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mardi 7 juin 2016

Le refus de l’ABACO Europe à la participation des pays de la CIRGL à la facilitation du dialogue inclusif en RDC

La Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action commune (ABACO) se réjouit de la position de la communauté internationale – contenue dans un nouveau communiqué conjoint de l’Union africaine, des Nations unies, de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la Francophonie – relatif à appel au dialogue inclusif en République Démocratique du Congo.

La Direction Europe de l’ABACO avait d’ailleurs préconisé le 18 avril dernier, dans un texte intitulé Les propositions de l’ABACO pour la facilitation d’Edem Kodjo en RDC, « la neutralité et la dépolitisation du comité préparatoire que compte mettre en place M. Edem Kodjo, lequel ne devrait être composé que d’experts des commissions africaines et onusiennes en matière de gestion et de résolution des conflits – l’objet étant d’aboutir, lors des assises du dialogue proprement dit, à une représentativité équitable des forces vives de la nation congolaise ». « C’est la condition sine qua non d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, d’un élan patriotique collectif et de la défense de la nation très affaiblie », avait précisé la Direction Europe de l’ABACO.

Néanmoins, si la Direction Europe de l’ABACO ne trouve aucun inconvénient à ce que M. Edem Kodjo soit assisté par un groupe de soutien composé de membres de l’UE, l’UA, l’ONU et l’OIF, mais auxquels s’ajouteront des représentants des organisations sous-régionales, la SADC, elle conteste la participation des pays de la CIRGL – le Rwanda et l’Ouganda, de par leur mauvaise volonté, refusant systématiquement de se conformer aux résolutions de l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba.

Fait à Paris, le 7 juin 2016

Pour la Direction Europe de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO),
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

samedi 25 mai 2013

L'Afrique du troisième millénaire

A l’occasion du cinquantième anniversaire de l’unité africaine, les dirigeants africains ont célèbre ce samedi 25 mai à Addis-Abeba les efforts vers l’unité du continent et formulé l’espoir que l’envol économique de l’Afrique permette enfin de réaliser les rêves nés de la décolonisation et de l’indépendance. « Les pères fondateurs [de l’unité africaine, ndrl] s’étaient donné rendez-vous pour constituer l’Organisation de l’unité africaine (OUA), à l’aube des indépendances il y a cinquante ans, et il est opportun que nous nous retrouvions aujourd’hui au moment où l’Afrique se redresse », a déclaré lors de la cérémonie d’ouverture l’hôte du sommet, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, en présence de nombreuses personnalités du monde entier : la présidente du Brésil Dilma Rousseff, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.

Les partenariats extérieurs

Dans ce monde où chaque entité politico-économique défend avant tout, et à juste titre, ses propres intérêts, l’Afrique doit commencer par compter sur elle-même. Les partenariats extérieurs ne doivent être que secondaires. On constate aisément sur le plan local, en aucun cas, un village ne s’intéresse véritablement au développement de son voisin. S’il lui arrive d’agir de la sorte, ce n’est pas tant par philanthropie mais parce qu’il est en train de subir les conséquences des problèmes extérieurs. Comment un pays appartenant à un autre continent peut-il alors s’impliquer sans arrière-pensée, dans pareil contexte, dans le développement d’un continent autre que le sien. Pour qu’un tel partenariat ne souffre d’aucune suspicion, un véritable lien doit exister entre les protagonistes. D’où la chance des pays comme la France et l’Angleterre qui ont des enfants venus d’horizons divers, entre autres du continent africain. On peut dire a contrario, du moins par complémentarité, que le moment est venu pour l’Afrique de tirer enfin profit des fruits de ses cerveaux ayant migré, à un moment donné, de gré ou de force, ou alors, pour ceux qui sont nés et ont grandi ailleurs, malgré eux [lire la suite].

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Source : Œil d'Afrique

mardi 9 avril 2013

La RD Congo face au macabre tango des Grands lacs

Les pourparlers censés mettre fin aux affrontements armés dans l’Est de la République Démocratique du Congo, entre les forces gouvernementales et les rebelles du M23, ont repris le lundi dernier sur les rives du lac Victoria dans la capitale ougandaise. Pour le ministre ougandais de la Défense, le médiateur Crispus Kiyonga, même si le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé la mise sur pied d’une brigade d’intervention, les rebelles du M23 sont toujours engagés aux pourparlers. Ainsi a-t-il défendu la nécessité d’un processus politique pour résoudre la crise congolaise.

