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mardi 18 août 2015

RD Congo : les 10 commandements de l’ABACO

Très récemment, l’Alliance de Base pour l’Action Commune, ABACO en sigle, a diffusé ses dix propositions pour la République Démocratique du Congo du troisième millénaire. En effet, le passé et le présent étant indissociables de l’avenir d’un pays, le parti présidé par le ministre honoraire Sylvère Luizi Balu s’est appuyé sur les cinquante-cinq années de la reconnaissance internationale du Congo belge dans le but « de faire émerger une vision politique » qui permettra à la Nation congolaise et aux prochaines générations de vivre, sans contrainte et sans entrave, la liberté et la démocratie, l’unité de leur pays et la réconciliation nationale, ainsi que la véritable indépendance. Dans l’absolue, cette sorte d’introspection représente, aux dires des dirigeants de l’ABACO, « un exercice à la fois grandiose et délicat en vue de sérieuses résolutions et salutaires actions ».

Un projet cohérent et novateur

Se préparant aux prochaines joutes électorales, notamment aux élections de 2015, l’ABACO a pris la résolution de définir les principales orientations pour un projet de société cohérent, novateur et révolutionnaire. Ainsi, ce parti politique compte-t-il donner à la République Démocratique du Congo l’impulsion nécessaire en vue d’une place privilégiée parmi les grandes puissances de ce monde. L’ambition de l’ABACO réside dans la possibilité, à travers ces dix propositions, d’offrir au peuple congolais l’opportunité de reconquérir par la noblesse du travail et la capacité de l’intelligence, par la solidarité et la fraternité, par la tolérance et la justice, « une dignité semblable à celle qui fait sans conteste la fierté et la grandeur des peuples libres et généreux, créatifs et industrieux ».

La vraie joie de vivre

Le projet de société que propose l’ABACO a avant tout vocation à transformer la communauté congolaise « en Etat réellement démocratique », c’est-à-dire respectueux des droits fondamentaux de la personne humaine. Cette feuille de route propose donc de métamorphoser l’Etat congolais en une collectivité publique dynamique et prospère, digne de vivre dans le IIIe millénaire ambiant. Elle suggère, à cet effet, les moyens d’affronter avec sérénité, lucidité et détermination les nombreux et énormes défis des temps modernes. A travers cette démarche, l’ABACO symbolise, par essence, la recherche de la paix et de la solidarité, la promotion de la justice et de la liberté afin que « le peuple congolais puisse aspirer à la vraie joie de vivre ».

Le triangle sacré

Si le devenir d’Israël s’est joué sur les trois piliers fondamentaux incarnés par Moïse, Josué et le Peuple juif, l’avenir de la République Démocratique du Congo repose sur un triangle sacré qui est composé de Dieu, des Ancêtres et du peuple congolais. Ainsi la dynamique de l’ABACO, en ce moment déterminant de l’Histoire du géant très longtemps endormi au cœur de l’Afrique, est-elle impulsée par le doyen Sylvère Luizi Balu, en tant que Président Général, du pragmatique Gaspard-Hubert Lonsi Koko en qualité de Premier Vice-Président Général et, bien entendu, le Peuple congolais comme Souverain primaire. Tel Moïse, Luizi Balu est le gardien des 10 commandements de l’ABACO, tandis que Lonsi Koko incarne le fils de Noun, en l’occurrence Josué qui fut l’artisan du retour du peuple d’Israël en Terre promise.

Charlotte Mondo

dimanche 19 juillet 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150719/00043 relatif à la nomination au Directoire de l'ABACO

Le Bureau Exécutif de l'Alliance de Base pour l'Action Commune (ABACO), réuni en date du 25 juin 2015 à Kinshasa, a pris acte de l'adhésion du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) en tant que coutant politique à part entière au sein de l'ABACO, qui plus est le Parti politique précurseur de l'Indépendance de la République Démocratique du Congo.

En effet, le Bureau Exécutif de l'ABACO a décidé de confier à M. Gaspard-Hubert BANACEK LONSI KOKO, en sa qualité de Président du RDPC, les fonctions de Vice-Premier Président Général.

Les attributions de sa Vice-Présidence lui seront communiquées ultérieurement.

