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mardi 15 janvier 2019

Communiqué de presse n° 20180114/002 sur un sursaut républicain et patriotique en RDC


Actualisant le communiqué de presse n° 20180114/001 sur l’inquiétante sur situation en cours en République Démocratique du Congo, la Direction extérieure de l’Alliance de Base pour l’Action Commun (ABACO) prend acte de la proposition du président en exercice de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) exhortant les autorités congolaises à « apporter plus d’éclairages sur tous les éléments de doute pouvant jeter le discrédit sur le processus électoral » et de sa suggestion « aux structures compétentes d’envisager le décompte des voix ». Très désireuse de lever les nombreux doutes et les zones d’ombre ayant émaillé ledit scrutin, la Direction extérieure de l’ABACO appuie également la demande de l’Union européenne relative à « la publication des procès-verbaux de chaque centre de compilation des résultats ». 
  
Pour la Direction extérieure de l’ABACO, l’impuissance des forces onusiennes face aux déstabilisateurs du territoire congolais et l’inexistence de l’État caractérisant les années de la présidence de Joseph Kabila constituent les causes premières de la mascarade du scrutin du 30 décembre 2018. 
  
Les élections crédibles et transparentes en République Démocratique du Congo ne pouvant être organisées que par un gouvernement « d’union nationale » ou « de Salut public » à la suite d’une transition politique d’au plus trois ans sans Joseph Kabila, la Direction extérieure de l’ABACO soutient la proposition de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qui incite les dirigeants congolais à « considérer [sérieusement] un accord politique négocié en vue d’un gouvernement inclusif ». 
  
La Direction extérieure de l’ABACO appelle instamment à un véritable sursaut patriotique et républicain en vue de la stabilité politique de la République Démocratique du Congo, ainsi que de la paix en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs africains. 
  
Fait à Paris, le 15 janvier 2019 
  
Pour la Direction extérieure de l’Abaco, 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko 
Premier Vice-Président de l’Alliance de Base pour l'Action Commune 
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Contact : abacofrancerdc@gmail.com

mardi 7 juin 2016

Le refus de l’ABACO Europe à la participation des pays de la CIRGL à la facilitation du dialogue inclusif en RDC

La Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action commune (ABACO) se réjouit de la position de la communauté internationale – contenue dans un nouveau communiqué conjoint de l’Union africaine, des Nations unies, de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la Francophonie – relatif à appel au dialogue inclusif en République Démocratique du Congo.

La Direction Europe de l’ABACO avait d’ailleurs préconisé le 18 avril dernier, dans un texte intitulé Les propositions de l’ABACO pour la facilitation d’Edem Kodjo en RDC, « la neutralité et la dépolitisation du comité préparatoire que compte mettre en place M. Edem Kodjo, lequel ne devrait être composé que d’experts des commissions africaines et onusiennes en matière de gestion et de résolution des conflits – l’objet étant d’aboutir, lors des assises du dialogue proprement dit, à une représentativité équitable des forces vives de la nation congolaise ». « C’est la condition sine qua non d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, d’un élan patriotique collectif et de la défense de la nation très affaiblie », avait précisé la Direction Europe de l’ABACO.

Néanmoins, si la Direction Europe de l’ABACO ne trouve aucun inconvénient à ce que M. Edem Kodjo soit assisté par un groupe de soutien composé de membres de l’UE, l’UA, l’ONU et l’OIF, mais auxquels s’ajouteront des représentants des organisations sous-régionales, la SADC, elle conteste la participation des pays de la CIRGL – le Rwanda et l’Ouganda, de par leur mauvaise volonté, refusant systématiquement de se conformer aux résolutions de l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba.

Fait à Paris, le 7 juin 2016

Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO),
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

dimanche 24 février 2013

Un accord de paix pour la RD Congo

Les dirigeants des pays de l’Afrique des Grands Lacs, d’Afrique centrale et de la SADC[1] ont signé un accord de paix ce dimanche à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne – sous l’égide des Nations Unies – visant à mettre fin à deux décennies de conflit dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Après avoir été reportée en janvier dernier pour clarifier la question du commandement de la nouvelle force régionale devant être déployée dans la région du Kivu pour lutter contre les groupes armés composés de génocidaires enclins aux violences sexuelles et pillages, la signature dudit accord s’est déroulée en présence des dirigeants du Mozambique, du Rwanda, de la Tanzanie, de l’Afrique du Sud, de la République Démocratique du Congo, de la République du Congo, du Soudan du Sud et du Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon. Ainsi ont-ils approuvé la nature et le commandement de la force internationale neutre[2], qui sera déployée à la frontière entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, et obligé de facto les pays de la région des Grands Lacs à respecter la souveraineté de leurs voisins.