Quid de l’accord-cadre d’Addis-Abeba ?

Dès lors que la mission de la brigade d’intervention de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (Monusco) consiste à traquer et à mettre hors d’état de nuire les forces négatives dans la région du Kivu, conformément à la résolution 2089[1], on ne peut que judicieusement s’interroger sur la nécessité de la poursuite des pourparlers de Kampala. Les parrains du M23 étant signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba[2], ils ne peuvent que respecter la souveraineté de leur voisin. De plus, ledit accord-cadre a mis de facto un terme à la médiation menée par le président ougandais Yoweri Museveni. En conséquence, au vu des arguments évoqués supra et dans l’attente de la nomination d’un Haut représentant des Nations Unies, il revient désormais au secrétaire général des Nations Unies et à la présidente de l’Union africaine d’impulser, en concertation avec le gouvernement congolais, toute initiative politique relative à la stabilisation de la région du Kivu.

Un pas en avant, deux pas en arrière

La supranationalité ne concerne-t-elle que, en réalité, la seule République Démocratique du Congo ? À peine mis en place, mais déjà violé, l’accord-cadre d’Addis-Abeba a fait long feu. Triste constat ! La poursuite des pourparlers de Yoweri Museveni s’apparente en effet à un tango des Grands lacs car le pas fait en avant, grâce aux engagements pris le 24 février 2013 dans la capitale éthiopienne, est tout de suite suivi de deux autres pas en arrière à cause de la reprise des pourparlers de Kampala ainsi que de l’envoi par l’Ouganda et le Rwanda des éléments armés en soutien aux affreux hommes de Sultani Makenga[3]. D’aucuns voient, à travers cette menace, la volonté manifeste de Yoweri Museveni et Paul Kagamé d’imposer leur dernière volonté à Joseph Kabila, pour miner davantage le terrain avant l’implantation de la brigade d’intervention sur le terrain.
Comment la diplomatie congolaise peut-elle cautionner, au moment où le rapport de force lui est enfin favorable, une telle mascarade qui consiste à se tenir par la barbichette et à donner une tapette au premier qui rira ? Comment la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, peut-elle rester indifférente à une attitude qui risque de fragiliser encore plus la souveraineté nationale ? Il va donc falloir obtenir la nomination dans l’urgence d’un Haut représentant des Nations Unis et doter le mécanisme de suivi régional d’un outil en mesure de sanctionner tout manquement. Dans le cas contraire, le tango des Grands lacs se transformera en un ballet macabre qui – sur la base des violences sexuelles, du pillage et d’expropriations – s’exécutera sur les corps meurtris et la déshumanisation des Congolais.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Source : Jolpress

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Notes :
[1] Adoptée à l’unanimité, sous la présidence russe, le 28 mars dernier.
[2] Signé le 24 février 2013, sous l’égide des Nations Unies, par les pays des Grands Lacs, de la SADC et de l’Afrique centrale.
[3] En effet, des soldats rwandais et ougandais, contrairement au processus politique évoqué par le ministre rwandais de la Défense pour justifier la poursuite des pourparlers de Kampala, auraient traversé de nouveau la frontière congolaise. Cette incursion a été constatée dans le territoire de Rutshuru par la société civile du Nond-Kivu.

lundi 25 février 2013

Paix en RD Congo : les dessous de l’accord-cadre

L’accord-cadre pour la paix en République Démocratique du Congo signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba par les pays des Grands Lacs, de la SADC et de l’Afrique centrale[1] – sous l’égide des Nations Unies – est globalement satisfaisant. En effet, à propos de la dramatique situation en cours dans la région du Kivu, les signataires ont manifesté la volonté de s’atteler aux causes profondes du conflit et de mettre un terme aux cycles de violence récurrents. Néanmoins, si quelques engagements de cet accord-cadre constituent une ingérence dans les affaires intérieures de la République Démocratique, d’autres méritent d’être clarifiés.

