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samedi 5 juillet 2014

La RD Congo, victime d'un complot international ?

L’intervention des forces onusiennes en République Démocratique du Congo ne commence pas qu’en novembre 1999. L’impréparation de l’indépendance de l’ancienne colonie belge faisait redouter aux pays occidentaux le passage de ce territoire, minier et stratégique, dans la sphère d’influence soviétique. Sans attendre la proclamation de la souveraineté nationale, Dag Hammarskjöld envoya Ralph Bunche à Léopoldville comme représentant spécial.
Après la mutinerie de l’armée nationale congolaise, le déploiement des militaires belges dans le pays et la proclamation de l’indépendance du Katanga le 11 juillet 1960, Dag Hammarskjöld organisa, le 12 juillet de la même année, à la demande du président congolais Joseph Kasa Vubu et du Premier ministre Patrice Lumumba, une réunion de crise avec le Groupe des pays africains non-alignés[1]. Le 14 juillet, il eut recours, pour la première fois, à l’article 99 de la Charte des Nations Unies pour convoquer une réunion du Conseil de Sécurité sur la crise congolaise[2]. Ainsi le Conseil adopta-t-il la résolution 143 demandant à la Belgique de retirer ses troupes du Congo-Léopoldville et autorisant Dag Hammarskjöld à prendre toutes les mesures nécessaires pour fournir au gouvernement congolais l’assistance militaire dont il avait besoin[3]. A cet effet, le premier contingent de l’Opération des Nations Unies au Congo (ONUC) arriva à Léopoldville, actuellement Kinshasa, 48 heures après le vote de cette résolution.

Les différentes tentatives de sécessions

La présence des forces onusiennes ne vint nullement à bout des tensions qui menaçaient l’unité du Congo-Léopoldville. En effet, la crise s’amplifia avec la proclamation de l’indépendance du Sud-Kasaï, le 9 août 1960, et l’arrivée, le 15 août, de la coopération militaire soviétique à la demande du gouvernement congolais. L’ONUC céda à la pression des Etats-Unis en soutenant le président Joseph Kasa Vubu dans le but de contrer le soutien de l’URSS au Premier ministre déchu Patrice Lumumba. Espérant éviter l’implosion de ce géant au cœur de l'Afrique centrale, Dag Hammarskjöld mobilisa les pays non-alignés pour préserver la neutralité de l’ONUC et éviter sa paralysie. À l'automne 1960, l’URSS exigea la démission de Dag Hammarskjöld et la mise en place, pour diriger le Secrétariat des Nations Unies, d’un système de Troïka avec un membre représentant les États occidentaux, un les États non-alignés et un les États communistes. L’assassinat de Patrice Lumumba en janvier 1961 occasionna davantage les critiques du groupe des non pays-alignés contre l’action du Secrétaire général. Sous la pression de l’URSS, le Conseil de sécurité adopta, le 21 février 1961, la résolution 161 exigeant du président du Katanga sécessionniste, Moïse Antonin Kapenda Tshombe, de se séparer de ses mercenaires étrangers.

Les opérations Rumpunch et Morthor

Le 28 août 1961, l’ONUC déclencha au Katanga l’opération « Rumpunch » qui permit de neutraliser un grand nombre de mercenaires à la solde de Tshombe. Face à la violente réaction du gouvernement sécessionniste, sans l’accord du Secrétaire général, l’ONUC lança le 13 septembre 1961 l’opération « Morthor » afin de venir à bout de l’armée katangaise. Cette ultime initiative se fit au grand désespoir des États occidentaux qui étaient majoritairement favorables au maintien d’une forte autonomie du Katanga et reprochaient à Dag Hammarskjöld de ne pas les avoir prévenus avant le lancement de ladite opération. Ce fut dans ce contexte très tendu que le Secrétaire général entama un ultime voyage au Congo, convaincu que de la réussite de sa mission dépendaient son maintien à la tête de l’organisation onusienne, la survie des Nations Unies et l’avenir de la paix dans le monde.
Dans la nuit du 17 au 18 septembre 1961, l’Albertina, le DC-6 affrété pour le compte des Nations Unies par la compagnie suédoise Trans Air au bord duquel voyageait Dag Hammarskjöld, s’écrasa dans une forêt à une dizaine de kilomètres de Ndola en Rhodésie du Nord (l’actuelle Zambie). En effet, en provenance de Léopoldville, le Secrétaire général des Nations Unies se rendait le 13 septembre 1961, au lendemain du déclenchement par l’ONUC de l’opération « Morthor », à Ndola afin de rencontrer le président du Katanga indépendant, Moïse Antonin Kapenda Tshombe, à propos de la libération d’une compagnie de casques bleus retenue en otage à Jadotville (actuellement Likasi) et du désarmement complet des forces katangaises, en application de la résolution 161 du Conseil de sécurité.

L’accord de Lusaka

Avec la première guerre dite de « libération », menée à partir de la province du Kivu en septembre 1996 par ceux qui se sont qualifiés de Banyamulenge, sous la direction d’une coalition de quelques pays frontaliers, on a assisté à la fin de l’Etat zaïrois, la base armée du régime mobutiste s’étant rendue presque sans combattre. L’espoir suscité par l’installation de Laurent-Désiré Kabila au pouvoir se transforma néanmoins, en un laps de temps, en une très grande déception en l’absence d’ouverture politique et de recherche d’un consensus minimum sur l’Etat à reconstruire. Incohérence et inconsistance des politiques, concentration, ethnicisation et personnalisation du pouvoir ont fini par provoquer mécontentements et dissensions. La brouille avec les alliés des circonstances, internes et aussi externes comme le Rwanda ainsi que l’Ouganda, a conduit le 2 août 1998 à l’éclatement de la deuxième « guerre interrégionale africaine ». Celle-ci s’est enlisée, le pays étant de facto divisé, massacres et destructions ont occasionné des déplacements massifs de populations civiles.
Sous la pression de la communauté internationale, un accord de cessez-le-feu fut cependant signé in extremis en juillet et août 199 à Lusaka, en Zambie, entre six Etats[5] africains. Mais la mise en œuvre des accords de Lusaka s’est avérée d’emblée très difficile. Peu de progrès avaient été réalisés au début de 2001. Suite à l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila le 18 janvier 2001 et à l’arrivée presque imprévue au pouvoir de Joseph Kabila, une opportunité s’est enfin dégagée, eût-on cru, pour sortir la République Démocratique du Congo de la guerre et l’engager dans une voie de retour à la stabilité structurelle.
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La création de la MONUC

Le 30 novembre 1999, dans le but de maintenir, entre autres, une liaison sur le terrain avec toutes les parties concernées par l’Accord de Lusaka, le Conseil de sécurité a créé, par la résolution 1279, la Mission de l’organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUC). Celle-ci devait surtout garantir le respect du cessez-le-feu, le désengagement des forces en présence et le maintien d'une liaison avec toutes les parties ayant signé ledit l'Accord de cessez-le-feu. A cet effet, le Conseil de sécurité élargirait plus tard, à travers de nouvelles résolutions, le mandat de la MONUC en lui attribuant plusieurs tâches supplémentaires. Après avoir coûté plus de 10 milliards de dollars aux Nations Unies, sans pour autant parvenir à mettre un terme aux conflits armés ayant fait près de 6 millions de morts, la MONUC fut à l’origine, de 1999 à 2008, d’une cinquantaine de résolutions du Conseil de sécurité sur le situation en République Démocratique du Congo.

