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jeudi 5 décembre 2013

Un projet politique pour relever la RDC

Depuis plusieurs mois, la République démocratique du Congo (RDC) fait largement parler d'elle. Au nord-est de cet immense pays d'Afrique centrale, les viols et les massacres sont le quotidien d'une population désormais habituée à la guerre et à l'instabilité de ce pays, un des plus pauvres du monde. Essayiste et auteur de nombreux livres, Gaspard-Hubert Lonsi Koko est congolais et vit en France. Dans son ouvrage « Ma Vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs », il décrit son projet politique en faveur de l'avenir de son pays.
Au nord-est de la RDC, le Kivu est en guerre depuis plusieurs années. Photo : Julien Harneis/Flickr / cc


JOL Press : La République démocratique du Congo se situe à la 142ème place sur 162 en termes de développement humain. Vous notez également, dans votre livreMa Vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs que 80 % de la population « survit à la limite de la dignité humaine ». Cette situation est-elle seulement la conséquence de ces 15 dernières années de guerre ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : La catastrophique situation socio-économique que traverse la République Démocratique du Congo n’est pas seulement due à l’échec de la présidence de Joseph Kabila. Elle est aussi le résultat de l’insouciance des acteurs politiques congolais et de la mauvaise gestion de la chose publique par les différents gouvernements mobutistes et kabilistes. Il est consternant de réaliser que, depuis 1965, ce pays est géré comme une épicerie [lire la suite].
Propos recueillis par Sybille de Larocque pour JOL Press
© Jolpress

mercredi 30 octobre 2013

RD Congo : vers un règlement définitif de la crise du Kivu ?

