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mardi 27 mars 2012

Un bateau ivre nommé République Démocratique du Congo


« La dictature, c'est “ferme ta gueule”, la démocratie, c'est “cause toujours”. » Faisant sienne la citation du metteur en scène français Jean-Louis Barrault, Gaspard-Hubert Lonsi Koko se penche, tel un entomologiste, sur l'expérience l'ayant conduit à séjourner pendent plus de quatre mois en République Démocratique du Congo dans le cadre des élections présidentielle et législatives qui s'étaient tenues le 28 novembre 2011. En effet, dans l'ouvrage intitulé Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique, en tant que bantou, l'auteur évoque ses ascendants : les Nlasa Ngandu, les Vuzi di Nkuwa, les Kimuakasa et les Nsala Nkanga, dont l'établissement se situe dans les territoires de Madimba et de Kasangulu, c'est-à-dire dans le district de la Lukaya dans la province du Bas-Congo.


À peine ses racines dévoilées, M. Lonsi Koko s'attarde sur sa campagne dans le territoire de Madimba où il s'est présenté aux élections législatives de faire un diagnostic que le scrutin présidentiel. De ce fait, il a évoqué les fraudes ayant émaillé ledit scrutin et mit l'accent sur la responsabilité commune de la classe politique et du peuple congolais. Un ouvrage à lire absolument, si l'on veut comprendre les causes du degré zéro qui ne cesse d'agiter ce bateau ivre qu'est la République Démocratique du Congo.

Mbuta Muntu

(*) Pour se procurer cet ouvrage, prière de cliquer sur le lien ci-contre : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=36789.

jeudi 15 mars 2012

Congo-Kinshasa : le degré zéro de la politique

L’auteur décortique, dans cet ouvrage, le chaotique processus électoral qui s’est déroulé le 28 novembre 2011 au Congo-Kinshasa. Ainsi met-il en évidence le combat politique dans un pays où l’État a démissionné depuis belle lurette ; un pays où il faut absolument imaginer d’autres voies ; un pays qui a urgemment besoin « d’inventeurs d’avenir », d’hommes et de femmes de talent capables de tracer des sillons qui serviront de canevas aux générations à venir.

À la fois acteur et témoin d’un des moments décisifs du devenir du Congo-Kinshasa, Gaspard-Hubert Lonsi Koko livre aux lecteurs, grâce à l’ironie du peintre et à la culture du savant, un vécu censé conscientiser à court, moyen et long terme les acteurs économiques, sociaux et politiques d’un pays qui, s’il est consciencieusement dirigé, deviendra sans conteste l’un des géants du continent africain.

Éditeur : L’Harmattan
ISBN : 978-2-296-96162-3
Prix : 15,50 €
Parution : Fin mars 2012

mardi 31 mai 2011

De l’affaire Strauss-Kahn aux primaires du Parti Socialiste français

Cinq questions à Gaspard-Hubert Lonsi Koko (*)


1. Quel est votre sentiment face à l’affaire Dominique Strauss-Kahn ?
La présomption d’innocence dont bénéficie Dominique Strauss-Kahn ne doit en aucun cas faire oublier la terrible souffrance de la présumée victime. Si les accusations contre DSK s’avéraient vérifiables, il serait logique qu’il encoure la peine relative à l’acte commis. Au-delà de toute considération d’ordre à la fois juridique et moral, il est tout à fait dommage qu’un homme, dont la notoriété a fait naître une lueur d’espoir auprès des milliers d’électeurs aussi bien de gauche que de centre gauche, puisse tout gâcher à cause d’un acte bassement instinctif. Indépendamment du verdict que rendra la justice américaine, il est évident que Strauss-Kahn aura beaucoup de mal à revenir sur la scène politique française. Dommage !