La mise en place de la MONUSCO

Le 1er juillet 2010, la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) remplaça la MONUC, en application de la résolution 1925 du Conseil de sécurité du 28 mai 2010. Ce changement traduisit la nouvelle phase dans laquelle le pays était entré. Cette mission devait en principe utiliser tous les moyens nécessaires pour s’acquitter de son mandat, notamment en vue d’assurer la protection des civils, du personnel humanitaire et du personnel chargé de défendre les droits de l’Homme se trouvant sous la menace imminente de violences physiques. Ainsi devait-elle appuyer le gouvernement congolais dans ses efforts de stabilisation, de protection civile et de consolidation de la paix. Avec plus de 23 000 hommes, la MONUSCO représente le plus budgétivore et le plus gros contingent des Nations Unies.

Les pourparlers de Kampala

A l’issue du sommet des pays de la région des Grands Lacs qui s’est tenu le 24 novembre 2012 à Kampala, la capitale ougandaise, les chefs d’Etat concernés ont demandé aux éléments du M23 de quitter la ville de Goma. Dans cette intention, ils ont prié leur homologue congolais, Joseph Kabila, d’écouter les revendications légitimes des agresseurs. Mais ces derniers ont exigé un dialogue, avant d’envisager le retrait de la capitale de la province du Nord-Kivu.
Les spécialistes de la région des Grands Lacs africains savaient pertinemment que les pourparlers de Kampala préfiguraient le devenir de la République Démocratique du Congo. En effet, ce qui s’est déroulé dans la capitale ougandaise sous la supervision du président Yoweri Kaguta Museveni, entre les représentants du gouvernement congolais et ceux du mouvement dénommé M23, allait révéler le pot aux roses : le décrochage de la région du Kivu au profit de l’Ouganda et du Rwanda. De plus, Kinshasa avait la possibilité de reconduire les clandestins jusqu’à la frontière. Il suffisait seulement de manœuvrer avec habileté. Mais n’était pas Talleyrand qui le voulait !

L’accord-cadre d’Addis-Abeba

Lors du sommet de l’Union africaine qui s’est tenu à Addis-Abeba, en Ethiopie, quelques dirigeants de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) ont suggéré la mise en place d’une force neutre en vue de paralyser les éléments du M 23 et des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) qui opéraient dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo. Mais, dans la journée du 11 juillet 2013, la rencontre interministérielle de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL) a brillé par son incapacité à me mettre les participants d’accord sur la cessation immédiate des conflits qui déstabilisaient la région du Kivu. Pourtant, malgré quelques failles, le 24 février 2013, les dirigeants des pays des Grands Lacs, d’Afrique centrale et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) avaient signé un accord-cadre de paix, sous l’égide des Nations Unies, visant à mettre définitivement fin à deux décennies de conflit dans l’Est du Congo-Kinshasa.
Primo, cet accord-accord aurait dû suspendre la médiation qui était menée par le président rwandais entre le gouvernement congolais et les éléments du M23. De plus, la mise en place d’une brigade d’intervention, sous la direction des forces onusiennes, interviendrait en vue de la stabilisation de la région. Secundo, l’engagement relatif au renforcement de la coopération régionale n’avait pas précisa que seules les ressources transfrontalières devraient être concernées par l’intégration économique. Tertio, l’objectif de l’accord-cadre d’Addis-Abeba devait renforcer la souveraineté de la République Démocratique du Congo et non sa mise sous tutelle par le biais d’une décentralisation maîtrisée par la communauté internationale. Par ailleurs, l’absence de sanction à l’encontre des signataires a incité très récemment le Rwanda à brandir la menace consistant à retirer sa participation à cet accord-cadre.

Une fatalité congolaise ?

Faut-il conclure que les ressources naturelles dont regorge la République Démocratique du Congo et sa situation géostratégique sont-elles à l’origine du malheur du peuple congolais. Ce malheur est-il le fait d’une simple fatalité ? Peut-on soulever l’hypothèse d’un complot international contre ce pays ? En tout cas, de l’accession de ce territoire à la reconnaissance internationale à nos jours, cet immense pays a toujours suscité des rivalités de pouvoir à l’intérieur et des convoitises à l’extérieur, c’est-à-dire à l’échelle régionale et au-delà. A défaut d’un leadership national, ses attractives ressources naturelles entretiennent sans cesse des conflits. Pour conjurer la fatalité, voire le complot international, qui ne cesse d’hypothéquer l’avenir des Congolaises et des Congolais, il est impératif de faire émerger un projet de société cohérent qui devra forcément se décliner en deux phases.
D’une part, il est urgent de développer une diplomatie performante en vue de la sécurité et de la paix dans la région des Grands Lacs africains. D’autre part, il faudra initier à très court terme une sérieuse politique républicaine qui aura pour finalité la croissance économique – l’objectif étant l’amélioration des conditions de vie des populations locales, la lutte contre la pauvreté, l’évolution sociale, la cohésion nationale et le patriotisme congolais.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Agoravox

Notes
- Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, L’Harmattan, Paris 2013 ;
- Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, L’Harmattan, Paris 2012.