La Direction Nationale de l'ABACO le félicite de sa nomination et le prie d'œuvrer loyalement dans l'accomplissement de sa Charge.

L'acte de nomination de M. BANACEK LONSI KOKO a été signé conjointement par le Président Général et le Secrétaire Général de l'ABACO, en l'occurrence le Ministre Honoraire Sylvère LUIZI BALU et M. KANGA BIKUNKU.

Fait à Paris, le 19 juillet 2015

La Direction du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

mercredi 15 juillet 2015

RDC : L’accord politique entre l’ABACO et le RDPC inquiète une minorité rétrograde

La signature du protocole ayant officialisé l’adhésion du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) au sein de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO), ratifiée le 2 juin 2015 à Paris, ne cesse d’alimenter les conversations dans le landerneau politique en République Démocratique du Congo. A cet effet, Œil d’Afrique s’est entretenu avec Gaspard-Hubert Lonsi Koko, le chef de fil du RDPC, qui vient d’être nommé Premier Vice-Président Général de l’ABACO.

Œil d’Afrique : Pourquoi toute cette agitation autour de l’adhésion du RDPC au sein de l’ABACO ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Il faut reconnaître que l’adhésion du RDPC en tant que courant politique à part entière au sein de l’ABACO, ce parti politique précurseur de l’indépendance du Congo-Léopoldville, n’a laissé indifférent aucun acteur politique. Il n’est donc pas surprenant que, au lieu de l’accompagner, quelques personnes essaient à tout prix d’étouffer dans l’œuf la nouvelle dynamique qui est en train de se mettre en place en vue de l’émergence de l’Etat de droit en République Démocratique du Congo.

Œil d’Afrique : Que reproche-t-on, au juste, à cet accord politique ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Ces individus, qui font partie d’une très infime minorité rétrograde, prétendent à tort que j’ai créé un parti politique que j’ai sciemment baptisé ABACO. Ils estiment donc que je me sers de cette appellation pour capitaliser les acquis de l’Alliance des Bakongo (ABAKO). En réalité, pour des raisons purement idéologiques, je n’ai fait qu’entreprendre des démarches ayant abouti, au grand désespoir des adversaires de la dynamique politique, à l’adhésion du RDPC au sein de l’ABACO, parti politique reconnu comme tel par la loi zaïroise depuis 1991.

Œil d’Afrique : Pourtant l’Alliance des Bakongo a été fondée en 1950…
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Effectivement, mais la minorité mécontente de l’accord politique entre l’ABACO et le RDPC a la mémoire courte. Elle semble ignorer que le coup d’Etat de 1965 a interdit l’existence de tous les partis politiques en République Démocratique du Congo au profit du parti unique qu’était le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR). Mais le 24 avril 1990, une date historique dans la mémoire collective congolaise qui restera gravée dans les annales nationales, représente un repère indélébile de l’Histoire postcoloniale de notre pays. De plus, le discours prononcé ce jour-là par le maréchal Mobutu, en sa qualité de Président de la République du Zaïre, préconisait principalement la mise en place d’un régime nouveau, basé sur la démocratie multipartiste et d’où naîtraient les structures d’un Etat de droit qui chapeauterait globalement notre société.
Le lendemain de ce discours historique, plus précisément le 25 avril 1990, l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) adopta en Assemblée Générale, laquelle s’était tenue à Kinshasa, les Statuts portant sa création. Ceux-ci furent agréés par le ministère zaïrois des Affaires intérieures, le 6 février 1991, par arrêté n° 91/117 modifié et complété par un autre du 17 février 1993 portant le n° 93/45. Plus d’une année plus tard, c’est-à-dire le 14 août 1992, une autre structure, en l’occurrence l’Alliance des Bâtisseurs Kongo (ABAKO), serait reconnue comme parti politique par les autorités compétentes.

