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jeudi 3 septembre 2015

Croissance 2015 en RDC, mascarade ou manque de rigueur ?

Le Premier Ministre de la République Démocratique du Congo, Augustin Matata Ponyo, a réuni le 24 août dernier un comité exécutif – composé de très hauts responsables comme le gouverneur de la Banque centrale, ainsi que les ministres des Finances, du Budget et de l’Économie nationale. A l’issue de ladite séance de travail, cette instance a décidé de revoir à la baisse la prévision de croissance en 2015. Cela est dû, aux dires des auteurs de cette initiative, au ralentissement de l’activité économique constaté au premier semestre de l’année en cours. Force est de constater que, en passant de 9,5 % à 8,4 %, les estimations faites sur la base des réalisations à fin juin 2015 régresse de 1,1 point par rapport à l’exercice 2014. Il faut savoir que, en février dernier, le gouvernement congolais avait tablé sur une croissance annuelle de 10,4 % tandis que, début juin, la mission du FMI dans le pays avait avancé le chiffre de 9,2 %.

Les différentes estimations

Le Premier Ministre congolais avait indiqué le 3 mars dernier, sans plus de précision, que le gouvernement escomptait une croissance « à deux chiffres ». Entre-temps, il avait annoncé avec que « selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, si [le gouvernement maintenait] ce rythme de création de richesses, la RD Congo pourrait devenir un pays émergent en 13 ans ». D’après les prévisions du FMI, la République Démocratique du Congo devait enregistrer une croissance économique de 9,1 % en 2015. Quant au Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC), un courant politique au sein de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO), il préconisait 11,65 % en 2015, c’est-à-dire 12,5 milliards USD. Par contre, pour ce même exercice, Augustin Matata Ponyo avait proposé un budget de 9 milliards USD.
S’agissant de l’exercice 2015, les analyses les plus sérieuses tablaient le budget à 13,2 milliards USD. A ce rythme, le taux de croissance aurait pu évoluer de 12,8 % en 2015 à 19,40 % en 2019. Une pareille progression aurait permis à la République Démocratique du Congo de figurer parmi les pays émergents en moins de 10 ans, bien avant le pronostic du PNUD.

Montage ou réalité ?

Quand on s’imagine que le budget minimal de la République Démocratique du Congo pour l’exercice 2015 devrait en principe s’élever à 24,2 milliards USD, par rapport à ses potentialités naturelles, la régression de 1,1 % de la prévision de croissance ne peut que susciter des interrogations. Par conséquent, on peut conclure que le Premier ministre Matata Ponyo n’a pas su mettre en place une politique rigoureuse en mesure de récupérer les 11 milliards USD des flux financiers illicites enregistrés annuellement par l’Etat congolais, ni d’encourager un meilleur usage des ressources externes. S’il avait agi de la sorte, le budget aurait connu une augmentation d’au moins 13,2 milliards USD cette année. Ainsi la croissance aurait-elle pu atteindre, à ce rythme, plus de 65 milliards USD en 2020.
Un proverbe bantou déconseille de vendre le gibier dans le sac. De plus, la découverte d’une quelconque supercherie finit toujours par ôter toute crédibilité au vendeur malhonnête. En tout cas, il n’a échappé à personne que l’annonce relative à la baisse de la croissance est faite, comme par hasard, à l’approche des échéances électorales. Est-ce une façon de suggérer le report de différents scrutins, donc le maintien des acteurs politiques déjà en place dans les institutions étatiques, faute de moyens financiers ? Dans l’affirmative, à qui profitera financièrement ce maquillage ?


Gaspard-Hubert Lonsi Koko

mardi 10 mars 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150310/00040 relatif aux perspectives du FMI sur la croissance en RD Congo

Selon les perspectives du Fonds monétaire international (FMI), l’économie mondiale devrait croître de 3,5 % en 2015 contre 3,3 % en 2014. Celle de la République Démocratique du Congo devra atteindre 10,4 % de taux de croissance contre 8,9 en 2014.

Prenant en compte les conclusions de la clôture budgétaire ayant évalué à 9,5 % le taux de croissance de l’économie congolaise pour 2014 et d’autres informations dont il dispose, le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) l’estime à 12,8 % pour 2015. Celui-ci va croître progressivement jusqu’à plus de 19,40 % en 2019.