Les avantages

La signature de cet accord-cadre a mis de facto un terme à la médiation menée par le président ougandais Yoweri Museveni. Une excellence nouvelle pour Kinshasa, car les pourparlers de Kampala cachaient un guet-apens que l’on essayait de tendre de manière sibylline à la délégation congolaise au profit du M23. Ainsi la mise en place d’une brigade d’intervention rapide, sous la direction des forces onusiennes, pourra stabiliser la région du Kivu en enrayant les cycles de conflit récurrents et les violences persistantes imposés par des groupes armés tant nationaux qu’étrangers.
Dans la même optique, le fait de recommander aux pays régionaux de ne pas héberger, de ne fournir aucune protection de quelque nature que ce soit aux criminels[2] ne pourra que faciliter l’administration de la justice, grâce à la coopération judiciaire dans la région. Ainsi le Rwanda pourrait-il livrer à la République Démocratique du Congo des criminels tels que Laurent Nkunda, Jules Mutebusi, Bosco Ntaganda…

Les points à clarifier

La clause concernant l’engagement relatif au renforcement de la coopération régionale, y compris à travers l’approfondissement de l’intégration économique avec une attention particulière accordée à la question de l’exploitation des ressources naturelles, mérite d’être clarifiée. En effet, seules les ressources frontalières seront partagées grâce à l’exploitation commune par des sociétés publiques d’économie mixte.
Par ailleurs, compte tenu des arrière-pensées des dirigeants ougandais, rwandais et burundais, il aurait mieux valu envisager le réaménagement de la CEPGL[3]. De plus, il est trop tôt d’envisager, comme s’il ne s’est rien passé de dramatique entre la République Démocratique du Congo et ses agresseurs, la revitalisation de ladite communauté économique.

Les engagements à revoir

L’objectif de cet accord-cadre consiste en principe à permettre au gouvernement congolais de faire régner l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et non à le mettre sous tutelle à travers l’ingérence dans ses affaires intérieures. Il ne revient pas à la communauté internationale d’imposer la décentralisation à un État souverain. Dans un pays qui ne dispose pas encore d’une armée performante et républicaine, et dont les institutions sont encore défaillantes, la décentralisation non maîtrisée ne peut qu’aboutir à un démembrement. Or, nul n’ignore que les agresseurs de la République Démocratique du Congo encouragent des initiatives allant dans ce sens pour imposer leurs poulains, c’est-à-dire les rebelles du M23, dans l’administration de la région du Kivu en vue d’une autonomie ultérieure.
Dans le même ordre d’idées, la promotion de la réforme structurelle des institutions étatiques – y compris la réforme des finances – relève de la seule compétence du Parlement national et non du ressort de la communauté internationale mais.

Le toilettage du texte

Les parlementaires congolais auraient dû être saisis avant la signature de cet accord-cadre. Comme cela n’a pas été le cas, les commissions de la défense et des affaires étrangères des chambres haute et basse du Parlement congolais devront se réunir dans l’urgence pour amender les clauses qui portent atteinte à la souveraineté de la République Démocratique du Congo. C’est la seule façon de rendre juste et parfait ce texte signé à Addis-Abeba qui, grâce à son caractère international, a une valeur supranationale sur les lois étatiques. Si jamais il n’est pas toiletté, cet accord-cadre incarnera le cheval de Troie qui minera à moyen terme l’État congolais.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Source : Jolpress
Notes :
[1] En présence des présidents de la République Démocratique Congo, du Congo-Brazzaville, du Rwanda, de l’Afrique du Sud, du Mozambique du Sud-Soudan et de la Tanzanie.
[2] Plus précisément les personnes accusées de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, d’actes de génocide ou de crimes d’agression, ou les personnes sous le régime de sanctions des Nations Unies.
[3] Communauté économique des pays des grands lacs.

dimanche 24 février 2013

Un accord de paix pour la RD Congo

Les dirigeants des pays de l’Afrique des Grands Lacs, d’Afrique centrale et de la SADC[1] ont signé un accord de paix ce dimanche à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne – sous l’égide des Nations Unies – visant à mettre fin à deux décennies de conflit dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Après avoir été reportée en janvier dernier pour clarifier la question du commandement de la nouvelle force régionale devant être déployée dans la région du Kivu pour lutter contre les groupes armés composés de génocidaires enclins aux violences sexuelles et pillages, la signature dudit accord s’est déroulée en présence des dirigeants du Mozambique, du Rwanda, de la Tanzanie, de l’Afrique du Sud, de la République Démocratique du Congo, de la République du Congo, du Soudan du Sud et du Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon. Ainsi ont-ils approuvé la nature et le commandement de la force internationale neutre[2], qui sera déployée à la frontière entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, et obligé de facto les pays de la région des Grands Lacs à respecter la souveraineté de leurs voisins.