Œil d’Afrique : Aux dires de vos propos, il n’y a pas lieu d’avoir peur de la dynamique nouvelle ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Pendant que les éternels pessimistes râlent et traînent les pieds, les optimistes apportent leur contribution à l’évolution des mentalités et à la démocratisation du Congo. Disons que l’ABACO fut, à sa création, une formule moderne de l’ancienne ABAKO (Alliance des Bakongo pour l’Unification, la conservation et l’Expansion de la langue Kikongo). Celle-ci fut fondée en 1950 par feu Edmond Nzeza Landu, dirigée à partir du 21 mars 1954 par feu le premier Président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kasa-Vubu, et remise à jour le 25 avril 1990 par l’équipe de feu Yvon Mabanda Diyungu Salazaku. Cela démontre parfaitement que l’Alliance de Base pour l’Action Commune, au sein de laquelle a adhéré le RDPC, est antérieure à l’Alliance des Bâtisseurs Kongo. Contrairement aux gens de mauvaise foi, qui cherchent seulement à discréditer les actions honorables, nous sommes partisans, le président Sylvère Luizi Balu et moi-même, de la réunification de tout ce qui est épars. Nous sommes donc favorables au rassemblement de toutes les mouvances « abaquistes » en vue d’un véritable ancrage national.
Dans cette optique, le Bureau Exécutif de l’Alliance de Base pour l’Action Commune, réuni en date du 25 juin 2015 à Kinshasa, a pris acte, à la suite du protocole d’accord politique signé le 2 juin de cette année à Paris, de l’adhésion du RDPC en son sein et a décidé de me confier les fonctions de Premier Vice-Président Général. En tant que nouveau cadre de l’ABACO, les polémiques stériles et sans fondement ne m’empêcheront pas de travailler avec désintéressement afin de permettre à mon parti de fonctionner efficacement et de gagner en notoriété. Ne dit-on pas que les chiens aboient, mais la caravane passe ? Une chose est certaine, mon champ d’action politique se situe dans un espace ternaire et sacré. Ainsi, suis-je en parfaite harmonie avec Dieu, les Ancêtres et le Peuple.

Propos recueillis par Roger Musandji


lundi 29 juin 2015

RD Congo : la dynamique de l’Union entre l’ABACO et le RDPC

La signature d’un protocole d’accord politique a été ratifiée le 2 juin 2015 à Paris par l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) et le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) en vue d’une transformation des structures sociales en République Démocratique du Congo et de la libération des citoyens actuellement soumis, dans leur grande majorité, à une précarité qui frise la misère.

Points cruciaux

A travers la signature de ce protocole, l’ABACO et le RDPC ont estimé indispensable de coordonner les efforts en vue d’un État de droit en République Démocratique du Congo, car les Congolais aspirent à être dirigés par des hommes et des femmes d’État consciencieux et capables d’impulser les orientations idoines en vue du progrès social, du développement économique, de l’épanouissement intellectuel et culturel, de l’amélioration des conditions matérielles, ainsi que de la sécurité et de la démocratie.

Très soucieux d’incarner l’école de la démocratie et préfigurer – par leur action, leurs méthodes et leurs ambitions – la société qu’ils souhaitent, les dirigeants de l’ABACO et du RDPC, en l’occurrence MM. Sylvère Luizi Balu et Gaspard-Hubert Banacek Lonsi Koko comptent œuvrer en faveur de la dynamisation des institutions étatiques dont la fragilisation ne permet guère la construction d’une société de justice, de liberté et de paix. Ainsi ont-il pris la résolution d’agir, d’une manière ou d’une autre, pour que la présence de l’État deviennent une réalité sur l’ensemble du territoire national. Cela permettra à la fois la libre circulation des populations et des biens. Dans la même optique, l’ABACO fera des propositions relatives à une armée républicaine et performante, une police et une gendarmerie nationale citoyenne dans la mesure où la sécurité est indispensable à l’amélioration du climat des affaires et à la confiance des investisseurs étrangers ainsi que des Congolais de la diaspora.

Une alternative crédible

L’association entre l’Alliance de Base pour l’Action Commune et le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo consiste surtout en une opposition à toutes les formes de violation de la Constitution, des lois de la République et des droits fondamentaux de la personne humaine et à la conjugaison de leurs efforts pour promouvoir les valeurs humanistes comme orientation centrale contre toute forme de repli identitaire et de radicalisme politique pouvant exposer la Nation congolaise à tous les risques. Les deux parties se sont accordées sur l’exigence d’un changement profond des méthodes de gouvernance, ainsi que le sérieux et la rigueur dans la gestion des affaires publiques.

