lundi 8 octobre 2012

Pour une paix durable en RDC et dans la région des grands lacs

M. Joseph Kabila est président de la République depuis 2001. Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, force est de constater qu’il n’est parvenu, onze années plus tard, à sécuriser le territoire national ni à pacifier la partie orientale de la République Démocratique du Congo. Pis encore, la présence étatique n’est pas assurée dans certaines contrées. Cela risque de porter préjudice à l’unité nationale, au point de rendre de plus en plus crédible l’hypothèse du démembrement de la région du Kivu. Dans ce contexte défavorable à la cohésion nationale, le plan de sortie de crise préconisé par M. Vital Kamerhe, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), a certes le mérite de mettre les pieds dans le plat. Malheureusement, il pêche sur plusieurs plans, comme nous l'explique Gaspard-Hubert Lonsi Koko.
 
Gaspard-Hubert Lonsi Koko, porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la paix au Congo (RDPC) - Photo RDPC.

Il est des moments où une crise doit aller jusqu’au bout de son paroxysme. Ainsi est-il inutile de vouloir systématiquement contourner un obstacle. Il faudra au contraire avoir le courage de s’appuyer dessus. 

Un négociateur impartial 

D’aucuns connaissent le rôle néfaste joué par l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi en vue de la déstabilisation de l’Est de la République Démocratique du Congo. Accepter le président ougandais, Yoweri Kaguta Museveni, comme négociateur entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23 ne pourrait que relever de la naïveté, de l’impuissance et de la complicité. En effet, l’Ouganda, qui mise, comme ses alliés locaux, sur la désintégration de son grand voisin, sera a fortiori juge et partie. Sa partialité ne pourra que renvoyer dos-à-dos les belligérants, et cautionner l’impunité en faveur des criminels réclamés par la Cour pénale internationale.

La République Démocratique du Congo étant un pays souverain, le Rassemblement pour le développement et la paix au Congo (RDPC) milite pour que l’oubli n’efface à jamais les crimes de guerre et crimes contre l’Humanité commis par les bourreaux des grands lacs. En conséquence, aucun pays impliqué d’une manière ou d’une autre dans les actions relatives aux violences sexuelles, aux violations des droits fondamentaux de la personne humaine, à l’enrôlement de force des enfants dans les groupes armés et au génocide congolais[1] ne doivent faire partie de la médiation. Ainsi le RDPC demande-t-il au président Joseph Kabila de solliciter ses pairs francophones en vue d’une diplomatie susceptible de convaincre le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda de cesser toute implication, directe ou indirecte, dans la région du Kivu. La Francophonie en particulier, et la communauté internationale en général, devront mener à leur encontre la politique de la carotte et du bâton.

Une assistance militaire aux FARDC[2]

Le malheur des populations de l’Est de la République Démocratique du Congo résulte de l’opération Turquoise[3]. La France ayant de ce fait une responsabilité morale au regard des crimes et des violations des droits fondamentaux de la personne humaine à l’encontre des autochtones congolais, le RDPC incite le président Joseph Kabila à demander à son homologue François Hollande pour que la France pèse de tout son poids au Conseil de sécurité des Nations Unies. L’objectant consiste à ce que la Monusco reste la force neutre et puisse assister les FARDC dans leur tâche ayant trait à la pacification de la région du Kivu.

Le rôle négatif des multinationales 

D’aucuns savent que le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi ne sont que des bras séculiers de multinationales qui sont intéressées à moindre coût par les richesses dont regorge la République Démocratique du Congo. La non-ingérence de ses entreprises étrangères privera leurs faire-valoir de la région des grands lacs de moyens qu’ils mettent à la disposition des rebelles qui sévissent dans la région du Kivu.
Le RDPC souhait que le législateur congolais adapte quelques lois nationales aux divers plans anti-corruption, comme la loi américaine contre les pratiques de corruption à l’étranger (Foreign Corrupt Practices Act)[4] et la loi anglaise[5] concernant les poursuites à l’encontre des multinationales dont les maisons-mères n’ont aucun dispositif de prévention adéquat.

L’illégitime du pouvoir politique

On ne peut continuer d’ignorer l’illégitimité du pouvoir politique en place à Kinshasa, qui ne cesse d’hypothéquer la cohésion nationale. En effet, les conséquences de la crise due aux élections bâclées de 2011[6] ne peuvent qu’encourager le recours aux armes pour sanctionner ceux qui se sont maintenus aux commandes des institutions étatiques indépendamment de la volonté populaire. Sans pour autant sombrer dans les erreurs du passé, allusion entre autres au système « 1 + 4 »[7] ayant été mis en place avant l’élection présidentielle de 2006, le RDPC est favorable aux solutions idoines. Ainsi les Congolais de l’étranger doivent-ils être impliqués, au même titre que les acteurs locaux, dans toute initiative relative à la cohésion nationale.
Documentation
- NicolasSarkozy et Paul Kagame : les noces franco-rwandaises.