[1] Ce mouvement, né durant la Guerre froide, regroupait les États qui ne se considéraient comme alignés ni sur le bloc de l’Est, ni sur le bloc de l’Ouest.
[2] Donnant au Secrétaire général la possibilité d’attirer l’attention du Conseil de sécurité sur toute affaire qui, à son avis, pourrait mettre en danger le maintient de la paix et de la sécurité nationales.
[3] Cette résolution a été adoptée par 8 voix – la France, la République de Chine et le Royaume-Uni s’étant abstenus.
[4] Composée de l’Ouganda, du Burundi et du Rwanda.
[5] L’Angola, la République Démocratique du Congo, la Namibie, le Zimbabwe, l’Ouganda et le Rwanda.

jeudi 16 janvier 2014

La RD Congo, un Etat à bâtir institutionnellement et à développer économiquement

Les orientations politiques et économiques à prendre en vue d’une République Démocratique du Congo institutionnellement cohérente et économiquement puissante ne peuvent être définies que par rapport au passé et à l’héritage que l’on compte laisser aux futures générations. Indissociable du passé, le présent doit en principe permettre la mise au point pour mieux préparer l’avenir. Dans cette optique, les options relatives au futur ne sauraient faire abstraction des facteurs institutionnel et politique, préventif et sécuritaire, économique et social, diplomatique et régional. Par sa situation géographique, la République Démocratique du Congo a toujours représenté un enjeu géostratégique par rapport à la géopolitique mondiale.

Ressources naturelles et convoitises

La République Démocratique du Congo est un pays très vaste, 5 fois plus grand que la France et 80 fois plus étendu que la Belgique, qui compte plus de 65 millions d’habitants. Un territoire très riche qui partage ses frontières avec neuf autres pays, dont quelques-uns sont animés d’un vorace appétit expansionniste. Un pays qui est en guerre depuis plus d’une quinzaine d’années.
Si ce territoire aux frontières artificielles s’active autour du fleuve Congo, sa grande diversité ethnique a toujours été une source de différents conflits fonciers à la fois internes et externes, civils ou armés. De plus, les principales ethnies appartiennent au groupe bantou et vivent à cheval sur des États voisins. Ainsi la République Démocratique du Congo se situe-t-elle au croisement des quatre grands espaces linguistiques : le lingala au Nord-Ouest, le kikongo au Sud-Ouest, le tshiluba au centre et le swahili à l’Est [lire la suite].

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

mardi 24 décembre 2013

Polémique sur l’intervention des FARDC en Centrafrique

Le gouvernement congolais a annoncé, le 21 décembre dernier, son intention d’envoyer 850 soldats en République Centrafricaine pour participer à la force de l’Union africaine déployée sur place (Misca[1]). Cette contribution, laquelle est dans l’absolue compréhensible[2], ne cesse pourtant de susciter des interrogations. En effet, compte tenu de la précarité et de l’insécurité qui prévalent dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo, ainsi que de l’aspect budgétaire, le peuple congolais est en droit de connaître les critères ayant motivé une telle décision.

Une multitude de groupes armés dans le Kivu

Le Raïa Mutomboki[3], lequel a fini par nouer des alliances avec l’ancien groupe rebelle M23 après avoir pour autant sévi comme une milice d’auto-défense d’obédience antirwandophone, n’a cessé de déstabiliser une grande partie du Masisi depuis août 2012. Les différentes factions de cette milice contrôlent encore 95 % du Nord-Kivu. Quant à l’Alliance pour la libération de l’Est du Congo (Alec), une milice créée en juillet 2012 par un groupe de rwandophones, elle a pour objectif l’indépendance du Kivu[4].
À ces milices, il faut ajouter les Forces démocratiques alliées (FDA)[5] qui opèrent autour du massif de Ruwenzori, les Forces démocratiques alliées/Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (ADF/NALU)[6], les Force œcuménique pour la libération du Congo (FOLC)[7], les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)[8] basées dans le Nord-Kivu et dans le Sud-Kivu, la Force populaire pour la libération du Congo (FPLC)[9], le Front des patriotes pour le changement (FPC)[10], les Maï-Maï Asani , Mayele ainsi que Kifuafua, le Nyataru[11], les Forces nationales de libération (FNL)[12]... La présence de ces différentes milices locaux, des groupes armés locaux et étrangers constituent une menace permanente pour la stabilité de la région des Grands lacs africains [lire la suite].

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

mercredi 18 décembre 2013

Un budget 2014 pour la République Démocratique du Congo

Augustin Matata Pono, le Premier Ministre de la RD Congo
Alors que le Parlement congolais vient de rendre caduc le projet de loi de finances pour l’exercice 2014 proposé par Premier ministre Augustin Matata Ponyo, le dernier ouvrage de Gaspard-Hubert Lonsi Koko intitulé « Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs » propose un contre-projet d’avant-garde et cohérent à l’attention des Congolaises et aux Congolais, dont le budget global s’élève à 7,75 milliards d’euros – soit 10,2 milliards de dollars US. Sachant que plusieurs milliards d’euros sont sans cesse gaspillés à cause de la corruption et du manque de rigueur dans la gestion de la chose publique, pour ce qui est de cette initiative, des précautions ont été prises afin que le budget 2014 puisse correspondre aux dépenses réelles et croître chaque année au profit du développement économique et du bien-être des populations.

L’intérêt général

Par rapport à l’exercice 2013, lequel avait accordé 4,62 milliards d’euros aux services de la présidence de la République et du Parlement, il serait plus logique de consacrer globalement 155 millions d’euros au Secrétariat général de la présidence de la République, au Secrétariat général du gouvernement et aux services chargés des relations avec le Parlement – soit 51,7 millions d’euros par an à chacune des trois structures. L’objectif poursuivi consiste avant tout à privilégier l’intérêt général dans tous les secteurs ministériels. En guise d’exemple, le ministère de la Justice, des droits humains et des libertés publiques disposera de 574,275 millions d’euros ; celui de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur sera doté d’un budget de 875,750 millions d’euros ; le ministère de l’Agriculture, de la pêche, du développement rural, des PME/PMI aura 631,750 millions d’euros alors que celui de l’Energie, de l’eau, des mines et des hydrocarbures bénéficiera de 540,275 millions d’euros…

La géostratégie et le progrès social

Ayant à l’esprit à la fois la situation géostratégique et le contexte géopolitique, conscient du fait que la sécurité de la République Démocratique du Congo dépend en partie de la stabilité de ses voisins, M. Lonsi Koko estime que la diplomatie devra jouer un rôle déterminant. Ainsi un budget de 298,375 millions d’euros sera-t-il attribué au ministère des affaires étrangères. La finalité consistera, bien entendu, à mener à bien des négociations en vue de parvenir sur le plan régional à un pacte de stabilité des systèmes régionaux communs de sécurité et de défense.
Par ailleurs, un budget important d’un montant de 2,52 milliards d’euros, soit 32,50 % du budget annuel qui est proposé au peuple congolais, sera consacré à la création d’emplois, à l’éducation nationale et à l’enseignement supérieur, ainsi qu’à la défense, la sécurité et la protection civile. Il est impératif de permettre la circulation des biens et des personnes dans l’espace national, facteur indispensable au développement économique et au progrès social.