Des avis très partagés

En République Démocratique du Congo, les avis sont nettement partagés entre les différents acteurs politiques et membres de la société civile sur la signature de cet accord de paix. Pour les uns, ce texte reste l’une de solutions aux problèmes de sécurité que connaît la région du Kivu. Pour d’autres, il est question de la mise en cause de la souveraineté nationale pourtant garantie par le droit international. Quelques observateurs s’interrogent plutôt sur la mise en œuvre du texte signé Addis-Abeba, en se demandant si ce processus de paix aidera la région à sortir de la crise ou restera une énième résolution sans conséquence concrète sur le terrain.

L’absence des présidents ougandais et angolais

En principe, les Chefs d’État de tous les pays frontaliers de la République Démocratique auraient dû parapher l’accord d’Addis-Abeba. L’absence des présidents de l’Ouganda, l’un des pays agresseurs, et de l’Angola, l’une des puissances militaires régionales, ne peut que confirmer l’inquiétude de ceux qui s’interrogent sur l’impact réel de cet accord.
L’Ouganda, déçu par le fiasco des pourparlers de Kampala, s’est volontairement inscrit aux abonnés absents. Ayant soutenu les revendications du M23, il ne pouvait en aucun cas cautionner un texte qui hypothèque les visées « balkanistes » de ses poulains. Quant à l’Angola, pays qui tient à s’imposer comme puissance incontournable en Afrique centrale, la stabilité de la République Démocratique du Congo finira par confirmer la position géostratégique de Kinshasa. Ainsi le gouvernement congolais, une fois son pays pacifié, voudra régler le contentieux pétrolier qui l’oppose au gouvernement angolais.

Le Rwanda contraint de signer

Le Rwanda, reconnut par toutes les institutions internationales comme étant le principal agresseur de la République Démocratique du Congo, ne pouvait pas se permettre de boycotter cette cérémonie. En ayant signé ledit accord, ce pays espère montrer à la face du monde du monde sa volonté de contribuer à la paix dans la région du Kivu. De plus, Paul Kagame, s’il se réjouit de l’échec[3] des pourparlers de Kampala, ne peut pas s’opposer à la volonté de ses commanditaires occidentaux. Au-delà de la criante des sanctions, il espère en réalité rester en bons termes avec Kinshasa qui, nul ne l’ignore, détient le destin socio-économique du Rwanda.

La mayonnaise congolaise

La réussite de l’accord de paix signé le dimanche 24 février à Addis-Abeba dépend surtout de la vision que le peuple congolais a de son pays. Son unité est le facteur déterminant, pour ce qui est de la stabilité territoriale de la République Démocratique du Congo. D’aucuns osent espérer que le dialogue inclusif permettra aux Congolaises et aux Congolais de dépasser leurs divergences, de sceller un pacte tacite en faveur de la cohésion nationale face à toute agression extérieure et à toute tentative interne de déstabilisation – l’objectif consistant à mettre en place des institutions étatiques efficaces et viables. La mayonnaise congolaise devra donc représenter le ciment du patriotisme congolais, garant de l’unité nationale et d’une paix interne durable. On ose espérer que le génie congolais parviendra, enfin, à faire échouer à jamais l’appétit vorace et les velléités expansionnistes de ceux qui ne rêvent qu’à se servir sur les décombres de ce beau, riche et majestueux pays.

 Gaspard-Hubert Lonsi Koko


[1] Communauté de développement d’Afrique australe.
[2] La force internationale neutre, qui sera composée de quatre mille soldats, est appelée à démanteler les groupes armés opérant dans l’Est de la République Démocratique du Congo, notamment les rébellions des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et du M23. Son déploiement sur la frontière congolo-rwandaise avait été proposé lors du sommet interministériel des États de la Conférence internationale sur la région des grands lacs (CIRGL) en mi-juillet 2012 à Addis-Abeba.
[3] En effet, si Yoweri Museveni avait réussi à arracher un accord entre le M23 et le gouvernement congolais à Kampala, il aurait confirmé son leadership dans la région des Grands Lacs au détriment du président rwandais.

lundi 28 janvier 2013

RD Congo, le cynisme des prédateurs

Selon Eri Kaneko, une porte-parole du secrétaire général des Nations unies, la signature d’un accord-cadre régional sur la paix[1] dans l’Est de la République Démocratique du Congo a été repoussée sine die. Pourtant, quelques heures plutôt, Ban Ki-moon avait espéré que « les dirigeants régionaux [adhéreraient] à l’accord-cadre pour la paix et la sécurité, qui a pour objet de remédier aux causes profondes des violences récurrentes », raison pour laquelle « l’Organisation des Nations unies, l’Union africaine et d’autres parties intéressées [travaillaient] en concertation en République Démocratique du Congo ».