Des avis très partagés

En République Démocratique du Congo, les avis sont nettement partagés entre les différents acteurs politiques et membres de la société civile sur la signature de cet accord de paix. Pour les uns, ce texte reste l’une de solutions aux problèmes de sécurité que connaît la région du Kivu. Pour d’autres, il est question de la mise en cause de la souveraineté nationale pourtant garantie par le droit international. Quelques observateurs s’interrogent plutôt sur la mise en œuvre du texte signé Addis-Abeba, en se demandant si ce processus de paix aidera la région à sortir de la crise ou restera une énième résolution sans conséquence concrète sur le terrain.

L’absence des présidents ougandais et angolais

En principe, les Chefs d’État de tous les pays frontaliers de la République Démocratique auraient dû parapher l’accord d’Addis-Abeba. L’absence des présidents de l’Ouganda, l’un des pays agresseurs, et de l’Angola, l’une des puissances militaires régionales, ne peut que confirmer l’inquiétude de ceux qui s’interrogent sur l’impact réel de cet accord.
L’Ouganda, déçu par le fiasco des pourparlers de Kampala, s’est volontairement inscrit aux abonnés absents. Ayant soutenu les revendications du M23, il ne pouvait en aucun cas cautionner un texte qui hypothèque les visées « balkanistes » de ses poulains. Quant à l’Angola, pays qui tient à s’imposer comme puissance incontournable en Afrique centrale, la stabilité de la République Démocratique du Congo finira par confirmer la position géostratégique de Kinshasa. Ainsi le gouvernement congolais, une fois son pays pacifié, voudra régler le contentieux pétrolier qui l’oppose au gouvernement angolais.

Le Rwanda contraint de signer

Le Rwanda, reconnut par toutes les institutions internationales comme étant le principal agresseur de la République Démocratique du Congo, ne pouvait pas se permettre de boycotter cette cérémonie. En ayant signé ledit accord, ce pays espère montrer à la face du monde du monde sa volonté de contribuer à la paix dans la région du Kivu. De plus, Paul Kagame, s’il se réjouit de l’échec[3] des pourparlers de Kampala, ne peut pas s’opposer à la volonté de ses commanditaires occidentaux. Au-delà de la criante des sanctions, il espère en réalité rester en bons termes avec Kinshasa qui, nul ne l’ignore, détient le destin socio-économique du Rwanda.

La mayonnaise congolaise

La réussite de l’accord de paix signé le dimanche 24 février à Addis-Abeba dépend surtout de la vision que le peuple congolais a de son pays. Son unité est le facteur déterminant, pour ce qui est de la stabilité territoriale de la République Démocratique du Congo. D’aucuns osent espérer que le dialogue inclusif permettra aux Congolaises et aux Congolais de dépasser leurs divergences, de sceller un pacte tacite en faveur de la cohésion nationale face à toute agression extérieure et à toute tentative interne de déstabilisation – l’objectif consistant à mettre en place des institutions étatiques efficaces et viables. La mayonnaise congolaise devra donc représenter le ciment du patriotisme congolais, garant de l’unité nationale et d’une paix interne durable. On ose espérer que le génie congolais parviendra, enfin, à faire échouer à jamais l’appétit vorace et les velléités expansionnistes de ceux qui ne rêvent qu’à se servir sur les décombres de ce beau, riche et majestueux pays.

 Gaspard-Hubert Lonsi Koko


[1] Communauté de développement d’Afrique australe.
[2] La force internationale neutre, qui sera composée de quatre mille soldats, est appelée à démanteler les groupes armés opérant dans l’Est de la République Démocratique du Congo, notamment les rébellions des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et du M23. Son déploiement sur la frontière congolo-rwandaise avait été proposé lors du sommet interministériel des États de la Conférence internationale sur la région des grands lacs (CIRGL) en mi-juillet 2012 à Addis-Abeba.
[3] En effet, si Yoweri Museveni avait réussi à arracher un accord entre le M23 et le gouvernement congolais à Kampala, il aurait confirmé son leadership dans la région des Grands Lacs au détriment du président rwandais.

mercredi 20 février 2013

RD Congo : la coopération régionale et les ressources communes

Les Chefs d’État de l’Angola, du Burundi, du Congo-Brazzaville, du Rwanda, de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie, de l’Ouganda et de la République Démocratique du Congo, ou leurs représentants, sont attendus ce dimanche 24 février 2013 à Addis-Abeba, siège de l’Union Africaine, pour la signature de l’Accord-cadre sur la paix en territoire congolais. Trois nouveaux pays pourraient s’ajouter à la liste des signataires. Il s’agit de la RCA, le Sud-Soudan et le Mozambique. Le document devrait être co-signé par le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, et la présidente de la Commission de l’Union Africaine, Nkosazana Diamini Zuma.