8,5 % de taux de croissance en 5 ans

Tout a été bien pensé en amont pour que la croissance économique, très dégradée en République Démocratique du Congo à cause de l’incohérence des politiques ayant été menées depuis 2001, puisse progresser nettement de 10 % en 2014 à 18,25 % en 2019 – soit une évolution de 8,25 % en 5 ans. Rappelons que, selon les estimations du PIB réalisées à la fin décembre 2012, la croissance économique avait atteint le taux de 7,2 % alors qu’elle sera, au regard de la nouvelle vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands lacs africains, de 10 % en décembre 2014 – soit une hausse de 2,8 % – et de 11,65 % en 2015, au lieu de 10,5 % que prévoit le gouvernement de l’actuel Premier Ministre Augustin Matata Ponyo, soit une progression de 1,15 %. 

Les enjeux du troisième millénaire

L’objectif du chiffrage dudit projet de société pend évidemment en compte les moyens dont le gouvernement de la République Démocratique du Congo aura besoin dans la déclinaison de sa politique tant intérieure que régionale. Cela permettra non seulement de vérifier la crédibilité des arguments pragmatiquement avancés dans « Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs », mais surtout de constater la rentabilité et l’équilibre financier du programme qui est décliné. Ainsi le peuple congolais réalisera-t-il le sérieux de la future administration qu’on lui propose, laquelle a trait à l’émergence d’un pays à jamais prospère et à la hauteur des enjeux du troisième millénaire.

Charlotte Mondo


dimanche 8 décembre 2013

Une conférence internationale pour régler la crise du Kivu

Le nord-est de la République Démocratique du Congo est en crise depuis plusieurs années. Sur ce petit bout de terre richissime, de nombreux conflits d'intérêts opposent la RDC à ses voisins, le Rwanda et l'Ouganda. Les conflits font rage, les populations fuient, souvent sous les yeux de la communauté internationale. Alors pour régler définitivement les crises qui secouent cette région d'Afrique centrale, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, auteur de Ma Vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs, propose une conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement.
Dans la région du Kivu, en RDC, des enfants font la queue pour avoir de l'eau. Photo : Julien Harneis/Flickr / cc
Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, La République Démocratique du Congo est tout à fait capable de conjuguer dynamisme économique et justice sociale. Capable également de faire le choix de la paix, de la croissance et de l’Etat de droit.

« C’est en surmontant les défis de la compétitivité et de la solidarité que les Congolais bâtiront le Congo-Kinshasa du troisième millénaire. C’est en privilégiant la conception républicaine qu’ils consolideront la cohésion nationale. Ainsi feront-ils triompher la démocratie », explique cet essayiste et auteur de nombreux ouvrages.

Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, il est inimaginable qu’un projet puisse être viable dans la région des Grands Lacs tant que le Congo-Kinshasa n’aura pas retrouvé sa pleine souveraineté, tant que la confiance ne sera pas rétablie entre les peuples congolais, burundais et rwandais. Les pays limitrophes ont besoin de la stabilité et du développement économique de leur grand voisin [lire la suite].

© Jolpress

jeudi 5 décembre 2013

Un projet politique pour relever la RDC

Depuis plusieurs mois, la République démocratique du Congo (RDC) fait largement parler d'elle. Au nord-est de cet immense pays d'Afrique centrale, les viols et les massacres sont le quotidien d'une population désormais habituée à la guerre et à l'instabilité de ce pays, un des plus pauvres du monde. Essayiste et auteur de nombreux livres, Gaspard-Hubert Lonsi Koko est congolais et vit en France. Dans son ouvrage « Ma Vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs », il décrit son projet politique en faveur de l'avenir de son pays.
Au nord-est de la RDC, le Kivu est en guerre depuis plusieurs années. Photo : Julien Harneis/Flickr / cc


JOL Press : La République démocratique du Congo se situe à la 142ème place sur 162 en termes de développement humain. Vous notez également, dans votre livreMa Vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs que 80 % de la population « survit à la limite de la dignité humaine ». Cette situation est-elle seulement la conséquence de ces 15 dernières années de guerre ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : La catastrophique situation socio-économique que traverse la République Démocratique du Congo n’est pas seulement due à l’échec de la présidence de Joseph Kabila. Elle est aussi le résultat de l’insouciance des acteurs politiques congolais et de la mauvaise gestion de la chose publique par les différents gouvernements mobutistes et kabilistes. Il est consternant de réaliser que, depuis 1965, ce pays est géré comme une épicerie [lire la suite].
Propos recueillis par Sybille de Larocque pour JOL Press
© Jolpress

vendredi 29 novembre 2013

GASPARD-HUBERT LONSI KOKO SUR RADIO VEXIN VAL DE SEINE

"Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs"L'Harmattan, 152pp.

A l'occasion de la sortie de son nouveau livre "Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs", Gaspard-Hubert Lonsi Koko, essayiste réformiste, humaniste et acteur politique était l'invité de Robert Kongo, samedi 30 novembre à 15h (heure de Paris). Avec la verve et la passion qu’on lui connaît, il a évoqué son projet d'un Congo nouveau, fort, prospère et stable, vivant en paix avec ses voisins.

Pour écouter cette émission, prère de cliquer sur le lien ci-contre : https://www.youtube.com/watch?v=mjZAf41EjAo

mardi 26 novembre 2013

CONGO-KINSHASA ET GRANDS LACS : LE PROJET DE GASPARD-HUBERT LONSI KOKO

"Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs". L'Harmattan, 152pp.

Essayiste réformiste, humaniste et acteur politique, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, vient de publier chez l’Harmattan « Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs ». Avec ce titre, l’auteur signe un texte prégnant qui évoque son projet pour un Congo-Kinshasa stable, politiquement, économiquement et socialement, vivant en paix avec ses voisins.

Au moment où la guerre dans l’Est du Congo-Kinshasa ,venue du Rwanda et de l’Ouganda, se termine, où le président Joseph Kabila prône la cohésion nationale et annonce la formation d’un gouvernement de large ouverture, le nouveau livre de Gaspard-Hubert Lonsi Koko tombe bien à propos et possède la pertinence à laquelle il nous a habitués. Il pourrait servir d’un vivier d’idées qui sera source d’inspiration pour les dirigeants congolais.

Dans cet ouvrage, l’auteur présente son projet pour sortir le Congo-Kinshasa du gouffre dans lequel il est plongé. Le dynamisme économique,  la justice sociale, la paix, l’unité nationale, la croissance et l’Etat de droit sont des ingrédients qu’il met en exergue pour bâtir un Congo-Kinshasa du 21èmesiècle. Un progrès dont les pays de la région des Grands Lacs pourraient tirer un immense profit. C’est justement ce qui rend ce texte précieux et solide.

