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mardi 4 septembre 2012

REAGISSANT A LA PARTICIPATION DU PRESIDENT HOLLANDE AU SOMMET DE LA FRANCOPHONIE DE KINSHASA


Gaspard-Hubert Lonsi Koko : « J'apprécie le courage politique de François Hollande, ainsi que sa volonté de tout dire partout en Afrique. »

1. En tant qu’acteur politique Congolais et ancien cadre du parti socialiste français, comment réagissez-vous à la participation de François Hollande au sommet de la Francophonie de Kinshasa ?

Je ne peux qu’apprécier le courage politique de François Hollande, ainsi que sa volonté de tout dire partout en Afrique. J’espère que sa participation au XIVe sommet de la Francophonie sera l’occasion de décliner la nouvelle politique africaine de la France et de faire oublier le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy. Ainsi devra-t-il absolument conditionner l’aide de la France à un système représentatif, aux élections libres et transparentes, à la liberté de la presse, à l’indépendance de la magistrature, au refus de la censure, au droit de se syndiquer, au respect des droits fondamentaux de la personne humaine…

2. Certains membres de l’opposition et de la société civile congolaise ont souhaité ardemment la délocalisation de ce sommet dans un autre pays. Avez-vous compris cette prise de position ?

La divergence au sein de l’opposition congolaise et de la société civile, s’agissant de la tenue du sommet de la Francophonie à Kinshasa, fait partie du jeu politique. Mais cela ne doit en aucun cas nous obliger à sombrer piteusement dans la pensée unique. Nous ne pouvons pas revendiquer, à juste titre, les principes démocratiques et diaboliser systématiquement ceux qui soutiennent une opinion contraire. La délocalisation de ce sommet aurait certes fragilisé et isolé le régime de Kinshasa. En revanche, elle aurait encouragé davantage quelques pays voisins dans leur tentative de balkaniser la République du Démocratique du Congo. Nous devons retenir la leçon de ce qui s’est passé récemment au Mali. Nous ne devons pas oublier que nous continuons de payer très cher l’aide de nos voisins relative au départ de Mobutu du pouvoir. Nous devons avoir la sagesse de protéger notre pays contre les menaces extérieures, et la capacité de régler nos problèmes internes entre nous.

3. Ce débat autour de la présence de François Hollande à Kinshasa avait-il vraiment lieu d’être surtout lorsqu’on sait que les relations entre les Etats sont basées sur les intérêts et rien d’autre ?

Il est vrai que les affaires d’État ne se gèrent pas sur la base des sentiments. En confirmant sa présence au sommet de Kinshasa, François Hollande avait à l’esprit la géopolitique en cours. Il ne pouvait pas faire abstraction des lois de la realpolitik. Si l’Afrique est un continent prometteur sur le plan économique, la République Démocratique du Congo représente un enjeu énorme sur le plan géostratégique. La polémique est toujours stérile quand elle n’est couronnée d’aucune proposition constructive. Il me semble que les Congolais de France doivent faire de François Hollande leur porte-parole afin d’exprimer « avec force et vigueur », devant les chefs d’État et de gouvernement francophones, leurs aspirations concernant le respect des valeurs universelles.

4. A votre avis, quel sera l’impact de ce sommet sur la politique intérieure de la RD Congo ?

L’impact de ce sommet ne peut qu’être considérable, surtout au regard de la situation régionale. En effet, les autorités congolaises doivent profiter de la présence à Kinshasa de différents chefs d’État et de gouvernement pour solliciter leur soutien en vue de la sécurisation de la partie orientale de la République Démocratique du Congo et de la pacification de la région des grands lacs africains. Ce sera l’occasion de poser les problèmes ayant trait à la présence des éléments des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) dans le territoire congolais et à l’instrumentalisation des éléments armés par les pays limitrophes pour déstabiliser notre pays. Pour ce qui est de la politique intérieure, cela peut être l’occasion de défendre des positions privilégiant la cohésion nationale susceptible de garantir le processus démocratique.