Charlotte Mondo

samedi 20 juin 2015

Le RDPC rejoint l’ABACO pour les prochaines élections

Un accord politique a été signé à Paris entre l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) et le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC). Cette nouvelle alliance devrait présenter des candidats aux différents scrutins de 2015 de 2016.

Deux mouvements politiques se sont rapprochés le 18 juin à Paris, dans la perspectives des futurs élections en République démocratique du Congo (RDC), qui devraient se tenir dans les 18 prochains mois. Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) de Gaspard-Hubert Lonsi-Koko rejoint l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) de Sylvère Luizi Balu. Le RDPC devient un « courant idéologique » de l’ABACO, une des ailes historiques du mouvement créé lors de l’indépendance du Congo par Joseph Kasa-Vubu. Pour Gaspard-Hubert Lonsi-Koko, la logique de se rapprochement est simple : « rester dans le jeu politique sans rajouter un parti de plus aux 457 déjà existants ».

« Alternative politique crédible »

Gaspard-Hubert Lonsi-Koko compte bien faire entendre sa voix, notamment sur les droits des Congolais de la diaspora, « qui ne sont pas pris en compte », mais aussi « créer une alternative politique crédible au Congo ». Les deux partis souhaitent contribuer au « progrès social, au développement économique, à la sécurité et la démocratie » de la RDC. Dans cette alliance, Ll’ABACO défend une philosophie « plutôt sociale chrétienne et le RDPC plutôt sociale démocrate » souligne Gaspard-Hubert Lonsi-Koko, ancien [...] Lire la suite sur :
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Christophe Rigaud


jeudi 18 juin 2015

Un vibrant appel, de l’ABACO, à l’éveil de la conscience des Congolais et des amis de la RD Congo

