son tour en proie aux agressions de groupes armés.

La mauvaise foi des agresseurs

Pour détourner l’attention de l’échec patent des pourparlers de Kampala, le médiateur, en l’occurrence le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, soutenu par les pays de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL) et ceux de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), s’est en pris violemment aux forces onusiennes auxquelles il a reproché, non seulement de s’adonner au tourisme militaire, mais surtout d’être incapables de rétablir la paix dans la région du Kivu. Cela a abouti au renvoi sine die de la signature d’un accord-cadre régional sur la paix en République Démocratique du Congo.
Quant au président rwandais, Paul Kagame, il est tout à coup devenu amnésique. Reniant son implication dans la déstabilisation de la région du Kivu, il ne cesse de clamer que son pays et la RD Congo, contraints de vivre ensemble dans la région des Grands Lacs, doivent être tournés vers l’avenir et trouver des solutions appropriées. Ainsi espère-t-il pouvoir tourner la page, sans rendre des comptes pour le génocide congolais et le pillage des ressources naturelles du Kivu, dont il est l’un des principaux initiateurs.
Pour ce qui est du Mouvement du 23 mars (M23), il juge le rapport des experts[3] des Nations Unies[4] « cruellement partial et peu professionnel, car il contient des éléments incompatibles et incohérents ». Dans la même optique, le M23 conteste le rapport de Human Rights Watch (HRW) qui l’accusait en mi-septembre 2012 de « crimes de guerre commis à grande échelle, y compris d’exécutions sommaires, de viols et des recrutements de force ». Ainsi Jean-Marie Runiga, dénonce-t-il la partialité des enquêteurs de ces organisations et les escobarderies dont est entaché leur travail. À cet effet, le dirigeant du M23 le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, à « rejeter purement et simplement les requêtes de Human Rights Watch et celles des experts de Nations Unies », et à « reconsidérer toutes les décisions prises » dans la mesure où lesdits rapports sont « politisés » et « erronés »[5].

La méthodologie du groupe des experts onusiens

Répondant aux questions de la journaliste belge Colette Braeckman[6], Steve Hege[7] a mis l’accent sur la méthodologie très rigoureuse ayant privilégié les informations recueillies auprès des témoins directs des événements qui sont à la base du rapport des Nations Unies. Les experts onusiens ont interrogé plus de cent anciens combattants du M23, dont 57 qui ont déclaré être des citoyens rwandais. Ces derniers ont insisté sur le soutien du Rwanda aux agresseurs. Ces informations ont ensuite été confrontées à plus d’une centaine émanant de dirigeants locaux, de commerçants, de simples paysans, d’anciens officiers de l’armée rwandaise, ainsi que d’anciens officiers du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Des membres actifs du M23 ont aussi reconnu le soutien du Rwanda à leur mouvement, témoignages qui ont été confirmés lors de sept visites au Rwanda[8]. Enfin, les services de renseignements de l’Ouganda, du Burundi, de pays occidentaux[9] ainsi que du gouvernement congolais ont confirmé les faits allégués par les différents témoignages.

Les prochains épisodes

Christophe Rigaud estime que l’échec annoncé de Kampala « risque de donner lieu à un scénario en deux actes : tout d’abord une reprise des affrontements autour de Goma et Bukavu et, ensuite, un second round de négociations, où, en plus du Rwanda et de l’Ouganda, on risque de retrouver l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Congo-Brazzaville à la manœuvre »[10]. L’échec des pourparlers de Kampala était prévisible, compte tenu de la partialité du médiateur. Ainsi Kinshasa avait-il intérêt à ne pas sécher les travaux programmés dans la capitale ougandaise, au risque de ne pouvoir se défendre contre les accusations à propos des maux dont souffrant la RD Congo. L’objectif de la délégation gouvernementale devait consister, dans un premier temps, à rester ferme sur le fait que les problèmes internes seraient débattus dans le cadre du dialogue intercongolais. Dans un second temps, Kinshasa devait faire en sorte que rien ne soit réglé à Kampala – l’objectif étant de délocaliser lesdits pourparlers à Brazzaville ou à Luanda – et d’empêcher que la Tanzanie, ou l’Afrique du Sud, prenne la tête d’une quelconque force neutre dans le cadre de prochaines opérations militaires dans le Kivu. En tout cas, à propos de l’alternative au guet-apens évité de justesse en Ouganda, la diplomatie congolaise doit s’ingénier pour que les prochains épisodes lui soient favorables.