Cet embelli étant fonction de l’effort du gouvernement de la République Démocratique du Congo dans la maîtrise des flux financiers illicites, le Bureau du RDPC préconise la bonne gouvernance qui plus est indispensable à la rigueur dans la gestion de la chose publique.

Fait à Paris, le 10 mars 2015

Pour le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo,

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

dimanche 8 mars 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20150307/00039 relatif à la croissance et au budget en RD Congo

Après s'être félicité des performances économiques réalisées sans l'aide du Fonds monétaire international (FMI), le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo Mapon, a annoncé le 3 mars dernier que l’économie de la République démocratique du Congo a enregistré une croissance de 9,5 % en 2014. Ainsi a-t-il indiqué, sans plus de précision, que le gouvernement tablait sur une croissance « à deux chiffres » pour 2015, tout en annonçant dans la foulée que « selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, si [le gouvernement maintenait] ce rythme de création de richesses, la RD Congo pourrait devenir un pays émergent en 13 ans ».

Rappelons que d'après les prévisions du FMI de décembre 2014, la République Démocratique du Congo devait enregistrer une croissance économique de 9 % l'année dernière et celle-ci devrait atteindre 9,1 % en 2015, alors que le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) préconisait 10 % en 2014 et 11,65 % en 2015. Par ailleurs, d'aucuns savent que le Premier ministre a proposé un budget de 9 milliards USD pour l’exercice 2015, alors que le RDPC a estimé qu'il devait s'élever à 12,5 milliards USD, soit une différence de 3,5 milliards USD.

Si l'on se base sur le bilan-évaluation des réalisations gouvernementales, lequel annonce un taux de croissance de 9,5 % enregistré par l'économie de la République Démocratique du Congo, on peut aisément conclure que le budget pour l'année 2004 du gouvernement Matata Ponyo est de 9,7 milliards USD – soit une différence de 0,3 milliards USD par rapport aux 10,2 milliards proposés par le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo pour l'exercice écoulé. Force est donc de constater que le RDPC préconisait déjà 10 % de croissance en 2014, soit plus de 0,5 % par rapport à la clôture budgétaire.

Au vu des informations en sa possession, le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo estime le taux réel de croissance pour 2014 à 10,9 milliards USD, soit 10,8 %, au lieu de 9,7 milliards USD, soit 9,5 %. Plus précisément, la clôture budgétaire montre clairement que, par rapport aux prévisions du RDPC, le taux de croissance de l'économie de la République Démocratique du Congo est inférieur à 1,3 %.

Pour ce qui est de l'exercice 2015, le Bureau du RDPC estime le budget à 13,2 milliards USD. A ce rythme, le taux de croissance évoluera de 12,8 % en 2015 à 19,40 % en 2019. Une pareille progression permettra à la République Démocratique du Congo de figurer parmi les pays émergents en moins de 10 ans, bien avant les prévisions du PNUD.

Le Bureau du RDPC insiste sur le fait que le budget minimal de la République Démocratique du Congo pour l’exercice 2015 doit en principe s’élever à 24,2 milliards USD. Mais, comme on estime à environ 11 milliards USD les flux financiers illicites enregistrés par l’Etat congolais, la prudence voudrait que ce budget s’élève dans un premier temps à au moins 13,2 milliards USD. La finalité consistera à dynamiser la croissance à plus de 65 milliards USD dans les 5 prochaines années, soit une augmentation annuelle des recettes d’au moins 11 milliards USD de 2015 à 2020, et à encourager un meilleur usage des ressources externes.

Fait à Paris, le 8 mars 2015

Pour le Bureau du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
Porte-parole