Pour comprendre les tenants et les aboutissants de la signature du protocole d’accord entre l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) et le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), Œil d’Afrique a rencontré Gaspard-Hubert Lonsi Koko qui est l’un des acteurs, avec Sylvère Luizi Balu, de ce rapprochement. L’ABACO est un parti politique officiellement reconnu en République Démocratique du Congo par l’arrêté du 06/02/1991 et la lettre d’autorisation n°1581 du 08/09/2004.
Œil d’Afrique : Pourquoi tenez-vous à faire de la politique en République Démocratique du Congo, pays où la démocratie reste incertaine, alors que vous jouissez du confort intellectuel et du luxe matériel en France ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Primo, l’arbre ne s’élève qu’en enfonçant ses racines dans la terre nourricière. On doit savoir d’où on vient quand on ne sait pas forcément où on va. Je suis natif de Kinshasa où j’ai grandi, des parents originaires des territoires de Madimba et de Kasangulu dans le district de la Lukaya dans le Bas-Congo, plus précisément dans les secteurs de Luila et de Ngufu. Il est tout à fait logique que, au-delà des aspects matériel et intellectuel, je puisse un jour apporter ma modeste contribution à la construction du pays de mes aïeux. Ne dit-on pas que l’eau va toujours à la rivière ? En tout cas, en tant que membre de la diaspora congolaise, je n’ai pas que des droits. J’ai aussi des devoirs envers mon pays.
Secundo, le réformiste que je suis veut seulement participer à la dynamisation économique et à la glorification politique de la République Démocratique du Congo, à travers des initiatives en mesure de donner de l’espoir aux populations très longtemps humiliées, bâillonnées et laissées pour compte. Sachant que seule une approche de transformation aboutira à une réelle alternative, je soutiens toute démarche en faveur de la réinvention de la manière de penser la politique et de la pratiquer. Cela nécessite l’émergence d’une structure authentiquement populaire, volontaire, agissante, constructive et en harmonie avec la société congolaise. Comme un bon nombre de mes compatriotes, je n’aspire qu’à la métamorphose de la terre de mes ancêtres, qui plus est notre patrimoine national.
Œil d’Afrique : Comment comptez-vous parvenir à vos fins, aussi louables soient-elles ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Pour atteindre un tel objectif, on ne doit surtout pas se tromper d’enjeu. Raison pour laquelle notre démarche privilégie les vraies actions politiques et non les insultes, les idées au détriment des menaces physiques, les propositions cohérentes et non les attaques personnelles, le débat démocratique aux dépens du prosélytisme doctrinaire, la liberté d’expression au détriment de l’arrestation arbitraire et de la censure… La finalité, c’est de parvenir au pouvoir grâce aux propositions à la fois innovantes, crédibles et humanistes. La gestion de la chose publique, telle est notre profonde conviction, mérite d’être confiée à des hommes et des femmes d’Etat en vue du bien-être des populations.
Œil d’Afrique : De quelles assises disposez-vous pour que votre rêve devienne réalité ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : En République Démocratique du Congo, on ne peut pas conquérir le pouvoir en s’appuyant sur des structures moribondes, ni en privilégiant le seul aspect ethnique. Ainsi est-il du devoir des Congolaises et des Congolais consciencieux de faire émerger un parti politique crédible, donc responsable, en mesure de porter un projet de société novateur et cohérent en vue d’une sérieuse alternative. Tel est le gage d’un soutien sans faille, aussi bien interne qu’externe, en faveur d’une démarche relative à la dynamisation de l’économie nationale et à l’émergence d’un Etat de droit, d’une action salutaire pour les populations locales, d’une impulsion bénéfique pour les partenaires habituels de la République Démocratique du Congo, d’une diplomatie nécessaire à la pacification de l’Afrique centrale et de la région des Grands lacs. C’est dans cette optique que la structure politique dénommée Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo, RDPC en sigle, a fait le choix d’intégrer, en tant que courant politique à part entière, l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO).
Œil d’Afrique : C’est surprenant comme démarche… Ne trouvez-vous pas ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : C’est-à-dire ?