 Gaspard-Hubert Lonsi Koko

À lire aussi :

Notes :

[1] Plus de dix années d’engagement en RD Congo.
[2] La très riche région minière du Sud-Est. Effectivement, les populations sont obligées de fuir des accrochages de plus en plus fréquents dans le Nord-Katanga.
[3] Rappelons que ce Groupe d’experts est composé de 6 membres, chacun nommé par le Secrétaire général des Nations Unies après une évaluation par le Secrétariat ainsi que par les quinze pays membres du Conseil de sécurité. Les membres sont des enquêteurs et chercheurs indépendants avec une expérience technique dans les différents domaines spécifiques du mandat – notamment les enquêtes sur l’approvisionnement en armes, le financement des groupes armés, le commerce des ressources naturelles, les violations graves des droits de l’Homme, et les problématiques transfrontalières.
[4] Ce rapport des experts des Nations Unies, qui a été publié fin 2012, accuse le Rwanda et l’Ouganda de soutenir le M23 à qui les Nations Unies imputent de graves exactions (viols, assassinats, recrutement forcé des enfants...).
[5] Le Conseil de sécurité des Nations Unies a gelé les avoirs et interdit de voyage les responsables du M23, dont Jean-Marie Runiga et le général Sultani Makenga, chef militaire du mouvement.
[7] L’un des experts des Nations Unis ayant diligenté les enquêtes relatives au rapport dénonçant l’implication du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda dans la déstabilisation de la RD Congo.
[8] Ces voyages ont été souvent effectués dans le cadre de l’enquête sur le recrutement de civils pour le M23. Ils concernaient notamment l’hôtel Bushokoro à Kinigi (cf. annexe 19 du rapport onusien).
[9] Cf. annexe 22 du rapport onusien.

dimanche 27 janvier 2013

RDC : Exit la Monusco ?

La création d'une force internationale neutre signifiera-t-elle la fin de la mission des casques bleus dans l'Est de la République démocratique du Congo ? Les pays de la région, réunis au sein de la SADC et de la CIRGL, viennent de demander le remplacement de la Monusco par une force africaine. Une proposition qui pourrait sonner le glas des casques bleus en RDC.

Coup dur pour la Monusco. Critiquée pour son inefficacité, la mission de l'ONU au Congo est depuis quelques semaines la cible des pays africains de la région. Les ministres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), proposent à l'Union africaine (UA), de remplacer la Monusco par des troupes africaines. La raison avancée :  l'échec de la mission de l'ONU dans l'Est de la RDC, en proie à des conflits chroniques et son incapacité  à protéger les populations civile.

La Monusco sur la sellette

La charge anti-Monusco est signée par le général Aronda Nyakairima, le ministre ougandais de la Défense. "Nous recommandons que l'Afrique prenne le relais de la Monusco", a précisé le général à  une agence de presse chinoise. Selon lui, "les forces africaines peuvent mieux faire que les forces internationales qui viennent de l'extérieur et qui ne ne savent pas ce qu'elles font". Une critique qui tombe après que certains membres de l'ONU se déclarent "contre l'idée de déployer une force internationale neutre pour combattre les forces négatives" en République démocratique du Congo. Ces membres proposaient une "simple" intégration de la force neutre à la Monusco. Proposition inacceptable pour le général ougandais Nyakairima [lire la suite].

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

dimanche 2 décembre 2012

RDC : A Paris, des partis politiques plaident pour un gouvernement d'union nationale

La reprise de la guerre au Nord-Kivu entre les rebelles du M23 et l'armée régulière inquiète des partis politiques et des associations congolaises de la diaspora à Paris. Une plateforme propose des pistes pour sortir de l'impasse et du risque de "balkanisation" de la RDC.