Plusieurs maux dont souffrent le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi  ne seront pas résolus si le Congo-Kinshasa ne retrouve pas sa pleine souveraineté, l’intégrité de son territoire,  et si le climat de confiance n’est pas restauré entre les pays de la région des Grands Lacs. Un Congo-Kinshasa fort et pacifié faciliterait le développement et la stabilité de la région, voire de toute l’Afrique centrale.       

Savamment illustré avec des chiffres (contexte social et humain, contexte économique et financier, répartition budgétaire, emploi, fiscalité…), Gaspard-Hubert Lonsi Koko présente le type d’Etat que devront se donner les Congolais : un Etat doté d’institutions efficaces au service des Congolais. Il y voit la condition essentielle pour réussir les ambitions de modernisation et d’émergence d’un Congo-Kinshasa nouveau et fort. 

Pour réussir cette ambition, le Congo-Kinshasa ne peut se permettre , dans sa gouvernance, dans sa vision de la politique et dans sa conception de l’Etat une existence de négligence, de laxisme, d’amateurisme, de médiocrité ou de violence destructrice. En revanche, il a plutôt besoin d’être une communauté des intelligences, une communauté des valeurs  et une communauté de vision et d’esprit pour accomplir son développement au sens plein du terme.

« Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs » trace les contours de cette communauté d’avenir en présentant la nation congolaise telle qu’elle était, telle qu’elle est, en relatant quelques péripéties de l’histoire du Congo-Kinshasa depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui, et telle que l’auteur aimerait la transformer en profondeur dans ses faiblesses politiques, dans ses pathologies de gouvernance et dans ses maladies comme Etat. Probable candidat à la prochaine élection présidentielle ? En a-t-il envie ? Seul l’avenir le dira.

On peut espérer que le projet de l’humaniste au talent d’écrivain et d’acteur politique indéniable, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, fils et petit-fils de Nlasa Mpanzu, Nlasa Ngandu, Nlasa Nzezi, Vuzi di nkuwa, Kimuakasa et Nsala Nkanga, suscitera des vocations de leaders politiques d’un nouveau calibre, capables non seulement de penser et de vivre autrement l’engagement politique et la gouvernance du pays, mais surtout de forger des institutions démocratiques solides, à la hauteur des ambitions mondiales d’un pays comme le Congo-Kinshasa. Un pays dont le destin économique, scientifique, technologique et géostratégique dépend de la qualité de ses élites politiques et de leurs capacités à mobiliser dans le bon sens le génie du peuple congolais.
                                                       
Robert Kongo, correspondant en France  

lundi 25 novembre 2013

RD Congo, les véritables intentions des parrains du M23

Selon Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, la République Démocratique du Congo compte mener à bon terme le dialogue avec les ex-rebelles du M23[1], dans le cadre des pourparlers de Kampala. Ainsi Kinshasa souhaite-t-il que la signature, avec l’ancienne rébellion du M23, d’un document[2] – permettant de mettre un terme à dix-huit mois de conflit – ait lieu dans un délai raisonnable.
Le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni et son homologue rwandais Paul Kagamé
Néanmoins, le gouvernement congolais refuse de signer un accord de paix avec les protégés du Rwanda et de l’Ouganda. Il estime à juste titre que cela équivaudra à accorder un statut légitime à une force négative, qui plus est défaite par les armes. Cependant, une question se pose. Kinshasa signera ledit document avec quelle mouvance dès lors que Serge Kambasu Ngeve, membre du bureau politique du M23, a accepté la déclaration commune sur le modèle de ce que demande le gouvernement congolais – s’opposant de facto au refus de son président Bertrand Bisimwa ?
Les conclusions des pourparlers
Un document[3], lequel circule sur Internet, révèle les clauses finalisées dans la capitale ougandaise le 11 novembre 2013 par les parties concernées devant engager le gouvernement congolais et les rebelles du M23. Dans les points 6, 7 et 8 dudit document, l’accent est mis sur le retour et l’installation des réfugiés et des personnes déplacées internes, sur les biens spoliés, extorqués, volés, pillés et détruits, ainsi que sur la réconciliation nationale et la justice.
En quoi un mouvement défait militairement et ayant annoncé la fin de son existence en tant que structure armée peut-elle imposer sa volonté s’agissant des domaines ayant trait aux pouvoirs régaliens du gouvernement congolais ? Depuis quand le vaincu impose-t-il sa volonté au vainqueur ? À cette phase, les pourparlers de Kampala doivent respect le principe de droit international relatif à la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain. La défection du M23 n’oblige plus la République Démocratique du Congo à signer un quelconque accord avec des individus qui, s’ils sont réellement des citoyens congolais, sont passibles devant la justice pour avoir violé la Constitution du 18 février 2006. Peut-on conclure que la mauvaise foi et les intentions cachées obligent le Rwanda, l’Ouganda et la communauté internationale à traiter le M23 et le gouvernement congolais sur le même pied d’égalité ?
L’autodétermination à moyen terme
N’oublions pas que le Rwanda et l’Ougandais, très motivés par une incommensurable visée expansionniste, ont toujours soutenu des bandes armées dans l’espoir de faire main basse sur la partie orientale de la République Démocratique du Congo : plus précisément sur l’Ituri et la partie frontalière du Nord-Kivu. Après la débandade de leurs poulains sur les différents champs de bataille, Paul Kagamé et Yoweri Kaguta Museveni souhaitent donc obtenir diplomatiquement ce qu’ils n’ont pu imposer par la force[4]. Sachant qu’ils auront du mal à violer l’accord-cadre d’Addis-Abeba, dont ils sont signataires, ils veulent induire Kinshasa en erreur. En effet, les clauses 6, 7 et 8 du document que l’on souhaite faire signer au gouvernement congolais permettraient d’introduire en toute légalité des populations étrangères, et d’assurer leurs besoins matériels, dans le Nord-Kivu en vue d’un processus, ultérieurement, d’autodétermination. Telles sont les véritables intentions des parrains du M23.