Les rebelles du M23 fuient devant l'avancée de l'armée congolaise, qui gagne du terrain jour après jour. Le Nord Kivu, cette riche région du nord-est de la République démocratique du Congo qui attire la convoitise de pays voisins, au premier rang desquels le Rwanda ou l'Ouganda, réintègre la mère-patrie à mesure de l'avancée des soldats.
Des éléments du M23 pr-ès de Goma, capitale du Nord-Kivu. Photo : Gabe Joselow/Wikimedia Commons / cc
Cependant, la guerre n'est pas gagnée et la rébellion du M23 n'est qu'un élément de la crise du Kivu. Explications avec Gaspard-Hubert Lonsi Koko, essayiste et observateur des rapports Nord-Sud.
L’armée congolaise, appuyée par les forces de l’ONU, semble gagner de plus en plus de terrain face au M23. Peut-on déjà parler de déroute ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Il est plus prudent de ne pas vendre la peau de l’ours avant d’être sûr de l’avoir abattu. Neutraliser les éléments du M23 est une chose. Stabiliser complètement la région du Kivu en est une autre. Le M23 étant l’émanation du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), rien ne garantit que sa décapitation ne va pas générer d’autres mouvements armés. Raison pour laquelle la victoire militaire sur ce groupe rebelle doit être accompagnée d’un accord de non-agression entre le Rwanda, l’Ouganda et la RD Congo – l’objectif est de pacifier pour longtemps la région des Grands Lacs.
Le chef de la Monusco, Martin Kobler, a également parlé de « la fin militaire du M23 ». Peut-on alors croire à la fin de la crise du Kivu ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : La crise est tellement profonde qu’elle ne sera pas résolue par la simple neutralisation du M23. Le pillage des minerais et la volonté expansionniste sont les causes premières de la déstabilisation du Kivu. Il va falloir que les dirigeants rwandais et ougandais, ainsi que les puissances extracontinentales qui soutiennent les groupes armés sur le sol congolais puissent renoncer à leurs agendas cachés. Il va falloir aussi œuvrer en vue d’une réelle réconciliation entre les populations régionales pour que l’on puisse envisager sérieusement le réaménagement de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL).
Les pays observateurs de la RDC appellent au retour des négociations avec le M23. Pourtant, Kinshasa semble privilégier l’option militaire jusqu’à l’anéantissement de la rébellion. Pourquoi cet acharnement ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : On ne peut pas mettre en cause la volonté de Kinshasa à trouver une solution pacifique à la dramatique situation en cours dans le Nord-Kivu. Par de nombreuses tergiversations, le M23 et ses parrains ont joué avec le feu. Fallait-il que ce feu s’abatte impitoyablement sur eux pour qu’ils deviennent raisonnables ? Certes, un enfant ne reconnaît les conséquences du feu qu’après s’être brûlé. Kinshasa est en droit de rétablir l’ordre dans le Kivu et d’assurer la défense de son territoire. S’il faut reprendre les pourparlers de Kampala, les discussions doivent se faire sur la base des lois congolaises violées par les éléments du M23, sur les soutiens apportés aux rebelles par le Rwanda et l’Ouganda et sur les poursuites des auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.
Quelle est la position du Rwanda, unanimement accusé de soutenir le M23, face à cette déroute ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Pour voler au secours de ses poulains en pleine débandade, le Rwanda menace d’intervenir sur le sol congolais en cas de dégâts collatéraux. Pathétique réaction. Si le président Kagamé veut jouer à ce jeu, la guerre finira là où il a été planifié qu'elle s'achève, c’est-à-dire à Kigali. De plus, le peuple congolais est enfin déterminé à s’appuyer sur l’obstacle et non à s’ingénier sans cesse à le contourner.
Certains observateurs estiment qu’il faudrait désormais arrêter de nier que le M23 n’est pas sous la coupe du Rwanda et soutenir des négociations directement entre Kigali et Kinshasa. Qu’en pensez-vous ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Pour discuter directement avec le Rwanda, il fallait que Paul Kagamé abatte ses dernières cartes. Il ne pouvait le faire qu’à la suite de la neutralisation du M23. Le peuple congolais a toujours été non belliqueux. Une initiative allant dans le sens de la pacification de la région des Grands Lacs ne peut qu’obtenir son aval. Encore faut-il que les dirigeants rwandais et burundais soient sincères. Quand on a été mordu par le serpent, on craint même le mille-pattes. C’est une question de confiance. Celle-ci ne se rétablira pas naturellement, du jour au lendemain. Il faut des vrais hommes et femmes d’Etat, du côté congolais et rwandais, pour éteindre le feu. Le bon sens voudrait que chacun mette un peu d’eau dans le vin de palme.
A quoi pourraient mener de telles négociations ?
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : A éviter que les violations des droits fondamentaux de la personne humaine ne se reproduisent. A s’atteler à la pacification de la région des Grands Lacs. A consolider des accords de non-agression et à mettre en place des mécanismes pouvant sanctionner leur violation. A respecter l’intégrité territoriale et la souveraineté des pays de la région… A vivre en bonne intelligence et dans la compréhension mutuelle… A montrer au reste du monde que les êtres humains sont capables de transformes les problèmes en quelque chose de bien...
Propos recueillis par Sybille de Larocque pour JOL Press

vendredi 23 novembre 2012

« Des puissances occidentales cherchent la balkanisation de la RDC »

Alors que les rebelles du M23 poursuivent leur avancée sur le territoire congolais, après la prise de la ville de Goma, dans la région du Nord-Kivu, la crise guette et l’insurrection pourrait se propager rapidement dans tout le pays, car les rebelles ont le champ libre, aucune force ne s’oppose à eux. Gaspard-Hubert Lonsi Koko, essayiste et observateur des rapports Nord-Sud, donne son analyse de la situation.

Après leur première offensive, les rebelles du M23 se sont emparés de Goma, la capitale du Nord-Kivu. Derrière cette offensive, que ni les casques-bleus de l’ONU ni les forces armées congolaises n’ont empêchée, de nombreux doutes subsistent.
Qui est vraiment derrière cette attaque ? Pourquoi Joseph Kabila, à la tête de la République démocratique du Congo, est resté inactif ? Pourquoi les Nations unies semblent également se taire devant le risque de balkanisation de la RDC ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko, essayiste et observateur des rapports Nord-Sud, également contributeur pour JOL Press, répond à ces questions, donne son analyse de la situation [lire la suite].

Propos recueillis par Syblille de Larocque

© Jolpress