Le 28 novembre, plusieurs partis politiques et associations congolaises de France se sont réunis à Paris pour évoquer la crise qui secoue l'Est de la République démocratique du Congo. Depuis le mois d'avril, la rébellion du M23 défie le président Kabila et s'est emparée de plusieurs territoires du Nord-Kivu, avant de prendre la ville Goma le 20 novembre dernier. Après l'appel de 11 chefs d'Etat de la région des Grands Lacs, le M23 a accepté, ce samedi, de se retirer de Goma. Mais si l'offensive du M23 a cessé, la guerre est loin d'être terminée [lire la suite].

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

mardi 16 octobre 2012

RDC : Un Sommet pour rien ?

Le 14ème Sommet de la Francophonie s'est clôturé dimanche 14 octobre à Kinshasa. Sans surprise, Paris et Kinshasa ont joué leur partition : François Hollande défendant les "valeurs de la Francophonie" et les droits de l'homme et Joseph Kabila, droit dans ses bottes, et "pas du tout complexé par le niveau de démocratie" de son pays. A l'heure des bilans, que doit-on retenir du ce Sommet ?

La tension était au rendez-vous samedi à Kinshasa. Poignée de main pas vraiment franche, sourires crispés, François Hollande et Joseph Kabila ont joué à fleuret moucheté par discours interposés. François Hollande avait pris soin de "déminer" le terrain quelques jours avant son arrivée en déclarant que "la situation en RDC était tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l'opposition". A Kinshasa, les propos ont été plus "mesurés", diplomatie oblige. Mais François Hollande a gardé le cap : "tout dire" au président Kabila. En retour, le président français a eu droit à un discours très ironique de Joseph Kabila : "nous pratiquons la démocratie dans ce pays par conviction. Conviction, et non pas par contrainte". Voilà pour les paroles [lire la suite].

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

samedi 13 octobre 2012

RDC : L'échec de la stabilisation des Kivus dénoncé par ICG

Dans son dernier rapport, International Crisis Group (ICG) revient sur les raisons de l'impossible retour de la paix dans les Kivus, en proie à une nouvelle flambée de violence depuis avril 2012. ICG dénonce la responsabilité des  autorités congolaises, rwandaises, des rebelles, mais aussi "l'impuissance" et "la politique à géométrie variable" de la Monusco. Pour "résoudre le conflit" et sortir de la simple "gestion de crise", le think tank demande aux bailleurs "d'exercer des pressions sur Kigali et Kinshasa".
Dans maintenant plus de 5 mois, la rébellion du M23, affronte les forces gouvernementales dans le Nord-Kivu, à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC). Les rebelles tiennent la ville frontière de Bunagana, administrent plusieurs localités dont celle de Rutshuru, et menacent de prendre Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu. Véritable "copier-coller" de la rébellion du CNDP de 2008, l'apparition du M23 signe un nouveau constat d'échec des multiples programmes de "stabilisation" pour ramener la paix dans la région [Lire la suite].

Pour télécharger le rapport : http://www.crisisgroup.org/~/media/Files/africa/central-africa/dr-congo/b091-lest-du-congo-pourquoi-la-stabilisation-a-echoue.pdf

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

vendredi 5 octobre 2012

Vers une balkanisation de la RDC?

1ère partie: Retour de Cuba
- Pierre Delannoy, reporter pour Géo et Paris Match.

2ème partie: Vers une balkanisation de la RDC?
- Christophe RIGAUD, journaliste, (blog Arikarabia).
- Gaspard-Hubert LONSI KOKO, homme politique congolais, candidat aux législatives en 2011, auteur de Congo-Kinsahasa : le degré zéro de la politique (L’Harmattan, avril 2012).