Œil d’Afrique : La plupart des acteurs politiques congolais préfèrent créer leurs propres structures pour en être des présidents à vie. Pourquoi avez-vous fait le choix inverse, en n’enregistrant pas officiellement le RDPC comme parti politique ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : La démarche n’est pas surprenante. Elle est plutôt inhabituelle. En République Démocratique du Congo, il existe au moins 457 partis politiques reconnus comme tels par le ministère de l’Intérieur. Pourquoi devions-nous inscrire une autre structure dès lors que nous avions la possibilité de dynamiser un parti déjà existant, avec lequel nous partageons, sur le fond, les mêmes valeurs ? Notre initiative n’est pas du tout basée sur le culte de la personnalité. Il ne s’agit pas du tout d’une démarche politicienne mais parlementaire. Le président Sylvère Luizi Balu et moi-même étant convaincus des aspects positifs de l’union, nous avons vivement œuvré en vue du rapprochement entre l’ABACO et le courant politique dénommé RDPC. Le socialiste-démocrate, que je suis, et le social-chrétien, qu’est le président Luizi Balu, nous sommes conscients que le dynamisme et l’innovation permettront une alternance politique au service d’une cause juste. L’union de l’ABACO et du RDPC est, entre autres, le fruit de ce pertinent constat. Dieu, les Ancêtres et le Peuple. Ces trois piliers qui constituent la devise de l’Abaco offrent un cadre idéal aux aspirations du RDPC relatives à la Liberté, à l’Egalité, au Progrès et à la Paix.
Œil d’Afrique : Est-ce pour l’une de ces raisons que les gens voient en vous le Mitterrand congolais ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Pourriez-vous préciser votre question ?
Œil d’Afrique : Vous connaissez le socialisme français mieux que moi, pour en avoir écrit quelques pages et connu pratiquement un pan de son histoire, et vous savez très bien que je fais allusion à l’adhésion de François Mitterrand au Parti Socialiste lors du Congrès d’Epinay en 1971.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Votre question n’est pas anodine. Elle relaie les sous-entendus qu’ébruitent quelques-uns de mes détracteurs les plus hostiles à la sécurisation de notre pays et à la pacification de la région des Grands Lacs. Au-delà de la polémique politicienne, ces derniers savent très bien que je suis un homme des principes et des convictions. Je n’ai jamais conçu la politique comme une profession, ni comme une affaire commerciale, ni familiale d’ailleurs, voire une trahison à la patrie. Le fait qu’il y ait toujours en politique des rivaux, des concurrents et des faux amis, des traitres, importe peu. L’important, c’est de connaître son principal objectif. En ce qui me concerne, je l’ai déjà identifié. C’est le bonheur du peuple congolais.
Votre allusion au président Mitterrand, au-delà du fait qu’elle soit flatteuse pour le modeste acteur politique congolais que je suis, me permet de préciser par ricochet ma pensée sur l’intégrité du territoire national. Comme François Mitterrand, qui préconisait avant les indépendances le maintien de l’Algérie dans la Communauté française, je refuse catégoriquement l’appartenance de la région du Kivu à un autre pays, soit-il existant ou non, ni d’ailleurs à une autre puissance, soit-elle régionale ou extracontinentale. Le Kivu, c’est la République Démocratique du Congo. Quiconque aura des velléités de balkaniser notre pays sera obligé d’exterminer tous les Congolais.
Œil d’Afrique : Ce qualificatif, c’est-à-dire « le Mitterrand congolais », n’a-t-il pas un lien avec une quelconque ambiguïté qui caractérise votre parcours politique ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Il n’y a rien de machiavélique dans le fait d’intégrer un parti politique existant, avec lequel on partage quelques valeurs humanistes, au lieu de rallonger grotesquement l’interminable liste de structures déjà enregistrées par l’autorité administrative. Je ne fais pas du tout de la politique pour être aimé, ou adoré. Tous ceux qui parlent de « paradoxe lonsien », ou d’« ambiguïté banacequienne », doivent plutôt déceler une dose de pragmatisme, de lucidité et d’intelligence dans une telle initiative qui plus est socialiste. En effet, il n’est pas question d’un talent rhétorique mais d’un réformisme en vue de la liquidation du statu quo, très préjudiciable à la cohésion nationale. Mon engagement militant n’est pas un objectif en soi, mais une démarche en vue d’un changement sociétal. Un pays en proie aux ingérences extérieures, et où la démocratie est encore très fragile, ne peut que se réjouir de compter, parmi ces enfants, des manœuvriers habiles, ou des fins stratèges, ou des patriotes-résistants, ou qui sais-je d’autre… L’éléphant ne supporte-t-il pas le poids de ses défenses ?
Œil d’Afrique : Au-delà des valeurs que vous avez évoquées toute à l’heure, pourquoi avoir seulement fait le choix de l’ABACO, dont la dénomination renvoie au premier président de la République, Joseph Kasa Vubu, à Nzeza Nlandu, Thomas Kanza ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Je vous vois venir. Ce n’est pas parce que je suis Kinois aux ascendants Bakongo que notre choix s’est focalisé sur l’ABACO, que certains veulent à tort confiner dans la seule région du Bas-Congo. Le RDPC a eu des tractations avec quelques partis politiques, parmi lesquels figuraient le CIDES de M. Ngalamulume et Le Démocrate présidé par M. Monga Mande Tiefolo, qui n’ont pas du tout abouties. Il n’y a rien d’ethniciste, ni de tribaliste, dans notre démarche. D’ailleurs, des Congolais originaires d’autres régions – comme le Bandundu, le Kasaï… – sont les signataires de ce protocole. J’ai affirmé, au cours cet échange, qu’il est inadmissible de conquérir le pouvoir et de consolider la cohésion nationale sur des aspirations ethniques. Comment peut-on douter du patriotisme de quelqu’un qui proclame, haut et fort, en plus la main sur le cœur, le maintien du Kivu dans la République Démocratique du Congo et se bat, a fortiori, pour l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation ? Le tribalisme, c’est la division. L’ethnicisme, c’est la balkanisation. L’ABACO est, n’en déplaise aux champions de la critique stérile, un parti politique à dimension nationale. Notre parti tient à fédérer les Congolais autour de ses idéaux, de la même façon qu’il souhaite le désenclavement du territoire national pour faciliter la circulation des biens et des personnes.