2. DSK est disqualifié des primaires socialistes. Qui a les meilleures chances désormais de l’emporter ?
Le Parti Socialiste ne manque pas de gens talentueux en mesure de s’adonner au rôle qu’aurait pu jouer à merveille DSK. Les camarades Martine Aubry, Laurent Fabius, François Hollande, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg... sont de ceux-là. Mais il me semble que, à la suite de la mésaventure de DSK, François Hollande reste la personne idéale qui puisse permettre au PS, plus de trente ans après l’avènement de François Mitterrand, de gagner de nouveau une élection présidentielle après l’humiliation de Lionel Jospin en 2002 et l’échec de Ségolène Royal en 2077.

3. Craignez-vous des primaires de confrontation ?
Il faut savoir que les socialistes sont habitués à des conventions dont les joutes, qui sont parfois violentes, permettent de dégager des majorités ne serait-ce qu’entre les différents courants internes. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que le Parti Socialiste aura recours aux primaires pour désigner son candidat, ou sa candidate, à un scrutin présidentiel. En 2006, Ségolène Royal a été adoubée à l’issue d’un affrontement avec Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Mais, cette fois-ci, il vaudra mieux ne pas affaiblir celui, ou celle, que les militants socialistes et les électeurs de gauche choisiront.

4. Martine Aubry et François Hollande doivent-ils être candidats l’un contre l’autre ?
Les règles du jeu ayant déjà été fixées, il ne faudrait surtout pas les changer à quelques jours des échéances au prétexte que l’un des prétendants, de surcroît favori des sondages, s’est disqualifié. Il n’est donc pas question de mettre les primaires entre parenthèses, comme certains ténors socialistes l’ont récemment suggéré. Si Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal se sont livrés à cet exercice il y a cinq ans, Martine Aubry et François Hollande pourraient très bien s’y prêter sans que cela ne puisse hypothéquer les chances d’une victoire prochaine. Bien au contraire, cela confirmera pour la énième fois la démocratie ayant toujours prévalu au sein du Parti Socialiste. La difficulté ne résidera pas dans la confrontation entre ces deux prétendants, dans la mesure où ils sont de dignes héritiers de Jean Jaurès, Léon Blum et François Mitterrand. Personne n’ignore qu’ils incarnent les idées de la social-démocratie. C’est plutôt dans le choix entre les deux potentiels concurrents à la candidature socialiste que l’on aura du mal à se prononcer. Bien entendu, entre Martine Aubry et François Hollande, comme l’a souligné à juste titre Arnaud Montebourg, c’est en quelque sorte « bonnet blanc et blanc bonnet ».

5. Le « tout sauf Hollande » semble prendre forme en vue des primaires. Quel est votre sentiment ?
Cela conforte les pronostics selon lesquels François Hollande est capable d’emporter haut la main ces primaires, sinon personne n’aurait accordé la moindre attention à ses ambitions, et de battre Nicolas Sarkozy à la prochaine élection présidentielle de la même façon que François Mitterrand avait descendu de son piédestal Valéry Giscard d’Estaing en 1981. Rappelons que Hollande a su se maintenir pendant dix ans à la tête du Parti Socialiste et aurait probablement été réélu s’il s’était porté candidat à sa propre succession au congrès de Reims en 2008. Excellent débatteur et habile manœuvrier, Hollande sait voler à basse altitude pour mieux surprendre ses adversaires et les assommer sans qu’ils aient le temps de l’apercevoir. Ceux qui, dans le passé, ne se sont fiés qu’à son attitude débonnaire ont appris à leur détriment que cet homme savait manier le cynisme de l’étrangleur ottoman. L’argument qui consiste à critiquer Hollande de n’avoir exercé aucune responsabilité ministérielle par rapport à Martine Aubry n’est pas du tout convaincant. Rappelons que le député de Corrèze est politiquement plus expérimenté – plusieurs fois député, élu à deux reprises à la présidence du conseil général de son département, une dizaine d’années aux commandes du Parti Socialiste... – que ne l’était Barack Obama à son accession à la Maison Blanche.

PROPOS RECUEILLIS PAR ROBERT KONGO, CORRESPONDANT EN FRANCE

(*) Ancien cadre du Parti Socialiste français.

© Le Potentiel