Deux visions diamétralement opposées

« C’est un sujet très complexe et des discussions se poursuivent », a rassuré la porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies. Ce report est dû en réalité au désaccord entre deux conceptions différentes, s’agissant des opérations armées à mener à l’Est de la République Démocratique du Congo. D’une part, le pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et ceux de la Communauté de développement de l’Afrique australe  (SADC) préconisent le remplacement de la Monusco par une force interafricaine. Quant aux Nations Unies, elles veulent faire de la force internationale neutre, que comptent mettre en place les pays de la CIRGL et de la SADC, une brigade spéciale au sein de la Monusco dans le cadre d’une force d’intervention rapide. Il est donc urgent de clarifier cette divergence que d’aucuns n’osent soulever. De plus, les objectifs et les motivations de différents acteurs ne sont pas les mêmes.

Des initiatives communes et concertées

La complexité de la situation en cours dans la région du Kivu nécessite de prendre en compte plusieurs paramètres : la requalification du mandat de la Monusco, ainsi que l’implication de la Communauté internationale en concertation avec non seulement les forces onusiennes et les institutions congolaises, mais aussi avec les pays limitrophes qui soutiennent le M23. Seul l’effort commun et concerté de tous acteurs – locaux, nationaux, régionaux, continentaux et internationaux – permettra de stabiliser l’Est de la République Démocratique du Congo et de pacifier la région des Grands Lacs africains.
Personne n’est dupe. En dépit des concertations auxquelles s’adonnent les soi-disant pompiers qui se penchent sur le drame du Kivu, leur véritable rôle de pyromane, au travers d’une connivence bien entretenue, est un secret de polichinelle. Faisons en sorte que, face au drame qui se joue dans le Kivu, la logique humaniste l’emporte sur le cynisme des prédateurs sans foi ni loi.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :

- RDC : le masque tombe à Kampala
- RDC : faut-il remplacer la Monusco par une force neutre internationale ?

[1] Cela devait être ratifié ce lundi à Addis-Abeba en marge du 20ème sommet de l’Union africaine au sommet de l’Union africaine, par les chefs d’État de la région des Grands Lacs, sous l’égide de Ban Ki-moon.

dimanche 27 janvier 2013

RDC : Exit la Monusco ?

La création d'une force internationale neutre signifiera-t-elle la fin de la mission des casques bleus dans l'Est de la République démocratique du Congo ? Les pays de la région, réunis au sein de la SADC et de la CIRGL, viennent de demander le remplacement de la Monusco par une force africaine. Une proposition qui pourrait sonner le glas des casques bleus en RDC.

Coup dur pour la Monusco. Critiquée pour son inefficacité, la mission de l'ONU au Congo est depuis quelques semaines la cible des pays africains de la région. Les ministres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), proposent à l'Union africaine (UA), de remplacer la Monusco par des troupes africaines. La raison avancée :  l'échec de la mission de l'ONU dans l'Est de la RDC, en proie à des conflits chroniques et son incapacité  à protéger les populations civile.

La Monusco sur la sellette

La charge anti-Monusco est signée par le général Aronda Nyakairima, le ministre ougandais de la Défense. "Nous recommandons que l'Afrique prenne le relais de la Monusco", a précisé le général à  une agence de presse chinoise. Selon lui, "les forces africaines peuvent mieux faire que les forces internationales qui viennent de l'extérieur et qui ne ne savent pas ce qu'elles font". Une critique qui tombe après que certains membres de l'ONU se déclarent "contre l'idée de déployer une force internationale neutre pour combattre les forces négatives" en République démocratique du Congo. Ces membres proposaient une "simple" intégration de la force neutre à la Monusco. Proposition inacceptable pour le général ougandais Nyakairima [lire la suite].