Invité(s) :
Christophe Rigaud, journaliste.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko, homme politique congolais.
Maria Malagardis


vendredi 31 août 2012

Hollande à Kinshasa agite l'opposition

La venue de François Hollande au 14ème Sommet de la Francophonie continue de faire polémique. Si Kinshasa se félicitent de la participation du président français, les voix de l'opposition congolaises sont plus dissonantes... Il y a les "contre", les "pour"...et ceux qui font avec.

Après la fin du suspens sur la participation de François Hollande au prochain Sommet de la Francophonie de Kinshasa, voici venu le temps des commentaires, des positionnements politiques... et des controverses. Sans surprise, le porte-parole du gouvernement de République démocratique du Congo (RDC) affiche une certaine satisfaction après l'annonce de la venue du président français à Kinshasa. Une décision qui "rend justice au peuple congolais", qui, "malgré la guerre qui prévaut dans le Kivu, fournit tous les efforts chaque jour et accepte des sacrifices, pour être prêt pour ce rendez-vous" [lire la suite].

Chritophe Rigaud

© Afrikarabia

lundi 7 mai 2012

RDC : Le degré zéro de la politique ?


Candidat aux dernières élections législatives, Gaspard-Hubert Lonsi Koko analyse dans son dernier ouvrage le processus électoral chaotique de novembre 2011 et l'incurie de la classe politique congolaise. Dans "Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique" (*) Lonsi Koko appelle à une recomposition de l'opposition et trace les contours d'une nouvelle classe politique congolaise qui a "urgemment besoin d'inventeurs d'avenir". Afrikarabia l'a rencontré à Paris.


- Afrikarabia : Vous êtes retourné en République démocratique du Congo pour vous présenter aux élections législatives de novembre 2011 à Madimba, dans le Bas-Congo. Dans votre ouvrage vous écrivez avoir reçu "un choc" en retournant à Madimba ? [lire la suite]

Propos recueillis par Christophe RIGAUD

(*) "Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique" de Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Editions L'Harmattan - avril 2012 • 152 pages - 15,50 euros

© Afrikarabia

samedi 11 février 2012

La Banque mondiale sanctionne Kinshasa

Après la réélection contestée de Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDC), les premières sanctions tombent sur les autorités congolaises... et elles sont financières. La Banque mondiale, qui estime que les "contrôles démocratiques sont insuffisants "en RDC a décidé de ne plus contribuer au budget général du pays.
 

Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale s'est montré très sceptique sur les "contrôles démocratiques", ainsi que sur le manque de "contre-pouvoirs" en RDC dans une conférence diffusé sur internet. Il a donc décidé de stopper la contribution de la Banque mondiale au budget général du Congo, tout en précisant que les programmes sur la nutrition, l'éducation, le Sida ou le paludisme continueraient à être soutenus.



Robert Zoellick a qualifié la RDC de "zone grise", à l'image de l'Afghanistan ou de Haïti. Cette décision intervient après des élections présidentielle et législatives particulièrement chaotiques et entachées de nombreuses irrégularités. L'Union européenne et les Etats-unis avaient notamment relevé le manque de transparence et de crédibilité du scrutin. La Banque mondiale est le premier organisme international a infliger ainsi une sanction financière à la République démocratique du Congo. D'autres vont-ils suivre ?


Christophe RIGAUD


© Afrikarabia

mercredi 10 août 2011

RDC : Gaspard-Hubert Lonsi Koko à Kinshasa le 17 août prochain

Le porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), Gaspard-Hubert Lonsi Koko se rendra à Kinshasa le 17 août 2011. Candidat à l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), Gaspard-Hubert Lonsi Koko doit y rencontrer les principaux partis d'opposition.

photo.JPGAprès s'être fait enregistré sur les listes électorales l'année dernière, Gaspard-Hubert Lonsi Koko compte bien déposer sa candidature à la prochaine élection présidentielle en RDC fixée le 28 novembre 2011. C'est la raison de son retour à Kinshasa le 17 août prochain. Classé dans le camp des opposants au président sortant Joseph Kabila, Gaspard-Hubert Lonsi Koko est favorable à une candidature unique de l'opposition. Il compte donc rencontrer les différents leaders des partis d'opposition afin de trouver une plateforme d'accord avec le programme électoral du RDPC. En cas d'échec, Gaspard-Hubert Lonsi Koko semble bien décider à aller jusqu'au bout de sa démarche et donc à se présenter à la magistrature suprême. Mais pour l'heure, les différents retards dans le processus électoral ne permettent pas de déposer les candidatures.