Le respect de différents accords de non-agression
Ratifier un tel document, dont quelques clauses préconisent insidieusement une incertaine réconciliation, équivaudra à accepter l’accalmie à court terme, mais la balkanisation de la République Démocratique du Congo à moyen terme. Le gouvernement congolais a plutôt intérêt de dénoncer publiquement les intentions cachées du Rwanda et de l’Ouganda, à obtenir officiellement leur condamnation auprès de l’instance onusienne. L’objectif est de les obliger à respecter tous les accords de non-agressions dont ils sont signataires. Kinshasa devra surtout rappeler diplomatiquement aux gouvernements rwandais et ougandais le respect des clauses de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, quant à la non-assistance aux forces négatives.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Copyright Agoravox

[1] Le Mouvement du 23 Mars (M23) est né d’une mutinerie, en avril 2012, d’anciens rebelles du Congrès national de libération du peuple (CNDP) qui avaient été réintégrés dans l’armée nationale congolaise. Il a annoncé le 5 novembre 2013, quelques heures après avoir été chassé des derniers bastions qu’il occupait dans la province du Nord-Kivu, qu’il renonçait définitivement à la lutte armée.
[2] Sans être un accord, ce document permettrait juridiquement de donner une force contraignante à la déclaration de renonciation à la rébellion faite par le M23 et de régler les questions liées au cantonnement, au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion sociale de ses ex-combattants.
[3] Lequel devrait être signé, en cas d’accord, par Raymond Tshibanda, le ministre congolais des Affaires étrangères, et René Abandi, chef de délégation du M23, ainsi que par deux témoins : à savoir Crispus Kiyonga, ministre ougandais des Affaires étrangères et facilitateur du Dialogue, et le professeur Ntumba Luaba, Secrétaire exécutif de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL).

vendredi 22 novembre 2013

Pour mieux comprendre la géopolitique de la région des Grands Lacs africains

La complexité des relations entre les pays des Grands Lacs africains a toujours donné le tournis à plus d’un spécialiste. De la difficile cohabitation entre les Hutus et les Tutsis, les Bantous et les Nilotiques, les Anglophones et les Francophones, aux problèmes fonciers et au pillage des ressources naturelles, il n’est pas du tout évident de saisir les tenants et les aboutissants. Et, pourtant, c’est à cet exercice difficile que Gaspard-Hubert Lonsi Koko s’est attelé avec brio. En effet, dans son dernier ouvrage intitulé Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs, cet essayiste réformiste, qui plus est analyste politique, fait un diagnostic cohérent et ouvre des perspectives en vue de la consolidation économique et politique de la République Démocratique du Congo.

Paix sociale et évolution démocratique
« Ma vision pour le Congo-Kinshasa, c’est celle d’un pays capable de conjuguer le dynamisme économique avec la justice sociale » affirme d’emblée l’auteur. Vaste programme ! Gaspard-Hubert Lonsi Koko insiste notamment sur le fait que la République Démocratique du Congo est contrainte de trouver, à tout prix, des voies et moyens qui puissent permettre son épanouissement économique, donnée indispensable à la paix sociale et à l’évolution démocratique. Cela nécessitera forcément de l’audace, de l’innovation, de l’inventivité, du pragmatisme et une réelle volonté politique. Effectivement, « c’est en surmontant le défi de la compétitivité que les Congolais bâtiront le Congo-Kinshasa du troisième millénaire ». Ainsi parviendront-ils à la démocratie républicaine et à la cohésion nationale.

Cohésion nationale

« Tout devra être mis en œuvre pour que les Congolais aspirent enfin à la Paix, à la Justice et au Travail auxquels ils ont constitutionnellement droit. » Dans l’absolu, la Liberté ne pourra qu’engendrer l’Egalité qui générera la Sécurité indispensable à la Prospérité. Telle est l’équation existentielle que l’auteur s’efforce à résoudre à travers un essai d’une pertinence lumineuse, faisant penser à la fois à une philosophie jaurésienne et à un cheminement mitterrandien. Rien de surprenant quand on sait que Gaspard-Hubert Lonsi Koko a longtemps évolué avec Le Capital à la main gauche et Le Prince à la main droite. Une ambiguïté qui permet de passer avec habileté – d’aucuns diront avec cynisme – de l’idéal au réel. Ainsi l’auteur chemine-t-il au fil des pages, à l’instar d’un funambule, du patriotisme au régionalisme, de la stabilité nationale à la pacification régionale.

Entente cordiale

Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, seule une entente cordiale entre les peuples rwandais, burundais et congolais encouragera l’espoir d’une relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL). Cela ne pourra être envisageable que, rappelle à juste titre l’auteur, si le Congo-Kinshasa se stabilise en développant des institutions étatiques en mesure de mener une diplomatie pragmatique – la finalité étant de vivre en bonne intelligence avec les pays limitrophes – et en se dotant d’une armée dissuasive dans l’optique d’une coopération régionale sur la base de « l’indépendance dans l’interdépendance ». Raison pour laquelle, apprend-on, l’Union africaine devra être associée au projet relatif au réaménagement de la CEPGL, notamment par le truchement du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Néanmoins, au regard de la détérioration des relations entre les pays de la région au cours de ces seize dernières années, les objectifs à atteindre à court terme sont la réalisation des projets d’intérêts communs dans le domaine économique, ainsi que la consolidation de la paix.

Un projet d’avant-garde

Au-delà de la vision politique d’un homme, ce sont les perspectives d’avenir qui interpellent avant tout le lecteur dont l’attention est captée par un projet de société d’avant-garde. Un projet chiffré – de 10 milliards de dollars US – qui fait la part belle à la croissance économique – de 10 % en 2014 à 18,25 % en 2019 –, à la défense nationale, à la sécurité et à la protection civile. Un programme qui met l’accent sur la création de 20 100 000 emplois en 5 ans, réduisant ainsi le chômage de 40 à 50 points – soit de 80 ou 70 % à 30 %. Un projet qui ambitionne de scolariser, au moyen d’un plan quinquennal, au moins 16 millions de personnes de 2014 à 2019 et de salarier plus de 725 000 enseignements et personnel d’encadrement… Un projet qui préconise une diplomatie efficace au service d’une économie ouverte à l’Afrique centrale et orientale, ainsi que le renforcement des politiques régionales grâce aux unions douanières… A travers ce programme, on sent se profiler l’amour et le dévouement d’un patriote. On perçoit la démarche d’un visionnaire soucieux de doter le Congo-Kinshasa de fondations solides pour permettre à la Postérité de bâtir, dans la paix, un pays plus beau qu’avant. Ainsi les sillons sont-ils tracés, il ne reste plus qu’à les suivre.