Christophe Rigaud

© Afrikarabia

vendredi 25 janvier 2013

RDC : le masque tombe à Kampala

Selon Fred Opolot, porte-parole de la présidence ougandaise, « au dernier sommet des chefs d’États de la Conférence des Grands Lacs, il a été établi devant le président Kabila que les questions soulevées par le M23 [devaient] être écoutées ». Une façon sibylline de faire comprendre à la délégation de Kinshasa que Yoweri Kaguta Museveni approuve l’idée d’aborder à Kampala, peu importent la forme et le temps que prendront les pourparlers, tous les problèmes de la République Démocratique.

Le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, le Bismarck des Grands Lacs.

La force internationale neutre, future brigade de la Monusco

Dans une interview accordée à la presse chinoise, le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, rappelle que lors de la réunion qui s’est tenue en décembre 2012 à Addis-Abeba, les Nations Unies, l’Union africaine, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe  (SADC) avaient convenu, en présence de l’ensemble des partenaires bilatéraux et multilatéraux, de faire de la force internationale neutre une brigade spéciale au sein de la Monusco. Ce choix a été privilégié dans l’optique de faciliter l’opérationnalisation de la force. On doit donc revoir à cet effet, en termes de renforcement, le mandat de la mission onusienne.
Tous les participants à la rencontre, qui a eu lieu au siège de l’Union africaine, ont la ferme conviction que l’on doit plus rapidement traduire la force dans les faits. S’ils ont opté pour cette formule, pourquoi les ministres de la Défense des pays de l’Afrique australe et des Grands Lacs ont-ils recommandé, à Kampala, le remplacement de la Monusco par la force internationale neutre ? Entre-temps, le Conseil de sécurité des Nations Unies a donné son feu vert à l’utilisation de drones de surveillance dans la région du Kivu par la force de maintien de la paix.

Une attitude très bismarckienne

Curieusement, le changement d’attitude du président Yoweri Kaguta Museveni intervient au moment où les divergences s’amplifient au sein du M23. Selon le porte-parole militaire de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (Monusco), le commandant Ibrahim Diene, le renforcement des positions du M23 dans les zones occupées du Nord de Goma n’a pu empêcher la défection de nombreux rebelles qui continuent à se rendre aux différents postes opérationnels de la force de la paix qui aurait notamment signé leur reddition. Le président ougandais, en abondant dans le sens des agresseurs du M23, désavoue de facto ses homologues rwandais et congolais. Compte-t-il en réalité court-circuiter le dialogue intercongolais, tant souhaité par le président congolais, en vue de la cohésion nationale ? Le soi-disant Bismarck des Grands Lacs, profitant de la mauvaise posture dans laquelle se trouve Paul Kagamé, veut-il enfin confirmer son hégémonie sur l’ensemble des pays de la région ?

Délocaliser la rencontre de Kampala

En désapprouvant le facilitateur Chrispus Kayonga, le président ougandais vient de confirmer sa partialité. Il montre publiquement qu’il est à la fois juge et partie. Quelle doit être la réaction de Kinshasa, maintenant que Yoweri Kaguta Museveni a montré son vrai visage ? Par l’attitude de son président, mine de rien, l’Ouganda offre à la délégation conduite par Raymond Tshibanda l’occasion de claquer la porte et de solliciter un autre médiateur, tel que Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzavile, en vue de la poursuite des pourparlers. Leur externalisation est plus que jamais de mise. La balle est maintenant dans le camp de Joseph Kabila. Il doit façonner l’argile pendant qu’elle est humide.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

À lire aussi :

- RDC : faut-il remplacer la Monusco par une force internationale neutre ?
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jeudi 24 janvier 2013

RDC : faut-il remplacer la Monusco par une force internationale neutre ?

Le général Aronda Nyakairima, ministre ougandais de la Défense, a fait savoir à Kampala le 23 janvier 2011 que les ministres de la Défense des pays de l’Afrique australe et des Grands Lacs ont recommandé le remplacement de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (Monusco) par une force africaine dans la région du Kivu. 
En effet, les ministres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ont avancé cette proposition à l’Union africaine (UA) à l’issue de la réunion qui s’est tenue le week-end dernier, en raison de l’échec de la Monusco dans ses efforts de protéger les Congolais. Ainsi le ministre ougandais de la Défense a-t-il déploré que certains membres des Nations unies se déclarent contre l’idée de déployer une force internationale neutre pour combattre les forces négatives dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo, tout en proposant que celle-ci soit intégrée dans l’effectif de la Monusco.