[1] La mort de six millions de Congolais est reconnue par les Nations Unies (voir rapport du Projet Mapping 2010 concernant les violations des droits de l'homme 1993-2003).
[2] Forces armées de la République Démocratique du Congo.
[3] Cette opération fut mandatée par les Nations Unies, par le vote de la résolution 929, et menée et par l’armée française – sous le commandement du général Jean-Claude Lafourcade du 21 juin au 24 août 1994 – pour le maintien de la paix au Rwanda. La résolution onusienne avait prévu un déploiement français avec des objectifs humanitaires en coopération avec la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR). Un pont aérien fut donc réalisé entre Paris et Goma, ayant projeté hommes et matériels à l’Est de la République du Zaïre (l’actuel République Démocratique du Congo).
[4] Elle a été utilisée de manière agressive par des juges américains contre des multinationales, lors de pratiques de dessous de table avérées dans le monde.
[5] Une nouvelle loi anti-pots-de-vin au Royaume-Uni, peut-être la plus dure en l’espèce dans le monde, peut avoir des effets sur la lutte contre la corruption à un niveau global. Votée à la fin de l’année 2010, elle est en principe entrée en vigueur en avril 2011.
[6] Lors de la présentation officielle de son rapport final sur le déroulement des élections du 28 novembre dernier, la Voix des sans voix (VSV) a proposé l’organisation de nouvelles élections. Selon cet ONG, la République Démocratique du Congo connaît une crise de légitimité de pouvoir à cause des irrégularités constatées lors de ces élections. Elle a donc proposé l’instauration d’un dialogue entre Joseph Kabila et l’opposant Étienne Tshisekedi, le président d’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), pour la gestion consensuelle du pays en vue de l’organisation des nouvelles élections. (In La VSV demande l’organisation de nouvelles élections en RDC).
[7] Le pouvoir devait être partagé entre un président : Joseph Kabila et quatre vice-présidents. Le gouvernement d’union nationale, formé le 30 juin 2003, était chargé de mettre en œuvre le processus électoral dont le référendum constitutionnel, organisé les 18 et 19 décembre 2005, constituait la première étape, suivie par les élections présidentielle et législatives en juillet et octobre 2006. Le gouvernement avait aussi pour mission de rétablir l’autorité de l’État dans toutes les provinces, autorité bafouée par les belligérants qui s’étaient répartis leur contrôle administratif et militaire, au gré de leurs alliances et de leurs intérêts économiques.

vendredi 5 octobre 2012

Vers une balkanisation de la RDC?

1ère partie: Retour de Cuba
- Pierre Delannoy, reporter pour Géo et Paris Match.

2ème partie: Vers une balkanisation de la RDC?
- Christophe RIGAUD, journaliste, (blog Arikarabia).
- Gaspard-Hubert LONSI KOKO, homme politique congolais, candidat aux législatives en 2011, auteur de Congo-Kinsahasa : le degré zéro de la politique (L’Harmattan, avril 2012).

Invité(s) :
Christophe Rigaud, journaliste.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko, homme politique congolais.
Maria Malagardis


mercredi 3 octobre 2012

La RD Congo sur France culture

Le vendredi 5 octobre 2012 à 11 h 00 (heure de Paris), Gaspard-Hubert Lonsi Koko sera l'invité de CulturesMonde sur France Culture (93,5 MHz). L'émission sera consacrée à l'actualité en République Démocratique du Congo.

Qu’elles soient sociales, sociétales, environnementales, ou économiques ; les problématiques contemporaines se forment et s’appréhendent différemment selon les pays, les régions et les cultures du monde. CulturesMonde se veut une émission d’abord et avant tout culturelle au sens où elle tente de saisir les différences entre ces cultures qui s’entrechoquent, se frictionnent, dans le grand maelstrom de la mondialisation…

lundi 1 octobre 2012

La « règle d'or », pomme de discorde en France

Près de 64% des Français se prononceraient en faveur du « oui » au traité budgétaire européen s’il était soumis à référendum, contre 36 % qui voteraient « non », selon un sondage BVA publié récemment en France par Le Parisien/Aujourd’hui. La « règle d’or », l’un des points centraux du traité, est approuvée par 72 % des personnes interrogées, 25 % s’étant prononcé contre et 3 % étant sans opinion. BVA a néanmoins souligné que, si le « oui » semble devoir l’emporter largement, un scénario analogue à celui du référendum de 2005[1] n’est pas à exclure. De plus, le choix des 45 % des partisans du « oui » pourrait changer. Cette proportion s’élève à 40 % chez les partisans du « non ».
La situation budgétaire des pays signataires du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance en zone euro (TSCG) doit être « en équilibre ou en excédent », conformément à l’article 3 du traité de discipline budgétaire. C’est la fameuse « règle d’or ». Nicolas Sarkozy, qui avait négocié et signé ce traité le 2 mars 2011, était partisan de l’inscrire dans la Constitution. Lors de la campagne présidentielle, François Hollande, qui n’avait pas estimé nécessaire la révision constitutionnelle pour assurer le respect de la « règle d’or » par la France, s’était engagé à le « renégocier » pour y ajouter un volet consacré à la croissance et à l’emploi. Les Sages du Conseil constitutionnel ont abondé dans ce sens en ayant estimé, dans leur décision rendue le 9 août, que le traité de discipline budgétaire n’était pas contraire à la Constitution. En cas de non-respect de la transposition du TSCG dans le droit national, la Cour de justice européenne, saisie par l’un des États de l’Union, peut infliger des sanctions financières allant jusqu’à 0,1 % du PIB[2] [lire la suite]

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

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mardi 18 septembre 2012

EMISSION SPECIALE SUR RADIO VEXIN VAL DE SEINE


Le samedi 22 septembre à 16 h 00, heure de Paris, Robert Kongo vous propose une émission spéciale sur le sommet de la Francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa ( République Démocratique du Congo). Ce forum, le 14e du genre, verra la participation de François Hollande, Président de la République française depuis mai 2012.