Ferdinand Lufete

© Agoravox

mardi 19 novembre 2013

Autour de ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs

Les députés et sénateurs congolais ont moins de trente jours pour examiner et adopter, lors de la session ordinaire de septembre, le projet de loi des finances pour l’exercice 2014 et l’envoyer au Président de la République pour promulgation. Alors que le gouvernement Matata Ponyo n’a pas encore déposé le projet de Budget de l’Etat de l’année prochaine au bureau de l’Assemblée nationale, dans mon dernier ouvrage intitulé « Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs », paru le 15 novembre 2013 chez L’Harmattan à Paris, je propose un budget de plus de 7,75 milliards d’euros, soit plus de 10,2 milliards de dollars US, pour l’année 2014 en vue d’une politique à la hauteur des attentes des Congolaises et des Congolais.

Un programme alternatif
 
Dans cet ouvrage, il n’est nullement question d’envisager un quelconque poste ministériel dans un gouvernement de cohabitation nationale que compte mettre en place le président de la République Démocratique du Congo. Loin de moi l’idée de faire partie d’un cadre gouvernemental dans de circonstances non prévues par la Constitution, lequel ne bénéficie d’aucune majorité parlementaire issue des élections législatives. Il n’est pas non plus dans mes intentions de rentrer dans la ratière au détriment des intérêts du peuple congolais. Je me suis toujours considéré comme un opposant constructif. Est-il que tout le monde me reconnaît comme tel, j’ai l’obligation d’incarner une alternative crédible au régime en place à Kinshasa aussi cohabitationniste soit-il. Et cela passe avant tout par un projet non seulement d’avant-garde, mais surtout crédible.

Un projet chiffré

Le projet que je propose aux Congolaises et aux Congolais est non seulement chiffré, mais il décline le budget pour 2014 afin de soutenir une politique humaniste en matière d’emploi, de santé publique et d’éducation, une politique audacieuse en matière de défense nationale et de diplomatie régionale. Cela ne consiste en rien en une leçon administrée au gouvernement Matata Ponyo qui peine à présenter le sien. En tout cas, je n’ai jamais envisagé la politique comme une adversité sur fond de machiavélisme. Je ne la conçois pas non plus comme une compétition cynique en vue de la prise à tout prix du pouvoir.
Aspirant un jour à présider aux destinées de la République Démocratique du Congo, mes propositions ne peuvent être crédibles que si elles s’appuient sur un budget réaliste. Je ne suis pour rien dans les difficultés qu’éprouvent, s'agissant de ’adoption du budget 2014, le gouvernement en place à Kinshasa. Je ne fais que jouer mon rôle d’opposant consciencieux. Mes prévisions budgétaires, je les ai établies en fonction du budget gouvernemental 2013 et à la suite de différentes observations faites pendant l’exercice qui est en train de s’achever. Mon budget pour 2014, qui est de plus de 7,75 milliards d’euros, pourra être rectifié trois mois après l’exercice 2014. Ainsi atteindra-t-il dans les trois premiers mois de l'exercice gouvernemental, selon les différentes simulations, au moins 10 milliards d’euros grâce à la maîtrise du circuit informel qui génère annuellement plus de 11,13 milliards d’euros.

La déconcentration, un véritable cheval de bataille

On ne peut que se poser des questions sur la politique de décentralisation voulue par le président de la République Démocratique du Congo depuis 2006. Voilà pourquoi, dans mon ouvrage, l’accent est mis sur la déconcentration. Celle-ci consiste à accorder une certaine autonomie à des institutions ne détenant pas de personnalité morale, tandis que la décentralisation abandonne quelques compétences à des institutions dotées de personnalité morale. J’estime que la fonction publique étatique doit être déconcentrée pour assurer efficacement la présence de l’Etat sur la totalité du territoire national et rendre aux populations les services auxquels elles ont droit. Je suis convaincu qu’une déconcentration intelligente et pratique permettra à l’armée nationale congolaise de mieux se déployer dans les différentes zones de défense militaire et de protéger de manière performante, en temps et en heure, la patrie en cas d’agression intérieure ou extérieure. Je suis très soucieux de la meilleure articulation dans la chaîne de commandement des Forces armées de la République Démocratique du Congo.

La diplomatie régionale

Cette diplomatie régionale sur laquelle je me penche concerne notamment les pays des Grands Lacs. Ai-je l’impression que le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda constituent une menace permanente contre la République Démocratique du Congo ? Quand on a été mordu par le serpent, dit un proverbe bantou, on craint même le mille-pattes. Même en étant un homme de dialogue, il me semble qu’un pays immensément riche et ayant neuf voisins est condamné à exceller dans la diplomatie et à se doter d’une armée dissuasive. Cela lui permettra d’être non seulement craint, mais aussi de garantir la paix à ses populations. Je tiens beaucoup à l’intégrité du territoire national et à notre souveraineté au regard de la communauté internationale.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Titre : Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs
Editeur : L’Harmattan
Collection : Etudes Africaines
ISBN : 978-2-343-02079-2

vendredi 8 novembre 2013

Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs : très prochainement en librairie en France

Ma vision pour le Congo-Kinshasa, c’est celle d’un pays capable de conjuguer le dynamisme économique avec la justice sociale ; c’est celle d’un pays qui fait le choix de la paix, de la croissance et de l’État de droit. C’est en surmontant les défis de la compétitivité et de la solidarité que les Congolais bâtiront le Congo-Kinshasa du troisième millénaire. C’est en privilégiant la conception républicaine qu’ils consolideront la cohésion nationale. Ainsi feront-ils triompher la démocratie.
Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, il est inimaginable qu’un projet puisse être viable dans la région des Grands Lacs tant que le Congo-Kinshasa n’a pas retrouvé sa pleine souveraineté, tant que la confiance n’est pas rétablie entre les peuples congolais, burundais et rwandais. En tout cas, les pays limitrophes ont plus besoin de la stabilité et du développement économique de leur grand voisin plutôt que de ses ressources naturelles. De plus, un Congo-Kinshasa pacifié servira in fine de vivier à la région des Grands Lacs et à toute l’Afrique centrale.

 L'auteur :

Gaspard-Hubert Lonsi Koko est un homme qui entend avant tout concilier l’humanisme et la démocratie, une thèse contradictoire avec le « statu quo ante ». Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique et La République Démocratique du Congo, un combat pour la survie.

Editeur : L'Harmattan
Prix : 15,50 euros

samedi 6 avril 2013

Développer la RDC, reconstruire la région des Grands lacs

La République démocratique du Congo est un pays très vaste[1] qui compte au moins 69 millions d’habitants et occupe, selon le PNUD, le 168e rang sur 177 en termes de développement humain. Sa population est répartie en plus de 200 ethnies.[2] Son sol et son sous-sol regorgent de nombreuses ressources. Qualifié de « scandale géologique », à cheval sur l’équateur et s’étendant sur deux fuseaux horaires, ce pays est un géant situé au cœur du continent africain et sert de trait d’union entre l’Afrique de l’Est, l’Afrique australe et l’Afrique centrale. Le Congo-Kinshasa est une puissance économique incontournable, aussi bien dans la région qu’à l’échelle continentale, et occupe de facto une situation géostratégique non négligeable.