Comme par hasard…

Comme par hasard, la prise de position des ministres de la Défense des pays de l’Afrique australe et des Grands Lacs intervient après que le diplomate Hervé Ladsous, le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, s’est prononcé le 8 janvier dernier, lors d’une séance du Conseil de sécurité, en faveur de l’utilisation des drones pour surveiller l’Est de la République Démocratique du Congo. Ces avions sans pilote permettraient de détecter tous les mouvements d’armes et de troupes. Ils surveilleront aussi la région du Kivu, en proie à une guerre orchestrée par les rebelles du M23 soutenus militairement et financièrement par Kigali.
« Il n’est pas avisé d’utiliser un équipement sur lequel nous n’avons pas suffisamment d’informations », a d’abord assuré, Olivier Nduhungirehe, le numéro deux de la délégation rwandaise aux Nations Unies. « L’Afrique ne deviendra pas un laboratoire de surveillance étranger », a-t-il conclu. D’aucuns n’ignorent que le président rwandais, Paul Kagamé, était hostile au déploiement de ces drones avant de changer d’avis le 22 janvier en déclarant, lors d’une conférence de presse, que l’utilisation de drones ne lui posait aucun problème, surtout si les Nations Unies pensaient que cela pourrait aider. « Je n’ai pas le pouvoir d’empêcher que cela soit fait », a reconnu le président rwandais, tout en demandant qu’on lui explique « comment ces drones [contribueraient] au maintien de la paix ».

Éviter une « zone franche » dans le Kivu

Quant au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, il milite pour le renforcement de la Monusco. Cela gêne les pays qui déstabilisent la région du Kivu, par le M23 interposé, dans la mesure où la requalification de son mandat permettra à la mission onusienne de se transformer en force réelle d’imposition de la paix. Cela lui permettra donc de trouver une solution durable à la dramatique situation qui prévaut dans la partie orientale du pays. Ainsi redorera-t-elle le blason de la Communauté internationale en sécurisant enfin, aux côtés des Forces armées congolaises (FARDC), les populations civiles et en empêchant les incursions à partir des frontières rwandaise et ougandaise. La présence d’une force internationale neutre ne résoudra en rien les problèmes en cours dans la région du Kivu. Seule une force « d’assistance, et non d’interposition, permettra à la RD Congo, qui est un pays souverain, d’asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire national.
Il ne faudra surtout pas tomber dans le piège qui consiste à installer, à travers cette force internationale neutre, une « zone franche », laquelle préfigurera à court terme la mise en place d’un futur État autonome. Ayons à l’esprit que le Rwanda et l’Ouganda veulent recourir à un autre processus, très subtil cette fois-ci, pour parvenir à la balkanisation de la République Démocratique du Congo.

Assistance aux FARDC

Les forces qui seront mandatées par la SADC et par l’Afrique centrale également, ne doivent pas du tout être neutres. Au contraire, la République Démocratique du Congo étant un État souverain, elles doivent intervenir militairement aux côtés de FARDC, sous la direction de la Monusco. Les forces onusiennes devront poursuivre leur rôle en constatant la cessation des activités du CNDP, du M23, des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et d’autres forces négatives instrumentalisées par les régimes de Kigali et de Kampala. Elles devront aussi permettre l’évacuation des éléments des FDLR soit vers le Rwanda en vue du dialogue inter-rwandais, soit vers d’autres pays non limitrophes du Rwanda et de la RD Congo.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

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jeudi 23 août 2012

A propos du déploiement d'une force neutre en RD Congo

Gaspard-Hubert Lonsi Koko: "Derrière cette idée se cache, en réalité, la mise en place d'une zone franche et de création d'un Etat autonome."


1. Que vous inspire l’accord sur le déploiement de la Force internationale neutre à l’intérieur des frontières congolaises décidé à Goma par le sous-comité des ministres de la Défense de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) ?
Il faut être naïf pour espérer négocier, alors que l’on se trouve entre les crocs du crocodile. Tous les pays la région des grands lacs n’ont qu’un seul objectif, c’est de fragiliser davantage la RD Congo pour mieux piller ses richesses et la saucissonner à leur convenance. Derrière l’idée d’une force neutre se cache, en réalité, la mise en place dans un premier temps d’une « zone franche » dans la région du Kivu et, dans un second temps, la création d’un État autonome. Ainsi le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, qui servent les intérêts extracontinentaux, seront au final les dindons de la farce. La RD Congo est en droit de demander, en tant que pays souverain, l’aide de ses partenaires. Je préconise donc la mise en place d’une « force d’assistance », et non d’interposition, pour permettre à l’État congolais d’asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire national.