Pour être plus complet sur l'actualité du moment dans ce sous-continent, il abordera également la situation de guerre dans l'Est du Congo. Invités: Gaspard-Hubert Lonsi Koko, porte-parole du "Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)" et Jean-Louis Tshimbalanga, président de l'association " Convergence pour l'Emergence du Congo".
Pour pouvoir écouter l'émission, branchez-vous sur 96.2FM ou le www.rvvs.fr

LA REDACTION

lundi 10 septembre 2012

Les réformes audacieuses pour sortir la France de la crise

Le chef de l’État François Hollande, conscient de l’impatience face à la crise, a défendu son bilan – s’agissant du chômage, du pouvoir d’achat, de la crise économique... – et a demandé deux ans d’efforts aux Français lors d’une interview sur TF1, le dimanche 9 septembre. Après avoir précisé sa mesure symbolique de taxe à 75% et s’être montré pédagogue sur la réduction des déficits, le président de la République française s’est interrogé sur l’avenir de son pays, en mettant l’accent sur les réformes nécessaires. Ainsi, François Hollande a-t-il expliqué sa politique, tout en mettant en garde : « Je ne vais pas faire en quatre mois ce que mes prédécesseurs n’ont pas fait en cinq ans ou en dix ans. »

D’aucuns, surtout dans l’opposition et à l’extrême gauche, ont mis l’accent sur la rigueur que François Hollande compte faire subir aux Français pendant deux ans. Quelle politique le président de la République française devra-t-il préconiser pour que « l’agenda du redressement » soit positif dans cinq ans ? [lire la suite]

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Jolpress.com

mardi 4 septembre 2012

REAGISSANT A LA PARTICIPATION DU PRESIDENT HOLLANDE AU SOMMET DE LA FRANCOPHONIE DE KINSHASA


Gaspard-Hubert Lonsi Koko : « J'apprécie le courage politique de François Hollande, ainsi que sa volonté de tout dire partout en Afrique. »

1. En tant qu’acteur politique Congolais et ancien cadre du parti socialiste français, comment réagissez-vous à la participation de François Hollande au sommet de la Francophonie de Kinshasa ?

Je ne peux qu’apprécier le courage politique de François Hollande, ainsi que sa volonté de tout dire partout en Afrique. J’espère que sa participation au XIVe sommet de la Francophonie sera l’occasion de décliner la nouvelle politique africaine de la France et de faire oublier le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy. Ainsi devra-t-il absolument conditionner l’aide de la France à un système représentatif, aux élections libres et transparentes, à la liberté de la presse, à l’indépendance de la magistrature, au refus de la censure, au droit de se syndiquer, au respect des droits fondamentaux de la personne humaine…

2. Certains membres de l’opposition et de la société civile congolaise ont souhaité ardemment la délocalisation de ce sommet dans un autre pays. Avez-vous compris cette prise de position ?

La divergence au sein de l’opposition congolaise et de la société civile, s’agissant de la tenue du sommet de la Francophonie à Kinshasa, fait partie du jeu politique. Mais cela ne doit en aucun cas nous obliger à sombrer piteusement dans la pensée unique. Nous ne pouvons pas revendiquer, à juste titre, les principes démocratiques et diaboliser systématiquement ceux qui soutiennent une opinion contraire. La délocalisation de ce sommet aurait certes fragilisé et isolé le régime de Kinshasa. En revanche, elle aurait encouragé davantage quelques pays voisins dans leur tentative de balkaniser la République du Démocratique du Congo. Nous devons retenir la leçon de ce qui s’est passé récemment au Mali. Nous ne devons pas oublier que nous continuons de payer très cher l’aide de nos voisins relative au départ de Mobutu du pouvoir. Nous devons avoir la sagesse de protéger notre pays contre les menaces extérieures, et la capacité de régler nos problèmes internes entre nous.

3. Ce débat autour de la présence de François Hollande à Kinshasa avait-il vraiment lieu d’être surtout lorsqu’on sait que les relations entre les Etats sont basées sur les intérêts et rien d’autre ?

Il est vrai que les affaires d’État ne se gèrent pas sur la base des sentiments. En confirmant sa présence au sommet de Kinshasa, François Hollande avait à l’esprit la géopolitique en cours. Il ne pouvait pas faire abstraction des lois de la realpolitik. Si l’Afrique est un continent prometteur sur le plan économique, la République Démocratique du Congo représente un enjeu énorme sur le plan géostratégique. La polémique est toujours stérile quand elle n’est couronnée d’aucune proposition constructive. Il me semble que les Congolais de France doivent faire de François Hollande leur porte-parole afin d’exprimer « avec force et vigueur », devant les chefs d’État et de gouvernement francophones, leurs aspirations concernant le respect des valeurs universelles.

4. A votre avis, quel sera l’impact de ce sommet sur la politique intérieure de la RD Congo ?

L’impact de ce sommet ne peut qu’être considérable, surtout au regard de la situation régionale. En effet, les autorités congolaises doivent profiter de la présence à Kinshasa de différents chefs d’État et de gouvernement pour solliciter leur soutien en vue de la sécurisation de la partie orientale de la République Démocratique du Congo et de la pacification de la région des grands lacs africains. Ce sera l’occasion de poser les problèmes ayant trait à la présence des éléments des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) dans le territoire congolais et à l’instrumentalisation des éléments armés par les pays limitrophes pour déstabiliser notre pays. Pour ce qui est de la politique intérieure, cela peut être l’occasion de défendre des positions privilégiant la cohésion nationale susceptible de garantir le processus démocratique.