Toutefois, même avec son énorme potentiel, il reste un géant aux pieds d’argile miné par l’incohésion nationale et une balkanisation rampante. Cette puissance virtuelle, qui ne cesse de se chercher, peine à décoller. Cela est dû non seulement à l’incapacité de sa classe politique et de son élite à impulser une nouvelle dynamique, mais aussi à l’insécurité.

Depuis l’indépendance en 1960, une série de facteurs fragilisent l’unité du pays. Primo, le territoire national a des frontières artificielles autour du bassin du Congo dont le fleuve fut l’une des voies de pénétration au moment de l’expédition coloniale. Le pays dispose d’une ouverture très réduite sur l’Atlantique : 37 km, soit un peu plus que la largeur du delta. Secundo, la grande diversité ethnique n’a cessé d’être une source de nombreux conflits endogènes et exogènes. De plus, les principales ethnies appartiennent au groupe bantou et vivent à cheval sur des États frontaliers. Tertio, le milieu naturel et ses conséquences sur les infrastructures ont toujours posé problème au développement économique — la moitié du territoire congolais étant couverte de forêts denses. Cela rend les communications difficiles. Le fleuve Congo, qui mesure au total 4 700 km, est navigable seulement sur certains tronçons. À peine 2 % des routes sont asphaltées, d’où la dépendance du pays à ses voisins pour les exportations. Quarto, le Congo est riche en cuivre, or, diamant, niobium, uranium, cobalt, étain, cassitérite, coltan,[3] pétrole, café, cacao, bois rares… Ces ressources, lesquelles sont attractives et suscitent des rivalités à l’intérieur et à l’extérieur, ne cessent d’entretenir les conflits qui affaiblissent le pays dès septembre 1996 [lire la suite].

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mardi 4 septembre 2012

REAGISSANT A LA PARTICIPATION DU PRESIDENT HOLLANDE AU SOMMET DE LA FRANCOPHONIE DE KINSHASA


Gaspard-Hubert Lonsi Koko : « J'apprécie le courage politique de François Hollande, ainsi que sa volonté de tout dire partout en Afrique. »

1. En tant qu’acteur politique Congolais et ancien cadre du parti socialiste français, comment réagissez-vous à la participation de François Hollande au sommet de la Francophonie de Kinshasa ?

Je ne peux qu’apprécier le courage politique de François Hollande, ainsi que sa volonté de tout dire partout en Afrique. J’espère que sa participation au XIVe sommet de la Francophonie sera l’occasion de décliner la nouvelle politique africaine de la France et de faire oublier le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy. Ainsi devra-t-il absolument conditionner l’aide de la France à un système représentatif, aux élections libres et transparentes, à la liberté de la presse, à l’indépendance de la magistrature, au refus de la censure, au droit de se syndiquer, au respect des droits fondamentaux de la personne humaine…

2. Certains membres de l’opposition et de la société civile congolaise ont souhaité ardemment la délocalisation de ce sommet dans un autre pays. Avez-vous compris cette prise de position ?

La divergence au sein de l’opposition congolaise et de la société civile, s’agissant de la tenue du sommet de la Francophonie à Kinshasa, fait partie du jeu politique. Mais cela ne doit en aucun cas nous obliger à sombrer piteusement dans la pensée unique. Nous ne pouvons pas revendiquer, à juste titre, les principes démocratiques et diaboliser systématiquement ceux qui soutiennent une opinion contraire. La délocalisation de ce sommet aurait certes fragilisé et isolé le régime de Kinshasa. En revanche, elle aurait encouragé davantage quelques pays voisins dans leur tentative de balkaniser la République du Démocratique du Congo. Nous devons retenir la leçon de ce qui s’est passé récemment au Mali. Nous ne devons pas oublier que nous continuons de payer très cher l’aide de nos voisins relative au départ de Mobutu du pouvoir. Nous devons avoir la sagesse de protéger notre pays contre les menaces extérieures, et la capacité de régler nos problèmes internes entre nous.

3. Ce débat autour de la présence de François Hollande à Kinshasa avait-il vraiment lieu d’être surtout lorsqu’on sait que les relations entre les Etats sont basées sur les intérêts et rien d’autre ?

Il est vrai que les affaires d’État ne se gèrent pas sur la base des sentiments. En confirmant sa présence au sommet de Kinshasa, François Hollande avait à l’esprit la géopolitique en cours. Il ne pouvait pas faire abstraction des lois de la realpolitik. Si l’Afrique est un continent prometteur sur le plan économique, la République Démocratique du Congo représente un enjeu énorme sur le plan géostratégique. La polémique est toujours stérile quand elle n’est couronnée d’aucune proposition constructive. Il me semble que les Congolais de France doivent faire de François Hollande leur porte-parole afin d’exprimer « avec force et vigueur », devant les chefs d’État et de gouvernement francophones, leurs aspirations concernant le respect des valeurs universelles.

4. A votre avis, quel sera l’impact de ce sommet sur la politique intérieure de la RD Congo ?

L’impact de ce sommet ne peut qu’être considérable, surtout au regard de la situation régionale. En effet, les autorités congolaises doivent profiter de la présence à Kinshasa de différents chefs d’État et de gouvernement pour solliciter leur soutien en vue de la sécurisation de la partie orientale de la République Démocratique du Congo et de la pacification de la région des grands lacs africains. Ce sera l’occasion de poser les problèmes ayant trait à la présence des éléments des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) dans le territoire congolais et à l’instrumentalisation des éléments armés par les pays limitrophes pour déstabiliser notre pays. Pour ce qui est de la politique intérieure, cela peut être l’occasion de défendre des positions privilégiant la cohésion nationale susceptible de garantir le processus démocratique.

5. Quel message, selon vous, devrait adresser le « président normal » aux autorités congolaises ?

François Hollande ne doit surtout pas apparaître comme un moraliste au regard des autorités congolaises, au risque d’être vu comme un néocolonialiste à l’instar de ses prédécesseurs. Il doit au contraire tenir un discours favorable aux seuls intérêts des populations et à l’État de droit. On attend de lui une vraie rupture avec les méthodes du passé, c’est-à-dire la novation au détriment de l’immobilisme.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

Cinq questions avec Gaspard-Hubert Lonsi Koko, porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)