5. Quel message, selon vous, devrait adresser le « président normal » aux autorités congolaises ?

François Hollande ne doit surtout pas apparaître comme un moraliste au regard des autorités congolaises, au risque d’être vu comme un néocolonialiste à l’instar de ses prédécesseurs. Il doit au contraire tenir un discours favorable aux seuls intérêts des populations et à l’État de droit. On attend de lui une vraie rupture avec les méthodes du passé, c’est-à-dire la novation au détriment de l’immobilisme.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

Cinq questions avec Gaspard-Hubert Lonsi Koko, porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

jeudi 12 juillet 2012

A propos de la participation de François Hollande au 14ème sommet de la Francophonie à Kinshasa


Yamina Benguigui : « Le président Hollande n’a pas encore décidé. »


A en croire Yamina Benguigui, ministre déléguée en charge de la Francophonie, François Hollande n’est pas encore décidé de participer au 14ème sommet de la Francophonie qui se tiendra à Kinshasa (République Démocratique du Congo) du 12 au 1’ octobre 2012. C’est ce qui ressort de l’audience que le président français a accordée lundi 9 juillet au palais de l’Elysée à Abdou  Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

La participation ou non du président français, François Hollande, au 14ème sommet de la Francophonie, prévu du 12 au 14 octobre prochain à Kinshasa continue de faire des vagues. Ira ou n’ira pas ?
C’est le but essentiel de l’entretien qu’il a eu lundi 9 juillet avec le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, entrevue à laquelle a assisté la ministre déléguée chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui, également représentante personnelle du président français auprès de cette institution.
L’ancien président socialiste sénégalais, a-t-il réussi à convaincre le président français à faire le voyage de Kinshasa ? Rien n’est moins sûr.
« Les autorités de la République Démocratique du Congo (RDC) doivent démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’Etat de droit », a affirmé l’Elysée dans un communiqué de presse diffusé à l’issue de cet entretien.
Sollicitée par les médias -à la sortie de l’Elysée-, dont le Magazine congolais en Europe, « Ngambo na Ngambo », Yamina Benguigui a répondu aux questions des journalistes.  
« Le président Hollande n’a pas encore décidé », a-t-elle affirmée.  « On a eu un bon entretien avec le président Abdou Diouf », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle même allait se rendre à Kinshasa du 25 au 28 juillet.
Selon l’AFP, « tout est en bonne voie », a assuré la ministre à la presse dans la cour de l’Elysée.
Le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, ne s’est pas exprimé auprès des médias !
Une quarantaine de chefs d’Etat devraient participer à ce sommet, mais le déroulé des dernières élections-présidentielle et législatives-, du 28 novembre 2011, ayant suscité de nombreuses critiques, beaucoup d’entre eux hésitent à se rendre à Kinshasa.

UNE GAGEURE

La République Démocratique du Congo est actuellement  le pays francophone le plus peuplé, devant la France. Selon l’OIF, il y’aurait 78% de la population sachant lire et écrire le français. Ce nombre atteint les 87% si l’on prend juste ceux qui savent le parler.
Malgré la position de Congo-Kinshasa sur l’échiquier francophone, l’organisation d’un sommet  dans ce pays pose toujours problème. Une gageure.
En 1990, sous le régime du Maréchal Mobutu, le sommet de la Francophonie programmé à Kinshasa avait été annulé à cause des incidents du campus de Lubumbashi où l’on avait enregistré la mort d’un étudiant.
Cette année, le président fraîchement élu de la République française, François Hollande, semble hésiter à se rendre à Kinshasa en octobre pour  le sommet de la Francophonie.
« En se rendant à Kinshasa, François Hollande enverrait un message plus que trouble aux pays d’Afrique où la démocratisation est encore une lutte quotidienne que l’on paie au prix du sang », affirment les opposants du régime en place à Kinshasa.  
La République Démocratique du Congo serait-elle poursuivie par un signe indien ? Et si François Hollande se rendait à Kinshasa –profitant de l’opportunité qui lui est offerte- pour prononcer un discours fondateur qui redéfinirait la nouvelle vision de la France en matière de démocratie et l’Etat de droit en Afrique ?
Selon l’Elysée, cette hypothèse n’est pas à exclure. A suivre.

Robert Kongo, correspondant en France  du quotidien « Le Potentiel »