2. D’après maints observateurs, le déploiement de cette force est un refus voilé de condamner clairement les principaux sponsors de l’agression contre la RD Congo, en l’occurrence Kigali et Kampala. Partagez-vous cet avis ?
Toutes les dénonciations contre l’agression de la RD Congo n’ont jamais été suivies d’une condamnation ferme contre leurs auteurs et leurs instigateurs. On se contente d’annoncer des hypothétiques suspensions d’aide et, en coulisse, on continue à s’appuyer sur Paul Kagamé et Yoweri Museveni pour déstabiliser la région du Kivu. Cela permet aux rebelles de conforter leurs positions, afin de pouvoir justifier leur enracinement sur le plan local. La sincérité doit consister à soutenir l’État souverain. J’exhorte donc les parlementaires nationaux à prendre des résolutions pour obliger le gouvernement à faire appel aux forces armées de la SADC et des autres pays d’Afrique centrale afin d’assister les FARDC, selon les modalités acceptées par le parlement, dans leurs actions relatives à la stabilisation de la partie orientale. Je leur demande d’exiger que le gouvernement intervienne auprès du conseil de sécurité des Nations Unies pour que la Monusco mette à la disposition de cette « force d’assistance » le matériel approprié.

3. N’y a-t-il pas un risque de voir cette force neutre de l’Union africaine faire obstruction au travail de la Monusco sur le terrain et empêcher celle-ci de faire le monitoring des nuisances rwandaises à la paix et à la stabilité de la RD Congo ?
L’Union africaine n’a pas les moyens de faire face à la guerre en RD Congo. Ses recommandations dans le règlement du conflit en cours au Nord du Mali devront l’inciter à mandater les pays de la SADC et de l’Afrique centrale à intervenir militairement aux côtés de FARDC dans la région du Kivu. En complémentarité de la « force d’assistance », la Monusco devra poursuivre son rôle en constatant la cessation des activités du CNDP, du M23, des FDLR et d’autre forces négatives instrumentalisées par le régime de Kigali. Elle devra aussi permettre l’évacuation des éléments des FDLR soit vers le Rwanda en vue du dialogue inter-rwandais, soit vers d’autres pays non limitrophes du Rwanda et de la RD Congo.

4. Ne pensez-vous pas que la mise en place de cette force neutre soit la matérialisation du projet de balkanisation de la RD Congo ?
Ceux qui dénonçaient à juste titre la présence des troupes rwandaises dans l’Est de la RD Congo sans l’aval du parlement se sont bizarrement inscrits, constate-t-on, aux abonnés absents au moment où des institutions régionales et internationales reconnaissent le rôle négatif de quelques pays limitrophes. Il est aussi étonnant que les parlementaires congolais se distinguent par l’inertie, alors qu’ils doivent intervenir avant toute décision relative à la présence d’une force étrangère dans le territoire national. Faut-il attribuer cette attitude à une incompétence de la classe politique congolaise, ou alors à sa complicité manifeste contre l’unité nationale ? Dans pareille circonstance, les Congolaises et les Congolais doivent se responsabiliser en commençant par faire preuve de patriotisme.

5. Dans quelques semaines, les chefs d’État de la CIRGL devront avaliser l’accord de Goma. Selon vous, Joseph Kabila devrait-il l’endosser ou pas ?

Le président Joseph Kabila ne peut pas engager la RD Congo dans un processus qui concerne l’unité nationale, sans avoir l’aval du parlement réuni en congrès. J’attire l’attention du peuple congolais sur le fait qu’il reste le souverain primaire. Ainsi lui revient-il, en cas de non-respect de la Constitution, d’agir par tous les moyens. Que la souffrance, la douleur, l’humiliation, les plaintes, les larmes, les lamentations du peuple congolais ne laissent indifférente aucune nation. Que Dieu tout puissant et les forces de l’Esprit, sans aucune distinction, agissent « hic et nunc » et accompagnent notre peuple dans son combat légitime en vue de la paix, de la sécurité, de la cohésion nationale ainsi que du développement économique, social et politique. J’ai dit !

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France.

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko, porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC).

© Le Potentiel