samedi 4 octobre 2014

La nécessité de dynamiser le budget 2015 en RD Congo

En République Démocratique du Congo, lors du débat sur l’exécution des finances de l’Etat à l’Assemblée nationale survenu le 2 octobre dernier, les députés nationaux ont mis en cause le déséquilibre ayant caractérisé la gestion du budget 2013. Ainsi ont-il fait remarquer l’incapacité du gouvernement à mobiliser les recettes, soit plus de 2 milliards USD pourtant prévus dans le budget 2013, tout en pointant le défaut de crédibilité quant à l’écart de 30 % observé entre les prévisions et les réalisations budgétaires. Les députés ont aussi reproché au gouvernement d’avoir engagé des dépenses au-delà des fonds prévus, sans en informer les deux chambres du Parlement. Par conséquent, ils ont jugé prioritaire l’examen et le vote de la loi portant reddition des comptes de l’exercice 2013, dont l’adoption est préalable à celle de la loi des finances pour l’exercice 2015, déposée le 29 septembre dernier au bureau de l’Assemblée nationale, par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo. De toute évidence, au-delà de la critique acerbe des députés à l’encontre de la gestion gouvernementale du budget 2013, il est question de trouver des voies et moyens susceptibles de contribuer à l’amélioration de la gouvernance et de la transparence dans la gestion des finances publiques en République Démocratique du Congo.

Le budget 2014

Ayant justement pris en compte la catastrophique situation financière à laquelle n’a cessé d’être confrontée la République Démocratique du Congo jusqu’en 2013, le budget global pour l'exercice 2014 qu’a proposé le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) s’est élevé à presque 7,75 milliards d’euros – soit 10,2 milliards USD. Plusieurs milliards d’euros étant systématiquement perdus à cause de la corruption, du détournement des fonds publics et des dépenses supposées que l’on amputait sans vergogne à la guerre, un effort constant aurait dû être fourni pour que le budget puisse correspondre aux dépenses réelles et croître chaque année au profit du bien-être des populations. En effet, la transparence et la rigueur dans l’exploitation et dans la commercialisation des minerais, les contrats chinois et les importations des produits alimentaires auraient dû rapporter plus de 800 millions d’euros par an. 1,738 milliard d’euros serait provenu des produits pétroliers et 329,4 millions d’euros des économies que le Trésor public aurait dû faire, en temps de paix, en ne les attribuant pas aux dépenses de guerre. La maîtrise de différents gaspillages de l’argent du circuit officiel, dus à la mauvaise utilisation et aux contraintes liées à la guerre, aurait évidemment permis de récupérer dans les 3 ans au moins 3,11 milliards d’euros sur les 11,13 milliards d’euros du circuit informel. Cette répartition budgétaire tenait compte – à court, moyen et long terme – de l’affectation des ressources et de la réalisation des objectifs prioritaires à atteindre à tout prix : à savoir la paix, la cohésion nationale, la croissance économique et l’évolution sociale.
Les 10,2 milliards USD du budget de l’exercice 2014 – soit 2,2 milliards USD supérieurs au budget du gouvernement – ont d’ailleurs été estimés sur la base de l’exercice 2013 que le Premier ministre Matata Ponyo avait jugé très équilibré. La croissance, très dégradée à cause des politiques menées depuis 2001, aurait pu nettement progresser au regard du budget gouvernemental de 2013, c’est-à-dire 7 milliards USD, de 10 % en 2014 à 18,25 % en 2019 – soit une évolution de 8,25 % en 5 ans. Il est à noter que, selon les estimations du PIB réalisées par le gouvernement congolais à la fin décembre 2012, la croissance économique avait atteint le taux de 7,2 %, alors que le RDPC préconisait 10 % en décembre 2014 – soit une hausse de 2,8 % – et 11,65 % en 2015, au lieu de 10,5 % qu’avait prévu le gouvernement, soit une hausse de 1,15 %.

Un budget 2015 ambitieux

Ayant retenu les leçons du passé, pour ce qui est de la bonne supposée foi du gouvernement en place à Kinshasa, le chiffrage proposé « hic et nunc » tient surtout compte des moyens qu’un gouvernement de la République aura besoin dans la déclinaison de sa politique. Cela permettra non seulement de vérifier la rentabilité et l’équilibre financier du programme du RDPC, mais surtout de réaliser le sérieux de la future administration, sans conteste modernisée, avec laquelle les Congolaises et les Congolais auront à faire. Plus entreprenant et plus pragmatique que le gouvernement Matata Ponyo, le RDPC n’a pas hésité à proposer, sur la base de ses propres estimations, un bilan global de 12,5 milliards USD pour l’exercice 2015 – soit 3,5 milliards USD en plus par rapport aux 9 milliards USD proposés par le gouvernement Matata Ponyo.
Néanmoins, les critiques émises par les députés incitent à la prudence. De plus, en principe, gouverner c’est également prévoir. Le cardinal François Marty ne soutenait-il pas que « l’art de gouverner ne consiste pas à rendre souhaitable ce qui est possible […] mais à rendre possible tout ce qui est souhaitable » ?Bien entendu, par prudence et par réalisme, les prévisions du RDPC s’appuient sur des hypothèses de croissance de l’économie nationale.