Christophe Rigaud

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Photo : Gaspard-Hubert Lonsi Koko à Paris © Ch. Rigaud www.afrikarabia.com

mardi 14 juin 2011

RDC : Le conflit oublié des médias

La République démocratique du Congo (RDC) est-elle maudite ? Depuis plus de 15 ans cet immense pays d'Afrique centrale cumule les conflits et les drames humanitaires... dans l'indifférence générale. Pourquoi les médias internationaux sont-ils plus prompts à couvrir la guerre en Libye, le conflit en Irak ou en Afghanistan, que la catastrophe humanitaire en cours en RDC ? Explications sur un pays plongé dans un "trou noir médiatique".

DSC04006.jpgTrop long, trop compliqué, trop loin, trop cher à couvrir pour les journalistes, le conflit oublié en République démocratique du Congo (RDC) ne mobilise pas les médias... et donc pas les opinions publiques. Pourtant ce vaste pays, grand comme 5 fois la France, en plein cœur de l'Afrique, est un concentré de catastrophes divers : plusieurs guerres à répétition, des millions de morts (2, 3 ou 4 millions ?), 1,7 million de réfugiés, le viol de masse utilisé comme arme de guerre, l'enrôlement de milliers d'enfants soldats, le pillage des ressources naturelles, un Etat défaillant dans le top 10 des pays les plus pauvres au monde... voici le rapide portrait de la situation en RDC. Pourtant, les médias ne semblent guère y prêter attention alors que 18.995 casques bleus de l'ONU sont sur place pour la plus importante opération de maintien de la paix au monde. Afrikarabia a demandé à Marcel Stoessel*, responsable de l'ONG Oxfam en RDC, de nous éclairer [lire la suite].

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

mardi 15 février 2011

RDC : Le RDPC dévoile son projet pour 2011

Dans un ouvrage qui vient de paraître aux éditions L'Harmattan*, Gaspard-Hubert Lonsi Koko livre son programme politique dans la perspective des prochaines élections présidentielles en République démocratique du Congo (RDC). Le RDPC (Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo) souhaite avant tout proposer un projet alternatif au président sortant, Joseph Kabila. Le programme s'articule autour du retour à la paix et à la croissance économique de la RDC. Si le livre reste dans les généralités, l'ouvrage possède le mérite de coucher noir sur blanc un programme de campagne… alors que l'on attend toujours les projets des grands partis d'opposition, comme l'UDPS, le MLC ou Vital Kamerhe. AFRIKARABIA a rencontré Gaspard-Hubert Lonsi Koko à Paris.

GH Lonsi Koko-tiltshift.jpgAFRIKARABIA : Qu'est-ce qui vous démarque des autres candidats à la présidentielle de 2011 ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Il me semble que cette élection sera gagnée par quelqu'un qui a une autre manière de faire de la politique. Moi j'ai commencé par écrire un livre pour dire ce que je veux faire au Congo et je souhaite que l'on discute sur la base des idées… que l'on soit d'accord ou non avec mon programme. On sait comment se passe les élections au Congo : on distribue des tee-shirts, de l'argent, on donne de la bière le temps des élections et puis on revient 5 ans après pour refaire la même chose aux élections suivantes. Je dis aux Congolais : voilà mon projet pour changer votre quotidien. Dès lors que je mets noir sur blanc mon projet, je n'ai pas peur des critiques et nous verrons bien avec qui nous pourrons travailler. Si je suis élu, je veux être le président de la paix… une paix globale. Nous savons pertinemment que nous ne changerons pas nos voisins, il faut que nous ayons l'intelligence de développer une politique régionale qui nous permette de vivre dans la paix [lire la suite].

© Afrikarabia