5. Quel message, selon vous, devrait adresser le « président normal » aux autorités congolaises ?

François Hollande ne doit surtout pas apparaître comme un moraliste au regard des autorités congolaises, au risque d’être vu comme un néocolonialiste à l’instar de ses prédécesseurs. Il doit au contraire tenir un discours favorable aux seuls intérêts des populations et à l’État de droit. On attend de lui une vraie rupture avec les méthodes du passé, c’est-à-dire la novation au détriment de l’immobilisme.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

Cinq questions avec Gaspard-Hubert Lonsi Koko, porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

lundi 3 septembre 2012

Les 32 heures, outil indispensable contre le chômage


Selon le ministre du Travail, Michel Sapin, le seuil symbolique des 3 millions de demandeurs d’emploi sans activité était désormais franchi, ainsi que le taux de 10 % de chômeurs. Rappelons que le nombre de demandeurs d’emploi sans activité en France métropolitaine avait augmenté pour le quinzième mois consécutif en juillet dernier, de 41 300 personnes[1]. Avec l’outre-mer, 4,733 millions de demandeurs d’emploi étaient recensés pendant la même période, dont 3,232 millions sans aucune activité (catégorie A). Pour Michel Sapin, « il faut de la croissance pour pouvoir créer des emplois et ainsi lutter véritablement contre le chômage ». Le gouvernement français transmettra le 10 septembre aux partenaires sociaux un document d’orientation qui lancera la négociation sur la sécurisation de l’emploi, laquelle s’annonce difficile.

Un objectif déterminé

Il n’y a pas de règles strictes à mettre en œuvre de la part de l’État français, pour faire de la bonne économie. Face à l’activité économique, des hommes, des individus vivants[2], il n’y a que des décisions à prendre qui ne soient en aucun cas à contre-courant à la fois de la confiance populaire et des phénomènes économiques qui secouent l’environnement extérieur. Les techniques de la pratique gouvernementale et la politique mise en œuvre n’ont pas de rationalité en soi. Elles doivent se développer avec un objectif déterminé à court ou moyen terme, c’est-à-dire la croissance dont la logique ne suit pas de lois immuables et prédéterminées. Il s’agit de savoir gouverner dans toute la logique de l’évolution cyclique de la conjoncture, de la récession et de la crise, suivie de périodes de croissance dont il faut savoir au bon moment tirer profit avec souplesse, en les accompagnant, pour mieux contrôler les fluctuations économiques [lire la suite].
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

vendredi 31 août 2012

Hollande à Kinshasa agite l'opposition

La venue de François Hollande au 14ème Sommet de la Francophonie continue de faire polémique. Si Kinshasa se félicitent de la participation du président français, les voix de l'opposition congolaises sont plus dissonantes... Il y a les "contre", les "pour"...et ceux qui font avec.

Après la fin du suspens sur la participation de François Hollande au prochain Sommet de la Francophonie de Kinshasa, voici venu le temps des commentaires, des positionnements politiques... et des controverses. Sans surprise, le porte-parole du gouvernement de République démocratique du Congo (RDC) affiche une certaine satisfaction après l'annonce de la venue du président français à Kinshasa. Une décision qui "rend justice au peuple congolais", qui, "malgré la guerre qui prévaut dans le Kivu, fournit tous les efforts chaque jour et accepte des sacrifices, pour être prêt pour ce rendez-vous" [lire la suite].

Chritophe Rigaud

© Afrikarabia

lundi 27 août 2012

Sommet de la Francophonie : qu'attendre de François Hollande ?


Le président de la République française, François Hollande, a longtemps maintenu le suspens avant d’annoncer, lors du discours de politique étrangère inaugurant la XXème conférence des ambassadeurs, sa participation au sommet de la Francophonie prévu à Kinshasa du 12 au 14 octobre. Si la politique a horreur du vide, il est évident que les affaires d’État ne se gèrent pas sur la base des sentiments. Les intérêts de la France et le courage politique ne pouvaient que conduire François Hollande, n’en déplaise aux participants du boycott dudit sommet, à prendre une telle décision. Mais le président français saura-t-il redonner espoir, à cette occasion, aux millions de Congolais sans pour autant cautionner un pouvoir non accepté par la grande majorité d’entre eux ?
Le sommet de Kinshasa devra en principe constituer le cadre idéal,pour le président français, en vue de faire des propositions concernant un nouveau partenariat avec les pays francophones d’Afrique. Après le discours de Dakar[1], François Hollande devra chausser les bottes à la fois du général de Gaulle et de François Mitterrand, car une allocution fondatrice des relations constructives avec les pays du Sud, après celles de Phnom Penh[2] et de La Baule[3], est plus que jamais nécessaire [lire la suite].
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

jeudi 23 août 2012

A propos du déploiement d'une force neutre en RD Congo

Gaspard-Hubert Lonsi Koko: "Derrière cette idée se cache, en réalité, la mise en place d'une zone franche et de création d'un Etat autonome."


1. Que vous inspire l’accord sur le déploiement de la Force internationale neutre à l’intérieur des frontières congolaises décidé à Goma par le sous-comité des ministres de la Défense de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) ?
Il faut être naïf pour espérer négocier, alors que l’on se trouve entre les crocs du crocodile. Tous les pays la région des grands lacs n’ont qu’un seul objectif, c’est de fragiliser davantage la RD Congo pour mieux piller ses richesses et la saucissonner à leur convenance. Derrière l’idée d’une force neutre se cache, en réalité, la mise en place dans un premier temps d’une « zone franche » dans la région du Kivu et, dans un second temps, la création d’un État autonome. Ainsi le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, qui servent les intérêts extracontinentaux, seront au final les dindons de la farce. La RD Congo est en droit de demander, en tant que pays souverain, l’aide de ses partenaires. Je préconise donc la mise en place d’une « force d’assistance », et non d’interposition, pour permettre à l’État congolais d’asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire national.

2. D’après maints observateurs, le déploiement de cette force est un refus voilé de condamner clairement les principaux sponsors de l’agression contre la RD Congo, en l’occurrence Kigali et Kampala. Partagez-vous cet avis ?
Toutes les dénonciations contre l’agression de la RD Congo n’ont jamais été suivies d’une condamnation ferme contre leurs auteurs et leurs instigateurs. On se contente d’annoncer des hypothétiques suspensions d’aide et, en coulisse, on continue à s’appuyer sur Paul Kagamé et Yoweri Museveni pour déstabiliser la région du Kivu. Cela permet aux rebelles de conforter leurs positions, afin de pouvoir justifier leur enracinement sur le plan local. La sincérité doit consister à soutenir l’État souverain. J’exhorte donc les parlementaires nationaux à prendre des résolutions pour obliger le gouvernement à faire appel aux forces armées de la SADC et des autres pays d’Afrique centrale afin d’assister les FARDC, selon les modalités acceptées par le parlement, dans leurs actions relatives à la stabilisation de la partie orientale. Je leur demande d’exiger que le gouvernement intervienne auprès du conseil de sécurité des Nations Unies pour que la Monusco mette à la disposition de cette « force d’assistance » le matériel approprié.

3. N’y a-t-il pas un risque de voir cette force neutre de l’Union africaine faire obstruction au travail de la Monusco sur le terrain et empêcher celle-ci de faire le monitoring des nuisances rwandaises à la paix et à la stabilité de la RD Congo ?
L’Union africaine n’a pas les moyens de faire face à la guerre en RD Congo. Ses recommandations dans le règlement du conflit en cours au Nord du Mali devront l’inciter à mandater les pays de la SADC et de l’Afrique centrale à intervenir militairement aux côtés de FARDC dans la région du Kivu. En complémentarité de la « force d’assistance », la Monusco devra poursuivre son rôle en constatant la cessation des activités du CNDP, du M23, des FDLR et d’autre forces négatives instrumentalisées par le régime de Kigali. Elle devra aussi permettre l’évacuation des éléments des FDLR soit vers le Rwanda en vue du dialogue inter-rwandais, soit vers d’autres pays non limitrophes du Rwanda et de la RD Congo.

4. Ne pensez-vous pas que la mise en place de cette force neutre soit la matérialisation du projet de balkanisation de la RD Congo ?
Ceux qui dénonçaient à juste titre la présence des troupes rwandaises dans l’Est de la RD Congo sans l’aval du parlement se sont bizarrement inscrits, constate-t-on, aux abonnés absents au moment où des institutions régionales et internationales reconnaissent le rôle négatif de quelques pays limitrophes. Il est aussi étonnant que les parlementaires congolais se distinguent par l’inertie, alors qu’ils doivent intervenir avant toute décision relative à la présence d’une force étrangère dans le territoire national. Faut-il attribuer cette attitude à une incompétence de la classe politique congolaise, ou alors à sa complicité manifeste contre l’unité nationale ? Dans pareille circonstance, les Congolaises et les Congolais doivent se responsabiliser en commençant par faire preuve de patriotisme.

5. Dans quelques semaines, les chefs d’État de la CIRGL devront avaliser l’accord de Goma. Selon vous, Joseph Kabila devrait-il l’endosser ou pas ?

Le président Joseph Kabila ne peut pas engager la RD Congo dans un processus qui concerne l’unité nationale, sans avoir l’aval du parlement réuni en congrès. J’attire l’attention du peuple congolais sur le fait qu’il reste le souverain primaire. Ainsi lui revient-il, en cas de non-respect de la Constitution, d’agir par tous les moyens. Que la souffrance, la douleur, l’humiliation, les plaintes, les larmes, les lamentations du peuple congolais ne laissent indifférente aucune nation. Que Dieu tout puissant et les forces de l’Esprit, sans aucune distinction, agissent « hic et nunc » et accompagnent notre peuple dans son combat légitime en vue de la paix, de la sécurité, de la cohésion nationale ainsi que du développement économique, social et politique. J’ai dit !

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France.

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko, porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC).

© Le Potentiel

mardi 31 juillet 2012

Est de la RD Congo : Paul Kagamé dans l'œil du cyclone

Le Département d’État a récemment annoncé la suspension de son aide militaire[1] au Rwanda, en réaction à un rapport onusien sur la situation en cours dans la région des Grands Lacs africains. En effet, selon les experts des Nations Unies, le président Paul Kagamé soutient la rébellion dans la partie orientale de République Démocratique du Congo, en lui fournissant « des armes, du ravitaillement militaire et de nouvelles recrues ».


En ayant pris la décision de geler l’aide militaire au Rwanda, certains analystes estiment que les États-Unis ont mis fin à l’idylle, qui avait débuté il y a une quinzaine d’années, avec le président rwandais. Ainsi le soutien au groupe rebelle dénommé Mouvement du 23 mars (M23) a-t-il poussé Washington à appeler, par le truchement de la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, à « la fin des violences dans l’Est de la République Démocratique du Congo » et à ce que « cesse tout appui extérieur » aux insurgés congolais [lire la suite].


Gaspard-Hubert Lonsi Koko


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vendredi 27 juillet 2012

Françafrique : François Hollande et les partisans du statu quo


Depuis son investiture à la présidence de la République française, le 15 mai 2012, François Hollande a déjà reçu six de ses homologues africains et s'est entretenu au téléphone avec plusieurs autres. Gaspard-Hubert Lonski Koko se demande si le Président socialiste se différenciera de ses prédécesseurs, quant à sa politique africaine.

Depuis son investiture à la présidence de la République française, le 15 mai 2012, François Hollande a déjà reçu six de ses homologues africains. La réception du président en exercice de l’Union africaine, le Béninois Thomas Boni Yayi, a été suivie par celles du NigérienMahamadou Issoufou, du Guinéen Alpha Condé, du Gabonais Ali Bongo Odimba, du Sénégalais Macky Sall et de l’Ivoirien Alassane Dramane Ouattara. Il fallait rassurer ceux qui n’ont pas encore eu le temps de faire le pèlerinage de Paris. Ainsi François Hollande s’est-il entretenu au téléphone avec le Tchadien Idriss Déby Itno et le Burkinabé Blaise Compaoré. Le Premier ministre malgache a fait, dans la même optique, un détour en France où il a rencontré le ministre délégué au Développement, Pascal Canfin [lire la suite].
Gaspard-Hubert Lonsi Koko

jeudi 19 juillet 2012

François Hollande devra-t-il boycotter le XIVe Sommet de la Francophonie à Kinshasa ?


Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, accueillera du 12 au 14 octobre 2012 le XIVe Sommet de la Francophonie. Les Chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) se réuniront autour du thème relatif à la Francophonie, aux enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale.
Cette problématique a été retenue à l’occasion de la vingt-septième session de laConférence ministérielle de la francophonie (CMF) – sous la présidence de la Présidente de la Présidente de la Confédération suisse et cheffe du Département fédéral des Affaires étrangères,Micheline Calmy-Rey – qui s’était tenu à Paris du 1er au 2 décembre 2011 [lire la suite].
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
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mercredi 18 juillet 2012

Incohérence sur la situation en RDC : la charrue avant les bœufs


Lors du 19ème sommet de l’Union africaine qui s’est tenu récemment en Éthiopie, quelques dirigeants ont suggéré la mise en place d’une force neutre en vue de neutraliser les éléments du M23 et des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui sévissent dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo.

Mais cette décision a révélé le manque de volonté et de crédibilité des autorités africaines dans la résolution des problèmes dont souffre le continent. En effet, à l’instar de leurs homologues de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDAO) qui peinent à trouver la solution adéquate pour rétablir l’unité du Mali, les représentants de la Conférence internationale sur la région des grands lacs (CIRGL) ont confirmé, à l’issue de la rencontre du 11 juillet à Addis-Abeba, leur incapacité à décliner des mesures d’urgence s’agissant du conflit dont les dégâts collatéraux hypothèquent l’entente cordiale à travers l’Afrique orientale [lire la suite].
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
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lundi 16 juillet 2012

La République Démocratique du Congo : un géant aux pieds d'argile


Dotée de ressources énormes et qualifiée de scandale géologique, à cheval sur l’équateur et s’étendant sur deux fuseaux horaires, la République Démocratique du Congo est un géant situé au cœur du continent africain et sert de trait d’union entre l’Afrique de l’Est, l’Afrique australe ainsi que quelques pays d’Afrique centrale. Ce pays, qui plus est une incontournable puissance économique aussi bien dans la sous-région qu’à l’échelle continentale, occupe de facto une situation géostratégique non négligeable. Malheureusement, même avec ses potentiels énormes, il reste de nos jours un géant aux pieds d’argile, une puissance virtuelle qui ne cesse de se chercher et qui peine à décoller. Cela est dû non seulement à l’incapacité de ses dirigeants et de son élite à impulser une nouvelle dynamique, mais aussi à l’insécurité qui y règne.

Une instabilité chronique

Depuis l’accession de la République Démocratique du Congo à l’indépendance, le 30 juin 1960, le contexte politique local est sans cesse caractérisé par l’instabilité chronique, la faiblesse de ses institutions étatiques ainsi que de sa culture politique, et l’ingérence extérieure. Dévastée par les conséquences de la « première guerre internationale africaine» survenue en août 1998, et de longues années de crise, ce pays est confronté à plusieurs défis internes et externes : la restauration de l’intégrité territoriale, l’affirmation de la souveraineté politique, la réunification administrative, la consolidation de la cohésion nationale, la mise en place d’un appareil d’État performant et transparent, la consolidation des structures étatiques représentatives, la reconstruction des infrastructures, la démobilisation et la réinsertion sociale des groupes armés, la réforme de l’armée nationale, la gestion durable et responsable des ressources naturelles, et la poursuite de l’amélioration du niveau de développement humain de l’ensemble de la population congolaise [lire la suite].

vendredi 13 juillet 2012

La synergie franco-européenne face à la crise


La grande conférence sociale lancée par le président de la République française permettra au gouvernement et aux partenaires sociaux de se pencher sur quelques sujets épineux comme la protection sociale, l’emploi et les salaires.


Photo : Présidence de la République - Christelle Alix
Il est en effet nécessaire d’initier le dialogue social, tout en gouvernant avec rigueur, sans compromettre les fondamentaux de la gauche. « L’authenticité ne s’invente pas, elle se prouve à l’usage ». Ainsi François Mitterrand avait-il fort bien résumé cet impératif.

La consolidation du courant circulaire

Pour Keynes, l’industrie et l’activité économique remplissent une double fonction. D’une part, elles fournissent au public des produits ayant une valeur d’usage. D’autre part, elles distribuent des salaires aux familles en échange du travail des personnels ouvriers, employés et techniciens. En dépensant cet argent, les familles créent un courant circulaire, l’argent passant ainsi du producteur au consommateur, puis en boucle fermée dans le sens contraire du flux. Tant que les industriels pourront vendre tous leurs produits avec un profit raisonnable, ce processus se poursuivra de façon ininterrompue. Mais si les fuites excèdent les injections, a rappelé Ravi Batra, la demande sera inférieure à l’offre et certaines marchandises resteront invendues. L’entreprise se verra alors contrainte de réduire sa production et, par voie de conséquence, sa main-d’œuvre. En effet, pour que l’emploi augmente, les injections doivent être supérieures aux fuites. Or, celles-ci ne cessent d’empêcher la « recirculation » des revenus et tendent à maintenir la démarche à un niveau inférieur à la production. C’est grâce à une politique monétaire et fiscale appropriée, peut-on déduire, que l’intervention du gouvernement combattra efficacement le chômage [lire la suite].
©  JOL

jeudi 12 juillet 2012

A propos de la participation de François Hollande au 14ème sommet de la Francophonie à Kinshasa


Yamina Benguigui : « Le président Hollande n’a pas encore décidé. »


A en croire Yamina Benguigui, ministre déléguée en charge de la Francophonie, François Hollande n’est pas encore décidé de participer au 14ème sommet de la Francophonie qui se tiendra à Kinshasa (République Démocratique du Congo) du 12 au 1’ octobre 2012. C’est ce qui ressort de l’audience que le président français a accordée lundi 9 juillet au palais de l’Elysée à Abdou  Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

La participation ou non du président français, François Hollande, au 14ème sommet de la Francophonie, prévu du 12 au 14 octobre prochain à Kinshasa continue de faire des vagues. Ira ou n’ira pas ?
C’est le but essentiel de l’entretien qu’il a eu lundi 9 juillet avec le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, entrevue à laquelle a assisté la ministre déléguée chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui, également représentante personnelle du président français auprès de cette institution.
L’ancien président socialiste sénégalais, a-t-il réussi à convaincre le président français à faire le voyage de Kinshasa ? Rien n’est moins sûr.
« Les autorités de la République Démocratique du Congo (RDC) doivent démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’Etat de droit », a affirmé l’Elysée dans un communiqué de presse diffusé à l’issue de cet entretien.
Sollicitée par les médias -à la sortie de l’Elysée-, dont le Magazine congolais en Europe, « Ngambo na Ngambo », Yamina Benguigui a répondu aux questions des journalistes.  
« Le président Hollande n’a pas encore décidé », a-t-elle affirmée.  « On a eu un bon entretien avec le président Abdou Diouf », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle même allait se rendre à Kinshasa du 25 au 28 juillet.
Selon l’AFP, « tout est en bonne voie », a assuré la ministre à la presse dans la cour de l’Elysée.
Le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, ne s’est pas exprimé auprès des médias !
Une quarantaine de chefs d’Etat devraient participer à ce sommet, mais le déroulé des dernières élections-présidentielle et législatives-, du 28 novembre 2011, ayant suscité de nombreuses critiques, beaucoup d’entre eux hésitent à se rendre à Kinshasa.

UNE GAGEURE

La République Démocratique du Congo est actuellement  le pays francophone le plus peuplé, devant la France. Selon l’OIF, il y’aurait 78% de la population sachant lire et écrire le français. Ce nombre atteint les 87% si l’on prend juste ceux qui savent le parler.
Malgré la position de Congo-Kinshasa sur l’échiquier francophone, l’organisation d’un sommet  dans ce pays pose toujours problème. Une gageure.
En 1990, sous le régime du Maréchal Mobutu, le sommet de la Francophonie programmé à Kinshasa avait été annulé à cause des incidents du campus de Lubumbashi où l’on avait enregistré la mort d’un étudiant.
Cette année, le président fraîchement élu de la République française, François Hollande, semble hésiter à se rendre à Kinshasa en octobre pour  le sommet de la Francophonie.
« En se rendant à Kinshasa, François Hollande enverrait un message plus que trouble aux pays d’Afrique où la démocratisation est encore une lutte quotidienne que l’on paie au prix du sang », affirment les opposants du régime en place à Kinshasa.  
La République Démocratique du Congo serait-elle poursuivie par un signe indien ? Et si François Hollande se rendait à Kinshasa –profitant de l’opportunité qui lui est offerte- pour prononcer un discours fondateur qui redéfinirait la nouvelle vision de la France en matière de démocratie et l’Etat de droit en Afrique ?
Selon l’Elysée, cette hypothèse n’est pas à exclure. A suivre.

Robert Kongo, correspondant en France  du quotidien « Le Potentiel »

mardi 3 juillet 2012

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko


1. L’implication du Rwanda dans la guerre du Kivu ne fait plus de doute possible. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Cela montre tout simplement que certains voisins ne nous aiment pas. L’envie les pousse à convoiter nos richesses et nos terres, à désirer nos femmes, à nous haïr au point de planifier les viols, les massacres et le dépeuplement de quelques contrées de la région du Kivu dans le but de s’y installer définitivement. Comment Paul Kagamé peut-il réfuter tout soutien aux mutins du M23, dès lors que le gouvernement rwandais refuse d’extrader vers Kinshasa un criminel comme Laurent Nkunda et ne prenne aucune initiative favorable au dialogue inter-rwandais ? Nous devons agir, par tous les moyens, pour que les FDLR et leurs descendants ne servent plus de prétexte aux différentes tentatives de déstabilisation de la RD Congo. Nous sommes contraints de bâtir une armée citoyenne davantage aguerrie, condition sine qua non pour l’unité nationale.

2. Ni la Monusco, ni les FARDC, aucune force n’arrive à mettre la main sur Bosco Ntaganda et Sultani Makenga, les chefs du mouvement rebelle M23, et Laurent Nkunda se réfugierait paisiblement à Kigali. N’est-ce pas étonnant ?
La communauté internationale ne cesse de demander l’arrestation du chef de l’État soudanais Omar el-Bechir. Après avoir obtenu l’extradition d’anciens présidents de la République comme Charles Taylor et Laurent Gbagbo, elle se tait quant à la liberté dont jouirait le criminel Laurent Nkunda au Rwanda. Elle ferme les yeux sur les exactions qui sont sans arrêt commises dans le Kivu. On constate de facto une certaine tolérance de la part de quelques acteurs locaux et internationaux, voire une complicité entre eux, s’agissant du drame qui frappe les populations congolaises. Comment peut-on expliquer la suspension des opérations militaires contre les mutins, laquelle leur a permis de regagner un bon nombre de positions ayant été évacuées après l’offensive des FARDC ? Au lieu de les désarmer, on les a plutôt armés. Il est toutefois impensable que le plus gros contingent des Nations unies ne puisse pas remplir la mission qui lui a été assignée, c’est-à-dire la protection des populations civiles et l’instauration d’une paix durable. Ainsi, est-il inhumain de rester insensible à l’insécurité qui règne dans la partie orientale de la RD Congo et à la crise humanitaire qui s’y déroule.

3. Comment expliquez-vous la passivité, réelle ou présumée, de la communauté internationale sur ce dossier ?
La crise économique qui sévit en Occident pourra trouver une partie de la solution, hypothèse à ne pas exclure, dans l’affaiblissement des peuples africains. L’instabilité de l’Afrique permettra d’avoir la mainmise sur les richesses locales et de s’adonner à leur exploitation à moindre frais. La partition du Soudan, l’occupation en cours du Mali, la fragilisation de la Libye, l’ingérence dans les affaires intérieures en Côte d’Ivoire pour évincer Laurent Gbagbo du pouvoir, la paralysie de l’exécutif de l’Union africaine constituent autant des preuves tangibles d’une volonté manifeste de redéfinir les frontières héritées de la colonisation.

4. «Kabila-Kagame : nœud du problème», affirme une certaine presse. Partagez-vous cet avis ?
Le silence absolu qu’a adopté le président Kabila, depuis la reprise de cette mutinerie, et la non interpellation du gouvernement par le Parlement ne plaident pas en faveur d’une réelle volonté de stabiliser la situation dans l’Est du pays. Faut-il conclure que celui qui ne dit mot consent ? Kinshasa savait que la tentative d’arrestation de Bosco Ntaganda et le projet de réforme visant l’affaiblissement des chaînes de commandement parallèle allaient mettre un terme au traitement préférentiel dont bénéficient les officiers issus du CNDP. Comment se fait-il que les précautions n’ont pas été prises ? On réalise l’impuissance des autorités congolaises à mettre à exécution la menace contre les hors-la-loi à la solde de Paul Kagamé, qui sèment impunément la mort et la désolation. Soulignons que le président rwandais n’est pas un foudre de guerre. Il se contente de tirer profit de l’amateurisme et de l’incapacité d’une classe politique congolaise non encline à la défense des intérêts nationaux.

5. D’aucuns soutiennent que la balkanisation du Congo est en marche. Quel est votre sentiment ?
L’inertie, la tergiversation et le silence de la communauté internationale par rapport aux violations des droits fondamentaux et au génocide congolais confortent, de toute évidence, la thèse d’un complot en vue de l’extermination des populations congolaises ainsi que de la balkanisation du Congo-Kinshasa. Rappelons néanmoins que chez les Bantous le foncier relève du domaine familial. Le fait de vouloir s’approprier les terres congolaises par les armes et l’humiliation risque de susciter le courroux des esprits. Les forces telluriques qui ont toujours existé, et qui ne cesseront d’interférer sur le cours de l’histoire, veillent aux intérêts des occupants légitimes. Elles agiront, dans un avenir très proche, au profit des fils et des filles du Congo. Encore faut-il que les Congolaises et les Congolais, de l’intérieur comme de l’extérieur, de la majorité comme de l’opposition, des quatre coins du pays, oublient leurs divergences afin de faire bloc contre les ennemis de la Nation.

Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France

(*) Porte-parole du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC)

© Le Potentiel

mercredi 27 juin 2012

La mission « historique » des socialistes


Devant un parterre de représentants du monde des affaires qui s’étaient réunis avant le sommet du G20 à Los Cabos au Mexique, le Premier ministre britannique, David Cameron, a critiqué les projets du gouvernement français consistant à porter à 75 % le taux de l’imposition pour les revenus au-delà d’un million d’euros. Ainsi a-t-il déclaré qu’il déroulerait « le tapis rouge » aux entreprises françaises qui souhaiteraient s’installer outre-Manche après l’adoption de ladite taxe. Rappelons que, en Grande-Bretagne, le taux marginal d’imposition passera de 50 % à 45 % à partir de 2013, au-delà de 150 000 livres – soit 180 000 euros. Quelle politique fiscale faudra-il mener, en France, pour que les entreprises ne puissent pas rejoindre la perfide Albion ?
Une taxation dissuasive pour les gros revenus
L’initiative privée doit être respectée dans le domaine de l’investissement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises, au besoin avec des aides sélectives consenties par l’intermédiaire de banques et institutions de crédits. Néanmoins, la loi de 1969 sur les sociétés, relative à l’organisation du pouvoir dans l’entreprise, devra être révisée et le système du Conseil de surveillance généralisée. En faisant participer le personnel à la gestion de l’entreprise, on réduira l’inconvénient dû à l’oligarchie qui avait été imposée en 1986, lorsque la droite avait repris le pouvoir et procédé aux privatisations des sociétés nationalisées par la gauche.
Le personnel salarié de l’entreprise devra avoir la possibilité d’en devenir actionnaire, soit par le biais des émissions d’actions accompagnant une augmentation de capital, soit en acquérant des stock-options. En fait, il faudra généraliser le droit d’acquérir des stock-options de la société à tout son personnel. Un lien doit exister entre salaires minima et salaires maxima. Il faudra donc remanier les conventions collectives. Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de porter de 60 à 75 % la taxation dissuasive à partir d’un million d’euros. Quant au salaire minimum, c’est une mesure à généraliser dans toute l’Union européenne, à l’exemple de l’initiative qu’avait prise Tony Blair en Grande-Bretagne [lire la suite].