Œil d’Afrique : Doit-on comprendre que l’ABACO représente, pour l’habile manœuvrier politique que vous êtes, de surcroît mitterrandien, une sorte de point d’appui pour la prochaine joute présidentielle ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Vous insistez beaucoup sur ma conception mitterrandienne de la conquête, la prise et la conservation du pouvoir. Les choses les plus importantes résident dans le parcours d’un homme, lequel est fonction du visible et de l’invisible, du temporel et du spirituel. Plus explicitement, les observateurs de la vie politique congolaise et les connaisseurs des pesanteurs mystiques savent pertinemment que je suis, sur le plan politique, l’un des fils spirituels d’Yvon Mabanda Diyungu Salazaku et que j’appartiens à un espace qui compte en son sein des personnalités comme Simon Kimbangu, Kimpa Vita… Certes, l’arbre ne s’élève qu’en enfonçant ses racines dans la terre nourricière. Mais il n’y a pas que Kasa Vubu dans l’Histoire de notre pays. Il y a Lumumba, Bolikango, Kalonji, Tshombe, Kamitatu et tous ceux qui avaient formé le « front commun ». Laissons le temps au temps, et les forces de l’esprit aux mystiques.
Cette précision mise à part, revenons à votre question relative à la magistrature suprême. Chaque chose en son temps. Si la présidence de la République est un point d’arrivée pour certains, elle représente pour moi un levier indispensable au changement du cours des choses et donc de la vie de mes compatriotes. Voilà pourquoi, en ce qui me concerne, le projet de société importe plus que la folle envie d’accéder à tout prix à la magistrature suprême. Les personnes de mauvaise foi préfèrent considérer comme mitterrandiennes, c’est-à-dire florentines et donc machiavéliques, mes démarches vertueuses et louables. Mais au fond d’elles-mêmes, elles ne cessent de se dire que Machiavel s’appelait peut-être aussi Sénèque. Et pourquoi pas Simon Kimbangu ?
Le premier objectif de l’ABACO, dans sa nouvelle configuration, consiste à incarner l’espoir des Congolaises et des Congolais par le truchement d’un projet de société cohérent et en mesure de leur rendre la dignité longtemps spoliée. De toute évidence, l’avenir de nos compatriotes et le devenir de notre pays passeront forcément par le dynamisme et la crédibilité de la classe politique, toutes tendances confondues. C’est ce qu’ont compris les dirigeants de l’ABACO et du RDPC. Nous comptons matérialiser la stratégie globale de rupture avec la pratique politique en cours. Cette rupture doit tenir compte de la prise de conscience de ceux qui, dans la majorité comme dans l’opposition, acceptent enfin le fait que le développement de l’individu puisse se faire au détriment de l’égoïsme. Dorénavant, tout est possible avec l’ABACO nouvelle version. Il faut y croire et parvenir à un minimum d’osmose républicaine qui consolidera le patriotisme.
Œil d’Afrique : Un dernier mot à l’attention des Congolaises et des Congolais ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Pour ce qui est de l’alliance entre l’ABACO et le RDPC, la noblesse de la tâche qui attend les démocrates et réformistes que nous sommes incite le président Sylvère Luizi Balu et moi-même à en appeler, avec force et vigueur, à l’éveil des consciences. C’est parce que cette tâche est politiquement louable que nous demandons à la majorité silencieuse, très soucieuse de rompre avec les humiliations de toute sorte, à nous rejoindre sans tarder. C’est parce que le meilleur pari est fait sur l’intelligence humaine que nous sollicitons le concours des hommes et des femmes de bonne volonté, des Congolais et de leurs amis à travers le monde, en vue d’un Congo économiquement viable et démocratiquement solide.
L’avenir, qui reste le maître des destinées humaines, décidera le moment venu. Il est une certitude, la vraie alternative politique se prépare. Le temps construira et déconstruira, il récompensera les innovateurs et reconnaîtra les bâtisseurs. Rien n’étant définitif en politique, et qui vivra verra, l’alliance entre l’ABACO et le RDPC permettra le changement en République Démocratique du Congo. Ainsi serons-nous prêts au moment du retournement, ou alors du basculement. Nous assumerons nos responsabilités quand un grand vent, lequel sera provoqué par une conjoncture à la fois spirituelle et populaire, se lèvera et balaiera tout le reste en vue du rétablissement de l’ordre ancestral dans la « Grande Maison ».
Propos recueillis par Roger Musandji