Crédibilité et faisabilité

C’est en jonglant habilement avec les chiffres, analysés les uns par rapport aux autres, que l’on parvient à mieux crédibiliser un axiome et à démystifier les préceptes à propos de l’économie. Le budget étant par excellence l’expression chiffrée de la politique économique et sociale de tout gouvernement, le RDPC a toujours fait le choix de se projeter dans l’avenir, au lieu de s’attarder tout le temps sur le calamiteux constat d’un pays dont l’avenir est davantage hypothéqué par des facteurs tant endogènes qu’exogènes, locaux que régionaux, et continentaux qu’internationaux. En effet, il faut en finir définitivement avec un État patrimonial au service de quelques oligarques dont la logique reste la gabegie, la prédation, la mendicité internationale, le pillage des richesses nationales et l’enrichissement personnel.
Rappelons que les prévisions dont il est question ont vocation à démontrer la crédibilité et la faisabilité de la démarche initiée dans l’espoir, comme le disait l’écrivain et historien français Charles Pinot Duclos, « de faire le plus grand nombre d’heureux ». « Si tes projets portent sur un an, plante du riz ; sur vingt ans, plante un arbre ; sur plus d’un siècle, développe les hommes », dit un proverbe chinois. C’est parce que le RDPC a la ferme intention de bâtir les fondations durables du Congo-Kinshasa du troisième millénaire que ses dirigeants commencent par poser la première pierre. Ainsi reviendra-t-il aux futures générations de la dégrossir tous les jours, à l’aide des outils qu’on doit mettre dès maintenant à leur disposition.

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

lundi 6 janvier 2014

L'Afrique au regard de la nouvelle géostratégie

En ce début du troisième millénaire, le continent africain doit réfléchir sérieusement sur son rôle dans la nouvelle géostratégie qui est en train de s’articuler. En effet, une vision continentale permettra à l’Afrique de mieux appréhender les velléités internes et externes dont elle fait l’objet, de jouer à la perfection par rapport à l’attrait commercial et au besoin des ressources naturelles des partenaires extracontinentaux, d’enrayer les luttes civiles et armées qui ne cessent de la fragiliser au détriment des puissances étrangères.
De plus, de nos jours, plusieurs facteurs sont réunis pour que les Africains puissent faire bloc en vue de la multiplication des échanges intracontinentaux et du front commun par rapport au contexte international.

Un taux de croissance exemplaire

Dans le site d’African Economic Outlook, on réalise que les perspectives économiques du continent pour les années 2013 et 2014 sont prometteuses. Effectivement, elles confirment tant la résilience de l’Afrique face aux chocs internes et externes, ainsi que son rôle comme pôle de croissance dans une économie mondiale atone. Ainsi la croissance continentale progressera-t-elle de 4,8 % en 2013 à 5,3 % en moyenne en 2014.
D’après les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), « les vents contraires [ayant soufflé] à l’échelle mondiale ont peu affecté [la croissance de l’Afrique subsaharienne] en 2013 et le rythme de celle-ci devrait s’accélérer en 2014 ». Son taux de croissance passerait de 5 % en 2013 à 6 % l’année prochaine. Mieux, le taux d’inflation annoncé reste en baisse pour la troisième année consécutive et passera en dessous de 6 % à la fin de 2014[1].
Selon quelques prévisions[2], dans un pays comme la République Démocratique du Congo, la croissance économique, laquelle était de 7,2 % en décembre 2013, atteindra le taux de 10 % en 2014, de 11,65 % en 2011, de 13,30 % en 2016, de 14,95 % en 2017, de 16,60 % en 2018 et de 18,25 % en 2019. En cinq années, le taux de croissance de ce pays connaîtra une évolution d’au moins 8,25 % [lire la suite].

Gaspard-Hubert Lonsi Koko
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