À cette occasion, les différentes parties signeront un accord dans lequel le gouvernement de la République Démocratique du Congo s’engagera à poursuivre la réforme du secteur de la sécurité, à consolider l’autorité de l’État particulièrement dans la partie Est du pays, à accélérer la politique de décentralisation, à développer l’économie, les infrastructures et les services sociaux de base. Il devra aussi réformer les institutions, les finances et élaborer un agenda de réconciliation et de démocratisation.
Quant aux pays de la région (Grands Lacs, SADC, Afrique Centrale), ils devront s’interdire de s’ingérer dans les affaires internes de leurs voisins, refuser tout appui à toute force négative et respecter leur souveraineté ainsi que leur intégrité territoriale. Cet accord recommande également « le renforcement de la coopération régionale, dans la droite ligne de l’intégration économique régionale et l’exploitation commune des ressources naturelles dans le strict respect des intérêts légitimes des voisins, surtout dans le domaine sécuritaire ».

Des unions douanières et des sociétés publiques mixtes

Pour éviter toute interprétation erronée, il est important de préciser que des concertations doivent être entreprises entre les différents pays de la région en vue de la gestion commune des ressources frontalières à travers des sociétés publiques d’exploitations mixtes. Il n’est pas du tout question d’intégrer économiquement la région du Kivu au Rwanda, ni de la mettre à la disposition de l’Ouganda – l’objectif étant de prévenir tout conflit foncier.
Mais cela n’empêche pas de réfléchir sur la réactivation de la CEPGL[1], comme complément vital au processus de paix et au développement économique. Ainsi est-il important de discuter des modalités d’un éventuel réaménagement de ladite Communauté par le truchement d’une Commission d’évaluation, de relance et de réaménagement des mécanismes et instruments existants afin de faire des propositions opérationnelles. Pour cela, il faudra définir un agenda et un calendrier précis.

Sécurité et défense communes[2]

Quant au domaine sécuritaire, on devra à tout prix signer des accords de non-agression et d’assistance mutuelle en vue de l’indépendance dans l’interdépendance. En effet, il sera plus efficace de mettre en place un système confédéral de protection. Ainsi faudra-t-il inciter les partenaires régionaux à s’associer à un projet relatif au pacte de stabilité des systèmes régionaux communs de défense et de sécurité ainsi qu’à un projet de paix spécifique aux pays des Grands Lacs et de l’Afrique orientale.
Ceux-ci seront complétés par la conférence intergouvernementale sur la sécurité, la défense, la paix et la coopération régionale, qui réunira les Chefs d’État et de gouvernement concernés afin d’examiner et de mettre en commun les moyens d’affirmer une véritable identité et une réelle appartenance régionales. Cette organisation devra tenir compte, dans son fonctionnement, des spécificités de chaque pays.
Mais pour que tout cela soit possible, la République Démocratique du Congo devra avant tout se doter d’une armée nationale performante. En effet, compte tenu de sa situation géostratégique et ses énormes potentiels, ce pays a un rôle déterminant à jouer dans le rayonnement économique de l’Afrique centrale et de la région des Grands lacs. Ainsi sa stabilité est-elle la condition sine qua non en vue de la paix, facteur indispensable au développement.
Enfin, les États de la région s’abstiennent de fournir la moindre protection aux auteurs des crimes de guerre, crimes contre l’Humanité, crimes de génocide ou d’agression, ou ceux se trouvant sous le coup des sanctions des Nations Unies.
Il faudra à cet effet, au-delà de la coopération administrative et judiciaire, que le conseil permanent du pacte de stabilité des systèmes régionaux communs de défense et de sécurité se dote des mécanismes constants. Cela lui permettra de prévenir les conflits, rétablir la paix et sanctionner en cas de manquement aux accords contractés.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

[1] Communauté économique des pays des Grands Lacs.
[2] Sur cette problématique, il faudra surtout lire les propositions faites dans les Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko.