mercredi 15 juillet 2015

RDC : L’accord politique entre l’ABACO et le RDPC inquiète une minorité rétrograde

La signature du protocole ayant officialisé l’adhésion du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) au sein de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO), ratifiée le 2 juin 2015 à Paris, ne cesse d’alimenter les conversations dans le landerneau politique en République Démocratique du Congo. A cet effet, Œil d’Afrique s’est entretenu avec Gaspard-Hubert Lonsi Koko, le chef de fil du RDPC, qui vient d’être nommé Premier Vice-Président Général de l’ABACO.

Œil d’Afrique : Pourquoi toute cette agitation autour de l’adhésion du RDPC au sein de l’ABACO ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Il faut reconnaître que l’adhésion du RDPC en tant que courant politique à part entière au sein de l’ABACO, ce parti politique précurseur de l’indépendance du Congo-Léopoldville, n’a laissé indifférent aucun acteur politique. Il n’est donc pas surprenant que, au lieu de l’accompagner, quelques personnes essaient à tout prix d’étouffer dans l’œuf la nouvelle dynamique qui est en train de se mettre en place en vue de l’émergence de l’Etat de droit en République Démocratique du Congo.

Œil d’Afrique : Que reproche-t-on, au juste, à cet accord politique ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Ces individus, qui font partie d’une très infime minorité rétrograde, prétendent à tort que j’ai créé un parti politique que j’ai sciemment baptisé ABACO. Ils estiment donc que je me sers de cette appellation pour capitaliser les acquis de l’Alliance des Bakongo (ABAKO). En réalité, pour des raisons purement idéologiques, je n’ai fait qu’entreprendre des démarches ayant abouti, au grand désespoir des adversaires de la dynamique politique, à l’adhésion du RDPC au sein de l’ABACO, parti politique reconnu comme tel par la loi zaïroise depuis 1991.

Œil d’Afrique : Pourtant l’Alliance des Bakongo a été fondée en 1950…
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Effectivement, mais la minorité mécontente de l’accord politique entre l’ABACO et le RDPC a la mémoire courte. Elle semble ignorer que le coup d’Etat de 1965 a interdit l’existence de tous les partis politiques en République Démocratique du Congo au profit du parti unique qu’était le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR). Mais le 24 avril 1990, une date historique dans la mémoire collective congolaise qui restera gravée dans les annales nationales, représente un repère indélébile de l’Histoire postcoloniale de notre pays. De plus, le discours prononcé ce jour-là par le maréchal Mobutu, en sa qualité de Président de la République du Zaïre, préconisait principalement la mise en place d’un régime nouveau, basé sur la démocratie multipartiste et d’où naîtraient les structures d’un Etat de droit qui chapeauterait globalement notre société.
Le lendemain de ce discours historique, plus précisément le 25 avril 1990, l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) adopta en Assemblée Générale, laquelle s’était tenue à Kinshasa, les Statuts portant sa création. Ceux-ci furent agréés par le ministère zaïrois des Affaires intérieures, le 6 février 1991, par arrêté n° 91/117 modifié et complété par un autre du 17 février 1993 portant le n° 93/45. Plus d’une année plus tard, c’est-à-dire le 14 août 1992, une autre structure, en l’occurrence l’Alliance des Bâtisseurs Kongo (ABAKO), serait reconnue comme parti politique par les autorités compétentes.

Œil d’Afrique : Aux dires de vos propos, il n’y a pas lieu d’avoir peur de la dynamique nouvelle ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Pendant que les éternels pessimistes râlent et traînent les pieds, les optimistes apportent leur contribution à l’évolution des mentalités et à la démocratisation du Congo. Disons que l’ABACO fut, à sa création, une formule moderne de l’ancienne ABAKO (Alliance des Bakongo pour l’Unification, la conservation et l’Expansion de la langue Kikongo). Celle-ci fut fondée en 1950 par feu Edmond Nzeza Landu, dirigée à partir du 21 mars 1954 par feu le premier Président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kasa-Vubu, et remise à jour le 25 avril 1990 par l’équipe de feu Yvon Mabanda Diyungu Salazaku. Cela démontre parfaitement que l’Alliance de Base pour l’Action Commune, au sein de laquelle a adhéré le RDPC, est antérieure à l’Alliance des Bâtisseurs Kongo. Contrairement aux gens de mauvaise foi, qui cherchent seulement à discréditer les actions honorables, nous sommes partisans, le président Sylvère Luizi Balu et moi-même, de la réunification de tout ce qui est épars. Nous sommes donc favorables au rassemblement de toutes les mouvances « abaquistes » en vue d’un véritable ancrage national.
Dans cette optique, le Bureau Exécutif de l’Alliance de Base pour l’Action Commune, réuni en date du 25 juin 2015 à Kinshasa, a pris acte, à la suite du protocole d’accord politique signé le 2 juin de cette année à Paris, de l’adhésion du RDPC en son sein et a décidé de me confier les fonctions de Premier Vice-Président Général. En tant que nouveau cadre de l’ABACO, les polémiques stériles et sans fondement ne m’empêcheront pas de travailler avec désintéressement afin de permettre à mon parti de fonctionner efficacement et de gagner en notoriété. Ne dit-on pas que les chiens aboient, mais la caravane passe ? Une chose est certaine, mon champ d’action politique se situe dans un espace ternaire et sacré. Ainsi, suis-je en parfaite harmonie avec Dieu, les Ancêtres et le Peuple.

Propos recueillis par Roger Musandji


dimanche 5 juillet 2015

Aux forces vives de la République Démocratique du Congo

Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), courant politique à part entière de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO), constate la persistance de la régression sociale et de la fragilisation de la cohésion nationale en République Démocratique. Ainsi, à l’occasion du 55ème anniversaire de la souveraineté nationale, le RDPC souhaite-t-il que l’ABACO prenne sa part de responsabilité, s’agissant de la solidarité, de la démocratie, de la liberté d’expression et du syndicalisme, du progrès économique en vue d’une Nation économique prospère et démocratiquement viable.

Il est temps de s’engager concrètement en vue de l’émergence d’un Etat tout à fait démocratique, apaisé et en mesure de permettre le vrai dialogue, la tolérance mutuelle et le respect des différences. Dans cette optique, il est capital d’encourager les initiatives favorables à un système éducatif non seulement adapté aux besoins et aux réalités socio-éducatives, mais aussi ouvert sur le monde. La santé, l’économie et l’épanouissement culturel doivent tenir compte du partage équitable des ressources naturelles et de l’égalité dans la gestion de la chose publique. Enfin, le désenclavement du pays reste le facteur indispensable à la circulation des biens et des personnes, ainsi qu’à la sécurisation et à la pacification de notre pays.

Réitérant son engagement en faveur d’un Etat de droit, de la solidarité, de la sécurité, de la paix, de la démocratie et des droits fondamentaux de la personne humaine, le RDPC œuvre au sein de l’ABACO en vue des propositions capitales :

I - Sur l’Etat de droit :
- Matérialiser les droits de vote et d’éligibilité des Congolais de la diaspora aux élections présidentielle, législatives et sénatoriales ;
- Affirmer le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine ;
- Rendre la nouvelle loi électorale conforme aux articles 11, 12, 13 et 66 de la Constitution relatifs à la dignité et à l’égalité en droits, à l’égale protection des lois, à la non-discrimination des Congolais en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques, ainsi qu’au respect mutuel ;
- Préparer et organiser des élections libres, transparentes et crédibles afin de maîtriser la crise politique et de légitimer les institutions de la République ;
- Lutter contre toute forme de repli identitaire et de radicalisme politique ;
- Respecter les dispositifs relatifs à l’interdiction de toucher à la forme républicaine de l’Etat, au principe du suffrage universel, à la forme représentative du Gouvernement, au nombre et à la durée des mandats du Président de la République, à l’indépendance du pouvoir judiciaire, au pluralisme politique et syndical, ainsi qu’à l’interdiction de procéder à toute révision constitutionnelle ayant pour objet, ou pour effet, la réduction des droits et libertés de la personne, ou la réduction des prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées ;
- Moderniser l’État pour rendre efficace le service public grâce à une application pleine et intelligente de la réforme budgétaire, ainsi qu’à une meilleure relance de la décentralisation ;
- Instaurer la IVe République, laquelle sera à l’image d’un État en mesure de mobiliser efficacement les capitaux et les hommes, de consacrer le temps nécessaire à la mise en valeur de l’environnement, à la transformation des infrastructures, à l’équipement du pays en moyens de télécommunications, en lignes d’électrification et en centrales de production d’énergie.

II - Sur l’éducation et la formation :
- Organiser les Etats généraux de l’éducation nationale auxquels participeront les forces vives de la Nation, ainsi que les acteurs des secteurs éducatifs formels et informels ;
- Augmenter le budget de l’éducation nationale dans le but de réhabiliter les infrastructures éducatives et d’améliorer les conditions de travail des enseignants et des élèves ;
- Développer des centres de documentation pour l’éducation, en particulier, et la formation en général ;
- Initier des partenariats avec les entreprises, dans le cadre d’une formation alternée pour ce qui est de l’enseignement professionnel ;
- Garantir la formation tout au long de la vie ;
- Conditionner tout contrat avec les partenaires étrangers par le transfert de techniques et de technologie ;
- Proposer un partenariat avec les institutions éducatives et les centres de recherches locaux pour que le transfert des compétences soit durable et puisse aider non seulement à la construction de notre système éducatif mais aussi jouer un rôle d’appui à la recherche et au développement (R&D) au niveau local.

III - Sur l’économie et le travail :
- Impliquer les Congolais de la diaspora dans le développement économique du pays et leur accorder des avantages fiscaux pour le transfert des matériels technologiques et l’investissement dans le pays ;
- Mettre en place un Conseil représentatif des Congolais de l’extérieur (CRCE) dont les missions consisteront à élaborer des projets économiques novateurs, à émettre des avis sur les politiques publiques en matière de coopération internationale et bilatérale dans les pays de résidence ;
- Nourrir le peuple en relançant et en développant la culture vivrière grâce à l’attribution des espaces cultivables aux familles congolaises, qui le souhaiteront, moyennant 1 franc congolais le mètre carré ;
- Promouvoir un programme d’économie solidaire favorable à la bio-culture ;
- Faire véritablement de l’agriculture l’une des priorités nationales grâce à la création et au développement des marchés locaux et régionaux, à la définition des politiques agricoles et commerciales plus justes, au soutien d’un développement durable ;
- Encourager le développement des infrastructures routières, lacustres et fluviales en vue de l’acheminement de surplus de productions vers les marchés urbains ;
- Œuvrer en faveur de la participation de la République Démocratique du Congo au programme de la révolution verte en Afrique et faire de notre pays l’un des pionniers de cette révolution, en s’appuyant surtout sur l’avantage comparatif du point de vue du sol, de la température, de l’eau et des terres cultivables ;
- Permettre la création, en République Démocratique du Congo, d’un grand pôle de technologie en matière d’environnement ;
- Agir efficacement contre, entre autres fléaux, la déstabilisation et la criminalisation de l’économie ;
- Réorganiser le travail pour réduire le chômage et garantir la cohésion sociale par d’autres dispositifs de redistribution des richesses de manière équitable ;
- Mettre en œuvre la politique d’aménagement des territoire ruraux et urbains ;
- Faire évoluer les mentalités, en contribuant à la dynamisation du tourisme et en initiant un programme ambitieux relatif à la biodiversité ainsi qu’aux énergies renouvelables.

IV - Sur la santé publique et la démocratie sociale :
- Fixer par la Loi, en fonction des besoins et des ressources des populations, le prix des hôpitaux et établissements publics divers, sans recherche de bénéfice commercial ;
- Rendre obligatoire, donc universelle, la prise en charge du risque maladie afin d’instaurer l’égalité dans l’accès des soins et faire de l’hôpital public le cœur de notre système de santé ;
- Permettre à chaque Congolais de vivre dans un environnement sain ;
- Reformer en profondeur le système de santé publique, en ayant notamment recours aux nouvelles technologies ;
- Adapter, par la Loi, la protection sociale sur la base de ressources réelles ;
- Faire du respect du vivant, de la dignité humaine, de l’équité, de la solidarité, du partage des richesses, tant à l’égard des plus démunis que des générations à venir, des valeurs républicaines ;

V - Sur l’épanouissement culturel et patriotique :
- Promouvoir les cultures nationales ;
- Valoriser l’Histoire authentique des populations congolaises, en clarifiant ses origines pour mieux cerner les défis qui hypothèquent l’épanouissement culturel, social, économique et politique de notre pays ;
- Réhabiliter notre Histoire en la réécrivant ;
- S’appuyer sur la majorité culturelle, sans pour autant ignorer les droits des minorités ;
- Privilégier l’émancipation individuelle et garantir la paix civile, ainsi que la fraternité, entre tous les Congolais quelles que soient leurs croyances ou leurs origines ;
- Mettre en place un Conseil suprême des affaires spirituelles (CSAS) pour harmoniser les relations entre les différentes croyances et harmoniser tout ce qui relève de l’immatériel ;
- Consolider la laïcité républicaine.

VI - Sur le plan de la sécurité et de la paix :
- Républicaniser et rendre très performantes l’armée, la gendarmerie et la police nationales ;
- Rendre obligatoire le service militaire pour les jeunes Congolais, excepté ceux qui assument une charge parentale ;
- Réintégrer dans l’armée nationale congolaise les éléments des Forces Armées Zaïroises (FAZ) et les anciens éléments des forces armées mises en place sous le gouvernement de l’Alliances des Forces Démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), comme instructeurs ou encadreurs ;
- Allouer au moins 15 % du budget national à l’équipement de nouvelles unités militaires relatives aux forces terrestre, aérienne, fluviale et lacustre ;
- Réorganiser les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) pour assurer efficacement la défense du territoire national ;
- Faire appliquer des sanctions contre les pays de la région, signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, qui ne cessent de soutenir les mouvements rebelles sur le sol congolais ;
- Obtenir le positionnement des forces onusiennes aux côtés des FARDC, à partir des frontières burundaise, rwandaise et ougandaise, afin de mettre définitivement fin à la déstabilisation de la région du Kivu et de mieux surveiller les flux migratoires ;
- Parvenir aux poursuites et aux arrestations, dans le territoire congolais et dans les Etats voisins, des auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité, ainsi qu’à leur extradition vers la Cour Pénale Internationale ou des tribunaux idoines.

Au vu des propositions faites supra, le RDPC, en tant que l’un des courants idéologiques de l’ABACO, lance un appel solennel au président de la République Démocratique du Congo pour qu’il use des prérogatives que lui confère la Loi fondamentale dans le but de consolider le progrès social, le développement économique et la cohésion nationale.

Dans l’espoir de mettre définitivement un terme à la crise politique qui ne cesse de fragiliser l’avenir des Congolais et d’hypothéquer le devenir de la République Démocratique du Congo, ainsi que dans la perspective d’une démocratie apaisée, le RDPC, avec l’appui de l’ABACO, invite les acteurs politiques, les forces humanistes et la société civile congolaise à tout entreprendre dans le cadre d’un dialogue sincère à tous les niveaux, aussi bien entre les citoyens, les partenaires sociaux et spirituels, les partis politiques...

En tant que l'une des structures internes de l’ABACO, le RDPC renouvelle sa demande relative au droit de vote et d’éligibilité des Congolais de la diaspora, ainsi qu’à l’incessibilité de la nationalité congolaise d’origine. Enfin, en sa qualité d’un des trois piliers de l’ABACO, le RDPC exprime sa solidarité indéfectible avec les populations congolaises en proie aux violations sexuelles, aux crimes de guerre et crimes contre l’Humanité, aux expulsions des pays frontaliers et aux traitements dégradants, ainsi qu’avec les journalistes arbitrairement poursuivis dans l’exercice de leurs fonctions et aux acteurs politiques emprisonnés pour leurs convictions.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Porte-parole du RDPC et 1er Vice-Président de l’ABACO, chargé des relations extérieures

mardi 30 juin 2015

Pétition : Pour le progrès socio-économique, l’Etat de droit et la cohésion nationale en RD Congo

Les Congolaises et les Congolais souhaitent vivement un sursaut patriotique dans les orientations en vue du progrès social, du développement économique, de l’épanouissement intellectuel et culturel, de l’amélioration des conditions matérielles, de la sécurité, de la paix et de la démocratie.

Par conséquent, les Congolaises et les Congolaise demandent aux forces vives de la Nation d’initier une démarche républicaine afin de :

– condamner toute violation de la Constitution, des Lois de la République et des Droits fondamentaux de la personne humaine ;
– lutter contre toute forme de repli identitaire et de radicalisme politique ;
– tirer enfin les conséquences des guerres armées et civiles pour éviter morcellement du territoire national et de mettre un terme aux pillages des ressources ;
– changer en profondeur les méthodes de gouvernance, notamment la gestion des affaires publiques ;
– préparer et organiser des élections, transparentes et crédibles, afin d’enrayer la crise politique et de faire émerger un État de droit ;
- consolider l’égalité de tous les Congolais, s’agissant des droits et des devoirs, ainsi que l’inaliénabilité de la nationalité congolaise d’origine conformément à l’article 10-3 de la Constitution.

Pour signer la pétition, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://www.mesopinions.com/petition/politique/progres-socio-economique-etat-droit-cohesion/14758

lundi 29 juin 2015

RD Congo : la dynamique de l’Union entre l’ABACO et le RDPC

La signature d’un protocole d’accord politique a été ratifiée le 2 juin 2015 à Paris par l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) et le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) en vue d’une transformation des structures sociales en République Démocratique du Congo et de la libération des citoyens actuellement soumis, dans leur grande majorité, à une précarité qui frise la misère.

Points cruciaux

A travers la signature de ce protocole, l’ABACO et le RDPC ont estimé indispensable de coordonner les efforts en vue d’un État de droit en République Démocratique du Congo, car les Congolais aspirent à être dirigés par des hommes et des femmes d’État consciencieux et capables d’impulser les orientations idoines en vue du progrès social, du développement économique, de l’épanouissement intellectuel et culturel, de l’amélioration des conditions matérielles, ainsi que de la sécurité et de la démocratie.

Très soucieux d’incarner l’école de la démocratie et préfigurer – par leur action, leurs méthodes et leurs ambitions – la société qu’ils souhaitent, les dirigeants de l’ABACO et du RDPC, en l’occurrence MM. Sylvère Luizi Balu et Gaspard-Hubert Banacek Lonsi Koko comptent œuvrer en faveur de la dynamisation des institutions étatiques dont la fragilisation ne permet guère la construction d’une société de justice, de liberté et de paix. Ainsi ont-il pris la résolution d’agir, d’une manière ou d’une autre, pour que la présence de l’État deviennent une réalité sur l’ensemble du territoire national. Cela permettra à la fois la libre circulation des populations et des biens. Dans la même optique, l’ABACO fera des propositions relatives à une armée républicaine et performante, une police et une gendarmerie nationale citoyenne dans la mesure où la sécurité est indispensable à l’amélioration du climat des affaires et à la confiance des investisseurs étrangers ainsi que des Congolais de la diaspora.

Une alternative crédible

L’association entre l’Alliance de Base pour l’Action Commune et le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo consiste surtout en une opposition à toutes les formes de violation de la Constitution, des lois de la République et des droits fondamentaux de la personne humaine et à la conjugaison de leurs efforts pour promouvoir les valeurs humanistes comme orientation centrale contre toute forme de repli identitaire et de radicalisme politique pouvant exposer la Nation congolaise à tous les risques. Les deux parties se sont accordées sur l’exigence d’un changement profond des méthodes de gouvernance, ainsi que le sérieux et la rigueur dans la gestion des affaires publiques.

Charlotte Mondo

samedi 20 juin 2015

Le RDPC rejoint l’ABACO pour les prochaines élections

Un accord politique a été signé à Paris entre l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) et le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC). Cette nouvelle alliance devrait présenter des candidats aux différents scrutins de 2015 de 2016.

Deux mouvements politiques se sont rapprochés le 18 juin à Paris, dans la perspectives des futurs élections en République démocratique du Congo (RDC), qui devraient se tenir dans les 18 prochains mois. Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) de Gaspard-Hubert Lonsi-Koko rejoint l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) de Sylvère Luizi Balu. Le RDPC devient un « courant idéologique » de l’ABACO, une des ailes historiques du mouvement créé lors de l’indépendance du Congo par Joseph Kasa-Vubu. Pour Gaspard-Hubert Lonsi-Koko, la logique de se rapprochement est simple : « rester dans le jeu politique sans rajouter un parti de plus aux 457 déjà existants ».

« Alternative politique crédible »

Gaspard-Hubert Lonsi-Koko compte bien faire entendre sa voix, notamment sur les droits des Congolais de la diaspora, « qui ne sont pas pris en compte », mais aussi « créer une alternative politique crédible au Congo ». Les deux partis souhaitent contribuer au « progrès social, au développement économique, à la sécurité et la démocratie » de la RDC. Dans cette alliance, Ll’ABACO défend une philosophie « plutôt sociale chrétienne et le RDPC plutôt sociale démocrate » souligne Gaspard-Hubert Lonsi-Koko, ancien [...] Lire la suite sur :
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Christophe Rigaud


jeudi 18 juin 2015

Un vibrant appel, de l’ABACO, à l’éveil de la conscience des Congolais et des amis de la RD Congo

Pour comprendre les tenants et les aboutissants de la signature du protocole d’accord entre l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) et le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), Œil d’Afrique a rencontré Gaspard-Hubert Lonsi Koko qui est l’un des acteurs, avec Sylvère Luizi Balu, de ce rapprochement. L’ABACO est un parti politique officiellement reconnu en République Démocratique du Congo par l’arrêté du 06/02/1991 et la lettre d’autorisation n°1581 du 08/09/2004.
Œil d’Afrique : Pourquoi tenez-vous à faire de la politique en République Démocratique du Congo, pays où la démocratie reste incertaine, alors que vous jouissez du confort intellectuel et du luxe matériel en France ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Primo, l’arbre ne s’élève qu’en enfonçant ses racines dans la terre nourricière. On doit savoir d’où on vient quand on ne sait pas forcément où on va. Je suis natif de Kinshasa où j’ai grandi, des parents originaires des territoires de Madimba et de Kasangulu dans le district de la Lukaya dans le Bas-Congo, plus précisément dans les secteurs de Luila et de Ngufu. Il est tout à fait logique que, au-delà des aspects matériel et intellectuel, je puisse un jour apporter ma modeste contribution à la construction du pays de mes aïeux. Ne dit-on pas que l’eau va toujours à la rivière ? En tout cas, en tant que membre de la diaspora congolaise, je n’ai pas que des droits. J’ai aussi des devoirs envers mon pays.
Secundo, le réformiste que je suis veut seulement participer à la dynamisation économique et à la glorification politique de la République Démocratique du Congo, à travers des initiatives en mesure de donner de l’espoir aux populations très longtemps humiliées, bâillonnées et laissées pour compte. Sachant que seule une approche de transformation aboutira à une réelle alternative, je soutiens toute démarche en faveur de la réinvention de la manière de penser la politique et de la pratiquer. Cela nécessite l’émergence d’une structure authentiquement populaire, volontaire, agissante, constructive et en harmonie avec la société congolaise. Comme un bon nombre de mes compatriotes, je n’aspire qu’à la métamorphose de la terre de mes ancêtres, qui plus est notre patrimoine national.
Œil d’Afrique : Comment comptez-vous parvenir à vos fins, aussi louables soient-elles ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Pour atteindre un tel objectif, on ne doit surtout pas se tromper d’enjeu. Raison pour laquelle notre démarche privilégie les vraies actions politiques et non les insultes, les idées au détriment des menaces physiques, les propositions cohérentes et non les attaques personnelles, le débat démocratique aux dépens du prosélytisme doctrinaire, la liberté d’expression au détriment de l’arrestation arbitraire et de la censure… La finalité, c’est de parvenir au pouvoir grâce aux propositions à la fois innovantes, crédibles et humanistes. La gestion de la chose publique, telle est notre profonde conviction, mérite d’être confiée à des hommes et des femmes d’Etat en vue du bien-être des populations.
Œil d’Afrique : De quelles assises disposez-vous pour que votre rêve devienne réalité ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : En République Démocratique du Congo, on ne peut pas conquérir le pouvoir en s’appuyant sur des structures moribondes, ni en privilégiant le seul aspect ethnique. Ainsi est-il du devoir des Congolaises et des Congolais consciencieux de faire émerger un parti politique crédible, donc responsable, en mesure de porter un projet de société novateur et cohérent en vue d’une sérieuse alternative. Tel est le gage d’un soutien sans faille, aussi bien interne qu’externe, en faveur d’une démarche relative à la dynamisation de l’économie nationale et à l’émergence d’un Etat de droit, d’une action salutaire pour les populations locales, d’une impulsion bénéfique pour les partenaires habituels de la République Démocratique du Congo, d’une diplomatie nécessaire à la pacification de l’Afrique centrale et de la région des Grands lacs. C’est dans cette optique que la structure politique dénommée Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo, RDPC en sigle, a fait le choix d’intégrer, en tant que courant politique à part entière, l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO).
Œil d’Afrique : C’est surprenant comme démarche… Ne trouvez-vous pas ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : C’est-à-dire ?
Œil d’Afrique : La plupart des acteurs politiques congolais préfèrent créer leurs propres structures pour en être des présidents à vie. Pourquoi avez-vous fait le choix inverse, en n’enregistrant pas officiellement le RDPC comme parti politique ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : La démarche n’est pas surprenante. Elle est plutôt inhabituelle. En République Démocratique du Congo, il existe au moins 457 partis politiques reconnus comme tels par le ministère de l’Intérieur. Pourquoi devions-nous inscrire une autre structure dès lors que nous avions la possibilité de dynamiser un parti déjà existant, avec lequel nous partageons, sur le fond, les mêmes valeurs ? Notre initiative n’est pas du tout basée sur le culte de la personnalité. Il ne s’agit pas du tout d’une démarche politicienne mais parlementaire. Le président Sylvère Luizi Balu et moi-même étant convaincus des aspects positifs de l’union, nous avons vivement œuvré en vue du rapprochement entre l’ABACO et le courant politique dénommé RDPC. Le socialiste-démocrate, que je suis, et le social-chrétien, qu’est le président Luizi Balu, nous sommes conscients que le dynamisme et l’innovation permettront une alternance politique au service d’une cause juste. L’union de l’ABACO et du RDPC est, entre autres, le fruit de ce pertinent constat. Dieu, les Ancêtres et le Peuple. Ces trois piliers qui constituent la devise de l’Abaco offrent un cadre idéal aux aspirations du RDPC relatives à la Liberté, à l’Egalité, au Progrès et à la Paix.
Œil d’Afrique : Est-ce pour l’une de ces raisons que les gens voient en vous le Mitterrand congolais ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Pourriez-vous préciser votre question ?
Œil d’Afrique : Vous connaissez le socialisme français mieux que moi, pour en avoir écrit quelques pages et connu pratiquement un pan de son histoire, et vous savez très bien que je fais allusion à l’adhésion de François Mitterrand au Parti Socialiste lors du Congrès d’Epinay en 1971.
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Votre question n’est pas anodine. Elle relaie les sous-entendus qu’ébruitent quelques-uns de mes détracteurs les plus hostiles à la sécurisation de notre pays et à la pacification de la région des Grands Lacs. Au-delà de la polémique politicienne, ces derniers savent très bien que je suis un homme des principes et des convictions. Je n’ai jamais conçu la politique comme une profession, ni comme une affaire commerciale, ni familiale d’ailleurs, voire une trahison à la patrie. Le fait qu’il y ait toujours en politique des rivaux, des concurrents et des faux amis, des traitres, importe peu. L’important, c’est de connaître son principal objectif. En ce qui me concerne, je l’ai déjà identifié. C’est le bonheur du peuple congolais.
Votre allusion au président Mitterrand, au-delà du fait qu’elle soit flatteuse pour le modeste acteur politique congolais que je suis, me permet de préciser par ricochet ma pensée sur l’intégrité du territoire national. Comme François Mitterrand, qui préconisait avant les indépendances le maintien de l’Algérie dans la Communauté française, je refuse catégoriquement l’appartenance de la région du Kivu à un autre pays, soit-il existant ou non, ni d’ailleurs à une autre puissance, soit-elle régionale ou extracontinentale. Le Kivu, c’est la République Démocratique du Congo. Quiconque aura des velléités de balkaniser notre pays sera obligé d’exterminer tous les Congolais.
Œil d’Afrique : Ce qualificatif, c’est-à-dire « le Mitterrand congolais », n’a-t-il pas un lien avec une quelconque ambiguïté qui caractérise votre parcours politique ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Il n’y a rien de machiavélique dans le fait d’intégrer un parti politique existant, avec lequel on partage quelques valeurs humanistes, au lieu de rallonger grotesquement l’interminable liste de structures déjà enregistrées par l’autorité administrative. Je ne fais pas du tout de la politique pour être aimé, ou adoré. Tous ceux qui parlent de « paradoxe lonsien », ou d’« ambiguïté banacequienne », doivent plutôt déceler une dose de pragmatisme, de lucidité et d’intelligence dans une telle initiative qui plus est socialiste. En effet, il n’est pas question d’un talent rhétorique mais d’un réformisme en vue de la liquidation du statu quo, très préjudiciable à la cohésion nationale. Mon engagement militant n’est pas un objectif en soi, mais une démarche en vue d’un changement sociétal. Un pays en proie aux ingérences extérieures, et où la démocratie est encore très fragile, ne peut que se réjouir de compter, parmi ces enfants, des manœuvriers habiles, ou des fins stratèges, ou des patriotes-résistants, ou qui sais-je d’autre… L’éléphant ne supporte-t-il pas le poids de ses défenses ?
Œil d’Afrique : Au-delà des valeurs que vous avez évoquées toute à l’heure, pourquoi avoir seulement fait le choix de l’ABACO, dont la dénomination renvoie au premier président de la République, Joseph Kasa Vubu, à Nzeza Nlandu, Thomas Kanza ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Je vous vois venir. Ce n’est pas parce que je suis Kinois aux ascendants Bakongo que notre choix s’est focalisé sur l’ABACO, que certains veulent à tort confiner dans la seule région du Bas-Congo. Le RDPC a eu des tractations avec quelques partis politiques, parmi lesquels figuraient le CIDES de M. Ngalamulume et Le Démocrate présidé par M. Monga Mande Tiefolo, qui n’ont pas du tout abouties. Il n’y a rien d’ethniciste, ni de tribaliste, dans notre démarche. D’ailleurs, des Congolais originaires d’autres régions – comme le Bandundu, le Kasaï… – sont les signataires de ce protocole. J’ai affirmé, au cours cet échange, qu’il est inadmissible de conquérir le pouvoir et de consolider la cohésion nationale sur des aspirations ethniques. Comment peut-on douter du patriotisme de quelqu’un qui proclame, haut et fort, en plus la main sur le cœur, le maintien du Kivu dans la République Démocratique du Congo et se bat, a fortiori, pour l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation ? Le tribalisme, c’est la division. L’ethnicisme, c’est la balkanisation. L’ABACO est, n’en déplaise aux champions de la critique stérile, un parti politique à dimension nationale. Notre parti tient à fédérer les Congolais autour de ses idéaux, de la même façon qu’il souhaite le désenclavement du territoire national pour faciliter la circulation des biens et des personnes.
Œil d’Afrique : Doit-on comprendre que l’ABACO représente, pour l’habile manœuvrier politique que vous êtes, de surcroît mitterrandien, une sorte de point d’appui pour la prochaine joute présidentielle ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Vous insistez beaucoup sur ma conception mitterrandienne de la conquête, la prise et la conservation du pouvoir. Les choses les plus importantes résident dans le parcours d’un homme, lequel est fonction du visible et de l’invisible, du temporel et du spirituel. Plus explicitement, les observateurs de la vie politique congolaise et les connaisseurs des pesanteurs mystiques savent pertinemment que je suis, sur le plan politique, l’un des fils spirituels d’Yvon Mabanda Diyungu Salazaku et que j’appartiens à un espace qui compte en son sein des personnalités comme Simon Kimbangu, Kimpa Vita… Certes, l’arbre ne s’élève qu’en enfonçant ses racines dans la terre nourricière. Mais il n’y a pas que Kasa Vubu dans l’Histoire de notre pays. Il y a Lumumba, Bolikango, Kalonji, Tshombe, Kamitatu et tous ceux qui avaient formé le « front commun ». Laissons le temps au temps, et les forces de l’esprit aux mystiques.
Cette précision mise à part, revenons à votre question relative à la magistrature suprême. Chaque chose en son temps. Si la présidence de la République est un point d’arrivée pour certains, elle représente pour moi un levier indispensable au changement du cours des choses et donc de la vie de mes compatriotes. Voilà pourquoi, en ce qui me concerne, le projet de société importe plus que la folle envie d’accéder à tout prix à la magistrature suprême. Les personnes de mauvaise foi préfèrent considérer comme mitterrandiennes, c’est-à-dire florentines et donc machiavéliques, mes démarches vertueuses et louables. Mais au fond d’elles-mêmes, elles ne cessent de se dire que Machiavel s’appelait peut-être aussi Sénèque. Et pourquoi pas Simon Kimbangu ?
Le premier objectif de l’ABACO, dans sa nouvelle configuration, consiste à incarner l’espoir des Congolaises et des Congolais par le truchement d’un projet de société cohérent et en mesure de leur rendre la dignité longtemps spoliée. De toute évidence, l’avenir de nos compatriotes et le devenir de notre pays passeront forcément par le dynamisme et la crédibilité de la classe politique, toutes tendances confondues. C’est ce qu’ont compris les dirigeants de l’ABACO et du RDPC. Nous comptons matérialiser la stratégie globale de rupture avec la pratique politique en cours. Cette rupture doit tenir compte de la prise de conscience de ceux qui, dans la majorité comme dans l’opposition, acceptent enfin le fait que le développement de l’individu puisse se faire au détriment de l’égoïsme. Dorénavant, tout est possible avec l’ABACO nouvelle version. Il faut y croire et parvenir à un minimum d’osmose républicaine qui consolidera le patriotisme.
Œil d’Afrique : Un dernier mot à l’attention des Congolaises et des Congolais ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Pour ce qui est de l’alliance entre l’ABACO et le RDPC, la noblesse de la tâche qui attend les démocrates et réformistes que nous sommes incite le président Sylvère Luizi Balu et moi-même à en appeler, avec force et vigueur, à l’éveil des consciences. C’est parce que cette tâche est politiquement louable que nous demandons à la majorité silencieuse, très soucieuse de rompre avec les humiliations de toute sorte, à nous rejoindre sans tarder. C’est parce que le meilleur pari est fait sur l’intelligence humaine que nous sollicitons le concours des hommes et des femmes de bonne volonté, des Congolais et de leurs amis à travers le monde, en vue d’un Congo économiquement viable et démocratiquement solide.
L’avenir, qui reste le maître des destinées humaines, décidera le moment venu. Il est une certitude, la vraie alternative politique se prépare. Le temps construira et déconstruira, il récompensera les innovateurs et reconnaîtra les bâtisseurs. Rien n’étant définitif en politique, et qui vivra verra, l’alliance entre l’ABACO et le RDPC permettra le changement en République Démocratique du Congo. Ainsi serons-nous prêts au moment du retournement, ou alors du basculement. Nous assumerons nos responsabilités quand un grand vent, lequel sera provoqué par une conjoncture à la fois spirituelle et populaire, se lèvera et balaiera tout le reste en vue du rétablissement de l’ordre ancestral dans la « Grande Maison ».
Propos recueillis par Roger Musandji

dimanche 7 juin 2015

Réaction de Gaspard-Hubert Lonsi Koko sur une nouvelle ouverture politique en RDC

Le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, est en train de consulter les différentes forces vives de la Nation pour une nouvelle ouverture politique. A cet effet, Œil d’Afrique a souhaité avoir le point de vue de Gaspard-Hubert Lonsi Koko, président du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC).

Œil d’Afrique : Que pensez-vous du dialogue national que prépare le président Joseph Kabila ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Je constate seulement que, presque moins d’une année après avoir mis en place un gouvernement d’union nationale, le président de la République Démocratique du Congo souhaite de nouveau un dialogue avec les forces vives de la Nation. Cela confirme les déclarations du Rassemblement pour le Développement et la paix au Congo (RDPC), ainsi de la Diaspora Congolaise Favorable au Dialogue (DCFD) relatives au clientélisme ayant caractérisé les assises des concertations organisées en 2013. Au-delà du fait que l’initiative présidentielle pourrait s’apparenter à une réelle recherche des voies et moyens en vue de la résolution de la crise politique en cours, elle confirme de facto l’échec des précédentes concertations.

Quelles sont alors les raisons de l’échec, selon vous, des assises des concertations de 2013 ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Les causes de cet échec sont nombreuses. Le dernier remaniement n’a abouti qu’au débauchage de quelques éléments de l’opposition, mais en aucun cas à la mise en place d’un véritable Gouvernement de cohésion nationale. Le Président de la République aurait dû privilégier un conseil national de transition et non se contenter d’une redistribution des portefeuilles ministériels.
Au-delà de la volonté manifeste de fragiliser l’opposition, le dernier Gouvernement Matata a déséquilibré le binôme qui constitue l’exécutif, en rendant quasiment obsolète le régime semi-présidentiel et semi-parlementaire qui caractérise le système politique congolais. En effet, la mainmise du président de la République sur un Premier ministre archi-minoritaire dans son propre camp a plébiscité le régime présidentiel. En ayant cautionné la neutralisation du le Premier ministre, le Parlement s’est laissé phagocyter. Domestiqué, il a été incapable de rétablir le rapport de force alors qu’il pouvait jouait pleinement son véritable rôle de contre-pouvoir. Force est donc de constater que le magistrat suprême, qui est censé veiller au bon fonctionnement de la Constitution, a contribué à la déstabilisation des institutions étatiques.
Par ailleurs, lors des assises de 2013, les sujets qui préoccupaient tant les populations congolaises n’avaient pas été abordés en profondeur, voire pas du tout. Effectivement, les concertateurs ne se s’étaient pas penchés sérieusement sur les causes originelles de la déstabilisation de la partie orientale de la République Démocratique du Congo. Ils ne s’étaient pas non plus appesantis, dans l’optique d’une renégociation, sur les accords régionaux et internationaux dont quelques clauses finiraient par porter atteinte, si elles restent inchangées, à la souveraineté nationale. Il en était de même pour la sécurisation et la pacification du pays, ainsi que pour la situation socio-économique, lesquelles n’avaient fait que l’objet d’une énumération semblable à un catalogue de vœux pieux.
Enfin, la sélection de la majorité de personnes ayant représenté la diaspora s’est faite, en dernier ressort, sur la base du mercantilisme et de la logique politicienne. Le choix du présidium n’a donc pas été judicieux, puisqu’il a pénalisé le travail au profit du clientélisme et récompensé la flatterie au détriment du mérite. Pis encore, les participants n’étaient pas représentatifs des tendances socio-politiques qui auraient dû être associées aux différents travaux. Ce procédé peu orthodoxe a démontré le manque de sérieux dans l’organisation des assises des concertations nationales.

Œil d’Afrique : Quelles résolutions faudra-t-il prendre pour que, cette fois-ci, le dialogue national que souhaite le président Kabila soit enfin une réussite ?
Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Primo, il va falloir mettre définitivement un terme aux injustices qui ont toujours exclu les Congolais de la diaspora de la gestion de la chose publique et qui ont sans cesse constitué un frein dans leur souhait de s’investir socialement, économiquement et politiquement au pays de leurs ancêtres. Il est également impératif de reconnaître le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine, celle-ci devant primer sur toute autre citoyenneté.
Secundo, il est impératif d’encourager les conditions d’une véritable réconciliation nationale autour des valeurs républicaines, dans un élan patriotique collectif, pour la défense de la nation fragilisée et toujours en proie à l’insécurité, ainsi qu’à une crise politique permanente. Dans cette optique, il faudra réfléchir sur le positionnement des forces onusiennes aux côtés des FARDC, à partir des frontières rwandaise, burundaise et ougandaise, afin d’empêcher l’occupation illégale d’une portion de la région du Kivu et de mieux surveiller les flux migratoires.
Tertio, le Gouvernement congolais doit adopter des mesures sociales au profit des populations et des dispositifs légaux en vue d’un Congo-Kinshasa économiquement prospère, sécuritairement pacifié et politiquement démocratique.
Quatro, après les tensions récemment suscitées par les différentes tentatives de réviser l’article 220 de la Constitution du 18 février 2006, il faudra maintenir le chronogramme du calendrier proposé par la CENI tout en décalant légèrement les échéances, de telle sorte que le processus puisse rester inchangé et débuter, pour des raisons techniques, par la tenue des élections locales, municipales et urbaines en 2016 et se terminer par les scrutins présidentiel et législatifs en 2017. Par conséquent, il faudra un consensus politique, grâce au vote par le Parlement d’une loi d’exception, afin de permettre l’intérim de la présidence de la République par le Président du Sénat, ou par le Président de l’Assemblée nationale, jusqu’à l’organisation de l’élection présidentielle et à la prise des fonctions de nouvel élu. L’objectif consistera à ne pas agir contrairement aux articles 70-2 et 73 de la Constitution du 18 février 2006 relatifs à l’installation effective du nouveau Président élu et à la convocation par la CENI de l’élection du Président de la République.
Quintoil va falloir abroger la loi électorale promulguée par le président de la République puisqu’elle viole directement les articles 11, 12, 13 et 66 de la Constitution du 18 février 2006 relatifs à la dignité et à l’égalité en droits, à l’égale protection des lois, à la non-discrimination des Congolais en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques, ainsi qu’au respect mutuel. Pis encore, les dégâts collatéraux, du fait de ladite promulgation, concernent aussi les articles 69 et 220 de la Loi fondamentale ayant trait à la sauvegarde de l’unité de la République et de l’intégrité du territoire, ainsi qu’à l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Propos recueillis par Roger Musandji

© Œil d'Afrique

jeudi 28 mai 2015

Le dialogue national en République Démocratique du Congo

Le président congolais, Joseph Kabila, a accepté d’ouvrir le dialogue avec l’opposition dans le cadre des différentes élections. Pas moins de sept scrutins sont prévus en l’espace de quelques mois.
Que faut-il attendre de ce dialogue ? Gaspard-Hubert Lonsi-Koko, président du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), fut l'invité du Journal des Auditeurs (JDA), émission présentée par Stéphanie Hartmann sur Africa n° 1.
Pour écouter l'émission, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://africa1.com/IMG/mp3/jda_-_27_05_15_-_pad.mp3